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 You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch

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Shigeru Tensei
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MessageSujet: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Dim 29 Avr - 23:40

Ouais. Il fallait croire que cette journée allait se terminer de manière aussi merdique qu'elle avait débuté. Ou, du moins, c'est là l'une des seules choses que Shigeru arrivait à penser alors qu'il suivait d'un pas trainant l'un des surveillants du pensionnat – comment est-ce qu'il s'appelait, celui-là, déjà? -, bougonnant un peu entre ses dents dans un marmonnement quasiment inintelligible pour n'importe qui d'autre que lui, ses mains enfoncées au fond des ses poches et ses yeux, à demi cachés par ses cheveux, fixés sur le sol à ses pieds. Pour peu, on aurait presque pu trouver qu'il avait de vagues airs – et peut-être pas si vagues que ça, lorsque l'on considérait bien la chose – de gamin récalcitrant que l'on envoi au coin bien malgré lui après que celui-ci ait fait une connerie.
 
Ce qui, au final, n'était pas totalement faux, si l'on considérait la chose d'un point de vue plus général, que l'on excluait la notion de gamin – quoi que, parfois, à voir comment il se comportait, on pouvait presque se poser la question – et que l'on remplaçait l'idée de coin hypothétique par une retenue. Retenue qu'il n'avait d'ailleurs absolument pas mérité, soit dit en passant, si quelqu'un se serait arrêté à lui demander son avis. Non mais, c'était vrai, quoi – il n'avait quand même pas fait exprès de s'endormir en cours! De toute manière, si jamais il venait à rater le contenu d'un – ou deux, ou trois – cours de math, qui est-ce que ça allait bien pouvoir déranger?
 
Pas le contenu de son relevé de notes, en tout cas.
 
Et puis, ce n'était pas comme si c'était la première fois que la chose arrivait, après tout; il ne lui vint d'ailleurs même pas, le temps d'une seule seconde, à l'esprit l'idée que c'était peut-être justement à cause de la récurrence de la chose qu'il avait reçu la dite punition - résultat pourtant sans aucun doute explicable par une exaspération grandissante de son professeur devant ce qui ressemblait fortement à un manque d'intérêt devant son enseignement. Et du coup, après l’avoir surprit la tête entre les bras à dormir sur son bureau, son prof lui avait collé une retenue.
 
Sale chieur.
 
Mais n’empêche, même maintenant, il avait beau réfléchir à la chose sous toutes ses coutures, il n’arrivait tout simplement pas à comprendre ce qu’il pouvait bien faire à l’extérieur. Ça ne ressemblait, bien franchement, à rien de ce qu’il avait déjà eut à faire auparavant, et dieu seul sait à quel point le directeur pouvait parfois – souvent – avoir de ces idée complètement loufoques et débiles. C’était à se demander comment il avait bien pu faire pour obtenir son poste à la tête du pensionnat. Bon, enfin, si on excluait le fait que c’était lui qui l’avait ouvert, bien sûr.
 
Puis, tout d’un coup, Shigeru fronça les sourcils lorsqu’un bruit de hennissement, vaguement étouffé et encore relativement lointain, lui parvint aux oreilles. Il fallait dire qu’avec sons sens de l’orientation quasi légendaire – ou du moins, légendaire de par son flagrant manque d’efficacité -, ajouté au fait qu’il n’avait fait que fixer les brins d’herbes verts qui s’écrasaient sous ses pieds depuis qu’ils étaient sortit du pensionnat – pour parfaire son image de gosse boudeur, sans doute -, il ne fallait pas vraiment s’étonner qu’il n’ait, bien franchement, aucune idée de l’endroit où ils se dirigeaient.
 
Ou du moins, il n’en savait rien jusqu’à présent.
 
Et si, au début, il n’était pas vraiment certain de où ils se rendaient réellement, il ne mit néanmoins pas longtemps avant de réaliser qu'ils allaient bel et bien vers les écuries. ''What the...'' se dit-il alors que ses yeux s'écartillaient légèrement malgré lui. Okay. Il voulait bien croire que ce que l'établissement considérait être une punition acceptable avait tendance à – beaucoup – varier comparativement à ce qu'il avait vu dans les nombreuses autres écoles où il avait été envoyé – 23, pour être exact -, mais n'empêche... Ce coup-ci, il avait comme l'étrange impression que celle-ci allait remporter la palme, côté retenue; il espérait juste que ça n'allait pas se révéler être particulièrement chiant.

Ouais. Il pouvait toujours rêver.

Mais. Vraiment. Que diable pouvait-il bien aller foutre dans les écuries, hein? C'était n'importe quoi. Enfin, avec de la chance – beaucoup de chance -, ça n'allait pas durer longtemps. Surtout que ouais, il n'avait pas particulièrement envie de passer trop de temps dans ce truc, manque d'envie qui ne fut que renforcé lorsque le surveillant ouvrit la porte des écuries, répandant dans l'air une odeur, bien franchement, pas des plus attrayante. Fun times ahead.

-Vous avez une heure pour tout nettoyer, entendit-il alors qu'il passait sous le cadre de la porte avec fort peu d'enthousiasme. Tâchez de ne pas trop flâner si vous voulez éviter de devoir y rester plus longtemps. Inutile d'essayer de partir, ajouta le surveillant alors qu'il refermait la porte derrière lui, c'est verrouillé.

''Sale con'' pensa Shigeru en jetant un regard noir à ladite porte, finissant par se retourner pour se figer presque aussitôt, une vague expression à la fois surprise et énervée se peignant sur son visage. Énervée parce qu'il ne manqua pas de d’apercevoir les seaux d'eau – ou du moins, de ce qui devait sans nul doute être de l'eau – et les deux - minuscules – brosses qui trainaient négligemment, chose qu'il n'avait absolument pas vu plus tôt, trop occupé qu'il était à fusiller du regard celui qui l'avait accompagné jusqu'ici. Et surprise, parce que ce n'était pas là la seule chose qu'il n'avait pas remarqué; chose sans dans nul doute explicable à la fois par la même raison mentionnée plus tôt et parce que toutes indications pertinentes avaient probablement été recouvertes par le bruit – terriblement agaçant – des cheveux.

Il avait de la compagnie.

Penchant légèrement la tête, ses mains toujours au fond de ses poches, Shigeru fixa longuement l'adolescent en face de lui, les sourcils froncés comme s'il essayait en vain de se souvenir de quelque chose de particulièrement important. Il le connaissait – sa tête lui disait indubitablement quelque chose, et il ne mit pas longtemps à enfin réussir à replacer où il avait déjà vu celui qui allait, sans nul doute, devenir son 'partenaire de retenue' pour la prochaine heure. Sauf que voilà, il avait beau y réfléchir, son nom lui échappait aussi sûrement que le faisait une barre de savon mouillée qui n'a cesse de vous glisser entre les mains. Finissant par soupirer, il se résigna à sortir la seule chose qu'il avait en tête à l'instant.

-Hey... qu'est-c'que tu fous ici?

'Hey', ou 'l'appellation universelle'. Avec ça, il ne risquait pas de se tromper.


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Dernière édition par Shigeru Tensei le Mar 10 Juil - 21:15, édité 3 fois
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Asch Gakuen
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Sam 5 Mai - 9:09

La journée avait plutôt bien commencé. Asch s’était facilement acclimaté à l’ambiance particulière qui régnait en ce lieu singulier. Il avait même pu renouveler son stock de bric-à-brac en tout genre, qu’il avait soigneusement planqué dans sa chambre pendant la matinée, lorsque ses colocataires daignèrent la déserter. Il avait alors revisité toutes les bonnes vieilles astuces, de la latte mal fixée à l’adhésif pour suspendre sous son lit bouteilles, cigarettes et autres. Satisfait de son œuvre, il avait vagabondé un moment, profitant de la quiétude des lieux peu fréquentés, avant de rejoindre avec quelques heures de retard –une matinée pour être exact- la place qu’il aurait dû occuper depuis un moment, au fond de la classe, près de la fenêtre. Evidemment le professeur n’avait pas eu l’air très réjoui de le voir débarquer comme une fleur, mais sur le coup Asch ne s’en était pas inquiété outre mesure, au vu de la reprise rapide du cours. L’erreur.
Il avait écouté d’une oreille distraite les explications du prof, qui lui semblaient lourdes et pâteuses, un peu comme s’il tournait et retournait une cuillère dans un pot empli de chamallows fondus. Asch n’avait rien d’un élève modèle, ni d’un premier de la classe. Il avait tout bonnement accumulé trop de retard par flemmardise pour pouvoir suivre, et il abandonnait donc l’idée de poursuivre la voie des études. Il aurait pu se forcer, tout au moins faire un effort, à ce moment là il aurait sans doute était un élève honorable, mais voilà, il y avait tellement mieux à faire ailleurs..
La tête reposant lourdement sur sa main, en équilibre précaire, une demi-heure de blablatage avait suffit pour que déjà ses pensées envahies d’une douce torpeur s’embrument, et que ses yeux se ferment sans bruit, comme lestés du poids d’une fatigue sans âge. Mais dès qu’il s’assoupissait, son bras se relâchait et il était réveillé brusquement par de drôles de réflexes, qui l’empêchaient de s’aplatir le nez sur sa table. Après plusieurs sursauts il dû se résoudre à abandonner l’idée d’un petit somme, et se frotta les yeux avec force. Il était où déjà ? Ah oui, en classe. D’ailleurs, maintenant qu’il y prêtait attention, il pouvait sentir qu’un regard assez chargé en reproches le fixait de manière dérobée. Il releva la tête, et offrit son plus beau sourire innocent –certes sans doute peu convainquant- au professeur qui le foudroyait du regard. La fin du cours se perdit en gribouillages sur une feuille, où il imitait la prise de notes.

Il n’aurait pas dû venir. Cette idée lui avait bien sûr trotté dans l’esprit plus d’une fois, mais elle se fit plus forte jusqu’à devenir une idée fixe lorsqu’au moment de sortir de la salle après la sempiternelle sonnerie de fin de journée, emboîtant le flot des élèves, il avait dû faire demi-tour, obéissant à l’injonction du professeur. En grommelant comme c’était pas permis, Asch se rendit de mauvaise grâce jusqu’à son bureau. Il aurait pu faire la sourde oreille, et disparaître sans bruit, ou l’ignorer avec toute la superbe dont il était capable. Mais il ne voulait pas (trop) s’attirer d’ennuis dès le début, même s’il semblait bien dedans. Jusqu’aux chevilles dirons-nous. Par habitude, il se ferma de manière hermétiquement sous-maréenne, pour affronter la vague de sermons sans ciller. Il fixa l’adulte qui devait lui passer un savon, et qui était assez comique à regarder, bougeant ses grosses lèvres tout en articulant de manière exagérée, à renfort de moulinets de poignets. Il aurait pu être entrain de chasser, outré, des pigeons de sa terrasse qu’il aurait fait la même tête. Si tant est qu’il avait une terrasse, et qu’il n’aimait pas les pigeons. Passons.
Aie. Son cerveau se remit automatiquement en état de marche lorsqu’il saisit de manière presque inconsciente le mot retenu –le mot magique-. Il dû paraître tout à coup beaucoup plus concerné, à la limite de l’indignation même, puisque l’homme sans pigeons se fit un malin plaisir de répéter sa dernière phrase. Un truc du genre que c’était inadmissible d’arriver en retard et de dormir en cours, et qu’il aurait donc une heure de colle ou plus, suivant la qualité de son travail. Il essaya bien de protester en disant qu’il était tombé malade ce matin avant de se lever de manière quasi héroïque pour venir assister aux cours, mais qu’il s’était perdu en chemin, et que de toute manière il ne s’était même pas endormi (même s’il l’aurait bien voulu, mais c’est une autre histoire), mais rien n’y fit. L’homme le regarda avec un petit sourire sadique, tout en hochant la tête, et après l’avoir laissé débiter ses âneries, il lui demanda de l’accompagner. La bonne blague. De chevilles il se sentait couler dans les ennuis vers le fond de manière inextricable. Il n’aurait pas dû venir. Mais ça, il le savait depuis qu’il avait franchi le seuil.

On l’avait traîné plus que guidé dans le bâtiment, jusqu’à atteindre l’extérieur. S’attendant à passer l’heure de colle enfermé dans une salle étroite, respirant encore l’odeur de la transpiration des élèves en pleine réflexion, à bosser sur un sujet ennuyant, de .. Zut il ne se souvenait même plus la matière qu’il venait de quitter. Comme quoi ça l’avait vraiment marqué. Surpris, il s’arrêta un moment, avant d’être rappelé à l’ordre. Il se sentait nettement mieux dehors, et suivit le prof de lui-même, faisant signe qu’il allait le suivre sagement, et s’écartant un peu pour récupérer son espace vital. Il prit naturellement l’allure des zoneurs, ces gens qui se baladaient dans la rue plus pour traîner que pour la destination –ce qui était d’autant plus vrai dans son cas-, ni trop vite, ni trop lentement, favorisant ainsi les discussions ou l’observation du paysage. Vu son interlocuteur peu commode, Asch se rabattit sur la seconde option, et s’imprégna des lieux. Un parc normal en somme, avec une allée en terre normale, deux trois fleurs banales, un gymnase au loin. Le cadre était pas mal. Si on excluait l’espèce de bâtiment rectangulaire blanchi à la chaume. Qui était bien sûr leur destination, bien qu’Asch n’ait aucune idée de ce que pouvait bien abriter cette bâtisse.
Le prof le fit attendre un instant devant la porte, en lui promettant une farandole de retenues plus horribles les unes que les autres s’il lui prenait l’idée de lui fausser compagnie. Asch hocha la tête, message reçu. Quelques minutes plus tard, l’adulte sournois ressortit, un air satisfait collé sur son visage, avant de lui faire signe d’entrer. Ce fut donc ce qu’Asch fit avant d’esquisser un pas de recul, dégoûté par l’odeur âcre qui venait de le cueillir brusquement. Il fallait qu’il sorte de là, tout de suite. A ce moment précis la porte claqua dans son dos, l’emprisonnant. D’instinct il se retourna et se jeta sur la porte, tambourinant avec rage. Mais il réussit seulement à s’écorcher les poings et à rendre son humeur encore plus massacrante. Il entendit des pas s’éloignait. Il était seul désormais.

Ou pas exactement. Après plusieurs respirations forcées, il s’était habitué tant bien que mal aux émanations odorantes diffuses, percevant l’odeur de la paille, du fumier, et quelque chose d’animal. Toujours face à la porte, il se retourna lentement, et identifia des bruits de mastication et de bruissement de crins frôlant la paille, tandis qu’il s’avançait dans l’allée qui s’offrait à lui. De chaque côté s’étendaient des rangées de box, pour finir dans le fond sur une autre salle plus petite, cachée derrière une porte fermée. Des ballots de foin et de paille traînaient dans un coin, à côté d’outils (râteaux, pelles, fourches..) disposés avec soin contre le mur. Il était donc dans une écurie. Pourquoi donc ? Bonne question. Très bonne question même. Il avait déjà oublié qu’il se trouvait là pour une retenue, et se mit à déambuler dans la salle avec curiosité. C’était sale : le bas des murs noircis de poussière et de fumier, l’intérieur des box crotté jusqu’à une vingtaine de centimètres.. Mais le principal attrait résidait dans les habitants même du lieu, qu’Asch entreprit d’observer de plus près, se collant –pas trop non plus il ne voulait pas se salir- à une des portes en bois qui lui arrivait aux épaules, et tendant le cou pour observer la bête. Tête baissée, faisant pendre ses crins noirs sur sa robe chocolat, celle-ci se redressa brusquement avant d’écarter les naseaux et de lui souffler au visage bruyamment, sans doute mécontente d’avoir été dérangée, avant de se réatteler à sa besogne première, la mastication intensive de brins de foin. Asch fit un bond en arrière tout en pestant contre le cheval, et en insultant jusqu’à ses ancêtres d’équidés. Il s’essuya rageusement le visage des malencontreux postillons qui avaient osé l’atteindre, tout en songeant qu’il avait toujours autant de mal avec les animaux. Il rejoignit le milieu de l’allée pour se mettre hors de portée de toutes autres atteintes perfides, et tomba nez à nez avec deux seaux agrémentés de deux petites brosses. Il en saisit une, l’examina avec perplexité, avant de la laisser retomber, en haussant les épaules.

La porte s’ouvrit de nouveau sur un autre arrivant et des instructions, avant de se refermer définitivement, du moins pour l’heure à suivre. Il n’eut pas le temps de faire le moindre geste. Au moins il savait maintenant ce qu’il pouvait bien foutre là. Et cette perspective était loin de le réjouir, au contraire. Il fixa son compagnon d’infortune, bien décidé à échafauder quelques plans d’évasion, du genre creuser un tunnel, ou ouvrir la serrure à l’aide d’un fil de fer –ça marchait à la télévision, alors pourquoi pas ici ?-. La tignasse rousse étrangement familière encadrée d’une paire d’écouteurs fut la première chose qu’il vit trôner sur la tête du gars qui était –Asch le remarqua avec satisfaction- plus petit que lui. Tiens, si ce n’était pas son cher informateur. Enfin cher, il ne fallait pas pousser non plus hein, plutôt utile –et au sale caractère-. En effet depuis quelque temps, il lui vendait des informations, en échange de quoi Asch « s’occupait » pour lui de deux-trois personnes. Un arrangement honnête en somme. Bref comment est-ce que Tensei avait pu atterrir là ? Sans doute de la même manière que lui. Sûrement à cause dudit caractère. Bref, au fond cela importait peu. Au vu de la concentration intense qu’il affichait, celui-ci ne devait plus trop le cerner, ni savoir qui il était. Ah ah, un informateur à la mémoire de poisson rouge emboucané dans son bocal. Enfin, celui-ci sortit de son mauvais pas en entamant une phrase qui ne nécessitait pas de connaissances quelconques. Asch fut tenté un instant de l’engueuler un coup pour vérifier s’il se souvenait de son nom, mais cela n’en valait pas la peine. Et puisqu’ils risquaient de passer un moment ensemble, autant ne pas envenimer les choses. Il haussa les épaules avant de lui répondre en esquissant un geste vague de la main.

A ton avis ? La même chose que toi j’imagine.

Son regard dériva sur les brosses et les seaux qui les attendaient sagement. Il secoua la tête pour lui-même. Comme s’il allait nettoyer. Déjà qu’il avait du mal à ranger sa propre chambre, et ne le faisait que lorsqu’il était contraint à se frayer un chemin pour accéder à son lit, sous peine de finir enseveli. Alors cette pièce immense, sale et à l’odeur repoussante, c’était totalement hors de question. Niet. Il shoota rageusement dans un des seaux qui déversa son contenu au sol dans un bruit de fracas métallique, avec quelques hennissements inquiets en écho. C’était complètement idiot comme geste, et il le regrettait déjà. Il enfonça ses mains dans le fond de ses poches avant de soupirer de manière exaspérée. Puis il se tourna vers Tensei, pour le prendre à témoin de la débilité et de l’impossibilité de la tâche qu’ils devaient accomplir.

Il est hors de question que j’nettoie ça. Faut qu’on trouve le moyen de se barrer d’ici. Ouaip, et vite fait.

Facile à dire, et irréalisable. Mais Asch n’en démordait pas, peut-être qu’en montant sur la rambarde au fond, en s’appuyant sur l’arrête là-bas, en bondissant jusqu’à la poutre et en passant par la fenêtre.. Moui bon autant arrêter de rêver.
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Shigeru Tensei
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Dim 6 Mai - 3:53

Plissant les yeux, Shigeru ne pu s’empêcher de le fusiller du regard. Il pourrait au moins prendre la peine de lui répondre comme il faut! Non mais, s’il perdait son temps à le lui demander hein, ce n’était pas non plus pour rien. Sale chieur. Il allait lui en faire, lui, des ‘à ton avis’. Finissant par hausser les épaules, laissant échapper un vague grommellement mécontent qui, au final, ne voulait pas dire grand-chose, il retira ses mains de ses poches, jetant un coup d’œil circulaire un peu plus attentif que plus tôt autour de lui.
 
Et il fallait dire que ce qu’il voyait ne lui plaisait pas plus qu’il ne le fallait. Oui, sérieusement. C’était complètement débile comme punition. Parce que, vraiment, comment est-ce que quiconque pourrait réellement croire qu’il leur était possible, en seulement une heure, de nettoyer les écuries en entier ? Enfin, à moins d’être complètement débile, ce qui, quelque part, il ne pouvait s’empêcher  de commencer à penser. Ils n’auraient pas pu avoir des lignes à copier, à la place ? C’était moins chiant – et au moins, le papier, contrairement aux chevaux, ça sentaient pas mauvais.
 
Et surtout que bon, il voulait bien croire qu’ils étaient deux, mais quand même, c’était limite impossible. Surtout considérant le fait qu’il avait la – mauvaise – habitude d’être un rien perfectionniste dans tout ce qui concernait le ménage et le rangement – enfin, c’est du moins ce que les autres avaient tendance à lui dire. Parce que ouais, si jamais quelqu’un se serait risqué à lui demander son avis, sans doute ne lui aurait-il que répondu que les autres étaient tout simplement incapable de faire autre quoi que ce soit d’autre que de foutre le bordel là où ils passaient. Y avait qu’à voir Dao. Et Ema. Et…
 
Bref.
 
Et il s’apprêtait d’ailleurs à lui faire une remarque bien sentit sur son maque de politesse plus que flagrant – même si, il fallait bien l’avouer, il était sans nul doute l’un des derniers qui aurait eut le droit de faire ce genre de commentaires – lorsqu’un bruit métallique, suivit de celui, tellement caractéristique, d’un liquide qui se déverse sur le plancher lui résonna – fort désagréablement – aux oreilles. Tournant brusquement la tête, posant ses yeux sur le seau qui venait de se faire renverser, Shigeru jeta ensuite un regard assassin à l’adolescent en face de lui, les poings sur les hanches. ‘’Nah mais fuck, c’est quoi son problème à ce con ?!’’ se dit-il alors qu’il le dévisageait comme s’il avait eut l’intention de faire prendre sa tignasse sombre en feu juste avec ses yeux.
 
-Il est hors de question que j’nettoie ça. Faut qu’on trouve le moyen de se barrer d’ici. Ouaip, et vite fait, lui fit l’autre, comme si de rien n’était.
 
Ah ouais ?’’ Alors comme ça, il avait l’intention de foutre le camp ? Ahah. Ouais, bonne chance avec ça. Roulant des yeux, une expression ressemblant vaguement à ‘mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour me retrouver avec un idiot pareil’ prenant place sur son visage, Shigeru se retint de l’envoyer valser de la même manière – figurée, cela va de soi – que Asch avait envoyé promener le seau quelques instants plut tôt. Parce que ce n’était pas l’envie qui manquait – loin de là, vraiment -, mais contrairement à ce que certains pouvaient parfois penser, il n’était pas stupide. Loin de là. Et que l’idée de rester enfermer pour une bonne heure avec quelqu’un qui serait sans doute capable de lui casser la gueule ne l’interpelait pas plus que ça.
 
Ou enfin, c’est là ce qu’il se dit juste avant d’ouvrir la bouche.
 
-Hey, fit-il d’un ton bourru en levant légèrement la tête la tête, histoire de le regarder dans les yeux. De où est-c’que tu me comptes, hein ? Genre, j’ai mieux à foutre que d’essayer d’sortir d’ici pour m’faire donner une autre retenue encore plus chieuse que celle-là. On a qu’à le faire et c’tout. Et en plus, y a pas moyen de s'en aller, alors hein.
 
Ouais. Ça aurait pu être pire – n’importe qui le connaissant se serait probablement mit d’accord là-dessus. Soupirant avec agacement – non, mais, c'était quoi, il avait le nom 'Fée du Logis' de tatoué dans la gueule et il ne l'avait jamais remarqué, ou merde? -, il retroussa les manches de sa chemise d'uniforme en grommelant – il regrettait déjà, plus que d'habitude, les vêtements qu'il avait l'habitude de mettre.

Jetant un coup d'oeil vaguement désolé à l'eau savonneuse qui était déjà en train d'imbiber le plancher, il avança de quelques pas, se saisissant du seau sans ménagement pour le reposer – beaucoup plus doucement – sur le sol, attrapant du même fait la brosse qui trainait juste à côté. Puis, se dirigeant vers l'autre adolescent, s'arrêtant peut-être juste un peu trop prêt de lui pour que la distance soit réellement confortable, Shigeru fourra l'objet trempé dans l'une des mains de son compagnon de retenue – la droite -, peut-être un peu plus fort que nécessaire, mais à peine assez pour que ce soit vraiment notable.

-Tiens, marmonna-t-il en finissant par se reculer de quelques pas. T'es mieux d'pas traînasser, ducon. Parc'que j'veux pas devoir rester ici toute la nuit juste parce qu'on aura pas finit.

Parce qu'il fallait pas croire, mais il avait mieux à faire de sa vie, quoi. Comme aller se taper une partie de Dead Space pour faire passer l'agacement accumulé de cette journée de merde, par exemple. Ouais. On était un geek ou on ne l'était pas. Attrapant une autre des brosses – et elles étaient où, les serpillères, hein? - , Shigeru se redressa de toute sa taille, observant d'un air à la fois perplexe et pourtant presque calculateur les environs. Il suffisait de séparer la tâche efficacement et ils pourraient y arriver.

Surtout qu'il n'avait, finalement, aucune idée de s'ils devaient nettoyer les écuries en entier. Mais une chose était certaine; dans tous les cas, il était hors de question qu'il entre dans ce truc – c'était quoi le nom, déjà? - où on foutait les cheveux. Il tenait à rester en vie, quoi. Bon, même si le ratio annuel de décès par accident de chevaux était de 10 pour 800 000 – il faudrait un jour qu'il arrête de retenir ce genre de détail inutile – mais enfin, disons juste qu'on était jamais assez prudent.

-Bon, t'as qu'à commencer par le fond... fit-il en désignant le mur opposé d'un vague mouvement de main.

Et l'autre était mieux de ne pas faire semblant de travailler. Parce que sinon, peu importe qui il était, il allait finir avec une brosse pleine de merde au fond de la gorge.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Dim 6 Mai - 11:10

Après sa déclaration sur son envie d’évasion, Asch se mit à détailler les environs, cherchant le moindre échappatoire qui serait salvateur. Aussi ne faisait-il plus trop attention à Tensei, qui, s’il l’avait fixé, aurait aperçu son manque flagrant d’entrain à cette idée qui était certes, peu réalisable. Mais il était têtu –trop têtu-, aussi s’obstinait-il à inventer des plans tous plus débiles les uns que les autres. Il avait en tête une espèce de grappin, bricolé à base de la partie métallique d’une fourche et des ficelles entourant les ballots de foin, qui lui permettrait après quelques lancés de l’accrocher sur la poutre qui soutenait le toit, et de là atteindre la fenêtre. Aussi mit-il quelques instants avant de se rendre compte que Tensei avait parlé.

Apparemment il n’était pas d’accord. Asch croisa les bras et le regarda avec défi. Nan mais quoi, il avait peur des retenues ? C’était pas bien compliqué pourtant, s’ils s’échappaient de là, et qu’on leur donnait une autre punition, ils n’avaient qu’à ne pas la faire non plus, et ainsi de suite. Ce qui se soldait en général par une exclusion du pensionnat, mais puisqu’ils n’étaient pas vraiment normaux, il se doutait bien qu’on ne les laisserait pas partir comme ça, même s’il fallait bien avouer que son pouvoir n’avait rien de dangereux, mais ça c’était autre chose. Il questionna d’un air narquois :

Hum, aurais-tu peur ?

Il cherchait un peu à le provoquer, même si pour toute personne sensée, effectuer une retenue lorsqu’on en ramassait une était la meilleure chose à faire. Mais Asch n’était pas une personne sensée, loin de là. Et puis comment ça il n’y avait pas moyen de s’enfuir ? Ils n’avaient même pas essayé, c’était quoi cette manière de penser ultra pessimiste ? Ou peut-être préférait-il faire sagement ce qu’on leur avait demandé, plutôt que de s’attirer les foudres des supérieurs. Ou il n’avait pas confiance en ses capacités sportives. Ce qui n’avait rien de trop étonnant au vue de sa corpulence de crevette –ah ah il pouvait parler, il n’était pas beaucoup plus imposant-. Mais bon, ce n’était pas une raison pour plier. Merde quoi, il était libre, et s’il ne voulait pas faire cette punition qui atteignait des summums de la connerie, il ne la ferait pas. Du moins c’était ce qu’il pensait à ce moment là. Et non content d’obéir sagement, Tensei se permettait de lui donner des ordres ? Nan mais il n’allait pas bien ou quoi ? C’était jouer avec le feu, mais avec un feu susceptible en plus.

Il s’apprêtait à lancer une remarque bien sentie, mais il s’arrêta, stupéfait en l’entendant soupirer. C’était à lui de soupirer, bordel, coincé ici avec un roux qui lui donnait des ordres ! Puis quoi, s’il voulait nettoyer, qu’il le fasse, et en silence, mais qu’il l’implique pas là-dedans. Même si c’était de sa faute qu’il était là, il semblait l’avoir déjà oublié. Il fallait qu’il trouve le moyen de tout lui faire nettoyer, mais sans se le mettre à dos non plus, il ne voulait pas perdre son informateur. Perdu une fois de plus dans ses réflexions, il ne réagit pas lorsqu’il sentit qu’on lui fourrait quelque chose dans les mains, qui se refermèrent automatiquement. Il fixa d’un air hébété le seau presque vide qui avait subi un de ses accès de mauvaise humeur, et la petite brosse déjà pas très propre qui occupait son autre main. Puis son regard remonta lentement vers la figure de Tensei, l’incompréhension se muant en rage. Nan mais il foutait quoi ce con ?

-Tiens. T'es mieux d'pas traînasser, ducon. Parc'que j'veux pas devoir rester ici toute la nuit juste parce qu'on aura pas finit.

Asch siffla entre ses dents, furieux que celui-ci lui remette de force des objets, et qu'en plus il l'insulte :
Putain.. Tu veux mourir ou quoi enfoiré ?!

Il n’était pas, mais alors pas du tout content, et bien qu’il sache que lui casser la gueule était tout sauf une bonne idée, cette idée s’insinuait de plus en plus profondément dans son esprit. Il devait absolument se calmer. Serrant les objets qu’il tenait à s’en faire blanchir les phalanges, il respira profondément en fermant les yeux. Il avait encore besoin de Tensei, pour nettoyer, et pour les informations. Après avoir récupéré un minimum de self-control, il rouvrit les yeux, sans esquisser le moindre geste, desserrant de manière imperceptible ses poings. Okay, il n’essaierait pas de s’échapper, ni de lui casser la gueule –sauf s’il continuait à le traiter comme ça, il lui apprendrait le respect-. Il se contenta de le fixer d’un air mauvais, esquissant un petit sourire ironique. Bien bien il commencerait par le fond.

Ou pas. Il jeta -sans y mettre trop de force non plus- la brosse à la tête de Tensei, qui rebondit et atterrit non loin. Il espérait qu’il avait senti le coup, mais il avait tiré sans trop de force pour ne pas le blesser non plus. Sans se presser il alla la ramasser, puis se dirigea d’un pas nonchalant vers le fond de la pièce, non sans un dernier mauvais sourire en direction du roux. Soit, il allait nettoyer, mais avec toute la mauvaise foi dont il était possible, pour bien montrer qu’il ne le faisait surtout pas à cause des injonctions de Shigeru.

Arrivé à destination, il s’accroupit, posant le seau par terre, avant de fixer d’un air perplexe le mur, qui était vraiment très sale. Son regard fit quelques allés-retours entre la brosse et la zone à nettoyer, avant de soupirer et de s’ébouriffer les cheveux de sa main libre. Il n’avait jamais nettoyé quoi que ce soit, et n’avait aucune idée de comment il fallait s’y prendre. Mais il n’allait pas perdre contre un mur, non ? Il affermit sa prise sur la brosse, et tendit le bras de manière presque hésitante. Bon ça ne devait pas être si compliqué. Il fit des mouvements de va-et-vient avec son bras, mais rien à faire, la saleté incrustée ne partait pas. Aussi frotta-t-il plus fort, s’énervant contre son propre manque d’efficacité, mais sans avoir mouillé ni la brosse ni le mur, cela n’avait que peu d’effets. D’ailleurs la brosse lui échappa des mains et il se racla le dos de la main contre la paroi. Un chapelet de jurons sorti alors de sa bouche, résonnant sans doute assez loin, tandis qu’il frappait le mur pour se venger. Chose totalement débile, puisque cela ne fit qu’accroître la douleur de sa main où il manquait un petit bout de peau. Décidément il n’était pas doué, pas du tout même. Mur 1 – Asch 0

Il se leva, énervé, avant d’aviser un petit robinet dans le coin, vers lequel il se dirigea pour se nettoyer les mains, qui en plus de s’être faites éraflé, avait récolté une couche de poussière noirâtre. Après les avoir laissé un long moment sous le filet d’eau gelée, il les secoua sans ménagement avant d’aller s’asseoir sur un des ballots, bien décidé à ne plus jamais recommencer toute sorte de nettoyage quel qu’il soit. Étendant les jambes de manière confortable, il sortit de sa poche son paquet de cigarettes d’où il tira une sucette, qu’il fourra dans sa bouche. Puis il croisa les bras, sûr sur le moment qu’il passerait la fin de l’heure sans bouger.

C'est vraiment une idée à la con d'vouloir nettoyer.
Marmonna-t-il pour lui même.
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Shigeru Tensei
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Ven 11 Mai - 5:03

Il entendit arriver la brosse – parce que, contrairement à ce que certains pouvaient penser, ce genre de chose tend à faire du bruit, même si à peine perceptible – une faction de seconde avant de la sentir s'écraser à l'arrière de son crâne dans un choc relativement douloureux – de ce genre de douleur presque vive, mais qui ne dure qu'un instant, des pansements que l'on arrache. Fraction de seconde qui ne lui fut néanmoins pas suffisante pour avoir une autre réaction que ''What the...'' alors qu'un léger toc retentissait dans la place, la brosse tombant au sol après lui avoir percuté la tête.

Jetant un regard venimeux par dessus son épaule alors qu'il frottait machinalement ce qui allait probablement devenir une bosse d'ici à demain matin, Shigeru jura entre ses dents, se retenant de faire volte face pour aller lui balancer un bon coup de genou dans les parties sensibles. Mais c'était quoi, son problème, à ce con, hein? Et, quelque part, il ne pouvait s'empêcher d'espérer que ce qu'on venait de lui lancer n'était pas trop sale. Il frissonna légèrement à l'idée d'où cette chose avait bien pu trainer, toutes les saletés qui avaient bien pu s'y coller et tous les germes qui...

''Arrête!'' se morigéna-t-il alors qu'il se détournait pour s'approcher du mur le plus près – celui qui donnait sur la porte des écuries -, attrapant du même fait l'un des seaux – celui qui contenait encore de l'eau – d'un mouvement brusque, reversant un peu de son contenu sur le sol – et sur ses chaussures – au passage. Ah, ouais. C'était vraiment pas sa journée.

Ébouriffant distraitement ses cheveux roux dans un mouvement énervé, donnant à sa chevelure une allure encore plus folle qu'à l'habitude, Shigeru lança un dernier regard noir à son compagnon de retenue avant de se rabattre - non pas sans laisser échapper à mi-voix une ou deux insultes bien senties tant à l'égard de l'adolescent que de la tâche débile qu'ils avaient à accomplir – sur le mur en face de lui. Putain. Il n'avait vraiment aucune envie de faire ça. Après tout, il y a avait une très grosse différence entre aimer faire le ménage et aimer que les choses soient propres et rangées, quoi.

Différence minime, peut-être, selon plusieurs, mais néanmoins capitale.

Et ces stupides chevaux qui n'arrêtaient pas de faire du bruit. Bordel. Si ça continuait comme ça, il allait finir par sauter à la gueule de quelqu'un – ce quelqu'un en particulier se trouvant à être en ce moment même à l'autre bout du bâtiment. Inspirant profondément histoire de se calmer un peu – ce qui aurait probablement pu être une meilleure idée si l'air ambiant avait sentit un peu moins mauvais -, Shigeru plongea sa brosse dans l'eau tiède avant de commencer, bon gré mal gré – surtout du second, à vrai dire -, à frotter la crasse qui s'incrustait depuis définitivement trop longtemps. N'y avait-il donc personne de payé pour faire ce genre de chose?

Si c'était le cas, elle méritait qu'on revoit son salaire à la baisse.

Démarrant son lecteur mp3 de l'autre main – le son quasiment réglé au minimum, toujours -, Shigeru tenta du mieux qu'il pu de se concentrer sur la musique qui lui jouait dans les oreilles plutôt que sur le bruit des chevaux qui bougeaient, respiraient, et de l'autre adolescent – bon sang, il allait vraiment falloir qu'il se souvienne de son nom – qui faisait il ne savait trop quoi plus loin au fond, le son de sa brosse qui crissait contre le bois et...

-C'est vraiment une idée à la con d'vouloir nettoyer, entendit-il, presque aussi nettement que s'il se trouvait juste à côté de celui qui venait de parler.

Cessant aussitôt de bouger, Shigeru se retourna brusquement, plissant les yeux devant la vision qui s'offrait à lui. ''Mais pour qui il se prend, lui, hein?!'' se dit-il alors qu'il fixait, à la fois furieux et incrédule, l'autre adolescent installé sur l'une des bottes de foins à, semblait-il, ne rien foutre du tout. Et il croyait quoi, celui-là? Qu'il allait le laisser faire comme ça sans rien dire? Ahah, dans ses rêves, oui – parce que si quelqu'un d'autre que lui y aurait sans doute pensé à deux fois avant de s'embrouiller avec quelqu'un dans le genre de Asch, il fallait avouer qu'il n'était pas vraiment des plus réfléchit non plus.

-Nah mais merde... marmonna-t-il alors qu'il se dirigeait vers lui d'un air à agacé et un rien outré. J'vais lui en faire, moi, des idées à la con...

Mauvaise foi? Peut-être. Assurément, même. Surtout considérant le fait qu'il avait lui-même pensé quelque chose du même genre il n'y avait pourtant pas si longtemps. Mais enfin, après tout, il paraissait que susceptibilité et mauvaise foi font bon ménage. Finissant par arriver devant l'autre adolescent, le toisant de toute sa faible hauteur, profitant du fait que Asch était assit pour le regarder de haut – parce que ouais, on fait avec ce qu'on a, quoi -, il dû résister à l'étrange envie qu'il avait de croiser les bras – parce qu'il voulait éviter autant que possible de mettre une tonne de saleté sur ses vêtements, quand même.

-J'peux savoir ce que tu fous? demanda-t-il sur un ton plus exaspéré qu'autre chose. C'pas en restant assit comme ça qu'on va avancer, merde. C'est quoi, tu veux rester ici toute la nuit?

Et en plus, c'était quoi ce truc qu'il avait dans la bouche, hein? Probablement une sucette quelconque. ''Eurg...'' se dit-il en retenant une grimace. Et puis, franchement, ils avaient mieux à faire que de bouffer de ces trucs dégueux qui servaient juste à vous rendre malade – ou du moins, dans son cas à lui - et à vous pourrir les dents. Puis, levant les yeux, quittant un moment l'autre du regard, il se mit à fixer le mur que Asch était supposé nettoyer. Pour, au final, ne lui trouver absolument aucune différence avec le reste.

-Nah mais c'pas vrai... marmonna Shigeru en s'approchant du dit mur, le dévisageant comme s'il l'avait personnellement insulté. Mais t'as même pas commencé en plus! Tu crois quoi, ajouta-il en lui jeta un coup d'oeil rapide – pas des plus gentils - par dessus son épaule, que j'vais tout faire à ta place?

Ahah. Comme si.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Ven 11 Mai - 21:58

Tranquillement installé sur son petit monticule de foin, et bien décidé à ne pas en bouger, Asch observa amusé Tensei qui s’approchait d’un air outré. Il devait avoir fait un truc à ses cheveux qui étaient ébouriffés au possible et tenaient on ne sait trop comment dans une position des plus invraisemblables. Aussi prit-il le temps de détailler les mèches rousses folles de son compagnon d’infortune pour essayer de percer à jour ce drôle de phénomène sans doute dû à l’électricité statique. Lorsque celui-ci fut devant lui, Asch constata avec un peu d’aigreur qu’il devait légèrement relever la tête pour le regarder dans les yeux –*profites le nain de jardin ce sera pas toujours le cas*- Bon il y allait un peu fort, mais c’était purement gratuit et à titre personnel donc.. Et puis c’était lui qui se faisait regarder de haut pour l’instant, ce qui n’avait rien d’agréable.

Bien que cela le gêne un peu, il ne bougea pas pour autant, bien installé comme il l’était. Rester jusqu’à la nuit, c’était peut-être pas si mal en fait. C’était sale, et mal odorant, mais il s’était habitué à l’odeur, et il avait déjà passé des jours entiers à traîner dans les rues parfois à la limite de l’insalubre, que l’écurie n’avait rien à envier pour la plupart. En nettoyant un peu un carré d’espace, et en entreposant quelques poignées de paille, il pouvait facilement se creuser un nid assez douillet, et passer une nuit des plus simples. L’idée de s’allonger était tentante, très tentante. Il était déjà assis, aussi il suffisait qu’il prenne appui sur ses bras pour réarranger sa position, et qu’il se laisse glisser en arrière. Enfantin. Seulement, il se doutait que s’il faisait un truc de ce genre, Tensei pouvait se moquer de lui ou le traiter de clochard –ce qui n’était pas totalement faux, certes- et cela, il ne pouvait pas l’accepter. Si le bon sens, la gentillesse ou l’amabilité lui faisait souvent défaut, il ne pouvait se défaire d’une fierté tenace qui lui avait causé plus d’une fois des ennuis. Et il fumait rien qu’à l’idée de voir l’autre bonhomme roux un sourire narquois aux lèvres entrain de le chercher. Ce dont il devrait sûrement s’abstenir pour sa propre sécurité.

Aussi il se contenta d’écouter distraitement Tensei, l’attention n’étant pas non plus un de ses points forts, bien qu’il reste constamment aux aguets, suçotant son bâton de sucette qui semblait avoir suscité un mouvement de dégoût chez celui-ci, qui ne devait pas beaucoup apprécier les sucreries. Rien d’étonnant sans doute avec un tel rabat-joie qui n’avait rien fait de mieux que de lui donner des ordres et l’insulter depuis tout à l’heure –Comment ça il n’était pas mieux ?-

Hum ce qu’il pouvait bien foutre.. C’était une bonne question, dont il n’avait pas entièrement la réponse. Il faillit répondre le plus naturellement du monde que, comme cela se voyait, il ne faisait rien. Mais l’autre avait l’air suffisamment énervé comme ça. Et le sucre aidant, il était de meilleure humeur, il garda donc la bouche close, mais s’autorisa un sourire assez évocateur. Il aimait remplacer de longs discours ou même de simples mots par des mimiques expressives, qui pour lui en disait tout aussi long. Et les sourires étaient une vraie arme, qui renseignait directement sur son état d’esprit, perçant le masque de chair placide de son visage. C’était vrai qu’il allait devoir trouver quelque chose à faire, sous peine de quoi il allait finir par s’ennuyer vu qu’il ne pouvait dormir. Et l’ennui c’était le mal.

Tandis qu’il passait en revue toutes les choses les plus débiles et amusantes qu’il pouvait faire dans cette pièce –et détrompez-vous il en trouvait beaucoup- il se souvint subitement de pourquoi ils étaient là. Mémoire de poisson rouge ultra sélective qui occultait assez commodément tous les points sombres. Enfin il se rappelait plus exactement de pourquoi lui était là, puisqu’il ne savait toujours pas ce que Tensei avait bien pu faire exactement pour écoper d’une retenue. Il faudrait qu’il lui demande un jour. Mais pas maintenant, le moment semblait mal choisi. Il avait encore l’air de mauvaise humeur et ce depuis le début. Ce qui ne dérangeait pas tant que ça Asch au final, qui aimait bien le voir s’agiter et s’exaspérer. Il n’était pas très effrayant il fallait dire, mais bon, toujours se méfier de l’eau – ou ici du roux - qui dort. Il aimerait bien voir ce que cela donnait d’ailleurs, lorsqu’il était vraiment énerver. Cela pourrait être amusant de le pousser à bout, et sans doute pas très compliqué vu qu’il semblait démarrer assez rapidement. Ils avaient peut-être des points communs en fait : des emmerdeurs à la susceptibilité et mauvaise foi qui atteignaient des sommets.

Argh, Tensei avait encore frappé –au sens figuré-. Comment cela il n’avait rien fait ? Il se vantait de son ouïe fine, n’avait-il donc pas entendu combien il avait frotté ? Pendant une demi-minute au moins. C’était pas grand-chose, mais qu’il ne dise pas rien non plus. Et puis comme si c’était de sa faute si le mur ne se nettoyait pas. Si les chevaux n’étaient pas aussi crades ils n’en seraient pas là. Il leur jeta d’ailleurs un regard lourd de reproche, se disant que s’il ne s’en sortait pas de cette retenue, il pourrait toujours les faire cuire et les manger pour se venger. Ce serait bien fait pour eux. Et il avait faim en plus.. Dommage qu’il n’ait pas de briquet. Ou heureusement plutôt, puisqu’il aurait sans doute mis le feu accidentellement –ou non- à l’écurie. Et comme ils étaient enfermés.. Mauvais plan. Mais avant de trouver un moyen de s’occuper des chevaux, il fallait qu’il en trouve un pour s’occuper de son compagnon de retenue.

Qui commençait grave à lui taper sur le système, à le réprimander tout le temps. Il n’était pas un gosse quoi, merde. Il percevait ce qui lui semblait être un manque flagrant d’estime dans sa voix, et c’était le plus embêtant ; qu’on lui parle comme à un enfant cela passait encore, mais comme à un demeuré.. Mais bon il n’allait pas lui casser la gueule pour ça. Ou peut-être que si, à voir. Il pouvait aussi lui arracher ses précieux écouteurs et les balancer dans un des box au hasard, il ferait sans doute moins le malin. Attendant de voir la suite pour agir, il attrapa le bâton de sucette qui était toujours fourré dans sa bouche et le jeta au sol, se levant prestement du même mouvement. Il se retrouva alors planté à son tour en face de Tensei, le dominant légèrement de sa hauteur. Pour le moment il ne voulait pas se battre, il voulait jouer.

Arrêtes de dire n’importe quoi j’ai essayé ! C’pas ma faute si le mur est tellement dégueulasse qu’on peut pas le nettoyer. Ca sert à rien j’te dis on y arrivera pas. Puis tu critiques mais t’en fous pas une non plus.. Autant faire autre chose pour passer le temps, ils seront bien obligés de nous sortir de là à un moment ou un autre.


Il se baissa et ramassa la brosse qu’il avait jetée au sol dans un accès de dépit. Il frotta délicatement du bout des doigts son dos pour enlever les saletés qu’elle avait amassé avant de l’empoigner et de frotter en deux trois gestes rapides le mur, pour montrer que ce n’était pas que de la mauvaise foi. Ce qui n’eut évidemment toujours aucun effet, ce qui était assez rageant de fait. Dire qu’un pauvre bout de béton lui résistait.

Tu vois ça marche pas. Laisse tomber.

Tout en haussant les épaules, il laissa tomber pour la énième fois la brosse au sol, avant d’aller se rasseoir sur sa botte de foin, à défaut d’un mur sur lequel il aurait pu s’appuyer. Il frotta ses mains entre elles pour essayer de dégager la mince pellicule de poussière que son « effort » avait engendré. Tant qu’il y était il fallait qu’il mette quelque chose au clair, avant que cela ne dégénère.

Et arrêtes de râler tout le temps, t’es chiant à la fin.


Et au début. Mais sans doute n’était-il lui-même pas mieux, mais il n’en avait pas conscience, ou ne voulait pas le reconnaître. Seulement si Tensei continuait à parler comme ça, il allait devoir réagir, il avait une réputation –certes naissante ici- à tenir. Et cela risquait de ne pas plaire à l’autre qui n’avait rien demandé. Ni être très très beau à voir. Il espérait pouvoir l’éviter par ce simple avertissement balancé de manière anodine, qui aurait pu passer pour une simple remarque entre amis. Après tout Tensei n’avait pas réagi plus que ça lorsqu’il s’était reçu la brosse, peut-être ne cherchait-il pas trop les ennuis. Mais ils n’étaient pas amis, et cette phrase contenait un message subliminal, qui n’était pas très difficile à déchiffrer.
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mar 15 Mai - 6:39

Un regard un peu noir, un peu réprobateur, à la limite de l'accusateur. Voilà ce que Shigeru ne manqua pas d'envoyer à l'autre lorsque, du coin de l'oeil, il l’entraperçut balancer, comme si de rien n'était, le petit bâton blanc qu'il avait auparavant de fourré dans la bouche. Puis un semblant d'air renfrogné, alors qu'il l'observait se lever et s'approcher de lui pour – ou du moins, c'est là ce qu'il lui semblait – le dominer de sa hauteur. Hauteur sans doute pas des plus impressionnantes, mais néanmoins, il avait suffisamment de centimètres en plus pour que, avouons le, ça lui tape sur le système. Et pas qu'un peu.

Shigeru était d'ailleurs sur le point d'ouvrir la bouche – pour l'envoyer promener ou lui intimer, fort peu gentiment, de ramasser ce qu'il venait de lancer par terre, nul ne le saura jamais – lorsque Asch le prit de court en lui coupant la parole – ou du moins, les quelques mots qu'il était sur le point de dire. Sale chieur, qu'il attende son tour, un peu!

Et tout ça pour lui dire qu'il avait essayé. Ouais, à d'autres. Ou alors, il n'avait probablement pas dû essayer bien fort, à voir le peu de résultats – c'est à dire, l'absence total de ces derniers – que sa 'tentative' avait apportée. Et comment ça, il ne faisait rien? Foutaise! Depuis tout à l'heure qu'il nettoyait – pas comme une certaine personne –, alors qu'il ne vienne pas se la ramener, hein.

Lui jetant un regard incendiaire alors que l'autre se penchait pour ramasser sa brosse – ah, voilà où cette dernière était passée, tien -, Shigeru haussa un sourcil perplexe alors que l'adolescent se remettait à frotter le mur, sans doute dans l'espoir de lui prouver qu'il n'y arrivait pas quand bien même il essayait, ce que la phrase qu'il lui envoya tout de suite après ne manqua pas de confirmer.

-Tu vois ça marche pas. Laisse tomber.

''Ahah. C'est parce que tu t'y prend n'importe comment, aussi, ducon.'' C'était quoi, il n'avait jamais fait ça de sa vie ou merde? Probablement pas – c'était, somme toute, presque impossible, quand on y pensait comme il faut -, mais tout de même, à le regarder, on pourrait presque le croire. Et surtout, qu'espérait-il, comme ça, s'il n'utilisait même pas d'eau, hein? ''N'importe quoi...'' pensa-t-il alors que Asch retournait s'asseoir, une nouvelle fois, sur l'une des nombreuses balles de foin qui étaient disposées ici et là.

-Et arrêtes de râler tout le temps, t’es chiant à la fin.

-Sale chieur toi même, connard.... marmonna Shigeru en lui lançant un regard noir.

Encore. Décidément, ça allait devenir une habitude. Et puis, c'était quoi, ça? Non mais, 'arrêtes de râler tout le temps, arrêtes de râler tout le temps'. Il allait lui en faire, lui; surtout que non, il ne passait pas son temps à râler. Ou du moins pas vraiment, pas souvent, seulement une fois de temps en temps. Pas vrai...? Enfin, ce n'était probablement pas ce que ses amis – et pas que ses amis, à vrai dire, tout ceux le connaissant au moins un minimum – auraient dit si on le leur avait demandé.

Laissant échapper un soupir plus agacé, plus énervé qu'autre chose, Shigeru roula des yeux devant l'évidant manque de bonne volonté de son compagnon d'infortune. Il croyait quoi, qu'il avait plus envie d'être ici que lui? Et puis, bien franchement, quand bien même, quelque part, il ne pouvait s'empêcher de penser que l'autre avait un peu – mais seulement qu'un peu, hein – raison, il était hors de question qu'il le lui dise, hors de question qu'il se plie à ce qu'il lui avait dit.

Parce qu'il avait son orgueil, il avait sa fierté, cette fierté ridicule dont il ne voulait pas – n'arrivait pas – à se débarrasser. Et que, quelque par, dans son esprit un rien étrange et parfois peut-être un peu obtus, acquiescer aux propositions, aux accusations de Asch serait comme d'avouer qu'il avait tord. Avouer qu'il avait tord et que l'autre avait raison; alors que, pourtant, ce n'était – presque – pas le cas. Et donc, so what si c'était vrai que, même s'ils ne foutaient rien, les surveillants n'auraient pas d'autre choix, à un moment donné ou à un autre, de les laisser rentrer?

-C'parce que tu l'fais pas comme il faut que ça marche pas, roh, finit-il par lui dire en s'approchant du mur le plus près de l'autre, bien déterminé à lui prouver qu'il n'était qu'un pauvre incapable.

Commençant à frotter, avec cette technique que seule l'expérience – ou de vagues tendances obsessionnelles compulsives – pouvait apporter, encore et encore jusqu'à ce que la saleté finisse par se décoller pour laisser place à du blanc – ou plutôt du gris pâle, puisque c'était tellement crasse qu'il faudrait probablement un produit qui lui décaperait les mains pour arriver à tout faire partir -, c'était tout juste s'il ne semblait pas trouver que le mur était devenu la chose la plus intéressante du monde. Et il resta là un bon moment, les secondes, les minutes s'écoulant lentement les unes à la suite des autres alors qu'il restait concentré sur sa tâche, tellement mécanique et laborieuse qu'elle donnait l'impression de pouvoir vous vider le cerveau – un peu comme une lobotomie, mais seulement, temporaire et probablement moins douloureuse.

Ce ne fut que quelques instants plus tard – 157 secondes pour être exact – que Shigeru réalisa – ou plutôt, sembla soudainement se souvenir – qu'il n'était pas seul dans la pièce, le son de la musique qu'il n'avait toujours pas arrêtée étant parvenu à couvrir une bonne partie des bruits que Asch aurait pu faire. Tournant légèrement la tête d'un air vaguement surprit, il le fixa sans ciller durant un moment avant de se racler la gorge, l'air un rien embarrassé.

-Euh... ouais donc, mh... c'est ça. C'pas dur, quoi, faut juste que t'arrête de rien foutre, c'tout, grommela-t-il en détournant vaguement la tête.

Et non, il ne se sentait pas du tout stupide d'avoir complètement zappé l'existence de l'autre. Absolument pas.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mar 15 Mai - 10:20

Serein, Asch attendait que Tensei réagisse à son avertissement, ce qui donnerait sans doute la couleur de la suite des évènements. Il crut un moment que celui-ci ne répondait pas, lorsque malgré son audition des plus normales, il entendit pourtant clairement l’autre grommeler. Son visage se ferma d’un coup.

Sale chieur toi-même connard..

Décidément le rouquin ne semblait rien comprendre de la situation délicate dans laquelle il se trouvait, et non content de ne rien dire à défaut d’acquiescer (ce qui aurait sans doute plus relevé d’un miracle que d’un soudain accès de bonne foi) il osait l’insulter à nouveau. Deux fois. Son sang ne fit qu’un tour. Asch ne pouvait plus laisser passer ça. Il allait se lever, le saisir par son col de la main droite, et le jeter contre le mur, puis faire pression sur sa gorge avec son coude dans le prolongement, lui écrasant la carotide, jusqu’à obtenir des excuses, ou le laisser inanimé. Ce serait facile, ce n’était qu’un geste exécuté des centaines de fois, et en plus sur un adversaire qui lui paraissait peu coriace.

Mais, une fois de plus, au dernier moment il se retint. Bizarrement, le fait de l’entendre soupirer et tirer une tête des plus originales avait coupé son élan, et il attendait la suite. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi il retardait de plus en plus l’échéance, surtout pour une personne qui certes avait son utilité, mais qu’il connaissait à peine et surtout qui ne montrait pas une once de respect depuis qu’ils étaient arrivés. Il aurait donc déjà dû être taillé en pièce, ou tout du moins malmené un peu. Alors pourquoi Asch ne se décidait-il pas à lui casser la gueule une bonne fois pour toute ? C’était à n’y rien comprendre. Ce n’était pas comme s’il commençait à apprécier envers et contre tout le sale caractère de son compagnon de retenue, non ? ..

Pour l’heure il refoula ses pensées, et croisa les bras, sans agir, une fois de plus. Comment ça il ne nettoyait pas comme il faut ? Okay, il n’avait jamais touché à une brosse de sa vie -sauf pour racler la gueule à quelqu’un il y a deux ans, que de nostalgie- et toute forme de ménage lui était aussi étrangère que des formes de vie sur Mars. Quoi que ces dernières avaient au moins le mérite de l’intéresser. Mais, il était hors de question qu’il fasse mal quelque chose, c’était contraire à sa fierté, il se devait de réussir. Aussi il comptait bien protester et trouver une excuse bidon, du genre que c’était le mur qui était irrécupérable, ou sa brosse qui ne marchait pas.. Et c’était là que bouche bée, il put observer un miracle.

Enfin un miracle, il ne fallait pas trop exagérer non plus. Toujours était-il que Tensei avait pris la brosse et c’était mis en devoir de lui montrer comment faire. Ou pour lui montrer qu’il ne savait pas faire. Le rouquin semblait avoir de l’expérience, ses gestes étaient précis et efficaces. Le mur ne tarda pas à retrouver un semblant de dignité, avec une couleur gris pâle. Asch était impressionné. Enfin il se dit plutôt qu’il l’aurait pu l’être si cela ne concernait pas des travaux ménagers. Pour sauver son honneur de lui-même, il en conclut donc intérieurement qu’il était normal qu’il ne sache pas faire des travaux de bonne, et que Tensei soit meilleur que lui dans ce domaine. Pour sa propre satisfaction, Asch rajouta en pensée que ce devait bien être le seul. Mauvaise foi quand tu nous tenais..

Quoi qu’il arrive, c’était une aubaine. Déjà il pouvait donc s’accorder avec sa conscience, en se disant que s’il n’avait toujours pas remis Tensei à sa place, c’était parce que celui-ci était doué en nettoyage et qu’il allait donc pouvoir s’en servir ici même. Il zappait le fait qu’il ait commencé à ne pas réagir avant de connaître ses compétences. Il avait sans doute peur de se dire qu’il se ramollissait (sûrement de la faute à son petit frère), ou qu’il était moins dur à l’égard du rouquin. Et ces deux perspectives le plongeaient dans une sorte de doux effroi. Il ne voulait pas s’adoucir, ni en général, ni pour quelqu’un en particulier, merde.

Perdu dans ses pensées, il se mit à arracher des brins de foin qu’il mettait en morceaux, geste machinal qui l’aidait à réfléchir. Il s’escrimait depuis un moment mentalement à savoir comment réagir, pris dans le dilemme de la fierté et du bon sens : il hésitait entre se servir de Tensei pour tout nettoyer, ou lui donner une leçon, sachant pertinemment qu’on viendrait au final leur ouvrir malgré tout. Et puis, il pouvait toujours le soigner après –si tant est qu’il y arrive-, pour qu’il n’y ait pas de trace physique, mais que reste la douleur mentale, et sans doute la peur. Si le rouquin pouvait avoir peur, ce qui n’était pas donné selon Asch, puisque celui-ci démontrait un courage –ou plutôt une inconscience- assez forte depuis tout à l’heure. Finalement Asch opta pour un mix des deux : il fallait qu’il se débrouille pour le faire nettoyer, histoire qu’il n’ait pas à retourner une fois de plus en retenue, et lorsque cela serait fait, il mettrait les choses au clair. Il éloignait sans doute encore le moment de l’affrontement, mais il savait que le moment venu, il ne reculerait pas, même s’il était entrain de se ramollir, ou même s’il commençait à l’apprécier ou quoi que ce puisse bien être. Parce que le respect, c’était très important. Ceux qui ne l’obtenaient pas se faisaient écraser, c’était la loi de la rue. Et la sienne.

Euh... ouais donc, mh... c'est ça. C'pas dur, quoi, faut juste que t'arrête de rien foutre, c'tout.


Il n’avait pas vu passer le temps, plongé dans ses pensées, observant les gestes quasi mécaniques de Tensei, aussi fût-il tout aussi surpris que ce dernier lorsqu’il se retourna gêné, comme s’il avait oublié son existence l’espace d’un instant, perdu dans sa tâche de nettoyage. Il devait aimer ça, ce n’était pas possible. Ou alors c’était peut-être un maniaque.. Dans les deux cas cela allait fortement aider Asch. Il fallait qu’il joue avec tact et finesse –ce qui n’était pas deux de ses qualités flagrantes- pour obtenir ce qu’il voulait, sans que son compagnon de retenue ne se braque. Asch pencha la tête d’un air vaguement intéressé.

Hmm.. Tu fais comment exactement ? J’ai jamais rien nettoyé.. Pis t’as l’air de t’y connaître apparemment..


Mouai bon, ça ressemblait plus à une sorte de demande d’apprentissage. En aussi maladroit que la phrase de Tensei juste avant. Merde. Et en plus il avouait qu’il n’était pas doué. Enfin, c’était sans doute qu’il voulait apprendre, même si ce serait selon lui du savoir inutile. Il ne se comprenait plus lui-même, ce qui était assez embêtant et perturbant. Un coup il voulait frapper le rouquin, puis se retenait ; il affirmait ne pas vouloir nettoyer, et il demandait comment faire.. Peut-être qu’il allait même aider Tensei finalement ? Il pourrait plus vite le remettre à sa place, et la retenue prendrait enfin fin.. Et alors tout rentrerait dans l’ordre. Il pourrait retrouver son sarcasme et son sale caractère. Ou pas.
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Shigeru Tensei
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Ven 18 Mai - 17:24

Ne pouvant s'empêcher de se sentir vaguement insulté, s'insurgeant silencieusement devant le commentaire – pourtant totalement inoffensif, avouons le - que l'autre venait de lui faire, une moue un rien boudeuse prit place sur son visage. Comment ça, il avait l'air de s'y connaître? Il ne s'y connaissant pas, non – ou du moins, pas plus que l'adolescent ordinaire moyen -, et ce n'était quand même pas de sa faute à lui si Asch était une vrai merde pour ce genre de truc. Et puis, avouer de s'y connaître serait un peu comme de reconnaître qu'il avait des capacités de femme de ménage – et son orgueil masculin ne le lui permettait pas vraiment. Et puis, si durant des années, c'était lui qui avait dû s'occuper de tout ranger chez lui, ça ne voulait rien dire, pas vrai?

Et, en plus du reste, un vague air consterné. Parce que, bien franchement, c'était à se demander comment c'était même possible que l'autre n'ait jamais fait ça de sa vie. C'est quoi, il ne foutait jamais rien chez lui, ou quoi? Mon dieu; tout d'un coup, il ne pouvait s'empêcher de se montrer presque reconnaissant envers le fait qu'il n'était pas dans le même dortoir que lui. Parce que sinon, sans doute que l'autre adolescent aurait fini par se réveiller avec une chaussette sale enfoncée dans le fond de la gorge. Ah, quelle belle image que celle-là.

Puis, le dévisageant un moment, Shigeru haussa les épaules, mouvement universellement reconnu pour signifier 'Bah écoute, mec, j'en sais absolument rien'. Parce que, finalement, c'était vrai quoi, il ne savait pas comment il faisait, il le faisait et c'était tout. C'était pas non plus comme s'il y avait une technique magique ou quoi que ce soit – dieu seul sait qu'il aurait aimé, pourtant -, il fallait juste que l'autre arrête de faire sa putain de feignasse. Et cesse de faire n'importe quoi tout court, à vrai dire.

Ouais. C'était pas gagné.

Marmonnant un peu entre ses dents – des choses que sans nul doute personne d'autre que lui n'aurait réussit à saisir -, il s'approcha de Asch, le dévisageant d'un air critique. Critique et un peu réprobateur – encore -, alors qu'il le regardait déchiqueter des petits morceaux de paille qu'il balançait ensuite un peu n'importe où. Okay, il voulait bien croire que le sol n'était pas très propre – complètement crasse étant probablement un meilleur mot pour le décrire, à vrai dire -, mais ce n'était quand même pas une raison pour en foutre encore plus par terre.

-Hey, fit Shigeru en s'approchant de lui, désignant les morceaux de pailles qui trainaient sur le plancher d'un vague mouvement de la main. Fais pas ça, t'veux? Parc'que c'est nous qui allons d'voir les ramasser, donc fais pas chier, hein.

Et jamais ne sembla-t-il réaliser qu'il donnait l'impression de se comporter comme s'il se prenait pour sa mère. Ah, vive l'ignorance. Puis, s'arrêtant juste devant lui – sans nul doute suffisamment près pour empiéter dans son espace personnel -, il lui désigna le mur du menton, comme pour lui dire 'Lève toi sale larve, histoire qu'on commence et que t'arrêtes de rester assit comme ça à rien branler'. Le fixant un moment, comme pour s'assurer que le message avait bien passé – heureusement que les autres comprenaient mieux ce genre de messages subliminaux que lui -, Shigeru se détourna, allant chercher son seau à l'autre bout de la pièce – parce que l'autre était toujours vide, Asch n'ayant, semblait-il, pas eut la bonne idée de le remplir -, revenant vers lui avec un manque d’enthousiasme flagrant.

Parce que, franchement, ça n'avançait pas, qu'il voyait les secondes s'écouler sans qu'ils ne foutent quoi que ce soit, et qu'il avait l'impression que chaque minute qui passait lui bouffait une partie de sa soirée. Mais enfin., ça aurait pu être pire. Après tout, même si l'autre semblait somme toute relativement chiant, il avait au moins le mérite de ne pas être trop bruyant – pas comme certaines piles électriques qu'il connaissait. Et peut-être même, aurait-il été de meilleure humeur, aurait-il pu le trouver marrant. Enfin, un genre un peu particulier de marrant, mais tout de même.

-Bon... commença-t-il une fois arrivé à côté de lui, déposant doucement le seau par terre. Mh...

Ah, ouais. Comment il s'appelait, celui-là, déjà? Sans doute aurait-il pu vérifier sur son portable – parce qu'il se souvenait de son numéro par cœur, alors pas difficile de le retrouver et de regarder sous quel nom il était entré – mais il n'avait pas envie de le salir. Non, pas envie du tout. La seule chose dont-il arrivait à se souvenir était que l'autre avait un nom étrange. En lien avec un bâtiment, même, s'il ne se trompait pas. Une banque, peut-être...? Oh, bah. Ça valait toujours le coup d'essayer, hein.

-Euh, ouais, donc, Ginkou, fit-il, un rien mal assuré. S'tu veux, tu peux toujours t'occuper de c'truc dans lequel y a les chevaux. Le ranger et tout ça, quoi. Tu d'vrais y arriver, nah?

Il ne disait d'ailleurs pas ça du tout parce que l'idée même de trop s'approcher de ces bêtes le dérangeait, n'importe quoi, vraiment. Il préférait juste se montrer prudent. Et ils étaient de toute manière bien trop bruyant, avec leurs sabots et leur respiration de soufflet. Oui, voilà, c'était ça.

Ça et rien d'autre.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Ven 18 Mai - 21:47

Et voilà Tensei qui râlait encore. Il ne savait pas s'arrêter décidément ! C'était peut-être son seul moyen de communication ? .. Tout ça pour deux ou trois malheureux brins de paille, qui allaient choir élégamment au sol. Pourquoi élégamment ? La vraie question serait sans doute, mais pourquoi pas ? Et puis ça faisait poétique, éloignant Asch pour quelques millièmes de secondes de l'espèce de fosse à purin géante que d'autres avaient eu la géniale idée de nommer écurie. Ce qui n'était pas pire, soit dit en passant, que l'œuvre de ceux qui les avaient enfermés dans ledit endroit pour nettoyer. Enfin bref, tout ça pour dire que vu l'état de crasse quasi imbibée des lieux, ce n'était pas quelques malheureux brins qui allaient y changer grand chose. Et Tensei le savait forcément, donc il rouspétait encore pour rien ! Ou pour le seul plaisir de le sermonner, ce qui était pire, nan mais quoi, il n'était pas sa mère non plus. Qui soit-dit en passant n'avait jamais eu à lui demander de ranger sa chambre, parce que bien qu'extrêmement bordélique, il n'aimait pas non plus la saleté, et arrivait à tout foutre dans les tiroirs le temps que sa mère nettoie Parce que bien évidement, il n'avait jamais eu à nettoyer quoi que ce soit, et s'il n'avait rien d'un enfant gâté, il avait toujours eu l'habitude qu'on fasse le ménage pour lui. Il fallait qu'il songe à se trouver une "bonne" pour s'occuper de sa chambre au pensionnat. Pourquoi pas Tensei d'ailleurs ? Ah ah ah, aucune chance qu'il accepte.

Ouai, ouai.. fût la seule réponse auquel Tensei eut droit, mais on pouvait clairement percevoir que le vrai sens était plus 'cause toujours tu m'intéresses' qu'autre chose. D'un autre côté il était hors de question qu'il l'approuve sainement. Et puis il avait encore employé ce mot, 'fais pas chier'. Bien que Asch massacre allègrement la langue japonaise lorsque cela l'arrangeait, il ne s'en formalisa pas outre mesure lorsqu'il laissa une expression désapprobatrice se peindre sur son visage, comme pour laisser sous-entendre qu'il trouvait cette expression vraiment vulgaire, voir moche. Pour un peu il l’aurait repris, mais il ne poussa pas le vice aussi loin.

Trop près. Tensei s’était approché, et empiétait joyeusement sur son espace vital. Asch se sentait menacé, devant cette violation des distances. Il n’avait qu’une envie, celle de le repousser violemment, pour qu’enfin il s’éloigne. Mais il pouvait se retenir encore. Un peu. Tant que l’autre se dépêchait de reculer. Et arrêtait de le regarder avec cette tête, comme s’il lui ordonnait de se lever. Qu’il aille se faire foutre. A se rythme Asch allait craquer, et ce serait bien fait pour le roux. Après tout, il le cherchait, non ?

Heureusement celui-ci s’éloigna après un instant, et il put respirer librement. Où est-ce qu’il pouvait bien aller ? Sans doute pas bien loin, il reviendrait bien assez vite. Malheureusement. D’ailleurs quand on parlait du loup.. Mais son voyage ne semblait pas avoir été inutile, puisqu’il trimballait son propre seau. Peut-être allait-il finalement faire quelque chose de constructif ? Dixit celui qui ne savait même pas laver un mur. Cette fois il s’arrêta devant lui, gardant une certaine distance, et posa le seau par terre. Ce qui était tout de même nettement moins agressif comme approche. Et là, c’était le drame.

-Euh, ouais, donc, Ginkou, s'tu veux, tu peux toujours t'occuper de c'truc dans lequel y a les chevaux. Le ranger et tout ça, quoi. Tu d'vrais y arriver, nah?


Ginkou. Nan mais c’était quoi son problème à l’autre imbécile ? Asch mit un certain temps avant de comprendre que c’était bien à lui qu’il s’adressait, et un moment supplémentaire pour décrypter le pseudonyme. Ginkou, soit banque en japonais, tandis que son vrai nom était Gakuen, soit école. Si c’était une blague, elle était tout sauf drôle. Et il allait la lui faire ravaler jusqu’à ce qu’elle coince au fond de sa gorge. Crétin de Tensei. Il entendit à peine la fin de la phrase, qui lui aurait sans doute plutôt plût, s’il n’avait pas tiqué aussi fort sur le début. Au fond il mourrait d’envie de rentrer dans le box des chevaux. Mais pas pour nettoyer bien sûr, plus pour approcher ses énormes mammifères, voir monter sur leur dos ! Ca aurait pu être une bonne occupation. S’il n’avait pas eu d’autres choses à régler avant.

Bien qu’il soit parti dans l’optique de rester calme, et de ne surtout pas agresser Tensei, celui-ci avait franchi trop de limite, et Asch n’en pouvait plus. A trop se retenir, on explose. Et c’était un peu ce qu’il ressentait intérieurement. Dire qu’il avait même été prêt à apprendre les corvées de nettoyage, voir à participer.. Et l’autre qui gâchait tous ses efforts, en aggravant au possible son cas. Ce n’était sans doute pas sa faute au fond, il n’avait qu’à maudire son sale caractère. Ou la vie pour l’avoir fait se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, sans s’en être rendu compte. Mais c’était trop tard maintenant, il ne pourrait que regretter plus tard. Et Asch savait que son compagnon d’infortune ne serait sans doute pas le seul, même si ce ne serait pas le même genre de regret. Alors, soupirant un grand coup, déjà sûr que la suite ne serait pas de bonne augure, Asch lança, d’une voix devenu très froide, d’où on pouvait percevoir une sorte de colère dissimulée, mais pas le genre qui faisait gueuler haut et fort contre tout et n’importe quoi, non, le genre qui s’insinuait dans les entrailles, coulait comme un poison le long des veines, et rendait la personne d’autant plus dangereuse, car capable de tout. Surtout du pire. C’était un sentiment sombre ; sombre de promesses.

Putain tu sais pas rester à ta place hein ? Mon nom c’est Gakuen, crétin de rouquin ! T’as intérêt à le retenir si tu veux pas que j’le grave quelque part sur ta petite peau délicate..


Un sourire, sarcastique. Il en était capable. Non, cette pensée l’amusait même. Si le roux l’y obligeait, il y prendrait un malin plaisir, et cela devait se sentir, dans sa voix et dans son regard. Il avait jailli de son perchoir, et envahissait à son tour l’espace vital de Tensei. Le fait d’avoir trop refoulé pleins de petites frustrations avait abouti au final sur quelque chose d’explosif et de violent. Il n’aurait pas dû attendre, cela se serait vite terminé. Mais là, il n’avait qu’une envie, faire durer l’instant. Pauvre bonhomme, il allait se faire massacrer. Pourtant Asch n’aimait pas vraiment la violence, disons plutôt qu’il entretenait avec elle des rapports singuliers. Elle était une part indissociable de sa vie, de son histoire. Mais il aimait se battre, c’était un fait. Après tout, c’était sans doute une des seules choses qu’il faisait bien..

Tout près de Tensei, il profita du manque de visibilité que le rouquin devait avoir à cause de la proximité, pour lui envoyer un léger uppercut du droit en plein sous le menton, juste pour le désorienter quelques secondes. Temps qu’il mit à profit pour placer quelques atémis dans le ventre de son adversaire, puis d’un mouvement fluide et parfaitement étudié, il pivota pour se retrouver derrière lui, et attrapa le tissu qui couvrait les épaules du roux, tandis qu’il balançait en sautant ses deux jambes chacune derrière celle de Shigeru, pile dans le creux du genou. Il savait que c’était une zone assez faible, et comme prévu son adversaire tomba à genoux. L’accompagnant en se penchant légèrement en avant, il en profita pour saisir ses deux bras, laissant glisser ses mains le long de ceux-ci pour atteindre les poignets. Entre l’os et la main. C’était parfait. Il finit sa clé un peu barbare en appuyant un de ses pieds entre les deux clavicules du roux, et en exerçant une traction sur les bras. Son pauvre compagnon d’infortune se trouvait maintenant à genoux, les deux bras qui devaient sans doute le tirailler en arrière (après tout c’était une clé, il paraîtrait même qu’on pouvait arracher les deux bras.. Mais même si cela semblait peu réaliste, démettre une épaule ou deux était largement plus réalisable. Facile même, s’il tirait un peu plus..), un pied au milieu de la colonne vertébrale, le maintenant au sol. Le pauvre, il ne lui avait laissé aucune chance. Mais c’était la loi de la rue n’est-ce pas ?.. Et puis si Tensei s’excusait il pouvait sans doute espérer sans sortir sans trop de casse..

Haletant légèrement devant l’effort rapide et précis qu’il avait du fournir, Asch reprit son souffle, et raffermit sa prise sur son adversaire. Normalement celui-ci ne pouvait plus bouger. Il était assez satisfait de lui, même si c’était une clé des plus simples, et peu esthétiques, elle avait l’avantage d’être rudement efficace, et un peu humiliante, il fallait l’avouer. Il avait enfin retrouvé son calme, dans cette position dominante. Mais il savait qu’il ne pourrait tenir indéfiniment comme cela. Un combat de volonté allait suivre, et il savait que Tensei ne craquerait sans doute pas facilement. Au pire son corps craquerait pour lui –ah ah-.

Désolée p’tit gars mais t’as franchi les limites là. Tu devrais savoir pourtant à quoi tu t’exposes, en agissant de la sorte. Mais non, Monsieur fait le fier.. Regarde où ça t’as mené.. T’aimes avoir le nez contre le sol ? Pas vraiment j’imagine. Alors on va mettre les choses au clair. Plus d’insultes, ni d’ordres. Tu me reparles mal, je t’explose la tête. Après, si tu t’excuses, t’as peut-être une chance de récupérer tes deux bras en entier..


Asch avait beau s’être calmé, il était comme en transe. Explosion brutale de trop de violence contenue. Au fond, il l’aimait bien ce Shigeru, et l’idée de lui faire mal ne l’enthousiasmait pas plus que cela. Mais c’était trop tard, la rue avait repris ses droits, et il ne pouvait retourner en arrière. Il ne se contrôlait déjà plus. Au moindre geste ou paroles de travers, il agirait, rapidement. Aussi efficacement que d’habitude. Et tant pis pour le nettoyage, il trouverait un moyen de se débrouiller seul. Ou il irait s’amuser avec les bestioles nommées chevaux. Plus rien n’avait d’importance. Ne comptait que la réponse de Tensei.
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Dim 20 Mai - 0:11

''What the fuck just happened...?'' Voilà la seule chose qu'il avait en tête – à quelques variantes près – alors qu'il était pratiquement couché par terre, un poids plus que désagréable - et, il devait l'avouer, un rien inquiétant – dans le dos et ses bras douloureusement tirés vers l'arrière, lui donnant la vague impression que l'autre aurait pu les lui briser juste en forçant un peu. Inutile de dire qu'il était plus qu'un peu sonné, ce qui, au final, n'aidait en rien son apparente confusion. Ça, et le fait qu'il avait encore le souffle coupé suite aux coups qu'on lui avait balancé dans le ventre – ça avait d'ailleurs fait un mal de chien, le sale con.

Mais. Sérieusement. Qu'est-ce qu'il venait de se passer?

De dire qu'il n'avait aucune idée de comment il en était arrivé là aurait été un euphémisme. Et il fallait dire que déjà, en temps normal, il n'avait pas une mémoire des plus extraordinaire pour la plupart des choses – loin de là, vraiment -, alors en ce moment, il ne fallait pas s'étonner s'il était un peu trop perdu pour arriver à vraiment s'en souvenir. Était-ce quelque chose qu'il avait dit? Peut-être. Probablement, même, mais il était bien en peine de ne serait-ce qu'arriver à se remémorer un seul des mots qu'il avait prononcé avant que cet abrutit ne le balance pratiquement par terre.

Ou alors, c'était tout simplement que... comment, déjà? Gakou-machin était un fou furieux. Voilà. Et disons seulement que, pour l'instant, ça ressemblait à une explication plus que plausible. Et que si, peut-être, quelque part, il avait en effet fait quelque chose pour mettre le feu aux poudres – ce ne serait pas la première fois, loin de là -, ce n'était pas de sa faute à lui si l'autre décidait de se mettre à lui taper dessus comme ça, quoi.

Putain de connard, vraiment.

Et, pourtant, quelque part au fond de lui, quelque chose qui le retenait de l'envoyer promener comme il l'aurait fait normalement. Une sorte d'esprit de conservation primitif profondément enfouit – esprit de conservation qui aurait pourtant sans doute intérêt à ressurgir plus souvent -, ainsi qu'une vague froideur dans sa poitrine. Un peu comme cette fois-là, avec ce stupide blond qui lui avait explosé la tronche – connard -, mais en moins prenant, moins envahissant. Il faut dire que ce coup-ci, il y avait quelques... facteurs qui rendaient la chose moins, non pas effrayante – parce que non, il n'avait pas peur, pas du tout -, mais presque. Mais n'empêche. Fuck. Ça faisait mal.

-Désolée p’tit gars mais t’as franchi les limites là. Tu devrais savoir pourtant à quoi tu t’exposes, en...

Et son esprit de préservation – pourtant tellement utile dans ce genre de situation -, disparut aussi vite qu'il était apparut – un peu comme un employé sous payé qui se fait la malle vers les îles tropicales parce que son patron n'est qu'un sale esclavagiste – alors que son cerveau se focussait sur les premiers mots qui venaient de lui parvenir aux oreilles, entendant mais n'enregistrant absolument pas le reste de ce que l'autre était en train de lui dire.

''P'tit gars...? Quoi?!'' s'insurgea mentalement Shigeru alors qu'il se mettait à grincer des dents, le reste de la phrase – et toutes celles qui suivirent celle-ci, à vrai dire – lui passant complètement au dessus de la tête. D'où est-ce qu'il le traitait de petit, lui, hein? Il ne l'était pas, non mais merde! C'était juste qu'il... attendait encore sa poussée de croissance, voilà – ils verraient bien, dans un an ou deux, hein.

Fixant furieusement le sol devant lui – parce que, dans la position où il était, c'était pratiquement la seule chose qu'il arrivait à voir -, Shigeru tenta – un peu stupidement, un peu débilement, sans doute, il fallait l'avouer – de se défaire de l'emprise que Asch avait sur lui, grognant entre ses dents avant de s'arrêter presque aussitôt. Okay. C'était définitivement une idée à ranger dans la catégorie des 'Pourries à ne plus refaire'. Parce que ça ne fonctionnait absolument pas, parce que ses épaules s'étaient mises à le brûler douloureusement, parce qu'il se sentait encore plus con maintenant. Ça, et aussi – surtout -, parce que ça ne faisait que confirmer son impuissance manifeste.

Putain. Il détestait ça. Se sentir coincé de la sorte, comme une simple bête prise au piège, qui ne peut rien faire d'autre qu'attendre de voir ce que l'on va bien vouloir faire d'elle. Ah. Mais Asch pouvait toujours courir avant qu'il s'écrase devant lui, d'une manière ou d'une autre. Il avait trop de fierté, trop d'orgueil pour ça, et si l'autre pensait pouvoir lui faire peur – quoi que, peut-être un peu, quand même, même si son indignation brûlante du moment submergeait tout le reste -, c'était qu'il était encore plus débile que ce qu'il avait cru au premier abord.

Ouais. Plutôt crever que de s'avouer vaincu.

-Fuck... marmonna-t-il finalement, ses yeux vissés sur le sol. C'quoi ton problème, merde?! Lâche moi, p'tain. Et c'est qui que tu traites de p'tit, hein?

Ouais. Il fallait croire que même avec tout ça, il n'avait toujours pas apprit à se la fermer.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Dim 20 Mai - 10:35

Asch n’eut pour seule réponse que le silence. Ce qui n’était pas une mauvaise chose en soi. D’où il se tenait, il ne pouvait pas apercevoir la figure du rouquin, mais rien ne l’empêchait d’extrapoler. Peut-être que celui-ci avait enfin compris, qu’à défaut de risquer sa vie, il risquait une partie de son anatomie. Il avait donc décidé de se tenir tranquille pour sauver les meubles. Ou alors il avait trop peur pour parler. Ce qui serait encore mieux. Mais peu probable, au vu de l’inconscience que Tensei montrait depuis le début.

Il fut pris d’un doute. Et si l’autre cachait bien son jeu, et avait un super pouvoir en réserve, ou une arme dissimulée quelque part ? C’était peut-être un agent du gouvernement infiltré, quoi de mieux comme couverture qu’un banal petit roux ? Et une paire d’écouteurs qui servait de talkie-walkie.. Mouai bon le choix de la couleur de cheveux était à revoir dans ce cas. Et c’était n’importe quoi, il se serait déjà défendu depuis tout à l’heure sinon. Il conclut donc que ce n’était qu’une énième fabulation de son esprit. Fallait qu’il arrête la coke.

Ah Tensei esquissait enfin une réaction. Non mais quel boulet, s’il avait voulu se libérer de la clé, il aurait fallu qu’il réagisse dix ans plus tôt. Qu’il se débatte, cela ne ferait qu’aggraver son cas. Et bien évidement, cela n’eut aucun résultat ; la tentative de rébellion vite avortée. Il fallait dire qu’au vue de sa position, le moindre mouvement devait augmenter la tension sur ses bras. Ça devait être douloureux. Tant mieux, c’était le but.

L’emprise sur quelqu’un avait quelque chose d’enivrant, comme s’il avait le contrôle sur la personne, avec le droit d’agir, le droit de tuer. Ce qui ne l’effleurait même pas à vrai dire, puisque ce n’était pas un meurtrier, bien qu’ayant des tendances un peu sadiques. Juste un peu. Mais il n’allait pas se prendre pour Dieu pour autant, la mégalomanie n’étant pas non plus son truc. A diriger les autres, on se privait soi-même de sa propre liberté, et c’était hors de question. Ce n’était pourtant pas ça qui allait l’empêcher de savourer le moment présent. Une vengeance bien méritée contre un Tensei insolent. Il allait lui apprendre –sil ne le savait pas déjà- que le monde n’était pas tout rose, les gens fort éloignés des bisounours. Et surtout qu’on trouvait souvent plus que ce que l’on cherchait.

-Fuck... C'quoi ton problème, merde?! Lâche moi, p'tain. Et c'est qui que tu traites de p'tit, hein?


Ce n’était pas possible, il devait avoir des tendances masochistes. Il appelait carrément sa punition là, c’en était presque déconcertant. Tensei aurait plutôt dû se demander quel était son propre problème. Existait-il des dysfonctionnements cérébraux occultant tout instinct de survie ? Bonne question, il se pencherait là-dessus plus tard. Mais en un sens il comprenait sa réaction, après tout lui aussi était bourré de fierté mal placée, et dans sa situation il aurait réagi à l’identique. Seulement lui avait appris à agir de manière à se trouver du bon côté. Pauvre petit roux. Pour un peu il aurait eu de la compassion, ou de la pitié. Le problème venait sans doute du fait qu’il commençait à l’apprécier d’une certaine manière. S’il l’avait détesté, il l’aurait assommé dans un coin, ou réduit en miette. Mais ce n’était pas le cas. Il avait envie de faire durer le plaisir, pour tester ses réactions. La valeur de sa volonté, sa résistance à la douleur.. Tout un programme. De bourreau furieux il passait au statut de chat devant sa souris. L’amusement primait, même s’il était bestial et peu moral. Par delà le bien et le mal. Telle était sa conduite.

Tout ça pour un mot : « p’tit ». Susceptibilité quand tu nous tenais.. D’autant plus qu’il l’avait dit comme ça, sans arrière pensée pour une fois, appelant plus ou moins tout le monde de la même manière. Effet papillon.. Petit mot, grande conséquence. Pour Tensei en tout cas, puisque lui-même n’en serait pas affecté, du moins il l’espérait. Bon il était temps de réagir, d’exécuter sa sentence. Pas comme un juge non, mais comme un justicier –sauf que c’était plutôt lui du côté des méchants-. Il relâcha légèrement la pression qu’il exerçait. A l’image du chat qui laisse partir la souris, pour la rattraper aussitôt. Il ne pouvait pas s’enfuir, malgré l’illusion de l’instant. De toute manière, où aurait-il bien pu aller ? Ils étaient seuls, enfermés. Cruel coup du sort. Si Tensei avait pu tourner la tête, il aurait pu apercevoir un énorme sourire sadique sur le visage de Asch. Parce que oui, il aimait faire mal. C’était l’heure du choix crucial.. Quel bras allait-il détruire ? Pour un peu il se serait mis à faire la plouf à voix haute, pour augmenter le sentiment de peur qui devait bien exister quelque part dans le rouquin. Mais il avait déjà décidé, ce serait le droit. Pourquoi ? Et bien parce que la majeure partie des gens était droitier, et que cela n’en serait donc que plus pénible. Il affermit sa prise sur le bras désigné, et, décalant légèrement son pied pour faciliter la manœuvre, il tira dessus d’un coup sec. Jusqu’à entendre un craquement. Celui, si familier des os qui bougent. Il le relâcha complètement ensuite, et recula pour admirer son œuvre.

Au vue de la protubérance qui ornait le haut de son bras, il lui avait démis l’épaule. Il espérait que Tensei allait crier un coup, ce qui, vu la douleur causée ne serait pas étonnant. Devenu spectateur, il le regarda, à quelques pas de distance. Avant de se rapprocher et de s’accroupir pile devant sa tête avant que Tensei n’ait pu se relever. Il en voulait plus. Plus de jeu, plus de folie. Ce n’était pas de la cruauté non, mais du divertissement. De son point de vue en tout cas. Continuant sa mise en scène aux allures macabres, il lui releva la tête en tirant sur sa tignasse rousse, pour le regarder en face. Et toujours avec son sale sourire scotché à ses lèvres, comme si il jouait à cache-cache, et qu’il l’avait trouvé.

Qui je traite de petit ? ça paraît assez clair pourtant, il n’y a qu’un seul nain ici..

Il pencha la tête sur le côté, amusé. Allez Tensei, débats-toi encore. Sinon ce ne serait pas drôle. Il lui lâcha les cheveux brusquement, tandis qu’il remarqua que sa main se trouvait à côté de la paire d’écouteurs. Le talkie-walkie ! Euh non, mais un objet sans doute précieux pour son « compagnon » puisqu’il semblait les avoir toujours sur lui.. Et une idée qui se dessinait lentement dans son esprit.. Il se redressa brusquement, arrachant le fameux casque, et se mit hors d’atteinte. Il le tritura un moment dans tous les sens, et s’aperçut avec une pointe de soulagement et de dépit qu’il était totalement normal. Il le balança alors d’un geste désintéressé. Celui-ci atterrit dans les bottes de paille. Ce qui était son but, heureusement qu’il savait à peu près lancer droit. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’il ne voulait pas les casser, mais aussi pour une raison beaucoup moins amicale. Le tas de paille se trouvait à quelques mètres de l’endroit où était étalé Tensei. Un autre test. Était-ce un objet suffisamment important pour qu’il tente de faire le trajet ? Allait-il y arriver ? Asch se mit un peu en retrait, comme pour montrer clairement qu’il ne chercherait pas à intervenir pour le moment, et attendit la réponse avec impatience. Étonnes-moi petit homme..



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Shigeru Tensei
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Lun 21 Mai - 3:51

Sur le coup, lorsque Asch desserra un peu la poigne qu’il avait sur lui, Shigeru ne pu s’empêcher de presque croire qu’il allait le laisser partir. Presque. Parce que même si une partie de lui espérait que c’était le cas - car plus les secondes avançaient, aussi lentes qu'une armée de tortues, et plus cette position ridicule et franchement inconfortable lui pesait -, une autre se doutait bien que ça n'allait pas être le cas. Parce que ce serait trop beau, parce qu'il avait une chance de merde, parce que, même si s'en était presque à se demander au vu de comment il avait agit jusqu'à présent, il connaissait la réputation de Asch.

Et que, finalement, tout ça était loin d'être rassurant.

Mais enfin, il n'allait sans doute rien lui faire... pas vrai? Après tout, ce serait particulièrement stupide; le surveillant – ou un enseignant quelconque, au choix – allait finir par revenir, quoi. Et que si l'autre ne voulait pas se ramasser avec une autre retenue, il était sans nul doute mieux de le lâcher. Mais il fallait dire que Shigeru était un peu trop agacé, un peu trop énervé, un peu trop furieux – et peut-être un rien effrayé, aussi – pour vraiment envisager le fait qu'il y avait de fortes chances que Asch, lui, n'y ait pas pensé.

Ou alors, qu'il n'en ait rien à cirer.

Mais, malgré tout, cette étrange appréhension qui prenait place dans sa poitrine alors qu’il sentait autant qu’il entendait Asch changer de position en arrière de lui, resserrant la poigne qu’il avait sur son bras droit. Okay. Apparemment, il n’allait pas le lâcher. Merde. Il n'avait, bien franchement, aucune idée de ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête de l'autre adolescent en cet instant, et, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, la chose lui laissait comme une étrange sensation de froid dans l’abdomen. ‘’What the…’’

Puis un mouvement brusque alors que l’autre tirait son bras vers l’arrière, un craquement – son d’autant plus horrible lorsque l’on sait qu’il vient de votre épaule et qu’en prime, on arrive à l’entendre particulièrement bien – et une douleur aussi subite qu’inattendue, brûlante, intense alors que sa respiration se bloquait dans ses poumons. ''Fuck. Oh fuck.'' Sur le coup, c'était presque comme si on venait de lui arracher le bras. Et pas que sur le coup, à vrai dire. C'est tout juste s'il remarqua qu'on l'avait finalement lâché alors qu'il s'écrasait – non pas sans rappeler un vieux chiffon – sur le sol. Merde. Merde merde merde. Okay. Il fallait juste qu'il respire un bon coup et ça allait passer. Ouais.

Ou pas.

Puis une main qui lui saisit les cheveux pour le redresser un peu, son souffle se coupant momentanément alors que son épaule se mettait à le lancer, presque insupportablement, devant le mouvement involontaire. Putain, ça faisait un mal de chien. Et le visage de Asch qui apparaissait dans son champ de vision avec un sourire qu'il aurait bien voulut lui faire avaler – avec quelques unes de ses dents au passage – s'il avait un été un peu plus en état de le faire.

-Qui je traite de petit ? ça paraît assez clair pourtant, il n’y a qu’un seul nain ici...

Sentant qu'on le lâchait une nouvelle fois, il fit un nouveau face à face avec le plancher, son sang ne faisant qu'un tour lorsque l'autre lui enleva ses écouteurs pour en faire il ne savait quoi. Et probablement aurait-il eu un peu moins l'impression que quelqu'un venait d'essayer de lui arracher un membre qu'il aurait protesté un peu plus. Ou aurait protesté tout court, à vrai dire. Et aussitôt, tous les bruits qu'il arrivait à peine à bloquer, mais que ses écouteurs parvenaient néanmoins à assourdir un peu revinrent en force, comme un coup en arrière du crâne.

Okay. Il fallait qu'il le récupère. Parce que sinon, il allait vraiment devenir fou. Tentant de se redresser en s'appuyant sur son bras valide, il laissa échapper un cri étranglé, cessant de bouger aussitôt, son sang lui battant aux tempes. Ah, merde. Mauvaise idée. Mais en même temps, il ne pouvait pas passer son temps couché comme ça, face contre terre – même si, en cet instant, il aurait bien voulut. Tout ça, c'était la faute de cet imbécile – et sans doute un peu de la sienne, à vrai dire.

Serrant les dents, respirant profondément, il se redressa subitement, s'assoyant par terre, laissant échapper un grognement qui ressemblait plus à un gémissement – plus que pathétique – qu'autre chose, sa main se posant sur son épaule qui le brûlait horriblement. ''Ow...'' Ce con la lui avait vraiment déboîtée. Putain. Essayant – sans doute un peu bêtement – de bouger son bras, Shigeru gémit une nouvelle fois, manquant de s'étouffer, les larmes lui montant aux yeux momentanément, son cœur lui cognant dans la poitrine.

-Me... merde... murmura faiblement-t-il en retirant aussitôt sa main, la glissant sous son avant bras dans l'espoir de réduire la traction douloureuse qu'entraînant le poids mort de son membre.

Avant de jeter un rapide coup d'oeil en coin – peut-être un rien infoccusé - à Asch, celui-ci se tenant debout un peu plus loin. Parce qu'il ne savait pas quoi faire, et ne savait pas à quoi s'attendre. Parce qu'autant il souhait que l'autre fasse quelque chose, n'importe quoi – parce là, il avait trop mal pour arriver à vraiment penser à quoi que ce soit d'autre que sa foutue épaule de merde -, autant il ne le voulait pas, espérait qu'il ne s'approcherait pas de lui à moins d'une bonne dizaine de mètres.

Et parce que oui, qu'il veuille l'avouer ou non, Asch avait réussir à lui faire peur – chose qui n'arrivait pas souvent, assurément, mais après tout ça, il ne fallait pas vraiment s'en étonner, hein. Sans doute pas assez pour qu'il n'ose plus lui adresser la parole, non, mais suffisamment pour préférer se trouver dans une autre pièce. Avec, si possible, un mur entre eux deux. Enfin, ça aurait pu être pire. Au moins, il ne s'était pas engueulé avec Buichi, qui aurait probablement pu le tuer en moins de deux seconde avec un crayon même pas aiguisé.

Et dire qu'il restait encore un bon moment avant que qui que ce soit ne revienne.

-Fuck... ugn... re... rend moi ça, merde... sinon... marmonna-t-il finalement à son intention, d'une voix que même lui ne pu que trouver particulièrement misérable – disons que dans le registre des menaces impressionnantes, on allait repasser.

Sinon quoi, eh? Qu'est-ce qu'il allait faire? Le regarder de là où il était jusqu'à ce que l'autre meure littéralement d'ennui? Pleurer de frustration jusqu'à ce que quelqu'un se pointe? Bons plans en perspective. Et aussitôt, une sorte de découragement. Ce n'était pas comme si Asch allait les lui rendre, de toute manière. Et que ce n'était même pas comme s'il pouvait se boucher les oreilles pour couper ce putain de bruit qui devenait de plus en plus envahissant, qui ne voulait pas s'arrêter et qui lui semblait étrangement plus fort qu'il ne l'aurait dû, avec ces foutus chevaux et l'autre là bas qui, même en ne faisant rien, était bien trop bruyant, puis le son même de sa propre respiration, le simple grincement du bâtiment où ils étaient et... Ouais. Il fallait croire que normalement, il avait un meilleur contrôle de son don qu'il ne l'aurait cru.

Jetant un regard circulaire autour de lui, il ne mit pas longtemps à repérer la paire d'écouteurs violets que l'autre adolescent avait balancé négligemment sur un tas de paille. Tas de paille qui se trouvait à plusieurs mètres de là. Ah. C'était jouable, probablement. Suffisait juste qu'il se lève, voilà, comme ça et... Okay, non. Peut-être pas, finalement. Fermant les yeux un moment en grognant, il reprit sa position précédente, se mordant la lèvre inférieure dans une tentative – vaguement réussie – d'éviter de crier. Il fallait croire qu'il n'avait que des mauvaises idées, dernièrement. Et en plus, il commençait à se sentir bizarre – et pas vraiment dans le bon sens du terme. Parait que c'est ce que ça faisait, ce genre de chose. Le choc et tout ça; sans doute aurait-il dû prendre la peine de porter un peu plus attention à ses cours de biologie. Peut-être. Juste attendre, un peu, et ça irait mieux, voilà. Attendre quelques minutes, respirer un bon coup, et après ça il se lèverait.

-Fait chier, grogna-t-il sur une ton à peine perceptible – car en ce moment, même le son de sa voix tombait sur ses nerfs irrités -, jetant un regard noir à Asch.

Non, vraiment. C'était pas sa journée.


HS - Uhuh, je viens de remarquer que même si jamais Asch décide pour une raison quelconque d'utiliser son pouvoir sur mon perso', il sait pas mal que guérir les coupures et les plaies pas trop graves. Et en plus, apparemment - merci Haine et ses cours de médecine -, faut replacer l'os de toute manière avant de faire quoi que ce soit. Oups 8D



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Merci Hyu' ♥
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Dernière édition par Shigeru Tensei le Jeu 24 Mai - 2:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mar 22 Mai - 23:07

Il avait sans doute abusé. Voilà ce qui traversait l’esprit de Asch tandis qu’il regardait son compagnon d’infortune se tortiller par terre à la manière de ces vers de terre inoffensifs que tous les gamins s’amusaient à couper en deux et à regarder agoniser. Sauf qu’ils finissaient par cicatriser. Et toi Tensei, ça allait te prendre combien de temps ? Pour l’instant game over en tout cas. Et pour Asch aussi par la même occasion. Il était un peu dépité de voir son jouet du moment cassé, aussi soupira-t-il. Qu’allaient-ils bien pouvoir faire maintenant ? L’autre semblait incapable de bouger, et lui-même entamait une phase précoce d’ennui profond. Il n’avait même pas essayé de récupérer ses écouteurs ! Enfin si, peut-être, mais de manière tellement peu convaincante.. Il restait assis, à se tenir le bras.. Asch n’avait qu’une envie, le laisser souffrir dans un coin, ou l’achever en lui piétinant la tête. You’re out.

Ou pas. Voilà qu’il ouvrait enfin la bouche. Même s’il avait une voix des plus misérables, Asch sourit de contentement. Tensei ne devait pas être habitué à la douleur (qui pouvait se vanter de l’être vraiment ?), c’était pour cela qu’il ne bougeait pas, non parce qu’il avait abandonné. Eye of the tiger. Le jeu reprenait aussi vite qu’il s’était arrêté, comme quoi cela ne tenait pas à grand-chose.. Enfin, si ce n’était qu’une question de physique, il pourrait peut-être l’entraîner, ou lui apprendre à se défendre, un jour. Ou dans une vie postérieure. En attendant Asch remarqua que s’il avait tiqué sur le « petit », bizarrement le « nain » n’avait pas causé de réflexion. Peut-être craignait-il ses réactions, s’il râlait encore ? Non c’était une réaction bien trop sage et réfléchie, qui ne lui allait guère. Il n’avait pas du entendre à cause de la douleur, c’était plus probable.

Que faire ? Tensei ne bougeait toujours pas. Il n’avait pas l’air très en forme –sans blague-, et lui avoir enlevé ses écouteurs l’avait sûrement achevé. C’était vrai qu’il avait une ouïe fine, les informations en masse provenant du moindre bruissement d’air sans compter le remue-ménage des chevaux devaient être assez douloureux. S’il n’avait pas déjà un bras mis à mal, Asch aurait profité de l’occasion pour faire du bruit à côté de son oreille, du genre claquer dans les mains, ou exploser un sac plastique qu’il n’avait pas.. Mais une chose à la fois, à trop vouloir en faire on gâchait tout. Chaque être humain avait sa propre limite, et si la trouver était une chose amusante, lorsqu’on la dépassait les dégâts étaient souvent irrémédiables. Bon. Il fallait qu’il règle le problème des écouteurs. Mais Tensei n’arrivait pas à les atteindre.. Il n’allait pas les lui rendre quand même ? Non, ce serait trop beau. Mais il pouvait lui filer un coup de main. Pas par gentillesse, loin de là..

Il s’approcha lentement du pauvre Tensei qui semblait souffrir le martyre –bien fait- en étudiant ses réactions. Il le dévisagea ensuite un moment en hésitant. Il ne savait pas trop par quel bout s’y prendre. Une idée sembla éclairer son esprit tandis qu’il saisit le blessé par son col près de sa nuque, et commença à le traîner en sautillant. Pas par joie non, mais pour qu’il rebondisse sur le sol. Il s’arrêta derechef au bout de quelques pas. C’était stupide comme idée, et si Tensei s’évanouissait ? Il n’avait déjà pas l’air dans son assiette.. Il recommença à le tirer avec plus de précaution cette fois, et ne s’arrêta que lorsque le rouquin se retrouva à faible distance des bottes de foin. Là il le lâcha, et reprit sa position extérieure, à quelques mètres de distance. Et se frotta les mains de satisfaction, voilà qui devrait lui rendre la tâche plus aisée –de toute manière, il ne ferait rien de plus-. Il l’avait aidé, à sa manière.

Voilà, tu devrais y arriver là, enfin j’espère pour toi..


Lança-t-il d’une voix traînante, comme si cela ne le concernait pas, comme si ce n’était pas lui le responsable de la situation. Et surtout comme si Tensei ne se trouvait pas dans une sale posture, avec la même voix qu’il aurait eu s’il avait annoncé que les bières étaient dans la porte du réfrigérateur, ou qu’on venait d’écraser Splash le chien. Sans doute aurait-il même paru plus concerné dans ce dernier cas. Passons. Toujours était-il que si Tensei arrivait à se soulever un peu et à tendre le bras, il devrait pouvoir atteindre les écouteurs. En théorie. Même si c’était sans compter les aléas de la pratique qui donnait ce côté si excitant. Et son état bien sûr.

Mais s’il réussissait, alors peut-être pourrait-il espérer encore un peu d’aide de la part de Asch, toujours détournée bien sûr. On ne chassait pas un caractère exécrable comme ça. En essayant d’arranger son bras par exemple. D’autant qu’il n’y avait pas pensé sur le coup, mais quelqu’un allait forcément revenir, et si cette personne le voyait dans cet état.. Surtout qu’ils avaient à peine commencé à nettoyer les murs. Problème en perspective. Quoiqu’il arrive Tensei allait le balancer. Ce qui serait normal. Mais emmerdant. Il était trop tard pour se préoccuper de ça donc. Tant pis, il assumait toujours ce qu’il faisait. Sans jamais avoir de regret, ou qu’éphémère. Mieux valait vivre à fond (quitte à en broyer quelques uns sur le passage) plutôt que de stagner à ressasser le passé. Aussi risquait-il de s’en mordre les doigts plus tard, mais ça ne durerait qu’un temps, il ne redoutait pas non plus toute sorte de punition et il en garderait un bon souvenir. Même s’il serait sans doute le seul. Sûrement. Dommage, il commençait à apprécier le rouquin malgré ce début chaotique. Il avait des tripes, et ça, ça faisait plaisir.




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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Jeu 24 Mai - 5:17

Des bruits de pas, qui venaient dans sa direction, résonnant – assez douloureusement - dans son cerveau qui, lui semblait-il, commençait vraiment à surcharger. Asch. Oh, merde. Et aussitôt, sans qu'il ne parviennent réellement à comprendre sa réaction, son sang qui se glaçait dans ses veines alors qu'il le regardait suspicieusement. Putain. Il lui voulait quoi, lui, maintenant? Il ne pouvait pas lui foutre la paix, un peu?

Baissant les yeux, fixant le sol d'un regard noir – et peut-être vaguement appréhensif -, il se retint d'envoyer balader – pas très poliment – l'adolescent tandis que ce dernier semblait s'être décidé à le fixer pour une raison quelconque. Et disons juste que ce n'était pas l'envie qui manquait, loin de là – et il avait d'ailleurs une belle liste d'insulte toutes prêtes pour lui -, seulement, il avait comme l'étrange impression que ses mots allaient de toute manière se coincer dans sa gorge si jamais il essayait de dire quoi que ce soit.

Ça, et qu'en ce moment, c'est tout juste si la simple idée de faire un effort quelconque ne lui faisait pas tourner la tête. Ouais, vraiment, il aurait donné un peu n'importe quoi pour être ailleurs qu'ici – avant aujourd'hui, il n'aurait jamais cru que les écuries pouvaient être aussi bruyantes. Ah. L'autre connard ne savait pas ce qui l'attendait; qu'il lui laisse un peu de temps, histoire que ça passe – même si, vraiment, cette putain de douleur de merde ne donnait vraiment pas l'impression de vouloir se calmer -, et il allait voir, cet imbécile.

Ahah, ouais, à d'autres.

Puis soudainement, l'autre qui le saisissait par le col alors qu'il le trainait – et pas particulièrement très gentiment – à l'autre bout de la pièce, finissant par le lâcher à quelques mètres de là. ''Putain, ow'' se dit-il en serrant les dents, retenant un gémissement, les yeux fermés alors qu'il restait couché sur le dos, complètement immobile. Sale chieur, merde. C'était quoi son foutu problème à ce con? Parce que ouais, disons seulement que ça avait pas fait du bien. ''Fuuuck'' pensa-t-il en portant une nouvelle fois sa main à son épaule, n'osant pas trop y toucher de peur d'empirer la chose, tendant de reprendre sa respiration. Il ne pensait pas que ça pouvait faire plus mal que ça, mais apparemment il s'était trompé.

-Voilà, tu devrais y arriver là, enfin j’espère pour toi...

''Ta gueule. Ta gueule, ta gueule, ta gueule, ta gueule.'' Il ne pouvait pas se taire, un peu? Était-ce vraiment trop demander? Et puis de quoi est-ce qu'il lui parlait, hein? Arriver à faire quoi? Mais merde. Plus ça avançait, et plus il avait l'impression qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur quoi que ce soit. Pour peu, il aurait voulut pouvoi, juste...juste... juste rester là et dormir, voilà, jusqu'à demain matin, et ne plus penser à rien. Et en plus, aller savoir pourquoi, il se sentait étrangement fatigué. Oh joie.

Sauf que voilà, quand bien même il aurait essayé, il se doutait bien qu'il n'aurait pas réussit; chose plutôt étonnante lorsque l'on connaissait son étrange propension à s'endormir un peu n'importe où, n'importe quand, n'importe comment. Mais voilà, ça faisait vraiment trop mal, et il y avait vraiment trop de bruit. Tellement que les sons environnants allaient finir par l'étouffer, faire disparaître sa conscience et réduire son cerveau en purée. Ou pas. Sans doute était-ce l'absence de barrière entre lui et le bruit, son pouvoir qui commençait vaguement à dérailler, ainsi que ce début de migraine qui était en train de lui gratter à l'arrière de la tête qui devaient lui peser et lui faire penser n'importe quoi.

Et l'autre qui se tenait là bas, un peu plus loin, sans rien faire – ou du moins, c'est l'impression que le son de sa respiration et que les battements de son cœur lui laissaient - , attendant dieu sait quoi. Quoi que, sans doute n'était-ce pas plus mal. Parce que s'il faisait mine de s'approcher, il allait lui foutre un coup de pied bien sentit là où il pensait.

Ouais, bien sûr.

Finissant par ouvrir les yeux, Shigeru se redressa – un peu maladroitement - en grognant, jetant un regard venimeux à Asch. Et pourquoi il le regardait comme ça, celui là? Parce que, vraiment, l'idée de se faire observer de la sorte ne lui plaisait pas. Pas du tout, pas comme ça, pas maintenant. Puis, regardant vite fait autour de lui, ses yeux se posèrent sur la botte de foin à côté de lui. Tellement près, mais pourtant juste assez éloignée pour qu'il ne puisse pas l'atteindre en restant comme ça.

-Fait chier... répéta-t-il une nouvelle fois en soupirant, profondément agacé.

Okay. C'était déjà moins loin qu'avant, il pouvait le faire. Il ne comprenait absolument pas pourquoi Asch lui avait, d'une certaine façon, facilité la tâche – même s'il aurait presque préféré qu'il s'en abstienne, parce qu'au moins, ça ne lui élançait pas autant, avant -, mais enfin, il fallait faire avec ce qu'on avait. Et que là, il fallait vraiment qu'il récupère ses écouteurs de merde parce que... parce que sinon, il n'en avait aucune idée, mais il préférait ne pas savoir. Détournant les yeux un moment, il posa une nouvelle fois ces derniers sur l'autre adolescent, le regardant fixement un moment. Un peu comme s'il cherchait à le jauger, à prévoir ce qu'il allait faire, ce qu'il était en train de penser. Et le tout, sans jamais vraiment y arriver. Tant pis. Il n'avait pas la tête à essayer d'y trouver un sens, ou encore l'énergie d'essayer de vraiment y réfléchir.

Pour ce que ça aurait bien pu donner, de toute façon.

Allez, il fallait se lever. Se lever et éviter de crier même s'il en avait envie, éviter de faire le moindre bruit parce ce n'était pas une bonne idée, pas en ce moment, et qu'il ne voulait surtout pas donner à l'autre la satisfaction de savoir à quel point il lui avait vraiment fait mal – même si, entre vous et moi, Asch devait bien s'en douter, n'étant sans nul doute pas aussi bête que ce qu'il se plaisait à penser en cet instant. Puis, s'approchant d'un pas mal assuré du stupide tas de paille – manquant bien de se casser la gueule en chemin -, Shigeru finit par se laisser tomber sur la botte de foin, grimaçant un peu à cause du contre coup de l’atterrissage.

Puis, se saisissait de ses écouteurs, il les enfila - avec autant de grâce qu'on peut le faire avec une seule main, c'est à dire pas beaucoup - , soupirant alors que le bruit environnant semblait retrouver un volume un peu plus normal – ou du moins, pour lui. Et ce fut comme si un poids se levait de sa poitrine, comme si une vague angoisse dont-il n'avait jusqu'alors pas remarqué la présence le quittait. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à se lever une nouvelle fois pour... Oula, peut-être pas, finalement. Fuck. Ouais. Okay. Ugh. Rester là, c'était très bien aussi.

S'adossant contre le mur – et au diable la saleté, en ce moment, il ne se sentait pas assez bien pour vraiment s'en inquiéter comme il le devrait – Shigeru grogna entre ses dents. Une partie de lui aurait voulu qu'il sorte son portable de sa poche pour regarder l'heure, histoire de voir combien de temps il restait à cette foutu retenue catastrophe, tandis que l'autre n'arrivait même plus réellement à s'en soucier. Et, en même temps, cette étrange impression d'oublier quelque chose, de sans doute relativement important. Quelque chose, ou quelqu'un.

Ah, oui. Lui. Parce que malgré tout, il était toujours là. Et il ne foutait rien. Encore. Connard.

-Uh... on fait quoi? Pour l'reste... parce que ça s'fera pas tout seul, marmonna Shigeru à mi-voix avant de fermer les yeux, se calant un peu plus contre le mur - faudrait d'ailleurs qu'il pense à regarder s'il n'avait pas des aspirines quelque part dans ses poches.

En tout cas, il était mieux de ne pas compter sur son aide pour faire quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Jeu 24 Mai - 10:08

Un temps de réaction. Aussi long qu’une onde causée par un caillou jeté au milieu d’une mare mettait à atteindre la rive. Une conscience, qui s’éveillait doucement, à la perspective d’un avenir meilleur. Arrêtes la poésie Asch, ça te réussis pas. Tout ça pour dire que Tensei s’était enfin rendu compte qu’il pouvait récupérer ses écouteurs. Comment quelqu’un supposé aussi intelligent pouvait mettre autant de temps à comprendre ? Encore un autre mystère de la vie.

Enfin, il pouvait toujours mettre ça sur le compte de la douleur. D’autant qu’il avait semblé sur le point de sombrer. Comme si Asch l’aurait laissé faire. Mais heureusement pour eux deux, il s’était repris. A peine ouvrait-il les yeux qu’il trucidait le sale gamin aux cheveux bleus du regard. Ce qui ne le gênait nullement soit-dit en passant. Il avait l’habitude, et puis c’était pas comme s’il pouvait faire autre chose. Du moins pour le moment, parce que son bras en écharpe risquait de le poursuivre quelques temps, et il voudrait sans doute se venger, comme tout le monde en fait. Mais oserait-il ?

Bonne question, dont il attendait la réponse. Sans appréhension, non, juste en se demandant s’il n’avait pas engendré une réaction en chaîne. Une épaule démise, c’était pas si grave, non ? Facile à dire quand ce n’était pas la sienne. Et même s’il observait avec une satisfaction un peu glauque les signes de douleur que Tensei laissait échapper. Il n’avait pas crié, dommage. Ce serait pour une autre fois. Euh non, il allait définitivement se le mettre à dos sinon. Et perdre son précieux informateur (si ce n’était pas déjà le cas).

« Fais chier ». Ça devait être au moins la dixième fois qu’il le disait. Élargi un peu ton vocabulaire le rouquin, c’était Asch qui était censé être ‘l’illettré’ des deux. Au moins il arrivait à faire des phrases correctes lui, et sans caser des insultes partout –peu souvent certes-. Tensei devait donc être de la race mutante des schtroumpfs à insultes. Belle conclusion n’était-ce pas ?

Le schtroumpf roux avait entrepris de se lever, et avait plus ou moins réussi. Plus que quelques pas.. Et ça y était, il avait récupéré ses écouteurs. Enfin. Comme quoi Asch avait bien fait de ‘l’aider’ un peu, même s’il aurait sans doute pu réussir seul, mais sûrement après avoir occupé le stade larvaire pour réunir ses forces. Et il ne savait pas du tout quand on allait venir les chercher, –il n’avait pas pris sa montre, qui de toute manière avait l’écran à moitié fêlé, et avait la flemme de sortir son portable dont ce n’était pas la fonction première- ce qui rajoutait un peu de piquant. Il allait falloir trouver une bonne excuse pour ne pas écoper d’une autre retenue. Arf. De toute manière il en aurait forcément en plus, vu que Tensei allait le balancer au surveillant. Tant pis, il ne la ferait pas non plus.

Durant tout ce temps il n’avait pas quitté Tensei du regard, et sourit lorsque celui-ci enfila ses écouteurs avec maladresse. Une bonne chose de faite. Ou pas. Mais au moins Tensei semblait s’être apaisé un peu, peut-être que son ouïe fine était plus douloureuse que son épaule. A noter dans un coin de sa tête, ça pouvait toujours servir.

Bravo lança Asch, avec un sourire qui semblait un peu trop aiguisé pour être sincère. Et qui ne précisait pas ce qu’il avait gagné. Tensei ne devait pas arriver à suivre, vu qu’après tout c’était lui qui lui avait arraché ses écouteurs. Tant pis, il n’avait pas besoin de comprendre, mais de jouer le jeu. Comme s’il avait le choix.

Décidément il appréciait de plus en plus le rouquin, qui faisait comme si de rien n’était. Il avait une classe certaine, malgré ses piètres prouesses sportives. Qu’est-ce qu’ils faisaient, hmm ? Aucune idée. Asch avait fini de jouer, et Tensei semblait incapable de se lever ou de bouger un tant soit peu. Dire qu’avant il se plaignait qu’il restait assis à rien faire sur les ballots de foin, et ensuite il lui prenait sa place. Charogne.

Il s’avança de quelques mètres, et s’assit en tailleur par terre pas très loin, de manière à pouvoir continuer d’observer son compagnon de retenue, mais sans se mettre à sa portée non plus –il avait peut-être de la réserve et faisait semblant, en fermant les yeux, pour lui sauter dessus !-. C’était de sa faute s’il en était réduit à salir son beau jeans –certes pas en très bon état déjà-, vu qu’il n’allait pas se mettre à côté de lui sur le foin quand même. Et que, bon, il avait rempli sa part, donc il pouvait bien lui laisser un peu de répit et de tranquillité. Sans compter que le jeter par terre l’aurait sans doute achevé.

Je sais pas.. C’pas comme si t’étais en état.. Ou comme si j’allais le faire.

Asch avait perdu toute agressivité, et le regardait plutôt de manière neutre à la limite de la condescendance. Okay il avait ‘gagné’ le jeu, mais bon il s’était fait aidé –contre son gré-. Alors si Asch allait le laisser tranquille, voir essayer de faire quelque chose pour son épaule, il n’avait pas du tout envie de nettoyer. Autant passer le temps à discuter. En plus, Tensei semblait avoir abandonné toute insulte à son égard, et parlait de manière nettement plus correcte. Il avait retenu la leçon, bien. Qui osait encore dire que la violence ne résolvait rien ?

On peut faire un deal. J’te remets ton épaule en place et en échange tu nettoies.


Asch était trop gentil, vraiment. Proposé de réparer ce qu’il avait lui-même intentionnellement cassé. Aucune chance que Tensei n’accepte. Et pas sûr que ça marche aussi, il n’avait jamais remis d’épaule en place, mais avait eu l’occasion de voir quelqu’un le faire, et ça n’avait pas l’air si difficile.. Presque pas. Dans le cas où il réussirait, il y avait encore moins de chance pour que Tensei fasse tout le travail (d’une part parce qu’il n’aurait encore qu’un bras ‘valide’ et que ce serait encore bien douloureux). Alors pourquoi avait-il demandé ? Sûrement parce qu’il avait passé un bon moment –sadique- et qu’il ne voulait pas que Tensei garde trop de séquelles, vu qu’il l’aimait bien. Mais il fallait une raison pour proposer de l’aider. Et c’en était une comme une autre.



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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Lun 28 Mai - 17:09

Cessant de respirer un instant, Shigeru dû presque se retenir pour ne pas ouvrir les yeux lorsqu'il entendit l'autre s'approcher jusqu'à, semblait-il, s'asseoir par terre un peu plus loin. C'était quoi, l'écurie n'était pas suffisamment grande, il fallait absolument qu'il vienne se foutre presque à côté de lui? Et le tout, bien sûr, juste assez loin qu'il n'arrive pas à lui balancer un coup de pied bien sentit – petite vengeance personnelle – si jamais l'envie le prenait. Enfin, ce n'était pas non plus comme s'il allait essayer de toute manière; disons que ce n'était probablement pas une très bonne idée s'il ne voulait pas se recevoir un coup de poing dans la gueule – et non, ça n'avait absolument rien à voir avec le fait qu'il ne pensait pas être capable de vraiment bouger même s'il l'essayait.

Mais enfin. Ça allait finir par passer, nah? C'était presque comme si, s'il se le répétait suffisamment, la chose allait devenir vrai. Ah, c'était beau de rêver. Bougeant légèrement, Shigeru grimaça, grinçant des dents alors que son souffle se coupait un moment, les yeux toujours fermés; trop de lumière, vraiment, même si ce n'était sans doute pas une bonne idée compte tenu du fait qu'il avait l'impression que s'il les gardait fermés trop longtemps, il allait finir par s'endormir. Ou s'évanouir, aussi, c'était au choix.

Uh. On lui parlait. Sursautant légèrement – il n'avait même pas remarqué qu'il était vraiment en train de partir, loin, loin, juste là -, il ouvrit un œil, tournant légèrement la tête pour regarder, d'un air sans doute terriblement peu intéressé, l'adolescent qui était assit que le plancher crasseux. Il devrait sans doute lui dire de se relever – parce que côté hygiène, on allait repasser -, mais... nah. Effort. Et il avait mal à la tête. Et à l'épaule. Et il n'en avait pas envie, c'est tout.

-Je sais pas.. C’pas comme si t’étais en état.. Ou comme si j’allais le faire.

Comme s'il n'avait pas remarqué lui-même. Ah, bravo, vraiment. Thanks, Captain Obvious. C'était à se demander si Asch avait seulement prit la peine de réfléchir un peu avant de faire ce qu'il avait fait, pensé à un peu plus que le moment présent – et peut-être les questions secondes qui allaient suivre, s'il avait de la chance - quand il avait décidé de presque lui arracher un bras. Parce que oui; et maintenant, quoi? Ils allaient resté là sans rien foutre en attendant que l'heure soit terminée, et voilà tout? C'était ça, le plan?

Chapeau, Asch.

Oh, peut-être – sans doute – en faisait-il un peu trop. La faute à son irritation, à son agacement, à son énervement qu'il essayait de gardé sous la surface autant que possible; ce ne serait de toute manière pas une bonne idée de lui balancer le tout en pleine gueule, même si, quelque part, il en mourrait d'envie. Mais il était trop vidé pour le faire, et trop endolorit pour réfléchir à quoi que ce soit de pertinent durant plus d'une trentaine de secondes de toute façon. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'on venait de lui dire, là? ''Ah, merde, tant pis'' grommela-t-il en fermant les yeux à nouveau.

Pour finalement les ouvrir brusquement quelques instants plus tard.

-On peut faire un deal. J’te remets ton épaule en place et en échange tu nettoies.

Il n'était pas sérieux. Il ne pouvait pas être sérieux. C'était impossible. Yeah, good one – maintenant, tu peux arrêter de dire des conneries, parce que c'est pas drôle. Pas drôle du tout, même. Mais qu'est-ce qu'il pensait celui là, hein? Qu'il allait le laisser s'approcher de lui, et le laisser le toucher juste comme ça? Pour ce qu'il en savait, il allait juste faire exprès de faire empirer les choses – et ça, il ne voulait pas. Pas du tout.

-Pff. Pas b'soin, marmonna Shigeru en le fixant, plissant les yeux d'un air terriblement suspicieux. C'pas si pire, ça a qu'à rester comme ça, c'tout.

Ouais, bien sûr. Il suffisait juste qu'il ajoute un un peu plus de conviction et l'autre allait peut-être avoir une chance de le croire. Ça, et se débarrasser du drôle d'air qui était apparu sur son visage lorsqu'il lui avait proposé de la lui replacer. Parce que, même si maintenant il se sentait un peu - très - bête de ne pas y avoir pensé, c'était vrai qu'il allait falloir qu'on la lui arrange à un moment donné.

Seulement, il ne voulait pas. Et encore moins que ce soit Asch. Car, même s'il ne connaissait pas ça, ce genre de trucs – après tout, la seule chose du genre qui lui était déjà était quand il s'était cassé un bras, alors on allait repasser -, il se doutait bien que ça n'allait pas faire du bien. Ou enfin, pas tout de suite. Et que, quelque part, l'idée le terrifiait – sans doute aurait-il pâlit s'il n'avait pas déjà été plus blanc que d'habitude -, lui laissant comme vaguement mal au cœur. Quoi que, ça, c'était à ce demander si ça ne venait pas seulement de son épaule et rien d'autre.

-Et puis, s'pas comme si t'savais comment faire d'toute façon, hein, ajouta-t-il en roulant des yeux, un peu comme s'il trouvait l'idée même de la chose particulièrement ridicule.

Ahah, mauvaise idée, petit. Pourquoi fallait-il qu'il se montre toujours aussi bête, aussi stupide dès que ce qu'il avait en face de lui ne pouvait pas se compter comme on additionne 1 + 1? Pourtant, il devrait savoir. Savoir qu'il fallait éviter de piquer les gens de la sorte; parce que souvent, ça leur donnait envie de faire le contraire juste pour prouver qu'ils le pouvaient – il pouvait en témoigner, il était pareil.

Et pourtant, c'était vrai, quoi; il ne fallait pas un cours ou un diplôme ou n'importe quoi du même genre pour faire ce genre de chose? Il voulait bien croire qu'il n'y connaissait absolument rien, mais tout de même. Il n'allait pas laisser le premier venu s'approcher de lui comme ça et essayer de lui arranger le bras sans savoir s'il avait ne serait-ce qu'une toute petite idée de ce qu'il faisait. Et il allait encore moins laisser celui qui le lui avait éclaté y toucher une autre fois. Il n'était pas masochiste, quoi.

-N'importe quoi... murmura-t-il pour lui-même d'un ton à peine perceptible alors qu'il fixait obstinément un brin de paille qui dépassait.

Enfin. Avec de la chance, l'autre n'allait pas être comme lui, n'allait pas le remarquer, ou alors, allait s'en foutre complète. Ça, et le laisser tranquille. Ouais, ça serait bien. Parce que s'il faisait mine de l'approcher d'un peu trop prêt, il allait lui balancer son poing dans la gueule, à ce chieur.

Si si, vraiment.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mar 29 Mai - 16:53

Asch attendait sa réponse avec une légère fébrilité camouflée derrière un air indifférent. Après tout, la réaction de Tensei allait déterminer encore une fois la suite des événements. Le regard que celui-ci lui jeta alors, ainsi que sa réponse lui arracha une sorte de demi-sourire, rictus où seulement un coin de sa bouche remontait. Comme s’il pouvait se contenter d’attendre que ça se passe, et espérer même un unique instant que les choses allaient s’arranger d’elles-mêmes. Naïf. Ou plutôt il devait avoir peur, voire être mort de trouille. Pas étonnant, il paraîtrait que replacer un bras était presque aussi douloureux que de se le démettre. Quelle idée de l’avoir ‘poussé’ à le faire aussi ?

.. T’as raison, ils vont pas mourir si ça reste sale.


Il avait délibérément interprété les paroles du rouquin de la manière qui l’arrangeait le plus. Pourquoi ? Tensei suait la panique par tous les pores, et Asch ressentait ça, à la manière des prédateurs. Même si au début il prévoyait de le ‘soigner’ seulement si celui-ci acceptait son marché, la donne était entrain de changer. S’il pouvait le tyranniser encore un peu, il ne s’en priverait certainement pas. C’était bien trop amusant. Et surtout, une fois son bras à peu près en état, il pourrait faire autre chose que gésir –drôle de verbe, certes- lamentablement sur les bottes de foin. Même s’il mettrait sans doute un petit moment à s’en remettre. La remarque qui suivit ne fit pourtant que le conforter dans son idée.

-Et puis, s'pas comme si t'savais comment faire d'toute façon, hein

-Mais si je sais faire… On parie ? Bouge pas surtout..


Et son sale sourire mi-joueur, mi-sadique qui revenait lui écorcher les lèvres, et fendre son visage. Tensei avait scellé de lui-même son destin, du moins pour la dizaine de minutes qui allait suivre. Il n’en serait que ‘l’humble’ exécuteur. Il essaya de se remémorer le moment où il avait assisté à une scène de ce genre, mais celui-ci s’obstinait à demeurer flou. Il se souvenait juste qu’il suffisait en gros de tirer un bon coup et dans le bon sens sur le bras. C’était toujours ça.

Il se leva, et s’approcha lentement avec délectation, pour que l’autre ait bien le temps de mijoter sur le fait qu’il ‘n’allait quand même pas le faire ?’, et se positionna du côté du bras meurtri. Il posa immédiatement une main sur celui-ci, histoire de tuer toute tentative de rébellion dans l’œuf. Mais le petit commençait à comprendre qu’il valait mieux ne pas trop le provoquer –la preuve, cela faisait un moment qu’il ne l’avait pas insulté-. Aussi Asch espérait que, soucieux de la menace qui pesait –c’était bien le cas de le dire- sur son bras, Tensei ne bougerait pas. Ce qui ne ferait qu’empirer sa situation.

Il prit le temps d’étudier l’angle que formait l’épaule démise avec le reste du corps, pour savoir à peu près comment il devait faire. Au pire, ce n’était pas comme s’il n’avait le droit qu’à un essai.. Et il tenait à le faire partager au pauvre petit roux, histoire d’augmenter encore un coup sa tension. Il lui murmura tout près d’une voix doucereuse teintée de malice :

T’es prêt ? Au pire, si ça marche pas t’inquiètes je réessaie..

Si le fait de se faire démettre une épaule était douloureux, cette fois-ci devait sembler encore pire. Tout d’abord parce qu’il savait à quoi s’en tenir niveau douleur, mais aussi parce qu’il n’y avait plus d’effet de surprise, juste la certitude de l’inéluctable. Ce fut sans doute pour toutes ses raisons que lorsque Asch tira finalement d’un coup sec, Tensei ne put s’empêcher de crier. Ce qui, évidement, agrandit le sourire de Asch, qui desserra ensuite lentement ses mains, avec un peu d’appréhension. Il se doutait que, malgré ce qu’il avait bien pu dire, Tensei ne supporterait sans doute pas un deuxième essai, et lui-même espérait avoir réussi. Ouf, tout semblait être rentré dans l’ordre. L’angle du bras était revenu à la normale, victoire. Il se retint de lui balancer une tape ‘amicale’ dans ladite épaule, avant de lancer, ravi :

Tu vois, c’était pas si dur –parle pour toi Asch-. Du premier coup en plus !

Il décida ensuite de lui laisser un peu le temps de récupérer, et s’éloigna non sans un dernier sourire digne de celui d’un gosse qui venait de décrocher le pompon sur un manège. Bon, maintenant qu’il avait ‘récupéré’ son partenaire de jeu, il fallait qu’il trouve quelque chose à faire. Mais pas n’importe quoi, hein. Il déambula dans la pièce, laissant son esprit fourmiller et enregistrer toutes sortes de détails plus ou moins utiles, lorsque l’évidence s’imposa. Une idée, lumineuse –tout du moins pour lui- : il allait faire du cheval. Et entraîner Tensei avec lui, bien sûr, ce n’en serait que plus drôle. Quoi de plus indiqué dans une écurie ? Il n’en avait jamais fait en plus. C’était une bonne occasion de faire de nouvelles expériences.

Il fureta un peu partout avant de trouver ce qui semblait être le matériel de monte dans la pièce du fond. Ce qui étaient simplement ‘selle’ et filet’ pour les initiés ressemblaient plus à un amas de cuirs et d’acier emmêlés pour Asch. Après avoir tourné et retourné ces étranges pièces un moment, cherchant le puzzle, il du abandonner l’idée d’arriver à les utiliser. Il sortit donc de la salle un peu dépité, mais retrouva vite son sourire lorsqu’il aperçut les licols positionnés devant chaque box. Bien que pour lui cela ressemblait plus à un collier et une laisse qu’autre chose, il pensait tout de même que ce serait nettement plus facile à mettre. Il alla donc en chercher un, décrocha par la même occasion une sorte de chiffon à peu près propre qui était suspendu, et retourna voir Tensei. Un bon moment s’était écoulé depuis qu’il l’avait quitté, aussi celui-ci devait avoir eu le temps de reprendre ses esprits. Et même si ce n’était pas le cas, le chiffon que Asch lui balança acheva sans doute de rallumer son attention.

Si tu veux te faire une sorte d’attelle..


Mais c’était qu’il semblerait presque attentionné le petit. Il y avait donc forcément quelque chose qui se tramait dans l’air, et qui incluait Tensei. Il enchaîna d’ailleurs ensuite, un nouvel éclat qui ne disait rien qui vaille luisant au fond de ses yeux mordorés :

J’viens d’avoir une super idée pour passer le temps ! On va monter à cheval. D’ailleurs, tu sais comment ça se met ce truc ?

Il brandit sa trouvaille sous le nez du rouquin, pour lui permettre de l’observer. Et lui laissa par la même occasion le soin de comprendre par lui-même que le refus n’était pas une solution acceptable. Mais il avait l’air de comprendre ce qu’il encourait s’il n’était pas d’accord avec lui, aussi Asch espérait que Tensei se montrerait coopératif. Qu’il le veuille ou non.



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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Sam 2 Juin - 4:35

Ouais. S'il y avait bien une chose qu'il avait apprit aujourd'hui, c'était que Asch était vraiment un putain de connard. Ou c'était du moins là ce que Shigeru se disait alors que le connard en question posait une main sur son bras droit, lui arrachant – bien malgré lui, car il préférait autant que possible ne pas lui donner la satisfaction de la chose – une grimace alors qu'il retenait un gémissement. ''Merde, mais il fou quoi, celui-là?'' Putain. En cette instant, il n'avait qu'un seule envie; lui éclater son bordel de sourire en petits morceaux – oh, que n'aurait-il pas donner pour ça -, mais seulement, même cela lui semblait voué à l'échec.

-T’es prêt ? Au pire, si ça marche pas t’inquiètes je réessaie...

Arrêtes. Arrêtes ça avant de faire n'importe quoi. Fais pas ça, arrête et va-t'en, ça vaudra mieux pour tout le monde. Parce qu'une ce n'était pas comme si l'autre avait réellement envie de l'aider, non, sans doute pas, pas après ce qu'il venait de se passer, et que l'idée même de ce que Asch voulait essayer de faire – car tout était dans le mot 'essayer' – était suffisant pour lui donner des sueurs froides. Car tout était dans l’appréhension, dans l'anticipation. Et il avait déjà assez mal comme ça, il était hors de question que...

Puis un mouvement brusque, et douleur brûlante, étouffante, dans son épaule, alors qu'un cri s’échappait de sa gorge sans même qu'il n'arrive à l'en empêcher. Puis du noir, alors que les sons semblaient comme distordu le temps d'un instant, un peu comme s'il avait momentanément la tête sous l'eau. ''Aaaah. Fuck.'' Adossé contre le mur, avachi sur la balle de foin, les yeux fermés, il grogna faiblement. Pour peu, c'était presque comme s'il était à demi endormit – avec cette étrange notion du temps qui passe d'une drôle de manière -, à demi conscient, tel un rêve éveillé.

Mais en moins agréable.

Ce fut le chiffon – probablement sale – qu'on lui lança dans la gueule qui le ramena sur terre. Ouvrant les paupières, Shigeru tourna légèrement la tête, histoire d'avoir l'autre adolescent dans son champ de vision – car on n'était jamais trop prudent -, plissant les yeux alors qu'il se frottait la tempe. Avant de réaliser que, si son épaule lui faisait toujours un mal de chien, c'était maintenant beaucoup moins douloureux que quelques minutes plus tôt. Ou quelques secondes; il n'était – étrangement, compte tenu du fait que ça n'arrivait pratiquement jamais - plus vraiment certain.

Surprit – plus qu'il aurait voulu l'avouer si on lui avait posé la question -, c'est tout juste s'il porta attention à ce qu'on lui dit ensuite. Bizarrement, une petite partie de lui n'arrivait pas vraiment à croire que Asch la lui avait bel et replacée; autant parce qu'il ne pensait pas qu'il en serait capable que parce qu'il n'aurait pas cru qu'il aurait réellement voulut le faire, tout simplement. Étrange. Ou pas vraiment. Parce que même s'il n'aurait pas pensé ça de lui, il avait l'habitude de ne pas penser une tonne de chose de bien des gens; au final, il ne fallait probablement pas s'étonner qu'il ait eu tord une fois de plus.

-J’viens d’avoir une super idée pour passer le temps ! On va monter à cheval. D’ailleurs, tu sais comment ça se met ce truc ?

''Ugh...'' Regardant d'un air interdit la... chose que l'autre étudiant était en train de lui montrer, les yeux passèrent successivement de l'adolescent à l'objet en question. Un peu comme s'il cherchait à trouver un sens à ce qu'on venait de lui dire, découvrir la réponse d'une question particulièrement difficile et complexe. ''What the....'' Nah. Il ne pouvait pas être sérieux.

Et pourtant... pourtant les quelques instants qu'il avait passé avec lui dans ce stupide endroit lui avait apprit – à la dure, sans nul doute – de ne pas prendre à la légère ce que ce Asch lui disait. Et si c'était, pour l'instant, du moins, une leçon qu'il avait bien compris – il le fallait bien s'il voulait sortir de là en un seul morceau -, cela ne voulait néanmoins pas dire qu'il avait à être d'accord avec tout ce que l'autre lui disait. Ahah. Il pouvait toujours courir, ce con. Et puis, de toute manière, il ne savait absolument pas comment fonctionnait le truc qu'il était en train de lui montrer; il n'avait même aucune idée de ce que ça pouvait bien être, alors hein.

-J'sais pas. Pas envie, fit-il finalement, semblant à la fois agacé et bougon, détournant les yeux, se mettant à fixer une toile d'araignée comme si celle-ci était particulièrement intéressante.

''M'sens pas bien, fou moi la paix, merde.'' C'était pas parce qu'il avait moins mal, maintenant, que ça voulait dire qu'il avait envie de bouger, quoi. Et en plus, sa tête avait recommencée à élancer, et il avait l'impression que se mettre debout ne serait sans doute pas une très bonne idée. Saloperie de pouvoir de merde. Saloperie de retenue de merde. Et surtout, saloperie de connard de merde. Rarement, dans sa vie, il avait eu l'impression que le temps passait aussi lentement qu'en ce moment – comme au ralentit, les secondes s'étirant inutilement les unes à la suite des autres. Puis, détournant le regard, se mettant à fixer l'autre du coin de l'oeil à travers ses cheveux, Shigeru soupira intérieurement.

Quelque part, quelque chose lui disait que Asch n'allait pas se contenter de cette réponse.

Et, même s'il aurait voulut que ce soit là la seule qu'il ailles à lui donner, il n'avait pas envie que l'autre élève s'énerve. Pas maintenant. Et pas contre lui. Disons juste que une seule fois, c'était plus que suffisant. Il était néanmoins hors de question qu'il accepte de faire quoi que ce soit avec ce dernier – il ne fallait pas exagérer, non plus -, l'idée d'embarquer sur des bêtes qui peuvent vous piétiner sans le moindre effort ne lui disant de toute façon rien qui vaille. Et puis, on pouvait se briser la nuque en tombant d'une seule marche, alors ça, il n'imaginait même pas.

Ou alors, il n'imaginait que trop bien.

Se redressant un peu, posant une main sur son épaule, essayant de ne pas trop bouger malgré tout, Shigeru détailla rapidement la pièce du regard, comme cherchant quelque qui allait bien vouloir répondre à sa place. Ou qui aurait accepter de lui indiquer ce qu'il devrait dire s'il souhaitait éviter qu'une troisième guerre mondiale ne lui pète à la gueule. Putain, il fallait juste qu'il réfléchisse un peu, voilà tout; mais seulement, il fallait croire que même ça, c'était hors de sa portée, sa cervelle encore un peu trop ensevelie sous la ouate – ou des petits morceaux de verres - pour qu'il arrive à trouver une excuse au moins un minimum cohérente. C'est sans doute pourquoi il ce décida pour un;

-T'as qu'à y aller, toi, s'tu veux, j'm'en fou. Au pire j'te r'garderai, c'tout.

Ouais. Disons que ce n'était pas avec ce genre de truc qu'il allait pouvoir devenir le prochain Président du Japon.


HS - Sorry, c'est nul, mais j'ai fais ça vite, j'dois aller me coucher *meurt*


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Sam 9 Juin - 14:35

Merlan frit. Ce fut la première image qui traversa l’esprit de Asch lorsqu’il aperçut la tête que faisait le rouquin devant sa trouvaille. Comme s’il cherchait une échappatoire, n’importe quoi pour ne pas avoir à répondre. Bon, il avait l’air autant au parfum que lui niveau équitation, ça promettait. C’était dire que son propre niveau de connaissance avoisinait celui sur la reproduction des poulpes marins. Néant. Un bien joli mot qui ne représentait pourtant que le vide, l’absence totale de matière. Mais qui avait au moins le mérite de sonner un peu mieux à l’écoute que ‘un peu’ ou beaucoup’. Ce fut sans doute pourquoi Asch ne s’en formalisa pas, mais fut au contraire étrangement satisfait. Suivez la logique.

Néanmoins cela n’allait certainement pas l’aider dans sa future mission –oui car il se faisait un devoir de mener à bien chaque idée farfelue-. L’objet en question restait inconnu, incompréhensible. Une montre-scanner à l’image de celle qu’on voyait dans les films lui aurait bien servi, mais évidemment il n’en avait pas –et ça n’existait pas, léger détail-. Et Tensei qui ne semblait pas décidé à l’aider. D’ailleurs, il n’avait même pas utilisé le chiffon que Asch lui avait gracieusement donné – à traduire en balancé à la gueule-. En plus de cet affront –il en fallait peu comme quoi- qui affichait clairement l’inutilité de son geste, il n’avait pas ‘envie’ de l’aider. Asch n’aimait pas se sentir inutile. Et il ne lui avait pas non plus demandé son avis, enfin quoi il aurait dû comprendre à force que ce n’était que des questions à but simplement rhétorique. Il pensait sincèrement avoir le choix ? Même après tout ce qu’il lui avait fait subir ?.. Bien sûr, une part de lui aurait préféré que Tensei soit enthousiaste, et participe de manière volontaire. Peut-être que s’ils n’avaient pas été en retenue, qu’ils n’étaient pas partis sur de si mauvaises bases, qu’il ne lui avait pas à moitié arraché un bras…

Okay, les circonstances jouaient en sa défaveur. Mais, ce n’était pas une raison. Et son idée était excellente non ? Mais si. Il aurait dû approuver. Ou tout du moins décliner ‘l’offre’ de manière plus élégante. Mais voilà, Tensei était aussi bourru et vide de tact qu’il était lui-même chiant et susceptible. Mélange explosif. Une conclusion logique s’imposa donc à son esprit à cet instant : il allait encore devoir frapper. Ou plus exactement le frapper. Même s’il était déjà mal en point, et qu’il ne souhaitait pas particulièrement l’abîmer plus. Mais c’était la règle. Sa règle. Sans exception possible. Comment allait-il bien pouvoir s’y prendre pour lui faire comprendre sans laisser de séquelles ? La réponse, il se rendit compte qu’il la tenait dans sa main droite. Quoi de mieux que de l’étrangler avec l’objet de leur désaccord ? Il pourrait même essayer de trouver sa manière de fonctionner par la même occasion.

Asch resserra lentement son poing, s’apprêtant à mettre à exécution un autre de ses plans désastreux, lorsqu’il observa un mouvement chez la personne sujette à son acharnement. Qui s’était finalement décidé à bouger, et malgré son air d’hébétude avancée, il parvint à lui sortir une sorte d’excuse, certes pas très convaincante, mais qui permit à Asch de ne pas avoir à aller jusqu’au bout de ses intentions. Même s’il ne voulait toujours pas l’aider, il se montrait un minimum conciliant, sans insulte ni provocation.

A croire qu’il avait saisi les règles du jeu que Asch, aspiré dans une spirale infernale, alimentée par son ennui et un brin de folie, ne pouvait qu’exécuter. Même si une partie de lui aurait préféré ne pas avoir à le faire souffrir, ni lui, ni personne d’autres. Mais c’était tellement amusant. Le divertissement par excellence, prêché par Sade. Sans le caractère sexuel de la chose, cela allait de soi. Il avait, durant les années passé au sein de son gang, pas mal réfléchi comme tous les adolescents sur le sens de la vie. Pour au final n’en trouvait aucun. Étant athée, il n’avait donc pu emprunter le chemin de la religion comme échappatoire, et avait donc décrété que tout était absurde, et qu’il fallait se contenter de vivre en profitant au maximum. D’où cette envie incessante de lutter contre l’ennui. Ce n’était qu’un énorme jeu après tout. Sauf qu’une fois le game over obtenu, on ne pouvait pas recommencer la partie. Ça lui allait très bien comme ça. Seulement, un jeu, c’était addictif, et il y avait des limites à ne pas franchir non plus. Et justement, il flirtait souvent avec ces limites, prêt à basculer dans la décadence et la folie, avec pour seul filet sa fierté et les quelques liens tissés avec ceux qui comptaient vraiment. D’où la nécessité des règles. Elles s’inspiraient au départ de tout ce qu’il avait appris dans la rue, comme une sorte de ‘guide de survie’, et avaient progressivement évolué jusqu’à ce qu’il les fasse entièrement siennes. Elles étaient seulement plus immorales et rudes que la normale, et au moins avait-il des bases, et des certitudes. Ainsi que cette possibilité malsaine non négligeable de s’amuser aux dépends des autres.

Il était exécrable. Et le savait. Mettant brusquement fin à sa dérive intérieure, qui arrivait trop souvent à son goût depuis qu’il était arrivé au pensionnat, mais c’était sans doute parce qu’avant cela, les événements s’étaient enchaînés trop vite pour lui laisser le temps de réfléchir, et puis, avoir failli y rester devait pas mal peser dans la balance également. Mais ce n’était ni l’heure ni le moment d’évoluer en eaux troubles, ou de se livrer à une petite introspection. Il aurait tout le temps d’y songer plus tard. Pour la première fois alors, il regarda Tensei avec un voile qui pouvait s’apparenter à de la tristesse dans le regard. Oui, il était un peu amère de constater ce qu’il était, et triste d’avoir abîmé le rouquin avec qui il aurait pu faire pas mal de conneries, ou du moins avec qui il aurait pu bien s’entendre. Dans une autre vie peut-être. Parce que là, c’était râpé, pire que le fromage. Il devait le haïr. Enfin, ce n’était pas si grave, la haine est toujours mieux que l’indifférence, non ?..

Décidé à ne pas se laisser abattre pour ‘si peu’, Asch secoua la tête, comme pour chasser toutes ses pensées au loin. De toute manière, il n’avait pas de futur, et revenir en arrière n’était pas une option, aussi allait-il se concentrer uniquement sur le présent comme il l’avait toujours fait, et continuer d’avancer. Quitte à aller droit dans le mur, autant y aller franchement pour être sûr de ne pas se louper. Bon. Soudain remotivé, il retrouva son sourire habituel, et s’assit par terre, disposant l’objet devant lui. Bizarrement, il éprouvait l’envie de parler, comme pour combler le vide intérieur laissé par son malaise passager, même s’il pensait –et surtout espérait- que Tensei n’avait rien capté, ce qui n’aurait en soi rien eu d’étonnant. Sans doute aussi pour exprimer en quelque sorte le fait que rien n’avait changé, et que rien ne changerait. Ou juste une envie de meubler le silence pesant de ce lieu d’herbivores.

Bon okay, j’vais me débrouiller seul. C’pas comme si t’aurais pu m’aider. T’as qu’à rester là. Même si bon, t’as pas vraiment le choix..

Cela ne voulait bien entendu pas dire qu’il comptait le laisser tranquille, juste lui offrir un répit. Le temps qu’il récupère un peu. Ensuite il trouverait un moyen de le faire monter sur les chevaux, en ignorant superbement le fait qu’il avait sans doute autant envie de venir avec lui affronter les monstres à quatre pattes que de sauter en parachute sans parachute. Ce n’était donc évidemment pas non plus par bienveillance, mais juste parce qu’il avait l’air tellement pâle que le moindre effort risquait de le faire s’écrouler. Et puis, ce n’était pas comme s’il avait encore besoin de le tyranniser, jugeant s’être assez amusé à ses dépends comme cela, alors à défaut de se montrer sympa –ce qui ne l’aurait pas dérangé versatile comme il était, mais aurait sans doute trop juré avec son attitude précédente aux yeux de son compagnon de retenue-, il pouvait bien se montrer neutre.

Revenant à ses moutons sans laine, Asch se mit à triturer le licol posé au sol. Il imaginait que l’espèce de longue corde devait être une sorte de laisse, qui devait donc être attachée au moyen du reste sur le cheval. Au vu de la taille du licou et du peu qu’il en savait, la seule zone possible d’attache devait être la tête. Hum, belle déduction. Bon un cheval, ça possédait quoi ? Un nez, une grosse tête allongée, des joues énormes de hamster aplaties, et des oreilles. Jusque là, pas de problème. Il lui restait seulement à réaliser une sorte de puzzle en visualisation 3D. Après un peu d’effort et pas mal d’imagination, il parvint à un résultat qui lui semblait correct. Ne restait qu’à mettre sa théorie en pratique.

Il se leva donc, tout fier de cette maigre découverte, et fila vers les rangées de box, sans plus adresser un regard à Tensei, qui avait été relégué dans un coin de son cerveau. Après quelques minutes de tergiversation, il opta finalement pour une bête à la couleur assez folle, blanche avec pleins de petites tâches marrons, comme des tâches de rousseur, et de taille parfaite selon lui –parce qu’il fallait quand même qu’il arrive à grimper dessus-, c’était dire que le garrot lui arrivait au niveau des épaules. Une légère appréhension le saisit lorsqu’il agrippa le loquet de la porte pour le déverrouiller, et pénétra dans l’antre de la bête. Il se rassura en se disant que ce n’était qu’un cheval, et non un ours ou un schtroumpf roux –il en avait bien assez d’un seul-. Heureusement, la bête en question était bien trop occupée à manger pour s’intéresser à l’intrus. Il s’approcha, tenta de relever sa tête en tirant sur la touffe de poils qui dépassait d’entre ses deux oreilles, mais rien à faire. Lorsqu’il parvint à gagner quelques centimètres, au moment de passer le licol, la bestiole renâcla et retourna à son occupation première. Levant les yeux au ciel (ou plus exactement au plafond), Asch laissa son regard dérivé un moment.

Ce fut à ce moment-là qu’il aperçut dans le box d’à côté un cheval, caché plus tôt à cause de sa petite taille. Car si Asch avait eu un minimum de culture, il ne l’aurait pas appelé ‘cheval’, ni même poney, mais ‘shetland’. Il ne put alors s’empêcher de crier :

Hé Tensei ! Y’en a un exprès pour toi on dirait !

En effet, le shetland avait une douce robe couleur caramel, et sa crinière hirsute pouvait vaguement rappeler la tignasse rousse. De plus, il était miniature –son garrot arrivait environ aux hanches de Asch-, et bien que ce rappel à la taille –pourtant pas si petite- du rouquin ne fut sûrement pas une bonne idée, Asch ne put s’empresser de sortir en hâte du box pour aller se planter devant celui voisin, et muni d’une impulsion subite, d’ouvrir la porte en grand. Bien évidemment, le shetland malicieux en profita pour s’échapper et trottina directement vers un lieu qu’il avait sans doute repéré depuis son arrivée à l’écurie : les bottes de foin, dicté par son appétit vorace –caractéristique de chaque chevaux-. Et tant pis si par la même occasion, il titillait les pieds de son compatriote roux, assis au mauvais endroit.

Prenant soudain conscience que rattraper la bestiole ne serait sans doute pas une tâche aisée, il la suivit de loin jusqu’à revenir là où tout c’était joué. Et éclater de rire devant la scène.


Pas de problème c'est nickel ;3 désolée du retard encore, et bon fais pas gaffe j'me suis lancée dans l'introspection /sort love ♥




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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Lun 11 Juin - 17:19

Le temps d'un instant – sans doute bien trop court, si on se serait arrêté à lui demander son avis personnel sur la chose – Shigeru cru presque que Asch avait décidé de lui foutre la paix, de finalement se taire pour de bon, impression renforcée par l'épais et lourd silence – enfin, si on pouvait réellement parler de silence, pour lui – qui s'étirait entre eux deux. Presque. Car, du peu qu'il avait réussit à comprendre de l'autre, ce genre de comportement ne semblait pas faire partie de la liste des choses que l'autre adolescent aurait été capable de faire.

Oh, ce n'était pas faute d'espérer, non, loin de là. De toute façon, c'était gratuit, ne demandait pas d'effort et permettait de passer le temps – triade parfaite, en somme. Si seulement tout était comme ça, dans la vie, ça rendrait les choses tellement plus facile. Et puis, en plus, pour le moment, ça lui permettait de penser à autre chose – enfin, si on voulait. Un peu comme ce principe tellement ridicule – et pourtant tellement connu – du 'changer le mal de place'. Mais en moins douloureux – et, probablement, en moins efficace.

Et Asch finit par s'asseoir, comme ça, par terre. ''Ugh'' Il fallait croire que personne ne lui avait jamais inculqué la moindre règle sanitaire. Les yeux fixés dans un point perdu dans l'espace, Shigeru se fit un point d'honneur de l'ignorer du mieux qu'il pu, comme s'il n'y avait que lui et les chevaux dans ce foutu endroit, qu'il ne le voyait pas, juste là, dans le coin de son champ de vision et qu'il ne l'entendait pas, léger bourdonnement qui était, maintenant, devenu presque habituel, presque normal.

Ou enfin, jusqu'à ce qu'il se décide de lui parler. Encore.

-Bon okay, j’vais me débrouiller seul. C’pas comme si t’aurais pu m’aider. T’as qu’à rester là. Même si bon, t’as pas vraiment le choix...

Et on se sait. On se tait et on ne dit rien même si on en meurt d'envie, parce qu'on sait que ça n'en vaut pas la peine, et qu'au final, on a pas la force de s'insurger, qu'on le veuille ou non. Car c'était ça, vraiment, la seule chose qui l'empêchait de lui sauter dessus en crachant comme un chat en colère. Ou enfin, si on excluait les autres raisons aussi évidentes qu'un nain de jardin rose au milieu d'un champ de pissenlit.

Parce que ouais, qu'il aille se faire voir avec son 'c'pas comme si t'aurait pu m'aider'. Connard. Ce n'était pas non plus comme s'il était un incapable, hein. Il était parfaitement apte à l'aider, il n'en avait juste... pas envie. C'était tout. Et puis, s'il n'arrêtait pas, il allait le lui faire ravaler, son 't’as pas vraiment le choix'. Avec un coup de pied dans les couilles et une bonne dose de cyanure en plus – cadeau de la maison.

Ce fut sans doute parce qu'il était trop occupé à rager silencieusement dans un coin qu'il ne réalisa pas tout de suite que Asch était repartit, trainant – pour y faire quoi, il n'en savait rien – dans un coin un peu éloigné des écuries. Tche. C'était pas non plus comme s'il s'y intéressait, après tout.

-Hé Tensei ! Y’en a un exprès pour toi on dirait ! entendit-il soudainement, tournant du même coup la tête dans sa direction, plus par réflexe qu'autre chose.

Incompréhension, un peu de confusion. De quoi est ce qu'il était en train de parler, l'autre, hein? Sans doute le lui aurait-il demandé si son orgueil ne l'avait pas empêché de le faire. Ça, et s'il n'avait pas vu un cheval s'avancer – putain, mais il faisait quoi dehors, celui-là – dans sa direction. Un minuscule cheval.

Oh, nah. Nah, il ne voulait pas dire ça.

Et pourtant, si. C'était vraiment à se demander si Asch avait des envies de suicide – ou alors, des pulsions meurtrières, cherchant une bonne raison pour avoir le droit de lui éclater la gueule une fois de plus. Comme si ce qu'il lui avait déjà fait n'était pas suffisant. Mais alors là, non. Juste non. C'était tout simplement hors de question qu'il laisse passer ça – il ne fallait pas rêver non plus, comme s'il allait ignorer un affront pareil.

Jusqu'à ce qu'il réalise que l'animal était pratiquement en train de lui bouffer les pieds, et que l'autre imbécile était en train de rire de sa gueule.

Jetant un regard noir a Asch, puis au cheval, Shigeru gronda entre ses dents, se retenant de donner un léger coup de pied – plus par agacement qu'autre chose, vraiment – dans la bête qui, il en était certain, allait finir par lui ronger les lacets s'il n'y prenait pas garde.

-Urg, saloperie... marmonna-t-il, les sourcils froncés, alors qu'il essayait de reculer – en vain, compte tenu qu'il était déjà adossé contre le mur -, grimaçant malgré lui suite à un accidentel mouvement brusque. Fuck... mais ramène ce truc, p'tain!

Finissant par se lever, chancelant légèrement le temps de quelques secondes, sa main toujours posée sur son bras dans une vague tentative d'immobilisation – on fait avec ce qu'on a, hein -, il recula de quelque pas, fixant suspicieusement le petit cheval comme si ce dernier allait, d'une seconde à l'autre, se transformer en une horrible bête féroce et assoiffée de sang. Puis, finalement, détournant les yeux, il planta son regard furieux dans celui de l'autre étudiant – un peu comme s'il était en train d'essayer de l'atomiser.

-Et arrête de rire, merde. C'pas drôle, fit-il, d'un ton sans doute pas aussi convaincant qu'il l'aurait souhaité.

Mais il fallait dire que c'était, bien franchement, particulièrement difficile d'avoir l'air un moindrement convainquant dans ce genre de situation. Surtout qu'il avait bien plus envie de lui envoyer un coup de pied dans les parties sensibles. Il n'était quand même pas si petit que ça, merde. Qu'il arrête de venir le faire chier avec ça; il avait une taille très normale, même! C'était juste... les autres qui étaient trop grands. Règle de vie numéro un: Toujours tout blâmer sur les autres.

-Ah, fuck... fit-il à mi-voix en regardant l'animal brouter un peu plus loin. Moi j'monte pas sur ce truc, ajouta Shigeru en lançant un regard incendiaire à Asch. Et puis, comment t'vas le r'mettre dans son enclos, maintenant, hein?

Parce qu'il n'allait certainement pas l'aider à le faire. Et puis, l'idée de voir l'autre courir comme un attardé mental après un cheval miniature ne pu que lui arracher un vague sourire en coin – il fallait croire qu'en ce moment, il n'avait plus besoin de grand chose, pour ça. Et puis, ça lui apprendrait à faire n'importe quoi. Il espérait seulement que l'autre ne voulait pas sérieusement qu'il embarque sur ce truc; il ne voulait pas l'écraser, quand même. Surtout que bon, ça restait quand même assez mignon, comme bestiole.

… bref.


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Everyone has a photographic memory; some just don't have film


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Jeu 14 Juin - 19:27

Asch n’en pouvait plus. Il avait beau essayé de se calmer, de penser à quelque chose de triste, se mordre l’intérieur des joues, regarder ailleurs, rien n’y faisait. La seule vue de la tête offusquée de Tensei devant l’arrivée triomphale du mini poney avait suffit à le faire éclater de rire, et le voir tenter désespérément de reculer sans réellement pouvoir, pour éviter de se faire mordiller les pieds n’avait rien arrangé. Même s’il aurait voulu l’aider –ce qui aurait constitué un miracle en soi-, il aurait bien été en peine de bouger et de rentrer le shetland dans son box. Mais c’était de plus, définitivement trop drôle. Il aurait filmé la scène s’il n’avait été si occupé à se tenir les côtes qui commençait à le lancer douloureusement, plié en deux, avec en prime, un début de crampe à la mâchoire. Mais rien n’y faisait, son fou rire ne passait pas.

Finalement, Tensei qui semblait aller beaucoup mieux au vu de la ferveur qu’il mettait à s’énerver, doublé du fait qu’il ait réussi à se lever pour s’éloigner du second minimoys roux –je vous laisse le soin de deviner qui était le premier pour Asch-, trop occupé à manger, ne le suivit même pas. Et ce regard qu’il lui lançait alors, comme s’il avait peur de cette petite bestiole toute mignonne qui ressemblait à une peluche géante –et obèse, elle devait bien peser quelques centaines de kilos, comme tous ceux de son espèce-. Asch qui commençait à se calmer un peu, reparti de plus belle. A cet instant précis, si Tensei avait voulu se venger, il aurait pu tout lui faire qu’il aurait été bien incapable de réagir, victime de son pire ennemi –et meilleur allié- : le rire. Même si bien sûr, cela ne lui aurait sans doute pas épargné de terribles représailles plus tard. Et l’autre, qui lui demandait d’arrêter de rire, ce qui avait évidement l’effet inverse, d’autant que oui, c’était drôle.

Tu verrais ta tête aussi
réussit-il à articuler difficilement, toujours mort de rire.

Il ne regrettait en rien son geste spontané, d’autant plus après avoir vu la réaction en chaîne suscitée chez le rouquin. Le calme de la pièce, troublé seulement par les bruits de mastication de l’un, et de l’énervement de l’autre eut finalement raison de son fou rire, et il s’apaisa enfin, soulageant ses pauvres côtes endolories, une main venant masser le coin de sa mâchoire. Tensei reprit alors la parole, soulevant un problème évident. Il allait bien falloir remettre le shetland dans son box, à défaut de nettoyer la pièce, s’ils ne voulaient pas se faire trop pourrir lors du retour du pion. Même si lui était de toute manière déjà foutu. Pourtant mieux valait ne pas songer à ce qui se passerait plus tard, juste à l’instant présent, en oubliant les conséquences, soit à Tensei et au petit poney.

Ça doit pas être trop compliqué, suffit de prendre l’espèce de truc en corde, là. Attends.


Parlant autant pour répondre au roux que pour lui-même, il repartit vers l’entrée, récupéra le licol sur le box du shetland, apercevant au passage le cheval sur lequel il avait jeté son dévolu quelques minutes auparavant, et qui portait toujours son propre licou. Une idée pris forme dans son esprit, tandis qu’un sourire nouveau apparut sur son visage. Parce que bon, il n’avait toujours pas abandonné son plan initial. Alors, il allait juste le modifier un peu, histoire d’y inclure les deux roux. Il murmura alors entre ses dents :

Mais oui, on a qu’à faire une course !


Excité à cette évocation, il revint tout sourire vers Tensei, agitant le licol pris plus tôt. Au final, la question du rouquin contenait en elle-même sa réponse. Il se dirigea ensuite vers le petit poney, toujours occupé à brouter. Attentif à ne pas refaire la même erreur qu’avec l’autre cheval, il tint le licol caché derrière son dos, s’avança lentement et, attrapant une touffe de poils orangés, il tira sur cette dernière en sortant le licou. Mais son manque d’expérience était flagrant, et le shetland ayant anticipé son geste, se décala brusquement à droite. Le voyant s’enfuir, plus par réflexe que suite à une mûre réflexion, il s’accrocha à l’encolure du poney, se faisant traîner sur quelques mètres avant que celui-ci ne daigne s’arrêter. Là, il dût encore batailler un bon moment encore avant de réussir à lui passer le licou, et boucler enfin la sangle. Une fois la tâche accomplie, il se redressa en soupirant de soulagement (il avait dû se tenir accroupi pour y voir quelque chose). Il n’était pas sûr que ce soit exactement la bonne manière de faire, mais au moins le licol tenait. Il attrapa la longue corde traînant par terre, et tira dessus, ce qui eut pour effet de rapprocher le petit poney de quelques pas. Satisfait, il avança avec précaution pour continuer d’être suivi, il réussit à s’approcher de Tensei, avant de se faire tracter à moitié une fois de plus, vers les bottes de foin où la bestiole plongea son nez et s’immobilisa. Tandis qu’il se remettait à brouter, Asch en profita pour glisser d’autorité la longe entre les mains de Tensei.

Fais gaffe qu’il ne se barre pas.


Et il s’écarta rapidement, de manière à ce qu’il ne puisse pas la lui rendre. Il espérait que la peur entraperçue un peu plus tôt empêcherait Shigeru de lâcher le bout de la corde, ou de tenter de remettre le shetland dans son box. Il finit une fois de plus à l’autre bout de la pièce, rôdé à tous ces allers-retours incessants, où il pénétra cette fois dans le box du cheval tacheté rencontré plus tôt, attrapa la longe, et tira la bête hors de son enclos. Celle-ci se laissa faire, bien dressée. Il réussit donc à l’amener vers Tensei et le shetland. Maintenant, il fallait qu’il arrive à le convaincre de monter dessus. Il prit une inspiration, réfléchit deux secondes, puis le regarda dans les yeux avant de se lancer.

Puisque t’en as parlé plus tôt, c’est qu’tu dois bien en avoir un peu envie, non ? Aller, monte dessus, il est tout petit, tu devrais y arriver ; en plus ça a l’air d’aller mieux pour toi, et tu toucheras presque par terre, donc c’pas comme si tu pouvais tomber, pas besoin de flipper.


Il reprit son souffle. Bon, ce n’était pas très convaincant. Au pire, il pourrait toujours le forcer, mais l’envie lui manquait pour le moment. Ça lui casserait un peu son trip, pour une fois. Il fallait donc qu’il trouve une bonne raison, et vite. Un truc qui lui donnerait envie de le faire, même s’il ne semblait pas du tout rassuré par le shetland. Une idée, soudain, qu’il énonça sans réfléchir :

Si tu grimpes dessus et acceptes de faire la course avec moi, j’te laisserai tranquille au moins pour aujourd’hui. Et tiens, si en plus tu gagnes, tu pourras me demander ce que tu veux. T’as rien à perdre.


Mouai bon. Il espérait que ça ne finirait pas encore en plan foireux comme il avait si bien l’habitude, se rassurant en se disant qu’il n’avait aucune raison de perdre, vu la différence entre leurs deux bêtes de course qui mangeaient allégrement dans leur coin, ravies de cette escapade improvisée. Mais après tout, ils n’y connaissaient rien tous les deux, les paris restaient donc ouverts. Et malheureusement pour lui, lorsqu’il donnait sa parole, il ne revenait jamais en arrière, fierté oblige. C’était pourquoi une part de lui espérait que Tensei aimait les défis et profiterait de cette occasion inespérée, tandis que de l’autre côté il voulait qu’il refuse, pour ne rien risquer. Finalement le forcer à participer n’était pas une si mauvaise idée, beaucoup moins dangereuse en tout cas. Mais trop tard, le défi était lancé, restait à voir la suite.



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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mer 20 Juin - 7:16

Alors là, ouais. C'était définitif, l'autre le faisait vraiment exprès. Surtout qu'il n'y avait. Vraiment. Rien. De. Drôle. Bordel. C'était à croire que Asch faisait vraiment tout pour lui tomber sur les nerfs, pour rendre l'heure qu'ils avaient à passer ici en leur compagnie mutuelle – et celle, un peu moins intéressante, des chevaux – encore plus pénible qu'elle ne l'était déjà. Mais c'était vrai, franchement, il ne savait pas vivre, ou quoi? Sincèrement, s'il avait pu lui balancer un bon coup de pieds là où ça fait mal, il ne se serait pas gêné. Enfin, même si, d'un point de vue objectif, il n'y avait rien qui l'en empêchait.

Enfin, rien d'autre que la perspective – pas très réjouissante – de s'en prendre un dans la gueule.

C'est sans doute pour ça qu'il se décida pour la réaction qui était à la fois la moins dangereuse et demandait le moins d'effort de sa part, à savoir rester immobile dans son coin à bouder, comme l'adolescent mature qu'il était, ignorant royalement l'autre alors qu'il lui parlait. Ça, ou parlait dans le vide, il ne savait trop, et n'en avait de toute manière rien à branler. Et c'est sans doute pour ça qu'il ne porta qu'une oreille plus que discrète à ce que l'autre disait alors que ce dernier était parti marmonner dans sa barbe inexistante, un peu plus loin – pourvu qu'il y reste, ouais.

Mais, malgré toute sa bonne volonté, il ne pu s'empêcher de tourner la tête en direction de Asch quand ce dernier revint vers lui après avoir passé un petit moment à essayer de passer le... truc autour de la tête du cheval miniature. Avant de se faire à moitié trainer par l'animal, donnant à l'autre adolescent un air plus que ridicule. Putain. Mais c'est que l'autre idiot avait vraiment l'air con, comme ça, à se faire tirer de la sorte par une bête qui donnait l'impression d'avoir bien plus sa place dans une maison de poupées que sur un champ de compétition.

Haussant un sourcil dubitatif, c'est tout juste si Shigeru arrivait à se retenir de ne pas sourire. Parce qu'il ne fallait pas qu'il oubli qu'il était en train de faire la tête, là – et ce, même si la chose devenait de plus en plus difficile au fil des secondes qui passaient. Et puis, de toute manière, l'envie lui passa bien vite lors que l'autre s'arrêta momentanément à côté de lui, lui foutait ce qui ressemblait étrangement à une laisse entre les mains, lui balançant au passage, juste avant de s'éloigner, un;

-Fais gaffe qu’il ne se barre pas.

-Que... eut-il tout juste le temps de dire avant que ses protestations ne meurent sur ses lèvres, n'ayant plus lieu d'être puisque personne – autre que lui – n'était là pour les entendre.

Le regardant stupidement s'en aller, Shigeru baissa les yeux sur l'animal qui broutait du foin, ce dernier ne semblant pas s'intéresser le moins du monde à celui qui le tenait maladroitement en laisse – parce que ouais, il avait un peu de mal à tenir son bras et l'autre truc en même temps, fallait pas lui en vouloir. Il ne su pas combien de temps il le fixa, l'air vaguement ahurit, ne reprenant ses esprits que lorsque l'autre revint vers lui, une seconde bête sur les talons. Non mais merde, il se croyait où, celui-là, dans un cirque, peut-être?

-Puisque t’en as parlé plus tôt, c’est qu’tu dois bien en avoir un peu envie, non ? Aller, monte dessus, il est tout petit, tu devrais y arriver ; en plus ça a l’air d’aller mieux pour toi, et tu toucheras presque par terre, donc c’pas comme si tu pouvais tomber, pas besoin de flipper.

Mais il ne flippait pas, bon sang! Il était juste... bref. De toute manière, il entendait quoi, l'autre, avec son ' t’en as parlé plus tôt'? Mais il avait rien dit! Et puis, il n'en avait pas envie, quoi, qu'il le laisse un peu tranquille et aille jouer ailleurs comme un grand garçon, putain. Après tout, c'était Asch qui était supposé être le plus vieux des deux – les âges, voilà quelque chose qu'il n'oubliait pas -, alors qu'il agisse un peu comme tel! Hein, quoi, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité?

-Si tu grimpes dessus et acceptes de faire la course avec moi, j’te laisserai tranquille au moins pour aujourd’hui. Et tiens, si en plus tu gagnes, tu pourras me demander ce que tu veux. T’as rien à perdre.

Euh, si. Sa dignité, connard. Comme si elle n'avait pas déjà été suffisamment mise à mal pour le moment, hein.

-Non mais t'es bête ou quoi? fit-il avait de pouvoir s'en empêcher, avant de réfléchir aux conséquences que de telles paroles pouvaient avoir sur sa survie immédiate. T'as vu la taille d'ce truc, un peu? J'vais l'écraser si j'monte dessus! La cruauté envers les animaux, tu connais?

C'était vrai, quoi! S'il chevauchait cette chose, il allait sans doute lui briser la colonne! Ou peut-être pas, si on comparait son propre poids à celui qu'elle était probablement capable de supporter – ce n'était pas non plus comme s'il pesait bien lourd, de toute façon -, mais rien ne l'empêchait d'essayer de lui faire croire le contraire. Qui ne tente rien n'a rien, pas vrai?

Et, soudainement, un dilemme. Parce que s'il avait autant envie de le faire que d'aller se faire laminer la gueule avec une feuille de papier sablé gros calibre, autant l'offre – pour peu qu'elle soit vraie et qu'il ne comptait pas l'arnaquer comme le font les vendeurs de balayeuses – était tentante. Lui foutre la paix, mh? Et en plus, il allait pouvoir lui demander ce qu'il voulait. Et ça, ce n'était pas quelque chose que l'on jetait à la poubelle sans considération.

Mais pourtant...

Pourtant, il n'allait quand même pas se laisser avoir comme ça, si? Allez, voyons, on t'a connu plus tenace, plus acharné, il c'est passé quoi, mh? Non, il n'avait pas l'habitude de s'écraser de la sorte devant les autres. Et puis, de toute manière, ce n'était pas comme si la retenue allait durer encore longtemps, alors pour ce qu'il restait de la journée, hein.... Disons que là, il avait un peu – pas mal – l'impression de se faire avoir.

Puis même s'il aurait pu, peut-être, si la chance était avec lui, lui demander ce qu'il voulait par la suite, ça ne changeait, au final, pas grand chose à la situation actuelle. Parce qu'après tout, si Asch voulait savoir quoi que ce soit venant de lui, il fallait qu'il paye, qu'il fasse quelque chose pour lui en échange. Et du fait, il gagnait bien moins que ce qu'il donnait pour – le coût d'opportunité, qu'on appelait, et ça, il s'y connaissait.

Au final, ça n'en valait vraiment pas la peine.

-Pfeh. J'vois pas pourquoi j'ferais ça, fit-il en lui jetant un regard accusateur. C'pas comme si c'que tu proposais valait vraiment la peine, hein.

Mais c'était qu'en plus, c'était de la triche, tout ça! Y avait qu'à regarder la taille de l'autre animal que Asch avait ramené avec lui. C'était n'importe quoi, il devait avoir des pattes presque deux fois plus longues, et donc courir beaucoup plus vite. Il pensait qu'il n'allait pas le remarquer, peut-être? Et il ne fallait pas non plus oublier, en plus de tout ça, qu'il n'avait vraiment aucune idée de comment ces machins poilus là fonctionnaient. Comment il fallait monter dessus? Comment on les faisait avancer, et tout ça? Et arrêter, aussi, car il n'avait pas spécialement envie de finir le nez dans un mur, quoi.

-Et puis, d'toute façon, on a plus l'temps. On va venir nous chercher bientôt, et va falloir les remettre dans leur truc, marmonna-t-il dans une dernière tentative désespérée pour se sortir de cette merde.

Avec le moins de casse possible.


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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Ven 22 Juin - 14:44

Surtout rester calme. Inspiration, expiration, inspi.. Ouais non les trucs de yoga n’étaient pas du tout son fort. Pourtant il fallait bien qu’il tente de regagner un minimum de contrôle s’il ne voulait pas finir par encastrer l’autre dans le mur. Il avait fait l’effort de proposer un marché, d’argumenter même, et voilà ce que Tensei en faisait : il le lui renvoyait à la gueule. Comme quoi essayer de se montrer aimable ne payait pas. Il aurait mieux valu qu’il le menace à nouveau, voir qu’il s’exécute au lieu de ça. Parce que pour le moment, il l’avait vraiment mauvaise.

Déjà il n’était pas bête. Et même si ce n’était qu’une question de rhétorique, il pouvait bien se la foutre là où il pensait. Puis c’était lui qui était stupide d’abord : la bestiole pouvait supporter un poids bien plus important que le sien de crevette violette anorexique, et surtout insulter quelqu’un qui pouvait le fracasser en plusieurs morceaux –et qui ne s’en priverait certainement pas- n’était pas non plus une idée lumineuse de tact et d’intelligence. Et surtout parce que c’est celui qui dit qui est. Nah.

Ensuite avec sa ‘cruauté envers les animaux’, nan mais il se croyait où ? A la SPA ? Entrain de défendre les pauvres pandas roux et les belettes norvégiennes ? Qu’il aille manifester ailleurs quoi qu’il en soit. Asch n’aurait sans doute jamais fait de mal intentionnellement et sans bonnes raisons à un animal quelconque, puisque ce n’était pas comme si une bête pouvait vous provoquer, ou être amusante à persécuter. Au contraire des hommes bien sûr. Après, c’était chacun son truc.

Un moment de silence suivit, durant lequel Tensei semblait peser le pour et le contre de sa proposition, tandis que Asch serrait et desserrait ses poings à intervalles de temps régulier, à la manière d’une cocotte évacuant la pression en sifflant son trop-plein d’air. Il se dit qu’il pouvait bien lui laisser encore un petit temps de répit, peut-être qu’il allait s’excuser, changer d’avis ? Et puis il n’avait toujours pas dit non.. Espoir qui fût aussi vite brisé que la glace d’un lac gelé sur lequel un sumo se serait essayé au patinage lorsque Tensei reprit la parole.

Aussitôt une magnifique expression d’enfant gâté à qui l’on aurait refusé son énième cadeau naquit sur son visage, jusqu’à s’y ancrer profondément. Alors comme ça il ne voulait pas de son pari ? Tant mieux. Même s’il détestait essuyer un refus, cela lui permettrait de faire au final les choses à sa manière. Et il pouvait garantir que Tensei n’allait pas aimé. En attendant, il fallait bien qu’il commence quelque part, aussi pour se donner le temps d’élaborer un plan machiavélique, il prit la peine de répondre aux provocations lancées.

.. Tapette. J’savais que t’étais un trouillard mais de là à craindre une minuscule bestiole comme celle-là.. J’suis déçu.

Il prit le temps d’inspirer un coup, avant de hausser les épaules et d’enchaîner sur un ton plus désinvolte. Il avait trouvé un semblant d’idée sur ce qu’il allait faire ensuite, mais pourquoi ne pas tenter une dernière menace avant ? Parce que l’autre allait finir par lui clamser entre les doigts à force.. Ce qui pourrait s’avérer légèrement problématique. Il s’approcha, profitant que l’autre avait les mains prises, entre son bras mal en point et le shetland caramel, et le saisit d’une poigne ferme au col, le tirant vers le haut. Non pas que cela ait le moindre intérêt, mais cela rendrait sa position encore plus inconfortable, et puis c’était bien ce que faisait tous les méchants dignes de ce nom dans les films, alors..

Bon en fait ça m’arrange. On va faire plus simple, poil de carotte. Tu grimpes dessus tout seul comme un grand, ou je te pète l’autre bras, puis une jambe, et la dernière jusqu’à ce que t’acceptes. Et si tu veux toujours pas, j’trouverai le moyen de t’attacher dessus.

Et son éternel sourire sadique revint déformer son visage. Le pire, c’était qu’il était sérieux. Pour une simple envie de faire la course sur les bestioles, il aurait été capable d’aller aussi loin. Sans le moindre scrupule ni remord. Parce qu’après tout, ce n’était pas de sa faute si l’autre avait refusé, n’était-ce pas ? ..

Seulement, pour le plus grand bonheur sans doute de Tensei, il ne pût mettre sa menace à exécution, ni même attendre la réponse à son ultimatum. La dernière phrase que le rouquin avait prononcé trottait dans un coin de sa tête, et lui revint brusquement à l’esprit lorsqu’il sembla entendre des voix à l’extérieur. Se figeant, il lâcha brusquement celui qui avait eu l’infortune de tomber en colle avec lui, avant de tendre l’oreille. Il discerna ce qui pouvait être une engueulade au sujet qu’il ne fallait pas marcher sur les parterres de fleurs, ou quelque chose dans le genre.

Et merde.

Alors, tout à coup il y eut comme un tilt dans son cerveau à l’état de fonctionnement douteux. Il sortit avec empressement son portable, et regarda l’heure digitale affichée par l’écran. Une heure et quelques minutes s’étaient écoulées depuis qu’on les avait enfermés là. Son envie de s’amuser retomba direct. Il n’y avait plus le temps pour faire les zouaves à cheval, ni même pour tabasser du roux. Jetant un coup d’œil à la pièce, il constata qu’ils risquaient d’avoir pas mal d’ennuis. Bilan général : un endroit toujours aussi crade, un roux à moitié hors service, et deux bestioles qui trônaient près des bottes de foin. Bon, s’il n’y avait plus le temps de régler les deux premiers points, il pouvait tout du moins s’occuper des derniers.

Pestant à voix haute, il arracha à demi la longe des mains de Tensei, ne lui faisant pas confiance sur sa capacité à ramener la bête dans son enclos, et se mit à courir tant bien que mal en traînant les deux chevaux, qui ne lui facilitaient pas du tout la tâche. Après s’être escrimé pendant ce qui lui sembla de longues minutes, mais ne dura pourtant que quelques instants, il réussit à faire rentrer les chevaux dans leurs box respectifs, et finissait de replacer les licols sur les portes quand l’entrée de l’écurie s’ouvrit en grinçant, dévoilant le retour du surveillant.

Tentant une pose innocente qui n’aurait même pas convaincu une taupe myope sans lunette, il croisa le regard du pion qui s’enfonçait dans la pièce, jetant un coup d’œil critique sur l’état du lieu. Asch le suivit sur un signe de sa part, et ils se retrouvèrent finalement tous au fond de la salle. L’adulte prit alors la parole, d’un air outré.

Mais qu’est-ce que.. C’est inadmissible ! Vous n’avez rien fait ! Vous vous moquez de moi, c’est ça ? Rira bien qui rira le dernier, vous retournerez en retenue pour la peine. Et vous là, pourquoi vous vous tenez le bras ? Une crampe à force d’avoir trop frotté ?

Tandis que le surveillant les regardait d’un air mauvais, s’étant moqué sans savoir du bras malmené du rouquin, il sortit son carnet un peu décrépi pour y noter son rapport. Asch garda un silence de mort, assumant totalement ses derniers gestes, et attendant avec, il devait bien l’avouer, un peu d’appréhension ce qui risquait de lui tomber dessus dans les prochaines minutes. Parce qu’il était persuadé que Tensei allait le balancer, pour toutes les crasses qu'il lui avait fait, et continuait de lui faire. Et qu’il risquait de prendre cher.



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MessageSujet: Re: You, me, four walls and one hour to kill || Pv Asch   Mar 10 Juil - 20:22

Ce fut le bruit, léger, lointain et presque imperceptible d'un étrange crissement qui attira en premier son attention. Tournant très légèrement la tête, comme pour essayer de mieux entendre le bruit en question, Shigeru fronça les sourcils, prenant le temps d'un court instant un air vaguement songeur, ignorant totalement Asch alors que ce dernier lui parlait – mais bon, quitte à se faire traiter de trouillard, autant bien ne pas l'écouter, hein. Le son provenait de l'extérieur, lui faisant étrangement penser à... des bruits de pas. Quelqu'un qui marchait sur du gravier, à n'en pas douter, à une bonne distance de là, se dirigeant néanmoins indubitablement dans leur direction.

Enfin.

S'apprêtant à faire volte face, sans doute dans le but de vérifier s'il s'agissait bien de ce qu'il pensait que c'était – à savoir, le surveillant ou n'importe quel autre adulte qui venait les chercher -, il fut bien vite stoppé par l'autre adolescent lorsque celui-ci le saisit par le col. Retenant un grognement qui aurait sans nul doute bien plus ressemblé à un gémissement qu'autre chose – parce que, vraiment, ça ne faisait pas du bien – Shigeru reposa ses yeux sur lui, se mordillant l'intérieur de la joue pour éviter de faire le moindre son – il avait sa fierté, après tout, même si cette dernière avait été plus que réduite en miettes sur le sol, en une infinité de petits morceaux qu'il n'était pas encore certain de pouvoir recoller. Putain, mais c'était quoi son problème à cet idiot? Il ne voyait pas qu'ils avaient mieux à faire que ça, en cet instant?

Ou alors sans doute pas. Il fallait dire que Asch n'avait probablement pas remarqué que leur temps de retenu était en train de tirer à sa fin et que quelqu'un était sans doute en train de venir les chercher à l'instant même. Après tout, il y avait fort à parier que l'autre n'entendait toujours pas la personne qui se rapprochait de l'écurie, lentement mais sûrement, de plus en plus au fur et à mesure des secondes qui s'écoulaient. Ouais. Ça devait bien être l'un des seuls moments où il trouvait son pouvoir un rien utile.

-Bon en fait ça m’arrange. On va faire plus simple, poil de carotte. Tu grimpes dessus tout seul comme un grand, ou je te pète l’autre bras, puis une jambe, et la dernière jusqu’à ce que t’acceptes. Et si tu veux toujours pas, j’trouverai le moyen de t’attacher dessus.

Plissant les yeux, il lui lança un regard noir, bien plus insulté par la remarque sur ses cheveux que par les menaces qu'on venait de lui balancer à la gueule. Non mais il le cherchait, celui-là. Pourtant, tout ce qu'il avait l'intention de dire – ou de faire, également – disparut lorsque, sans qu'il ne puisse s'en empêcher, son attention se dirigea une nouvelle fois sur les bruits de pas qui s'approchait toujours plus d'eux, ratant du même fait le sourire – pas des plus rassurant, il fallait l'avouer – que Asch venait de lui lancer.

Et, apparemment, il n'était plus le seul à l'entendre, considérant la réaction qu'eu l'adolescent quelques instants plus tard. Reposant ses yeux sur Asch alors que ce dernier jurait entre ses dents, il haussa un sourcil en le voyant tripoter son portable. Mais qu'est-ce qu'il foutait, lui? C'était pas le temps d'appeler quelqu'un, merde. Puis, lui laissant reprendre la laisse du machin pelucheux sans offrir la moindre protestation, il le regarda sans bouger remettre les deux bêtes dans leur enclos – ou il ne savait trop quoi -, restant planté là à attendre sans rien faire d'autre que le suivre du regard. Parce que l'autre pouvait toujours crever s'il voulait qu'il l'aide.

Puis, juste au moment où Asch semblait en avoir terminé avec sa mission de 'on essaie de tout remettre en ordre pour que ça ait l'air un peu moins pire que ce ne l'est vraiment', Shigeru entendit les bruits de pas cesser, alors que le son de quelqu'un déverrouillant une porte lui parvint aux oreilles. Quelques secondes plus tard, le surveillant qui était venu l'escorter dans ce foutu endroit apparu dans le cadre de porte, entrant dans la pièce avant de regarder celle-ci d'un air critique. Le suivant sans grand enthousiasme, Shigeru le fixa d'un air à la fois bougon et presque ennuyé alors qu'ils se dirigeaient pour une raison obscure vers le fond de la pièce.

Même lui pouvait voir que l'autre n'était pas très content.

-Mais qu’est-ce que.. C’est inadmissible ! Vous n’avez rien fait ! Vous vous moquez de moi, c’est ça ? Rira bien qui rira le dernier, vous retournerez en retenue pour la peine. Et vous là, pourquoi vous vous tenez le bras ? Une crampe à force d’avoir trop frotté ?

Plissant les yeux, Shigeru lui jeta un regard incendiaire que l'adulte ne remarqua sans doute même pas, un 'connard' murmuré tellement bas qu'il était probablement le seul à l'avoir entendu. Mais c'était quoi, tout le monde c'était donné le mot pour le faire chier, aujourd'hui? Il fallait croire que l'autre était particulièrement stupide, d'ailleurs, aussi – n'importe quel idiot aurait été capable de remarquer l'état des lieux, et donc de réaliser qu'il n'avait pas vraiment frotté quoi que ce soit, et donc que ça n'avait rien à voir avec des crampes.

Oui, vraiment. Il ne comprenait rien à l'ironie.

-Hey, grommela-t-il d'un air pas particulièrement des plus joyeux. Ça a rien à voir, m'suis démis l'épaule, c'tout. C'pas comme si je pouvais faire de quoi comme ça, hein.

Jetant un coup d'oeil noir à l'adolescent à côté de lui, il le dévisagea un court instant, comme s'il cherchait à l'évaluer d'une certaine manière. Il pouvait le dénoncer – il devrait le dénoncer - , c'était le moment ou jamais, mais pourtant... pourtant, il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il n'y aurait pas moyen de faire autrement. Oh, pas pour Asch, assurément, mais pour lui. S'il ne disait rien, alors il pourrait toujours demander quelque chose en échange.

Certains auraient pu appeler ça du chantage, lui préférait plutôt voir ça comme une dette, ou alors comme un échange de bons procédés. Haussant un sourcil alors qu'il continuait de le fixer, réfléchissant aux différentes possibilités et cherchant à déterminer ce qui serait le mieux – et le plus rentable – dans un hypothétique futur, il finit par sourire, de ce sourire bizarre qui ne peut que vous rappeler vaguement ceux des requins de la finance. Mais juste un peu. Puis, détournant la tête lorsque le surveillant fini par lui demander comment il s'était fait ça – ne percevant absolument pas son ton suspicieux -, il se retint de hausser les épaules – parce que ça n'aurait vraiment pas été une bonne idée.

-M'suis gamelé, c'tout, fit Shigeru en roulant des yeux. Et puis, si vous nous aviez pas enfermé là d'dans, hein, aussi, marmonna-t-il d'un accusateur.

Ouais. Asch était mieux de s'attendre à recevoir un coup de fil de sa part bientôt. Ça allait lui apprendre à lui taper dessus, à cet homme des cavernes aux fonctions cérébrales défaillantes. Oh, il se doutait que, quelque part, Asch se foutait sans doute qu'il le dénonce ou non – parce que, vraiment, quand on fait se genre de truc, il faut s'attendre à ce que ça se sache un jour ou l'autre -, mais bon. Il saurait se montrer persuasif s'il le fallait.

Puis, n'écoutant que d'une oreille distraite – et franchement peu intéressée – ce qu'on était en train de lui dire, ne retenant que le fait que la retenue était terminée – enfin -, il fini par le suivre à l'extérieur, se dirigeant vers le pensionnat à pas trainants. Il n'avait plus qu'une seule envie – retourner à son dortoir et rester dans son lit sans bouger pour le reste de la soirée. Enfin, après être passé à l'infirmerie. Ugh. Saloperie.

Non, vraiment. Il n'y avait pas à dire, cette journée c'était vraiment terminé de manière aussi merdique qu'elle avait débutée.


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