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 Un choix difficile... [PV]

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MessageSujet: Un choix difficile... [PV]   Sam 31 Déc - 0:29

Milieu de matinée. Mais un samedi, ainsi, elle ne donnait pas cours cette journée-ci. Enfin, il y avait quelques réunions avec le club, mais c’était l’après-midi, elle avait donc le temps. Elle en profita donc pour sortir un peu. Habillée légèrement, comme à son habitude, une robe simple, une paire de sandale, avec une veste par-dessus. Comme le temps était mauvais en ce moment, il valait mieux se couvrir un minimum. Elle franchit la porte d’entrée du pensionnat, et une brise l’accueillit, tandis qu’elle avançait vers l’allée menant à l’extérieur. Il y avait quelques élèves qui parlaient, et elle sourit en avançant.

En fait, elle sortait juste pour prendre son courrier, car il lui arrivait bien entendue d’oublier de le prendre, cela va de soi. Les boîtes étaient juste à côté, ainsi, elle ouvrit la sienne, et regarda ce qu’elle avait reçu. Refermant la boîte, et mettant ses clés dans l’une des poches de sa veste, elle avança vers un banc, tandis qu’elle regardait à la va-vite ce qu’elle avait eu. Quelques lettres provenant de ses connaissances anglophone, et une en particulier retint son attention.

L’enveloppe était fermée par un tampon marqué par de la cire rouge. Comme les lettres anciennes dans les films. L’expéditeur n’était pas mentionnée, ainsi, elle posa les autres lettres sur ses genoux, et ouvrit celle-ci en premier. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Et pourquoi elle avait un mauvais pressentiment d’un coup ? Ses doigts glissèrent sous la cire, faisant ouvrir l’enveloppe, et elle retira la lettre à l’intérieur.

Elle ouvrit grand les yeux rien qu’en voyant le sceau de l’expéditeur. C’était celui de l’université de ville natale, Oxford. Son débit s’accéléra. Elle avait envoyée une lettre comme quoi elle avait été intéressée par un poste en tant que prof là-bas, y voyant l’opportunité de revenir chez elle. C’était la seule lettre qu’elle avait envoyée en Angleterre, avant de se dire que finalement, rester au Japon était une meilleure idée. Faisant lentement glisser la lettre entre ses doigts, elle l’ouvrit. Ses yeux parcoururent les mots qui étaient écrits, sentant son cœur exploser sous la nouvelle qu’elle avait reçue.

Portant une main sur sa poitrine, elle essaya de se calmer. Ce n’était pas bon pour elle se ressentir ce genre d’émotion trop vive d’un coup, il fallait qu’elle reprenne le contrôle de sa respiration. Mélodie lu, et relu encore un fois cette lettre, n’en croyant pas ses yeux. Elle venait d’être acceptée pour le poste, avait les détails sur ses horaires, sur la rémunération… Et elle devait admettre que c’était tentant. Très tentant. Seulement, elle ne voulait pas partir d’ici, mais… L’idée de retourner en Angleterre lui chatouillait l’esprit, lui donnant des frissons jusque l’échine.

Ses yeux s’assombrirent. Elle ne savait pas quoi faire. Laissant tomber ses mains sur les autres lettres, toujours avec celle de l’université dans les mains, elle baissa la tête.

Que faire ?


Elle se releva d’un coup, mettant ses lettres dans son sac, et partit. Elle devait être seule pour réfléchir, mais où aller ? Continuant de marcher, feintant de sourire à ceux qu’elle croisait, elle finit par arriver au complexe sportif. Il n’y avait pas beaucoup de gens, mais elle ressentait ce besoin de s’isoler, juste pour réfléchir. Cette décision était importante, elle ne devait pas la prendre à la légère. C’était sa seule opportunité de rentrer en Angleterre avec un travail, qui était bien payé et les horaires étaient très confortable.

Elle avança toujours, et vit alors un petit bâtiment à côté. L’entrepôt bien sûr. Il n’y avait pas cours de sport en ce moment, et seul les profs avaient les clés. Mélodie avança vers la porte, sortant ses clés, et fit glisser celle de l’entrepôt dans la serrure. Seulement, elle ne s’ouvrit pas. Penchant la tête sur le côté, elle retira sa clé, et remarqua une chose. La porte en question était abîmée. Posant sa main sur la surface dure, elle soupira.

Comment allait-elle entrer dedans maintenant ? Elle lâcha un soupir, et ressortit la lettre de son sac, et la relue une dernière fois.

Qu’allait-elle faire ?
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 31 Déc - 14:54

    Il se sentait un peu mieux.
    Et les semaines étaient passées, comme ça, sans prévenir.

    C’était bizarre, il ne s’était aperçu de rien, l’automne arrivait qu’il avait encore l’impression de mourir de chaud sous les chaleurs de l’été la veille. Il avait fini par oublier tout ce qu’il ne supportait pas dans ce pays, il avait fini par s’y habituer et cela après des mois à cracher sa bile sur le monde et à maudire les populations Aomoriennes entières. Alors qu’il détestait cet endroit, ses élèves insupportables et têtes brûlés, ses collègues qui lui prenaient la tête, les coups de fils d’Amy qui lui rappelaient sa situation si pathétique, il avait commencé à voir le soleil derrière les nuages, comme une illumination. Il se mit à se souvenir de tous les rares agréables moments qu’il avait passé au Japon, il s’adoucit avec ses élèves et prit un plaisir certain à les aider à passer leurs examens, il fit la connaissance de ses élèves et cessa d’être si hypocrite, il n’attendait plus les coups de fils d’Amy et il oubliait de la rappeler. C’était peut-être le plus grand changement, il pensait moins à elle, un peu moins. Il ne savait pas comment ni pourquoi, il n’y pensait pas, ne se posait pas la question, évitait le sujet. Les rares fois où il avait osé y penser, il se disait que c’était après l’arrivée d’Ichigo, son retour dans sa vie. Non pas qu’elle l’avait remplacée dans son cœur, mais simplement qu’avec elle il ne pouvait pas penser à grand-chose d’autre que devoir se protéger de ses coups, qu’elle l’amusait beaucoup, que c’était son amie et qu’elle lui rappelait comme la présence d’Amy à ses côtés lui avait toujours fait du mal.

    Il supposait bien que c’était la seule raison possible.
    Il ne voulait pas à songer à une autre qu’il avait sous les yeux constamment.

    Une jolie blonde avec qui il avait sympathisé, qui était devenue son ami avec le temps, après des semaines. Il avait appris à la connaître et à l’apprécier pour sa gentillesse, il aimait ses sourires et sa simplicité, elle ne lui causait jamais de problème et avec les semaines il avait été heureux de pouvoir lui prouver qu’il n’était pas que cet homme au tempérament lunatique et violent, qu’il pouvait se montrer agréable lui aussi. Il s’était forcé à oublier l’ambiguïté de ses sentiments pour elle, il faisait avec, avait apprivoisé cela pour ne finalement ressentir pour elle qu’une grande affection et compassion. Il l’appréciait énormément et était heureux de l’avoir rencontré, il voulait la garder près de lui parce qu’il savait, au fond, qu’elle rendait ses journées un peu plus belles, un peu plus grandes. Elle avait illuminé sa vie, jusqu’alors bien sombre, il savait qu’elle y était pour quelque chose mais il n’osait pas se l’avouer car ça semblait trop idyllique, pas vrai ? Il ne songeait qu’à Ichigo et son caractère insupportable. A ses deux amies, et voilà.

    Il avait passé une journée plutôt banale, il s’ennuyait et il avait froid.
    Donc il décida d’aller faire un tour, logique. Il ne savait pas quoi faire d’autre, il n’aimait pas cette journée : il faisait la première heure de la journée et ne travaillait plus avant trois heures d’affilé, jusqu’en fin de journée. Le genre de détail qui pouvait le faire entrer dans une colère immense, mais ces temps-ci il se sentait plus calme, reposé, et fatigué aussi, n’ayant même pas ce courage de pester contre le vide. Les mains dans les poches, l’air vide, le dos courbé il marchait dans la fraîche pelouse en lançant des regards à droite et à gauche. Il ne savait pas quoi faire ni ou aller, et alors qu’il songea à aller boire un verre dans un bar qu’il connaissait bien il reconnut sa chère tête blonde, près de la porte de l’entrepôt, visiblement essayant de l’ouvrir. Il eut un fin sourire.

    S’approchant, il attendit de pouvoir positionner sa tête juste au-dessus de son épaule avant de parler d’une voix enjouée.

      « Tu n’arriveras pas à l’ouvrir, la porte est bloquée il faut la forcer. »

    Posant sa main sur son épaule pour libérer la place, il saisit la poigné et utilisa toute sa force pour ouvrir la dite porte, elle se déplaça de quelques centimètres. Lui lançant un regard, il posa un pied sur le mur pour augmenter son appuie.

      « J’étais un peu énervé l’autre jour et j’l’ai pétée ou voulant la fermer trop vite. Mais quelle idée d’avoir caché l’un de mes livres préférés ici, hein. »

    Il eut un léger rire, se moquant de lui-même, il n’aimait pas lui rappeler comme il pouvait être violent, mais d’un côté c’était pour la bonne cause ! Il retournerait vents et marées pour ses livres.
    Un deux, un deux. Bam.

    Et voilà la porte ouverte. Victoire !



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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 31 Déc - 16:19

Elle resta près de la porte, sans vraiment savoir comment l’ouvrir, quand son don lui indiqua qu’une personne était là. Utile pour ce genre de choses, il n’y avait pas à dire, de cette manière, elle n’était jamais surprise quand une personne apparaissait dans son dos. Et surtout que, vu les sentiments qu’elle ressentait en cette personne, elle savait très bien de qui il s’agissait. Resserrant l’emprise qu’elle avait sur sa lettre, elle essaya de paraître calme, pour ne pas qu’il puisse voir qu’elle allait mal. Qu’elle était face à un terrible dilemme.

Ainsi, quand elle le sentir approcher, elle ne bougea pas, réfléchissant à une manière simple pour ne pas qu’il remarque à quel point elle était tourmentée. Car ils avaient appris à se connaître pendant ces semaines passées, ils étaient devenus amis. Et c’était mieux comme ça. Il paraissait plus joyeux, et moins violent qu’à son arrivée, et c’était une bonne chose. Oui, une bonne chose. Mais là, elle voulait juste ne pas qu’il remarque qu’elle avait un gros problème, ainsi, elle se tourna vers lui, et lui sourit.

Comme d’habitude.

Sa tête juste au-dessus de son épaule, il paraissait néanmoins enjoué. Le fait qu’elle ne puisse pas ouvrir cette porte lui faisait rire ? En même temps, elle faisait rire sans vraiment s’en rendre compte, donc cela n’aurait pas été la première fois.


« Tu n’arriveras pas à l’ouvrir, la porte est bloquée il faut la forcer. »


Bloquée ? Mais pourquoi elle était bloquée ? Enfin, en voyant à quel point elle était abimée, ce n’était pas vraiment surprenant… Il la poussa légèrement pour libérer le passage, et essaya d’ouvrir la porte en poussant de toutes ses forces. Elle le regarda faire sans rien dire, alors qu’il posa un pied sur le mur.


« J’étais un peu énervé l’autre jour et j’l’ai pétée ou voulant la fermer trop vite. Mais quelle idée d’avoir caché l’un de mes livres préférés ici, hein. »


Ainsi, c’était donc à cause de lui si la porte était aussi abîmée… Elle eut un rictus amusée, alors que lui rigolait. En même temps, elle savait bien qu’il tenait beaucoup à ses livres, elle-même serait prête à faire n’importe quoi si on lui prenait un instrument de musique. Après deux essais, la porte s’ouvrit enfin. Elle regarda à l’intérieur un moment, et ses yeux se portèrent de nouveau sur sa lettre. Elle n’avait rien dit depuis son arrivée, et cela pourrait paraître bizarre. Ainsi, pour ne pas attiser le doute, elle regarda le blond, et lui sourît.


« Bonjour Kunisaki, merci d’avoir ouvert la porte, je crois que si tu n’étais pas arrivé, j’aurais été encore là à la fin de la journée… »


En même temps, c’était bien son genre de passer une journée à essayer de faire une chose, sans réussir à y parvenir. Elle rigola doucement de sa bêtise. Oui, elle en était bien capable. Reportant son attention à la salle ouverte, cette dernière était toute sombre, et semblait aussi remplie de pleins de choses. Vaste cependant, elle pénétra à l’intérieur. En fait, elle était légèrement éclairée par les fenêtres, et il y avait toutes sortes de matériel sportif à l’intérieur.

Elle fronça les sourcils, puis appuya sur l’interrupteur à côté, ce qui illumina la pièce, laissant voir tout ce qu’elle recelait. La blonde s’assit sur une chaise qui était posée là, et sourît de nouveau au blond.


« Sinon, tu vas bien ? Qu’est-ce qui t’amènes ici ? »


Ses questions étaient simplement par curiosité, elle n’était pas du genre à faire des reproches aux gens. Ainsi, elle voulait simplement savoir. Puis, une question lui vint en tête. Devrait-elle lui parler de la nouvelle qu’elle venait de recevoir ? Non… Elle ne savait pas comment il réagirait. Serait-il content ? Ou alors non ?

Non… Elle sentait qu’il ne serait pas vraiment joyeux de l’apprendre. En même temps, elle-même ne l’était pas, au contraire. Elle était triste. Mais sans vraiment l’être. C’était vraiment un horrible dilemme. Mais peut-être qu’en lui disant la nouvelle, il allait l’aider à choisir ?

Non, tu dois trouver ta réponse toi-même.

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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 7 Jan - 14:27

      « Bonjour Kunisaki, merci d’avoir ouvert la porte, je crois que si tu n’étais pas arrivé, j’aurais été encore là à la fin de la journée… »

    Pourquoi avait-il cette désagréable impression qu’elle récitait un texte ? Malgré le sourire, la chaleur dans sa voix et la jolie expression posée sur son visage, il la trouvait un peu froide, à sa manière. De cette terrible façon qu’il était absolument incapable de comprendre ou d’accepter, lui qui en plus d’être incroyablement lunatique, ne pouvait pas cacher la moindre de ses émotions à Mélodie à cause de son foutu pouvoir. Elle faisait ça, des fois, les rares matins où sa bonne humeur n’était plus si présence, gardant cependant la même joie sur les lèvres et dans les yeux, il n’aimait pas cela. Il le sentait, quand elle n’allait pas très bien ou était juste un peu soucieuse, il le devinait à chaque fois ne sachant pas si c’était parce que tout le monde pouvait le voir ou parce qu’elle ne cachait pas si bien ses sentiments. Et ça ne lui plaisait pas, ça le rendait de mauvaise humeur, il se sentait inutile. « Ça va ? » et à chaque fois elle mentait. Il trouvait ça injuste.

    Elle savait tout de lui et il n’avait pas la même chance.
    Il ne connaissait rien de sa vie. Entrant dans l’entrepôt après qu’elle eut allumé la lumière, il mit ses mains dans les poches, se posant contre un mur. Il régnait en cet endroit un léger air froid assez désagréable alors que l’automne arrivait ainsi qu’une odeur de neuf que dégageait le matériel sportif. Lançant un regard désintéressé, il se demandait bien pourquoi elle avait souhaité venir ici, ce n’était pas l’endroit le plus sympathique au monde. Quoi qu’il avait bien été capable de dissimuler de ses affaires sur l’une des étagères près des poids, il ne pouvait pas la juger. Il la regarda s’assoir, la mine songeuse. Je trouve que tu mens très mal.

      « Sinon, tu vas bien ? Qu’est-ce qui t’amènes ici ? »

      « C’est plutôt moi qui devrais te poser cette question, pourquoi tu voulais venir… dans l’entrepôt ? »

    Il était dubitatif, elle cherchait quelque chose ? Peut-être même qu’il la dérangeait, elle était bien trop gentille pour le lui dire si c’était bel et bien le cas. Il releva un sourcil, se demandant si elle saisirait là où il voulait en venir, comme il n’avait pas l’intention de se battre pour qu’elle lui dise la vérité. Ils étaient amis, pas vrai ? Ils avaient appris à se connaître – même s’il en savait encore bien peu sur elle. Ça commençait sérieusement à le déranger, tout ça ! Elle ne lui faisait pas confiance ? En même temps elle avait toutes les raisons du monde de ne pas le faire, il ne pouvait pas la blâmer mais il espérait bien changer ça, à force. Il appréciait Mélodie, elle lui faisait oublier le reste, les gens.

    Il était heureux de la connaître, en fait.
    Et quelque fois il se demandait si c’était aussi le cas pour elle.

      « Et toi, tu es sûre que ça va ? »

    Bien sûr que non, mais il doutait sérieusement qu’elle le lui avouerait, il ne put retenir son regard complexe, rempli d’une once d’accusation. Il aurait presque pu sentir l’air se rafraîchir près de lui et de la gêne lui tordre le ventre. C’est pas agréable, pas vrai ? Ça fait mal, aussi.
    C’est dingue comme elle est loin de toi.


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 7 Jan - 15:24

Tandis que son regard était toujours planté dans le sien, elle se débattait intérieurement pour savoir si elle allait lui dire ou pas sa situation. Ils étaient amis après tout, elle pouvait très bien lui dire, ce n’était pas un problème, mais alors… Pourquoi elle ne lui disait rien ? Pourquoi elle souriait encore, alors qu’elle voulait au contraire ne pas sourire ? Pourquoi était-elle en train de lui mentir ?

Et encore, elle ne savait pas mentir, donc il finirait bien par découvrir. Ce n’était qu’une question de temps. Et le temps serait encore plus court si jamais elle se décidait à accepter cette offre. Elle resserra son emprise sur le morceau de papier, comme si elle craignait qu’il ne s’envole. Non, il n’allait pas s’envoler pourtant. Il lui pesait sur l’estomac, faisait battre son cœur d’un espoir, mais en même temps d’une tristesse inconcevable. Mais ces deux émotions étaient aussi forte l’une que l’autre, et on pouvait voir par sa mine qu’elle mentait.

Et elle commençait à souffrir. Mentalement et physiquement.

Mentalement parce qu'elle était perdue. Physiquement parce que son cœur battait un peu trop fort, au point qu'elle avait l'impression qu'il allait exploser. Et ce n'était pas agréable. Pas du tout.

« C’est plutôt moi qui devrais te poser cette question, pourquoi tu voulais venir… dans l’entrepôt ? »

Elle ne s’en rappelait même plus. En fait, tout commençait à tourbillonner, à résonner, à être vide de sens… Pourquoi était-elle là ? Pour réfléchir. Seulement, ce genre de chose la rendait mal. Elle ne savait pas quoi faire, ni pourquoi le faire, un peu comme si elle était perdue au milieu de nulle part, et qu’elle devait choisir entre deux voies. Ces deux voies étaient toutes les deux très tentante, mais elle ne devait en choisir qu’une seule.

Mais un esprit aussi simple que celui de Mélodie se contentait de choses simple, ainsi, elle se plaisait grandement au pensionnat.
Seulement, l’idée de retourner en Angleterre n’était pas non plus à négliger..

Que faire… Que faire…

« Et toi, tu es sûre que ça va ? »

Elle releva la tête, ne s’étant même pas rendue compte qu’elle l’avait baissée, et le regarda.
Kunisaki Tachibana.
Comment il réagirait s’il apprenait ? Que ferait-il à sa place ?
Il avait une lueur accusative dans son regard, et alors, elle sue qu’il avait bien vue qu’elle était soucieuse. Elle baissa de nouveau les yeux, le regard fuyant, comme si elle était coupable de quelque chose. Pourtant, ce n’était pas elle qui était coupable, mais celui qui avait répondue d’un avis favorable à sa demande.

« Je… Non, je ne vais pas bien. »

Inutile de mentir encore, inutile de raconter n’importe quoi. Inutile de faire semblant. Un si-lence s’installa, et doucement, elle tendit sa main. Toujours avec la lettre entre ses doigts, elle tendait cette dernière au blond pour qu’il la lise. Allait-il comprendre sa situation ? Peut-être même qu’il pourrait l’aider ? Seulement…

Quelque part, elle avait envie de rester ici. Pour les cours qu’elle donnait avec les élèves mo-tivés, pour l’ambiance qu’il y avait, pour les personnes qu’elle connaissait, dont le prof de philosophie. Avec le temps, elle avait appris à le connaître, à mieux savoir comment il était, et aussi à l’apprécier, elle savait qu’elle pouvait compter sur lui. Et pour cette raison, elle avait aussi besoin qu’il l’aide.
Pour cette fois, c’était lui qui allait l’aider.

Son regard était à la fois triste et perdue, alors qu’il regardait Kunisaki.

Elle espérait de l’aide de sa part, seulement, elle ne savait pas à quoi s’attendre venant de lui. Et elle savait aussi que c’était à elle de choisir, et non pas au blond.

Elle voulait simplement qu’il lui donne une raison de rester.
Ou de partir. Rien de plus.

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 7 Jan - 20:54

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    Je trouve que son regard est différent, tout à coup.
    Et je me dis que je suis bien égoïste d’avoir tant souhaité percevoir la vérité sur son visage alors qu’une fois qu’elle est là, je baisse les yeux et ne les relève pas. C’est marrant de désirer quelque chose que je n’arrive même pas à assumer ou à regarder dans les yeux, la tristesse de Mélodie me trouble et je réalise que jusqu’alors ses mensonges m’arrangeaient bien. C’était bien plus facile comme ça, ne pouvant pas la forcer à me dire ce qu’elle ne voulait pas, je faisais profil bas et ruminais dans mon coin à croire qu’elle était de mauvaise foi. Mais là le problème vient de moi, je n’arrive plus à lever les yeux vers elle, je ne veux plus y trouver la tristesse et la faiblesse, je préfère oublier tout ça. En fait je la préfère joyeuse et souriante, je n’approuve pas sa soudaine vérité qui me pousse à m’inquiéter pour elle. Je réalise que je l’avais toujours considérée comme la plus forte, bien meilleure que moi et tellement plus invincible. Je pensais être le seul capable de la rendre triste et je me laisse gagner par l’égocentrisme. Je souhaite être le seul à lui faire porter le poids de mes sautes d’humeur, celles dont je sais qu’elle les redoute plus que tout. Je ne supporte pas sa mélancolie et je sais que si je relève la tête, son regard me tuera de toute part. D’un coup ça me fait peur.

      « Je… Non, je ne vais pas bien. »

    Je sens des pleurs qui piquent sa voix, ça me fait mal et j’ose enfin la regarder alors qu’elle me tend un document que je n’avais pas remarqué précédemment. Je fronce les sourcils sans m’en rendre compte et je ne saisis pas le bout de papier, je l’évite, je garde les mains dans les poches encore quelques instants qui me paraissent interminables. Je n’aime pas ce silence mais je ne sais pas quoi dire, je commence à avoir mal au ventre et les secondes passent alors que je désire partir, maintenant. La laisser parce que j’ai peur, finalement. Je suis faible. Je le sais, j’ai honte.

    Je prends la feuille et me réfugie dans la lecture, l’esprit embrouillé, lisant à moitié. Sautant des mots, des phrases, ne prenant pas la peine d’identifier les noms de la ville et de l’établissement. Mes mains tremblent légèrement, j’ai envie de fumer et de prendre l’air malgré le froid qui me tenaille ; j’ai l’impression que Mélodie guette ma réaction et ça me crispe un peu plus à chaque instant où je termine une ligne. Les informations prennent difficilement place dans ma tête, je referme la tête et je prends quelques secondes pour réfléchir. C’est une offre d’emploi pour une place de professeur qui avait l’air très intéressante, particulièrement alléchante. Je me demande ce que ça veut dire, c’est une bonne nouvelle, non ? Je le suppose, mais ça ne doit pas être le cas pour réagir de cette façon. Pourtant je n’y peux rien, mes lèvres s’étirent en un sourire et je dissimule ma gêne.

    Je parle et je le regrette en prononçant mes mots, réalisant trop tard tout ce que ça signifie.
    Tout ce que ça implique aussi.

      « C’est une offre géniale, non ? Ça a l’air super prestigieux, tu avais envoyé ta candidature ? »

    Le ton insouciant de ma phrase s’était perdu sur la fin, devenant accusateur sans même m’en apercevoir. Si elle avait demandé à enseigner là-bas, elle ne pouvait pas blâmer d’avoir été reçu. Je parcours à nouveau la lettre, je veux être certain d’avoir tout compris, je me questionne. Il y a quelque chose que je n’ai pas remarqué là-dessous. Ma lecture se fait soudainement plus agressive, je fronce les sourcils et je sens ma voix se terrer dans ma gorge.

      « Oxford ? »

    J’ai compris, cette fois.
    Ça ne me plait pas, ça me blesse. Je ne veux pas que Mélodie s’en aille, pas maintenant alors qu’elle a illuminé mes journées depuis son arrivée ici, alors qu’elle m’a fait oublier ma plus grande et ma pire faiblesse. Je crois que je lui en veux, et si elle part je lui en voudrai toute ma vie. Je n’accepte pas l’idée qu’elle puisse m’abandonner comme je l’avais fait avec mes contacts en venant ici, au Japon.

    Tout mais pas ça.

      « Tu vas accepter ? »

    Je relève les yeux vers elle, le visage plus calme, interrogateur. J’ai presque l’air indifférent, pourtant il y a bien quelque chose qui me tord le cœur et les tripes et je ne l’assume pas.
    Je ne veux pas qu’elle parte.


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 7 Jan - 22:06

Le temps passait, et semblait s’écouler lentement, comme pour accentuer le poids de la nouvelle qu’elle lui annonçait. Elle n’osait pas le regarder, toujours à réfléchir sur ce qu’elle allait faire, car la décision était décisive, dans les deux cas. Si elle restait, elle n’aurait plus jamais des occasions comme celle-ci, mais si elle partait… Si elle partait, elle le regretterait. Et c’était cela qui la troublait, c’était cela qui la faisait réfléchir. C’était cela qui la rendait triste. Triste au point d’en avoir mal au cœur, au point d’avoir envie de pleurer, au point de regretter tout ça.

Elle n’aurait jamais dû envoyer sa candidature, tout aurait été plus simple. Elle n’aurait pas été dans cet état, tout aurait été comme d’habitude. Mais non, là on lui compliquait la vie, à lui envoyer ce genre de choses alors qu’elle venait tout juste d’arriver. C’était vrai, elle était là seulement depuis quelques semaines, et on lui proposait déjà de partir à l’autre bout du monde. Sachant qu’elle venait de là-bas justement.

Relevant son regard, elle fixait le blond qui était en train de lire la lettre. Il avait l’air un peu embrouillé, mais peut-être qu’il ne comprenait pas ? Ou alors, il s’en fichait…
Oui… c’était peut-être ça.
Elle baissa de nouveau les yeux, regardant ses mains sur ses genoux, ses mèches de cheveux lui cachant le visage.

« C’est une offre géniale, non ? Ça a l’air super prestigieux, tu avais envoyé ta candidature ? »

Ses yeux s’écarquillèrent sous le choc. Avait-il vraiment tout lu ? Que l’offre était pour l’Angleterre ? Quoi qu’il en soit, elle ne releva pas la tête de suite, ravalant ses sanglots. Pourquoi était-elle encore plus triste d’un coup ? Sûrement parce qu’elle ne savait pas quoi répondre. Il voulait qu’elle parte ?
Sinon il n’aurait pas dit ça…

Sur le coup, elle ne releva même pas la tête, et ne fit pas attention au soudain agacement qu’il ressentait. Non, cela n’avait même plus d’importance.

« Oxford ? »

Il ne l’avait pas lu alors… Ou alors, il venait simplement de s’en rendre compte. Quoi qu’il en soit, cette fois elle fit plus attention. Relevant doucement la tête vers lui, il avait pourtant un visage calme, indifférent. Mais il cachait juste ses émotions. Émotions qu’elle pouvait sentir avec son don, avouons-le, c’était pratique dans ce genre de conditions. Elle se contenta donc de reprendre son regard fuyant et de hocher la tête. Oui, Oxford. Elle lui avait sûrement parlée du fait qu’elle venait de là-bas, ainsi, peut-être qu’il comprenait…

« Tu vas accepter ? »

Elle laissa son regard posé sur ses mains, alors qu’elle pouvait presque sentir qu’il lui en voulait. C’était infime, mais elle le sentait. Mais elle le sentait inconsciemment. Ainsi, elle pensait que c’était elle qui ressentait ça, car elle l’avait ressenti précédemment. Cette sensation d’accusation, du fait qu’elle s’en voulait d’avoir écrit ça… Elle ne faisait plus la différence entre son don et ses émotions à cet instant.

« Je n’en sais rien… J’ai l’occasion de rentrer chez moi, mais pourtant… »

Mais pourtant… Elle ne savait pas si c’était une bonne chose. Pour elle, ça l’était sûrement niveau travail et budget, mais… Elle s’était attachée à cet endroit. Et à cause de cela, elle ne savait plus quoi faire.

« Dis-moi… Que ferais-tu à ma place ? Est-ce que tu accepterais ? »

Sur ces mots, elle releva les yeux vers le blond, le scrutant en attente de sa réponse.
Elle pouvait presque sentir des pulsations contre ses tempes, mais elle se contrôla. Du moment qu’elle ne pleurait pas, ça irait.

Il fallait juste qu’elle se contrôle. Juste ça.

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 15:33

      « Je n’en sais rien… J’ai l’occasion de rentrer chez moi, mais pourtant… »

    C’était pas de sa faute s’il était excédé.
    C’était pas de sa faute s’il ne pouvait s’empêcher de le montrer. Il se passa la main dans les cheveux d’un air furieux, les sourcils froncés, il commençait à s’agiter. Il n’y pouvait rien, c’était son caractère, il essayait de se pardonner intérieurement. Il n’y était pour rien, il n’arrivait pas à être rassurant, coopératif ou compréhensif, il ne parvenait pas à contrôler sa colère. Il se sentait défaillir et il ne supportait pas cela, il ne souhaitait pas dévoiler ses faiblesses et encore moins se laisser gagner par cemme-ci. Il valait mieux que ça, il était plus fort que ça, mais à chaque fois qu’il était en sa présence il savait que ça ne tenait pas à grand-chose. Il suffisait qu’on puisse comprendre la moindre de ses émotions pour qu’il perde totalement le pouvoir, se laissant encore plus gagner par l’emportement et son côté impulsif. Il baissait les yeux, il voulait s’en aller, claquer la porte et encore plus la péter. Il avait besoin de se défouler sur quelque chose ou quelqu’un.

    Et pourquoi, hein ?
    Ça il ne l’avouerait pas.

      « Dis-moi… Que ferais-tu à ma place ? Est-ce que tu accepterais ? »

    Il avala sa salive avec difficulté, comme si des lames de rasoir glissaient dans sa gorge, il avait bien dû perdre sa voix avec cela. Mais pourquoi le prenait-il si mal ? Pouvait-elle le sentir ? Peut-être qu’elle retenait son pouvoir pour ne pas qu’il influence ses propres sentiments. Pourquoi lui demandait-elle conseil, avait-elle à ce point du mal à prendre sa décision ? Il ne savait pas quoi faire, ni quoi penser, sa tête était bien trop pleine et embrouillée pour qu’il puisse réfléchir correctement, ça commençait à lui faire mal, il avait besoin de prendre l’air. Ou de fumer. Oui, fumer, tiens, c’était la seule chose qu’il se sentait de faire maintenant. Posant fébrilement la lettre sur du matériel sportif juste à côté de lui, il sortit une cigarette de sa poche et l’alluma à plusieurs reprises, ses mains tremblantes ne l’aidant pas. Il tira une fois, ne se sentant pas soulagé le moins du monde. S’approchant de la porte il cracha sa fumé à l’extérieure pour ne pas la déranger, sachant qu’elle n’appréciait pas cette mauvaise habitude qu’il avait.

    Il avait mal et se sentait soudainement pris d’une immense fatigue. Il ne savait pas encore si sa voix était revenue mais il lui fallait bien dire quelque chose, n’importe quoi !

      « Qu’est-ce qui te fait rester ? »

    Il lui fallait admettre cette affirmation-là : s’il avait reçu une telle offre, il serait probablement parti ; et cette idée le dégoûtait. Kunisaki était lâche et faible, Kunisaki pensait à son bien-être avant celui des autres, Kunisaki voulait repartir et ce depuis longtemps. Qu’aurait-il fait s’il avait pu s’en aller ? Il aurait certainement accepté sans réfléchir, ne pensant pas une seconde que quelqu’un puisse tenir suffisamment à lui ici pour lui demander de rester. Mais Kunisaki était surtout égoïste, il avait le droit de rêver d’ailleurs mais pas elle. Elle ne pouvait pas s’en aller, il la retiendrait, peu importe comment il ne la laisserait pas partir.

    Mais comment lui dire de rester ? Il n’en avait aucune idée.
    Terminant sa cigarette, il regardait au dehors, la mine sombre.

      « Pourquoi tu hésites ? »

    Moi je partirais, n’osait-il pas dire.
    Mais toi reste avec moi, n’osait-il pas penser.


- -
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 16:50

Elle sentait une sorte de colère la gagner, et elle se mit à le fixer de nouveau. Il était en colère ? Mais pourquoi ? Parce qu’elle partait ? Non, ce n’était sûrement pas pour ça, peut-être pour autre chose… Elle se mit à réfléchir sur la question seulement quelques secondes, se sentant toujours un peu coupable de ce qu’elle avait fait par le passé. Si seulement elle n’avait pas envoyée cette demande…

Des regrets, voilà ce qui l’habitait à cet instant. Elle se sentait si mal d’un coup... Juste à cause d’une simple lettre. Et aussi parce qu’elle avait une certaine peur de ce qu’allait dire le blond. Allait-il partir s’il en avait eu l’occasion ? Elle n’en savait rien… Peut-être, peut-être pas… Non, elle n’en savait plus rien. Son regard était embrumé, comme si elle avait été dans cet état depuis plus d’une semaine, ressemblant plus à un zombie qu’à la femme joyeuse qu’elle était habituellement.

Pourtant, un rien pouvait la faire sourire, le fait même de parler avec des gens lui faisait sourire. Mais là, elle l’avait perdue, jusqu’à ce qu’elle prenne une décision qui la satisferait. Seulement… Laquelle était la bonne ?

L’odeur de la fumée la réveilla un peu, et elle fixa de nouveau Kunisaki, qui était en train de fumer. Elle n’aimait pas qu’il fume, c’était un ingrédient en plus pour mourir cette cigarette. Mais elle ne dît rien.

« Qu’est-ce qui te fait rester ? »

Qu’est ce qui lui faisait rester… Tout le pensionnat, les élèves, les autres professeurs… Elle aimait cet endroit, et le simple fait de partir lui faisait naître des regrets immenses. Seulement, ne pas aller à cette université aussi l’attristait. Et c’était en cela qu’elle ne savait pas quoi faire. Encore, et toujours. Elle avait l’impression d’être une adulte irresponsable, ayant toujours besoin des autres pour prendre une bonne décision. Mais que faire d’autre ? Prendre une décision seule ? Non… Elle n’en était pas capable, pas quand c’était aussi important.

Mais pourtant, elle devait bien prendre une décision, qu’elle le veuille ou non.

« Pourquoi tu hésites ? »

Il termina sa cigarette sur ces paroles, et elle se remit à le regarder, ne sachant pas vraiment quoi dire. Parce que le fait d’aimer cet endroit devait être suffisant. Or, il ne l’était pas. Une mine sombre à regarder dehors, elle répondit néanmoins une chose.

« J’aime beaucoup cet endroit, les élèves sont agréable… Enfin, vous êtes tous agréable… Mais... »

Car il y avait toujours un « mais » quelque part, elle ne continua pas sa phrase. Que dire de plus ? Mais elle ne savait pas quoi faire, car elle voulait rentrer chez elle quelque part. Elle voulait retrouver sa ville natale, la pluie qui tombait presque tout le temps… Seulement, elle ne le disait pas. Préférant se taire, elle se remit à fixer ses doigts, la tête basse. Elle se sentait tellement coupable d’un coup…

Elle n’arrivait pas à trouver une bonne raison de rester, et c’était ce qui la troublait. Et c’était en cela qu’elle comptait sur Kunisaki. Elle voulait juste qu’il lui donne une raison de rester.

Juste une.

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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 19:13

    Il laissa tomber son mégot sur le sol, l’écrasant sous la semelle de sa chaussure, attendant le moment où il libèrerait sa colère. Viendrait l’instant où il serait incapable de la retenir, où il ne pourrait s’empêcher d’hurler, de frapper son poing contre le mur à s’en éclater les phalanges une à une. Il n’y avait qu’une seule et unique chose qu’il souhaitait lui dire seulement il se savait incapable de le faire. Il avait tant de faiblesses et il refusait de lui révéler celle-là. Il ne doutait pas qu’elle n’avait aucune véritable raison de rester alors il ne comprenait pas pourquoi elle lui demandait son avis. Kunisaki bouillonnait, mêlé à cela une étrange tristesse.

    Ton pays te manque aussi, n’est-ce pas ?
    Tu ne peux pas l’empêcher d’y retourner, mais égoïste comme tu l’es tu le feras quand même.


      « J’aime beaucoup cet endroit, les élèves sont agréable… Enfin, vous êtes tous agréable… Mais... »

      « C’est pas suffisant. »

    Sa voix était forte, agressive, balancée à l’intention du vide alors qu’il croisait les bras et s’égosillait presque. Pourtant il se savait faible, inutile, las. Quel paradoxe ridicule. Et maintenant qu’est-ce qu’il devait faire, hein ? Avouer quelque chose dont il n’était même pas certain, avouer quelque chose qu’il ne souhaitait pas révéler, avouer quelque chose qui lui nouait le cœur en cet instant. D’ailleurs il battait fort, beaucoup trop vite et si brutalement. Son sang quittait son visage et il croisait les bras à s’en couper la circulation. Cette situation le dérangeait et ses veines qui devenaient visibles contre son cou en étaient la preuve : il ne lui faudrait plus beaucoup de temps avant d’exploser. Il pouvait bien essayer de lui prouver qu’il était quelqu’un de bien, ça ne changeait pas la réalité ! Kunisaki était violent et il s’en voulait de ne pas représenter cette présence rassurante dont elle aurait certainement eu besoin en cet instant.

    Il ne percevait même pas la soudaine tristesse qui relevait ses sourcils et le faisait regarder le vide, y cherchant un soutient quelconque. Tout s’était assombri sous ses yeux, le ciel, le sol, les gens qui marchaient tranquillement, ses mèches de cheveux qui pendouillaient lamentablement. Il avait mal dans la poitrine, c’était quoi, ça ? L’angoisse, peut-être.

      « Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas une raison suffisante, surtout quand on nous offre l’occasion de rentrer chez soi. »

    Et le chez soi de Kunisaki se trouvait aux Etats-Unis, pas ici.
    Et bien souvent il avait eu envie d’y retourner.

    Pourquoi l’en empêcherait-il ? Parce qu’il était égoïste, égocentrique ? Parce qu’il la voulait encore près de lui ? Parce qu’il sentait qu’il avait besoin d’elle ? Mais il y avait un problème à tous ces sentiments-là : il n’osait pas le lui dire, il n’oserait jamais d’ailleurs ! Comment se permettre de révéler de telles choses ? Ce n’était certainement pas parce qu’il allait le lui demander qu’elle allait rester ! Et ça faisait mal, d’une certaine manière. Ils n’étaient même pas assez proches pour qu’il lui ordonne banalement de rester, car s’il devait le faire ça ne pourrait qu’être d’une façon autoritaire, il ne savait qu’agir comme cela quand il était épris par la colère.

      « Alors pourquoi tu hésites, putain ? Pourquoi tu me demandes mon avis alors que tu sais que je ne vais pas pouvoir te le dire. »

    Tu craques, mec.
    Qu’est-ce qui te prend ?
    Posant sa main sur sa tête, il poussa un long soupire.

      « Je comprends même pas pourquoi je réagis comme ça, c'est pas mon problème. »

    En effet, c'est sa décision pas la tienne ; tu ne pourras probablement pas l'influencer.
    Et ça te fout la rage, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 21:11

La colère montait de plus en plus. Et cela ne faisait pas qu’arranger son cas.

« C’est pas suffisant. »

Il était en colère, sa voix était plus forte, comme s’il lui en voulait. Mais pourquoi… Son ignorance la perturbait, elle ne savait vraiment pas quoi faire. S’en aller et le laisser ? Non, ce n’était pas dans ses habitudes, de laisser les gens comme ça, elle était trop polie et surtout trop gentille. Même dans ce genre de moment où elle avait juste l’impression de ne servir à rien, de n’être qu’un fardeau inutile dans un monde remplie d’épreuves plus dure les unes que les autres.

BOUM. BOUM.

Ce sentiment violent commençait à la dévorer de l’intérieur, et elle n’arrivait plus à contrôler son don, ce qui était assez problématique. En effet, sa culpabilité, la colère et la tristesse ressentit simultanément n’était pas une bonne chose pour son cœur fragile. Sa gorge commençait à brûler, lentement. Mauvais signe.


« Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas une raison suffisante, surtout quand on nous offre l’occasion de rentrer chez soi. »

Cela répondait à sa question. S’il avait été à sa place, il serait parti. Mais il avait raison, ce n’était pas suffisant. Et il était toujours en colère.

BOUM. BOUM.

Elle se plia en deux, comme courbée à cause de la douleur, alors que les larmes commençaient à monter. Non… pas les larmes… Sa poitrine commençait à lui faire souffrir, sa respiration était devenue de plus en plus haletante. Sa maladie en faisant des sienne, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu de crises de ce genre…

Ses pensées s’embrouillaient, mais elle s’était relevée… Du moins, elle ne se sentait plus assise. Elle savait qu’elle avait pâlit aussi, doucement, mais cela se voyait vu que ses joues roses de joie étaient maintenant d’un blanc cadavérique.

« Alors pourquoi tu hésites, putain ? Pourquoi tu me demandes mon avis alors que tu sais que je ne vais pas pouvoir te le dire. »

A chaque parole, elle avait l’impression qu’elle allait céder, qu’elle allait tomber. Pourquoi s’était-elle relevée d’ailleurs ? Elle n’en savait rien… Mais quoi qu’il en soit, elle ne devait pas rester debout trop longtemps… Posant une main sur son cœur, elle essaya de reprendre sa respiration normale, se concentrant pour ne pas que la colère l’envahisse entièrement. Surtout que ce n’était pas la sienne.

« Je comprends même pas pourquoi je réagis comme ça, c'est pas mon problème. »

BOUM. BOUM

Ses yeux s’écarquillèrent de nouveau. Ce n’était pas son problème, il avait raison, mais le fait qu’il le dise de cette manière ne fit qu’empirer les choses. Ce n’était pas son problème. Il n’en avait rien à faire alors. Si elle partait, il n’en avait rien à faire.

Non, rien à faire.

Ce fut la parole de trop. Elle resta immobile un instant, alors que son débit accélérait de plus en plus, et serra sa main au niveau de son cœur en poing. Cela lui faisait mal, encore plus que sa maladie. Elle se sentait toute faible, alors que sa vue s’était embrouillée sous ses larmes silencieuse. Tête baissée, elle essaya de se tenir droite, mais ne fit que retomber sur la chaise, le regard vide.

Il venait simplement de l’achever en beauté. Elle commençait à être essoufflée, comme si les sentiments qu’elle ressentait lui faisaient faire un marathon, mais sa maladie n’arrangeait rien.

« Tu as raison… Ce n’est pas ton problème. Désolée de t’avoir… »

BOUM. BOUM .

Elle ne continuait pas, se recroquevillant sur elle-même. Il fallait qu’elle parte, qu’elle prenne l’air. Seulement, dans son état, elle devait juste rester assise, à attendre que cela passe. Mais vu la colère et la tristesse qu’il y avait, cela n’était pas pour maintenant.

Surtout qu’il ne savait probablement pas qu’elle était malade. Encore une mauvaise chose. Mais elle ne pouvait pas lui dire ça. Non, personne ne le savait…

Et de toute façon, il n’en avait probablement rien à faire non plus.
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 22:12

    T’es vraiment con Kunisaki.
    Je suis sûr que tu as tout gâché, retour à la case départ. On dirait le scénario de cette nuit-là et franchement ça craint, parce qu’il a bien quelque chose que tu redoutais c’était ça, sombrer à nouveau en l’emmenant avec toi. Elle ne méritait pas cela et tu étais vraiment un piètre ami bien pitoyable, tu devrais avoir honte. Pourquoi as-tu peur de le lui dire ? Pourquoi pas ça ? Ce serait tellement plus simple, au fond. Il te suffirait de quelques mots, une phrase, une indication, une faveur pour lui faire comprendre ce que tu voulais. Pourquoi tu n'arrivais pas l’admettre, pourquoi cette idée avait tant de mal à rester dans ton esprit ? Tu voulais qu’elle reste avec toi. Tu t’énervais pour elle, parce que tu ne savais pas montrer tes émotions autrement. Tu voulais la prendre dans tes bras pour l’empêcher à jamais de s’en aller. Tu voulais t’excuser pour ton comportement si facile et vulgaire.

    Mais tu ne pensais qu’à rien d’autre qu’à ton cœur qui tambourinait dans ta poitrine, essayant peut-être de te faire comprendre que tu ressentais quelque chose de fort ambiguë pour elle. T’étais juste vraiment trop con pour t’en rendre compte. Tu étais même incapable d’entendre le sien, de cœur, qui criait à l’aide. Il avait besoin de toi.

    Elle avait besoin de toi.
    Mais t’étais vraiment trop con Kunisaki.

      « Tu as raison… Ce n’est pas ton problème. Désolée de t’avoir… »

      « T’excuses pas, putain. Et arrête de m’énerver. »

    Tu lui rejettes la faute, en plus, tu crains.
    Mais tu n’y pouvais rien, ton cœur te faisait mal et le seul moyen que tu avais trouvé pour l’extérioriser c’était d’exploser en cris et en coups. Tu ne supportais plus cette douleur et tu ne songeais à la douleur cardiaque de Mélodie qui, elle, était bien réelle. Tu étais trop égocentrique pour ça, trop narcissique et débile. Tu devrais t’excuser, mourir sous le poids de tes excuses, tu devrais te calmer et essayer enfin de comprendre pourquoi tu t’énervais ainsi. C’était peut-être parce que ton cœur battait pour elle ?

    Et le sien mourrait pour toi.
    Arrête donc de lui faire du mal, maintenant. Retourne-toi. – il le fit.

      « Mélodie, mais qu’est-ce que… arrête, nan, c’est pas le moment ! »

    Mais de quoi tu parles.
    Je crois que tu commençais sérieusement à perdre le contrôle de tes émotions, supposant que ce ne fut pas encore le cas ! Pourquoi t’acharner sur elle de cette façon ? Laisse-la donc tranquille, ou aide-la au moins ! Ne reste pas penaud, pas comme ça. Tu devais arrêter de la regarder comme si ton âme aller s’échapper de tes oreilles et te laisser seul face à ton incompétence. Que la honte s’abatte sur toi et te dévore les entrailles ! Cesse de la regarder sans rien faire, cesse de perdre ta voix, cesse de péter les plombs. Mais tu sentais ta colère diminuer et une soudaine fatigue prendre ta possession, tu la suppliais du regard d’aller mieux.

    C’était pas le moment, pas le moment.

      « Mélodie qu’est-ce qui t’arrive ? »

    Mais ta voix restait agressive, bien plus que tu ne le désirais. Tu ne souhaitais que la voir aussi forte que d’habitude, tu espérais juste pouvoir encore te reposer sur elle de tout ton poids. Tu avais encore besoin d’elle.
    Et en cet instant alors qu’elle se recroquevillait dans une expression de douleur, tu n’aspirais à quérir ses bras et ne plus la lâcher. Jamais. Tu la voulais pour toi tout seul.

    Mais tu ne savais pas comment l'aider, dommage.


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 22:42

En fait, elle ne savait même plus son taux de douleur, la voix du blond bourdonnait dans l’air, elle n’y comprenait rien… De toute manière, il n’y avait plus rien à comprendre. Il n’en avait rien à faire finalement, et cela lui faisait encore plus mal que son cœur. En fait, cela ne faisait qu’accentuer la douleur qu’il produisait à travers son être, la rendant encore plus mal qu’elle ne le craignait. Pourquoi maintenant…

« T’excuses pas, putain. Et arrête de m’énerver. »

Elle ferma les yeux, la culpabilité se faisant plus forte. Elle ne voulait pas l’énerver, elle voulait le revoir souriant comme durant ces dernières semaines, elle voulait simplement qu’il arrête… Mais non, ce n’était pas possible. Au contraire, elle était toujours là, cette colère qui lui dévorait le cœur, rendant sa respiration de plus en plus saccadée, la faisant de plus en plus blêmir… Elle ressemblait de plus en plus à un zombie, mais elle ne pouvait rien faire.

Ce genre de crise ne lui arrivait pas souvent, mais quand elles étaient là, elles pouvaient durer un moment. Et c’était dans ce genre de moment qu’elle avait l’impression d’être à l’agonie, comme si rien ne pouvait la faire sortir de là. Tout n’était que douleur, oppression et brûlure.

« Mélodie, mais qu’est-ce que… arrête, nan, c’est pas le moment ! »

Elle aurait voulue s’excuser une fois de plus, mais sa voix était bloquée dans sa gorge en feu, elle pouvait encore sentir ses larmes s’écraser sur ses genoux, continuant encore et toujours à couler. Elle avait l’air bien pitoyable, mais ce n’était pas de sa faute. Elle n’avait pas choisie le moment, mais le fait qu’il le lui dise de cette manière lui donnait l’impression d’être une gamine qui fait un caprice. Encore de la culpabilité.

« Mélodie qu’est-ce qui t’arrive ? »

La colère était toujours là, elle diminuait, mais elle était toujours présente. Elle n’arrivait pas à articuler un mot, toujours courbée de douleur. Elle avait si mal… Ses bras commençaient à trembler légèrement, mais elle ne fit pas attention. A quoi bon… Elle se contenta de secouer la tête. Il devait s’en aller, inutile qu’il assiste à ça. Le fait qu’il s’en foutait qu’elle parte lui avait fait mal, c’était comme si cela avait tout déclenché, alors maintenant qu’il parte.

Qu’il la laisse seule avec sa maladie, qu’il la laisse seule en train de souffrir.

Finalement, elle allait partir. Pourquoi pas après tout ? Elle retournerait chez elle, c’était ce qu’elle voulait au fond.

Cette pensée l’attrista. Elle rentrerait chez elle, et personne ne la retiendrait. Non. Personne.

Personne.

Elle était seule finalement, malgré ce qu’elle avait pu croire. Elle l’avait toujours été.

Seule.

Cela ne fit qu’accentuer son mal. Gardant les yeux fermés, elle parvint néanmoins à dire un mot. Autant le dire, non ? Et puis, au moins il comprendrait peut-être ce qu’elle avait.

« Maladie… »

Elle avait l’impression d’avoir crachée des flammes, mais peu importait. Il savait ce qu’elle avait, alors il allait peut-être la laisser seule.

Quelle logique étrange… Mais en même temps, venant de Mélodie, ce n’était pas étonnant, surtout dans son état.

Elle voulait juste qu’il la laisse. La pensée qu’il puisse ne rien en avoir à faire d’elle lui donnait la sensation d’avoir un poids sur le cœur, et son sentiment de culpabilité augmentait.

Elle était si stupide… Si stupide…

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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 23:05

    C’était probablement la première fois qu’il faisait autant de mal à quelqu’un qui comptait pour lui. Jamais il n’avait procuré une telle douleur, une telle crise, une réaction si violente et soudaine. Mais qu’avait-il fait ? Il commençait à paniquer intérieurement, l’angoisse le saisissait de toute part et il ne pouvait empêcher à sa poitrine des sursauts de rage inexplicables. Une cigarette, encore une cigarette, mais il ne pouvait pas se le permettre ! Il lui fallait arranger les choses mais il ne savait plus quoi faire ni quoi dire. Mais peut-être qu’avant tout il lui fallait enfin assumer tout ça, ce qu’il avait fait, ce qu’il allait faire, ses paroles acerbes et contradictoires, ses sentiments inappropriés et bien trop agressifs pour une fleur si délicate comme elle. Il devait s’excuser mais sa gorge était nouée, comme la sienne visiblement.

      « Maladie… »

    Il ne voulait pas comprendre ni accepter, rien, que dalle. Il ne souhaitait que se morfondre et se bercer de chimères : non il n’avait pas blessé quelqu’un qu’il aimait – à sa façon, non il n’avait pas tenu des propros discordants par peur de dire simplement ce qu’il pensait, non il ne se s’était pas laissé gagner par l’espoir vain et merveilleux de rentrer chez lui dans son pays. Pourtant il ne pouvait désirer une telle chose ! Parce que sa vie était ici, elle s’était développée tout doucement autour de cet établissement, comme une mauvaise herbe. Il polluait de sa présence de pauvres âmes pures et chastes, il les pourrissait et leur faisait du mal. Et après il se sentait coupable parce qu’il ne valait pas mieux que cela. Pourquoi avait-il fallu qu’il soit si lunatique ?

    Pourquoi avait-il fallu qu’il soit si con ?

    Sa colère disparut, laissant place à une panique incontrôlable et une angoisse qui paralysait ses bras et sa nuque. Que devait-il faire, et pourquoi ? Pouvait-il enfin admettre tout cela ? Céder à la pulsion, se laisser gagner par la tentation, prendre dans son cœur toutes les conneries qu’il lui avait infligée. Il voulait s’excuser mais se sentait trop bête et trop fier pour ça. Il convoitait ses bras mais ne pouvait pas espérer une telle étreinte de par sa position. Elle semblait prise de convulsions violentes et avait du mal à respirer, que devait-il faire pour qu’elle aille mieux ? Maladie, maladie.

    Elle ne lui en avait jamais parlé, il n’en avait aucune idée.

    Ses jambes ne tarderaient pas à lâcher sous le poids de la culpabilité, il l’entoura de ses bras et nicha sa tête dans le creux de son épaule, laissant ses genoux se déchirer en heurtant le sol. Qu’importait, qu’importait ! Il ne savait pas quoi faire d’autre, il avait peur, il se sentait coupable et cette colère lui piquait encore la gorge. Mais elle était redirigée vers lui parce que c’était un incapable et qu’il savait parfaitement en être un. Quitte à lui faire mal, quitte à accentuer encore plus ses douleurs il resserrait encore un peu plus l’étreinte, lui frottant le dos en espérant la réchauffer et qu’elle considérerait ce geste comme des excuses.

    Il était peut-être temps de lui dire ?
    Il ne savait pas comment s’y prendre, il devait improviser. Se laisser correctement gagner par ses émotions, pour une fois.

      « Je t’interdis d’y aller. »

    C’était un ordre malgré sa voix faiblarde bien peu glorieuse.
    Il répéta la même phrase encore une fois, frottant son dos, ne comprenant pas comme ce geste le rassurait lui en premier.

    C’est un ordre, Mélodie.
    Jamais je ne te laisserais partir.



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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 8 Jan - 23:54

Il n’avait pas l’air de bouger, et pourtant, elle ne désirait seulement qu’il parte. Il n’avait plus rien à faire ici, mis à part accentuer son malaise. Alors qu’il s’en aille, qu’il la laisse seule. Le fait même d’y penser lui faisait encore plus mal, ses émotions n’étaient plus sous contrôle. Et son don qui en faisait des sienne ne l’aidait pas non plus. Tout ça était arrivé simplement à cause d’une lettre. Mais maintenant que sa décision était prise, elle avait l’impression que cela n’avait pas changé grand-chose. Évidemment. Qu’est-ce que cela allait changer ? C’était la première fois qu’elle se sentait aussi seule, qu’elle se sentait aussi faible et inutile.

Elle avait l’impression d’être un poids soudainement, qu’elle n’avait jamais été que ça pour lui, un poids, rien de plus. Avait-elle été une autre chose pendant un moment ? Pourquoi elle se sentait si inutile… Elle qui voyait tout d’un bon œil, qui était si positive… En l’espace de quelques paroles, cela avait changé. Elle voyait tout en mal, gagnée par le désespoir.

La solitude avait un pouvoir sur une personne que nulle ne pouvait connaître.

Ainsi, elle partirait simplement. Expliquant aux autres qu’elle avait eu une offre pour son pays natale, et qu’elle avait vraiment envie d’y retourner. Ils comprendront peut-être…

Plic… ploc… plic… ploc…

Telle la pluie, ses larmes coulaient encore tandis que ses spasmes s’accentuaient de plus en plus. L’angoisse et la panique soudaine qui se fit sentir n’arrangeait rien. Mais pourquoi ne partait-il pas ? Pourquoi il restait ? Il ne comprenait pas qu’il ne faisait qu’empirer les choses ? Apparemment non… Elle l’entendait qui avançait, mais elle en pouvait rien faire, sa tête semblait trop lourde pour se relever, et ses mains tremblaient à tel point qu’elle devait se forcer pour qu’ils ne tremblent pas trop.

C’est ça, d’avoir trop d’émotion d’un coup… Elle aurait dû faire plus attention.

Alors, une chose qu’elle pensait inconcevable se produisit. Elle sentit des bras l’entourer, et des cheveux lui chatouiller la joue. Pendant une seconde, elle crue que son imagination lui avait jouée un tour, qu’elle était probablement en train de rêver d’une chose qu’elle aurait voulue à ce moment-là, qu’il puisse juste…

Mais ce n’était pas un rêve. Lui frottant le dos dans un geste rassurant, il la serrait contre elle au point de lui faire un peu mal, mais elle ne dît rien. Comme si une parole pouvait briser cet instant, elle se contenta alors de l’apprécier. Malgré la douleur, malgré ses spasmes, malgré ses larmes…

« Je t’interdis d’y aller. »

Elle eut du mal à comprendre. Mais quand il le lui répéta, elle eut eu hoquet de stupéfaction. Elle ne comprenait plus rien… Il n’avait pas dit qu’il n’en avait rien à faire ? Qu’il s’était même mis en colère pour ça ? Mais pourtant… Elle sentait qu’il le voulait vraiment, qu’il voulait vraiment qu’elle reste.

Son cœur lui fit plus mal, et ses larmes redoublèrent sous ce qu’elle venait d’apprendre. Ses pensées s’embrouillèrent encore plus, ne sachant plus quoi faire. Il ne s’en fichait pas qu’elle parte alors… Ses mains frottaient toujours son dos, et alors, elle prit la parole malgré sa gorge en feu.

« Merci… Kunisaki »

Sa voix était faible, mais pourtant, elle avait l’impression de l’avoir hurlée. Sa gorge lui faisait atrocement mal, mais être dans ses bras la rassurait. Ses émotions faisaient battre son cœur à cent à l’heure, agrandissant la douleur, mais elle n’y pensait plus. Elle voulait juste que cet instant continue, elle voulait simplement qu’il la rassure.

Et cela marchait.
Elle n’avait plus cette sensation d’être seule, au contraire.

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Mer 18 Jan - 19:50

      « Merci… Kunisaki »

    Tais-toi Mélodie. Avant de le regretter, ne lui adresse plus la parole. Tu ne devrais pas lui dire cela ni même accepter qu’il te prenne dans ses bras. Tu devrais le repousser pour toutes ces choses qu’il t’a dite, toutes ces choses qu’il a fait peser sur tes épaules. Pourquoi ne pas lui en vouloir ? Comment accepter qu’il puisse ainsi te faire supporter le poids de son tempérament si lunatique ? Pourquoi ressens-tu donc aussi peu l’envie de te débarrasser de lui ? Il peut rester dans cette position éternellement à n’avoir plus jamais à affronter ton regard, à t’écouter conter ta douleur, montrer tes faiblesses, te laisser aller à la tristesse ; il peut passer le reste de sa vie comme ça. Parce qu’il n’ose plus se relever ni te regarder, parce qu’il ne parvient pas à assumer sa bêtise.

    Parce qu’il ne sait pas quoi faire pour réparer tout cela.
    Parce qu’il préfère ne même pas y penser.

    Il enfouit un peu plus sa tête dans le creux de ton cou, gardant les paupières fermées, ayant comme cette impression étrange que l’air qui passe dans ses narines a une saveur différente parce qu’il vient de toi, il a ton parfum, il lui fait perdre l’esprit. Il se sent vaciller, ses genoux tremblent et souffrent d’avoir ainsi heurté le sol, il va peut-être t’entraîner dans sa chute : il n’imagine pas pouvoir te lâcher et il sait que tu ne le souhaites pas. Il le croit, il l’espère. Il veut t’être utile, il veut se faire pardonner. Excuse-le, quand bien même il ne le mérite pas. Ou alors repousse-le comme tu devrais le faire.
    Tu n’es pas en état, pas vrai ? Il est temps qu’il s’en rende compte.

    Il te fait mal à se saisir ainsi avec tant de force, la pression qu’il exerce sur toi se fait plus dense, plus forte, plus acharnée ; il ne peut s’en empêcher. Tu devrais le repousser malgré tout. Tu dois bien être aussi contradictoire que lui, pas vrai ? Il a tant pesé sur ton cœur et tes pensées, voilà qu’il ose faire de même sur ton corps alors que la « maladie » t’affaiblit. Il n’arrive pas à te demander ce que tu as, il est plus faible que toi et sa voix ne sort pas. Aide-le. Fais le partir, tout serait plus facile. Mais je sens que tu le veux près de toi, n’est-ce pas ?
    Tu es quelqu’un de bien, Mélodie. Pas lui. Tu mérites les bras de quelqu’un de mieux.

    Il commence à se crisper, il s’arrête, se bloque, s’immobilise. Il réfléchit et sa tête se libère de ton cou, il se recule doucement en saisissant tes épaules pour te regarder dans les yeux. Il ne sait pas démontrer son inquiétude, il ne l’assume pas non plus, sa mine est grave et ses sourcils froncés. Il relève ton visage vers lui avec sa main. Il ne sait pas quoi dire.

      « Qu’est-ce qui ne va pas ? »

    Il dit des choses inutiles.
    Il ne sait pas être l’homme de la situation.
    Il s’énerve pour rien.
    Il t’embarque dans sa mauvaise humeur ambiante.
    Il change d’émotions en quelques secondes.
    Il n’est pas celui dont tu as besoin.

    Mais il est là. Ça suffit, pas vrai ?


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Jeu 19 Jan - 21:33

Elle fermait les yeux, alors même qu’elle était en train de faire une chose qu’elle savait de mal. Mal en quoi au juste ?

Quand on fait quelque chose de mal, c’est que l’on sait consciemment que cela n’est pas bien, que quelque part, on va finir par regretter ce geste, ou alors que l’on sait que ce geste va faire du mal à une personne, la faire souffrir, lui causer de la douleur.

Mais pourtant, elle ne ressentait pas cette sensation comme quelque chose de mal. Au contraire, elle aimait ça, et savait qu’elle n’allait pas le regretter plus tard. Comme si c’était ce dont elle avait besoin depuis le départ, juste de pouvoir se reposer sur lui, alors même qu’il enfouissait un peu plus sa tête dans son cou, alors même que ses cheveux lui caressaient encore plus son visage. Alors même que son cœur battait plus vite encore.

Tandis que son souffle se saccadait, elle se disait alors que c’était sûrement mal, qu’elle ne faisait qu’empirer sa situation, et que ce n’était pas en étant ainsi dans ses bras que cela arrangerait quelque chose. Seulement, elle n’avait aucunement l’envie de se séparer de lui, au contraire, elle voulait rester là. Alors qu’il la serrait contre lui au point de lui faire mal, elle ne voulait pas qu’il la lâche.

Désir égoïste, mais pourtant, c’était ce qu’elle voulait.
Ou peut-être ce que lui voulait ?


Peu importait. Elle voulait juste être là, se laisser aller dans cette étreinte, sentir son odeur qui envahissait l’air… Non, ce n’était pas bien. Pas bien du tout. Ils étaient amis, rien de plus.

Alors pourquoi…

Elle chassa ses pensées, se disant qu’elle réfléchissait peut-être un peu trop, alors même que la douleur se faisait plus pressante, plus importante. Ses larmes n’en finissaient pas de couler, mais elle ne savait même plus si c’était parce qu’elle était contente d’être dans ses bras, ou alors si au contraire, le fait d’être comme ça avec lui ne faisait qu’accentuer cette douleur vive dans sa poitrine.

Puis, doucement, il releva la tête de son épaule et la fixa droit dans les yeux. Elle regardait les siens, qui étaient noisettes et un peu assombrit, sans rien dire.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

Ainsi, il n’avait pas compris qu’elle était malade. En même temps, elle ne lui en avait jamais parlée, ce n’était pas vraiment étonnant n’est-ce pas ? Elle pencha légèrement la tête sur le côté, toujours avec une main au niveau de sa poitrine, et ferma les yeux, le temps de reprendre une respiration normale. Même si elle savait que cela n’allait pas être pour tout de suite.

Puis, ouvrant ses paupières, toujours avec sa respiration saccadée, elle prit la parole avec une voix enrouée, comme si elle avait hurlée pendant une semaine.

« Je suis… malade. J’ai… Une maladie. Au cœur. »

Elle ne parvint pas à en dire plus, ayant l’impression qu’on lui avait arrachée la gorge juste en prononçant ces quelques mots qu’elle regrettait déjà. Ne sachant pas comment il allait réagir, elle espérait juste qu’il ne se mette pas de nouveau en colère…

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 21 Jan - 19:55

    Heureusement que tu ne songeais pas à son pouvoir, sinon tu pèterais probablement les plombs.

    Tu ne songeais pas à tout cela pour une fois, tu n’en avais pas le temps, ta tête se perdait dans cette situation improbable, tu n’osais même pas te repasser la scène de peur de perdre la raison. Ce n’était pas logique, n’est-ce pas ? Ce que tu disais, ce que tu faisais, ce que tu ressentais. Comment oublier son pouvoir alors qu’à cet instant elle pouvait déceler en toi les pires cruautés de ton être. Cette jalousie, cet égocentrisme, cet emportement, cette impulsivité, toutes ces émotions qui tu imposais sur son pauvre petit cœur qui devait être bien lourd à cause de toi. Et qu’est-ce que tu pouvais faire, là ? Pas grand-chose. Rien, même. Tu étais plus qu’une simple connaissance alors tu ne pouvais pas la laisser seule, mais tu n’étais qu’un ami alors tu ne pouvais pas être celui dont elle aurait besoin. Un ami, juste ça, rien de plus, pas assez. Ce n’était pas assez, tu le sentais au fond de toi.

    Est-ce qu’elle le voyait pour toi ?
    Décidément tu étais d’une présence bien contraignante ; espérons que son pouvoir n’agissait que trop peu car si elle comprenait une telle chose – que toi-même ne réalisais pas vraiment –, la pression sur son cœur serait probablement encore plus lourde et douloureuse. Fatalement tu continuerais de lui faire un bien grand mal, comme d’habitude. Tu ne savais pas agir autrement, personne n’avait jamais vraiment eu besoin de toi comme ça. Tu n’étais pas l’homme de la situation mais pour la première fois tu aspirais à le devenir. Tu la regardais dans le blanc des yeux, ne pouvant cacher ton inquiétude, te sentant fort mal à l’aise dans cette position. Elle fermait les paupières.

      « Je suis… malade. J’ai… Une maladie. Au cœur. »

      « Mais pourquoi…?! »

    Non, tais-toi. Garde le contrôle pour une fois.
    Et seulement pour cette fois. Tu te pinças la lèvre inférieure à t’en faire saigner, tu ne devais pas t’emporter, tu ne devais pas t’énerver. Elle n’y était pour rien, qui t’aurait fait confiance pour t’avouer une telle chose ? Personne, au fond, il ne fallait pas t’étonner de cette soudaine distance entre toi et le reste du monde. Entre toi et elle. Tu lui tenais les épaules et la regardais, le visage meurtris par le tourment, les sourcils froncés par l’appréhension. Qu’est-ce que ça signifiait ? Et cette crise, pourquoi était-elle apparue ? Est-ce qu’elle allait…

    Probablement jamais au cours de ta vie tu n’avais eu aussi mal au cœur.
    Jamais tu ne fus frappé d’une telle peur aussi soudaine et violente.

    Tu préférais soudainement l’oublier, ça te faisait trop mal, c’était trop violent, trop soudain, ton visage se crispait et tes mains aussi. Tu imaginais l’impossible et ça te détruisait ; tu te répétais ces phrases inlassablement. Jamais je ne te laisserai partir Mélodie. Elle n’avait pas le droit de faire ça, pas le droit de te faire peur comme ça. Est-ce qu’elle se rendait compte à quel point ton cœur se serrait, se mourrait un peu plus à chacun de ses spasmes. Tu aurais voulu lui arracher tous ses maux de la façon la plus virulente possible, la seule que tu savais appliquer.

    Comme elle te faisait mal, et tu n’osais plus lui demander pourquoi elle ne t’avait rien dit.

      « Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? »

    La réponse était probablement rien.

    Ta voix était presque aussi faible que la sienne, comme un murmure à son oreille alors que ses pupilles se perdaient et n’arrivaient pas à atteindre ton visage. Que devais-tu faire ? Comment ? Tu te sentais si perdu, si seul.
    Pourquoi, mais pourquoi ?


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 21 Jan - 20:40

Elle ne savait vraiment plus quoi faire. Elle ne souhaitait juste qu’une chose.

« Mais pourquoi…?! »

Pourquoi elle ne lui avait rien dit ? Parce qu’elle ne l’avait jamais dit à personne. Du moins, pas dans ses souvenirs. Sauf à Haine. Mais personne d’autre sinon. Alors qu’elle le regardait encore, elle le sentait en train de se contrôler, alors même que son visage paraissait inquiet. Elle ne voulait pas l’inquiéter, elle voulait le voir souriant, comme ces dernières semaines. Seulement, elle savait que pour le moment, ce n’était pas possible. Et qu’il n’allait plus sourire de la même manière.

Il devait se poser tant de questions… Mais ce n’était rien de grave, mis à part qu’elle était plus fragile que les autres. Qu’elle pouvait se briser comme du cristal à la moindre émotion ingérable. Mais avec son don, malgré ce qu’on pouvait penser, elle arrivait à les contrôler mieux que les autres, seulement, elle devait faire plus attention.

Sinon, elle avait des crises, comme celle qu’elle avait en ce moment même. Elle sentait la peur soudaine qui envahissait le blond, et elle se concentra pour ne plus que son don soit actif. Il ne fallait plus qu’il le soit, cela n’allait pas l’aider.

« Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? »

Ses yeux se détournèrent de lui, alors même qu’elle se pinçait la lèvre. Il n’y avait rien à faire pour elle. Il n’y avait plus rien à faire. Son sort avait été décidé depuis sa naissance, mais le fait qu’il veuille l’aider la touchait. Mais il ne pouvait rien faire.

Non, il ne pouvait rien faire.
Sauf peut-être…

Elle chassa cette pensée, alors même que son regard croisa de nouveau celui, inquiet, de Kunisaki.

« Non… Il n’y a plus rien à faire pour moi… »

Elle eut une mine compréhensive, comme si elle annonçait à un enfant que le père noël n’existait pas. Elle sentait son emprise sur ses épaules, et ferma de nouveau les yeux.

Plic… Ploc…

Toujours coulantes, sans s’arrêter. Elle savait que sa vie ne tenait qu’à quelques fils fragile, qui pouvaient se casser à tout instant, elle avait toujours vécue avec. Mais avec les années, elle avait juste oubliée ce détail. Ce détail pourtant vital. Et elle venait de se rendre compte à quel point il n’était pas négligeable.

Elle était si stupide.

L’ampleur de son erreur venait de prendre forme. Sa maladie pouvait être aussi grave que légère, sans importance. Elle eut un sourire triste, alors qu’elle ouvrait de nouveau ses yeux. Plantant ces derniers dans ceux du blond, elle reprit la parole.

« Mais, ce n’est pas une maladie grave, je dois juste faire attention… »

Alors qu’elle venait de se rendre compte du contraire. Elle ne savait vraiment pas mentir…

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 21 Jan - 23:07

      « Non… Il n’y a plus rien à faire pour moi… »

    Ça faisait comme si le temps s’était arrêté.
    Ou comme s’il n’avait jamais existé, en fait.

    Il se sentait glisser dans un gouffre très profond où l’air y était noir et froid, où des courants d’air lui glaçaient le sang, où la sensation de vide vertigineuse lui donnait le tournis, où l’absence de repère perturbait ses sens et le rendait vaseux. Il eut une sorte de mouvement de recul, quelque chose de mou et d’indécis alors qu’il perdait le regard de Mélodie – il ne pouvait plus la fixer dans les yeux de peur de s’écrouler soudainement et de perdre ses dernières défenses. Elle ne pouvait pas être sérieuse, elle devait forcément se ficher de lui, il se le persuadait alors que l’emprise de ses mains sur ses épaules sur faisait plus faible. Il ne fallait pas flancher, pas maintenant, pas comme ça. Elle n’avait pas le droit, elle ne l’avait jamais eu, et dans son profond égocentrisme il ne pouvait accepter une telle chose.

    Quoi qu’il puisse arriver il forcerait Mélodie à rester avec lui. Voilà.
    Il garderait ses paupières ouvertes, il lui tiendrait la conversation, il l’accompagnerait n’importe où, il empêcherait tous les autres de l’approcher. Il serait le seul. Pourtant il savait qu’il n’avait pas le droit de désirer une telle chose. Elle méritait quelqu’un de mieux que lui, un homme rassurant avec une bonne situation, qui ne partait pas tous les samedis soirs aller prendre une cuite, qui ne sentait pas la poussière des vieux bouquins et le tabac, qui ne s’emportait pour rien, qui ne rentrait pas en sang quand la colère contre autrui avait pris le dessus sur la raison. Un homme normal, pas lui.
    Sauf que lui il voulait Mélodie.

    Et il était censé aimer Amy ; sauf qu’elle, en cet instant, il l’avait complètement oubliée.

      « Mais, ce n’est pas une maladie grave, je dois juste faire attention… »

    Il n’en avait que faire, il ne voulait pas entendre cela. Ça sonnait comme un mensonge. Ca ne lui plaisait pas du tout et il ne pouvait même pas le lui reprocher : c’était nul.

    Que pouvait-il bien faire, là ? Rien, rien du tout. A part jouer sur l’illusion d’une présence inutile et vulgaire, à part faire croire à une amitié dont il ne voulait pas, ne se rendant pas compte comme ça lui déplaisait, ne sachant pas plus ce qu’il souhaitait. Il n’avait pas à y penser en cet instant, il y avait plus grave plus important. Sa tête était vide et son esprit perdu au loin, il n’arrivait plus à penser ou à réfléchir. Ses maigres tentatives d’aligner une phrase se résolvaient par un échec cuisant. Et maintenant, tu fais quoi ?

    Difficile à dire.
    Si difficile.

    Il bafouilla quelque chose qui ne ressemblait pas à grand-chose, commençant à avoir une douleur piquante au niveau des genoux et ayant une furieuse envie de tout lâcher, tout. Sa position inconfortable, ses épaules qu’il tenait bien faiblement et ses paupières qui restaient ouvertes malgré tout. Et puis il la prit dans ses bras à nouveau, serrant fort, gardant un lien avec la réalité avant de tourner de l’œil à cause de la pression, posant son menton sur son épaule. Et ne disant rien.

    De toute façon Mélodie devait bien voir ce qu’il ressentait.
    Espérons tout de même que non, ça compliquerait bien les choses.


- -
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Sam 21 Jan - 23:40

Il ne disait rien, et elle avait tourné la tête. Elle ne savait plus vraiment quoi dire, ni même quoi faire, se sentant un peu perdue brusquement.

Elle le sentait un peu perdu aussi cependant, juste par son regard. Il avait l’air ailleurs, comme si ce qu’elle lui avait annoncé était l’une des pires choses qu’il avait appris ces derniers temps. Elle venait de lui dire qu’elle était malade, et il restait là, à ne rien dire. Au moins, il ne se mettait pas en colère, c’était déjà ça.

La jeune femme sentait la douleur diminuer peu à peu, alors même que ses larmes continuaient de couler. C’était toujours plus dur d’arrêter ses sanglots, c’était toujours plus dur. Mais la douleur commençait à partir, c’était déjà ça de gagné. Elle regardait ailleurs, ne sachant pas vraiment quoi dire, quand elle sentait de nouveau qu’il la prenait dans ses bras. Posant son menton sur son épaule, cette fois ci ce fut elle qui enfouie sa tête dans le creux de son épaule, toujours en pleurant silencieusement.

Il devait se contenir pour ne pas se mettre en colère. Mais elle n’usait plus de son don, ainsi, elle ne faisait que supposer.

Son odeur remplie l’air d’un coup, celle du tabac vu qu’il avait fumé, mais il y avait aussi autre chose. Elle ferma les yeux, essayant de contrôler ses pleurs, et hésita à prendre la parole. Elle ne savait pas si elle allait vraiment le mettre en colère avec ce qu’elle venait de lui dire, ainsi, elle avait simplement une certaine crainte à dire un mot de plus, une chose qu’il ne fallait pas et qui pouvait tout gâcher.

Alors, elle restait là, à ne rien dire, dans ses bras. Encore. Mais cela ne la dérangeait pas, non, c’était tout ce qu’elle voulait. Juste ça.

Elle se sentait bien, même si cela pouvait être inconfortable, elle était bien là. Juste dans ses bras. Rien de plus. Doucement, elle glissa ses mains dans son dos, ne sachant pas quoi faire d’autre, et resta ainsi, ignorant les battements de son cœur qui se faisaient plus fort, plus imposant à chaque fois, comme s’il allait sortir de sa poitrine.

Ayant repris le contrôle de sa respiration, la douleur étant un peu moins forte, elle se devait de dire quelque chose, mais elle ne savait pas quoi au juste. Que dire ? Elle n’en savait rien. Mais pourtant…

« Merci d’être là… »

Ce fut simple, un murmure à peine audible, mais qui pouvait être compris si jamais il n’avait pas la tête tellement ancré dans ses pensées qu’il ne l’entendait plus. Elle ne bougeait pas, sa gorge s’étant un peu calmée, et se mit alors à sourire. Faiblement, mais elle souriait.

Elle était contente en cet instant, parce qu’elle savait une chose. Que quoi qu’il advienne, elle pourrait toujours compter sur lui. Et quelque part, elle pensait ces paroles. Seulement, il ne pouvait pas voir son sourire, et elle ne s’en plaignait pas.

Non, c’était juste un sourire. Un sourire qui exprimait sa joie du moment, d'être là avec lui.
Rien de plus.

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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Jeu 26 Jan - 19:18

      « Merci d’être là… »

      « Arrête. »

    Il se coupa, sa voix se bloquant soudainement.
    Il déglutit avec difficulté.

      « Arrête de dire des conneries. »

    En fait il n’avait pas véritablement prévu de dire ça, pour preuve son étreinte qu’il ne put s’empêcher d’accentuer, resserrant ses bras autour d’elle quitte à lui faire mal ; il ne réfléchissait pas franchement. S’il devait le faire sérieusement alors bien d’autres phrases naîtraient sur ses lèvres, des mots réconfortants, de belles paroles enflammées, des conseils intelligents, des preuves profondes d’amitié. Quelque chose qu’un ami aurait dit, qu’un homme distingué aurait dit, que quelqu’un d’autre aurait dit, mais pas lui. Il n’était pas comme ça, il ne savait pas faire, ce n’était pas son genre. Il n’agissait qu’avec impulsivité et – du coup – avec une profonde débilité. Il n’était définitivement pas le mieux placé pour aider son amie Mélodie. Il ne savait que lui ordonner d’arrêter, mais quoi ? De lui dire ça, de lui parler comme ça, de lui faire croire ça. D’être comme ça.

    Trop gentille, il avait l’impression qu’il finirait par la briser.
    Ou lui faire du mal d’une façon ou d’une autre.

    En parlant de ça, il serait peut-être temps d’arrêter de la compresser à lui en péter les côtes une à une, prenant – enfin – conscience de cela, il relâcha soudainement la pression laissant ses mains glisser sur son dos le temps d’une seconde. Il eut un frisson glacé, probablement à cause de sa position qui commençait sérieusement à lui faire tourner la tête. S’écartant, il laissa ses mains sur ses épaules et baissa les yeux vers ses genoux, reprenant sa respiration. Mais pourquoi donc avoir le souffle coupé ? Allez savoir, l’inquiétude ? Peut-être, ou l’agacement, parce qu’il ne savait pas se détacher des situations qui le dérangeaient. Il s’y jetait à pieds joints sans même réfléchir, agissant avec son emportement habituel et emmenant avec lui les pauvres innocentes. Comme elle.

    Et ce, parfois, sans même le regretter. Allons bon !
    Il releva soudainement la tête, il avait mal au crâne.

      « Je t’emmène à l’infirmerie. »

    Ça résonnait comme un ordre, et d’une certaine façon ça devait en être un. Se relevant avec difficulté – en cause des tremblements dans les jambes – et se penchant vers Mélodie dont le buste avait chuté à nouveau dans la faiblesse de l’instant, il passa ses bras sous ses jambes et sur son dos, la soulevant avec une étonnante facilité vu la lenteur dont il avait fait preuve pour reprendre ses esprits. Faisant le tour de la chaise il utilisa son pied pour ouvrir un peu plus la porte – qui lâcha un fort grincement en signe de protestation. Commençant à sortir de là, il prit quelques secondes pour lever les yeux vers le ciel, ça s’assombrissait peut-être même qu’il allait pleuvoir.

    Qu’est-ce que ça voulait dire ?
    Soudainement il trouvait le monde très moche, jetant un coup d’œil à Mélodie il s’attarda sur ses cheveux blonds.

    Il avait l’impression de porter un rayon de soleil.


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Jeu 26 Jan - 23:06

« Arrête… Arrête de dire des conneries. »

Des conneries… En avait-elle vraiment dit jusque-là ? Peut-être… Mais elle ne pensait pas que ce qu’elle venait de dire en était une. Elle en était sûre même. Alors pourquoi il pensait ça ? Parce que c’était trop… Gentil ? En même temps, elle était gentille comme fille, et elle le serait probablement pour le reste de sa vie. Alors elle pensait ces paroles, le fait qu’il soit là la réconfortait, au moins, elle n’était pas toute seule, et cela la rassurait.

Elle le sentait resserrer son étreinte, ses bras la serrant contre lui au point de lui faire mal. Seulement, elle ne dît rien. Se contentant encore et toujours de se contenter de ce simple contact, qui pourtant représentait tant… Elle ne pensait plus à ce qu’elle faisait, mais seulement à ce qu’elle voulait à cet instant. Elle voulait être égoïste elle aussi, alors même que les larmes commençaient à ne plus couler, que sa poitrine semblait exploser, et que sa gorge brûlait encore. Sa douleur diminuait, mais elle était toujours là.

Et elle ne savait pas vraiment quoi faire pour qu’elle parte, mis à part attendre. Et rester ainsi n’avait pas l’air de la déranger, alors même qu’il la serrait tellement fort qu’il aurait pu lui casser quelques côtes. Il s’en rendait compte apparemment, car il relâcha soudainement la pression qu’il avait sur elle, laissant ses mains sur son dos juste pendant une seconde. Une seule seconde où, à son passage, elle eut quelques frissons.

Elle haletait toujours un peu, et remarque qu’il avait lui aussi le souffle court. Pourquoi ? Elle le fixait, sans vraiment comprendre la raison, ses mains étant montées sur ses épaules, la tête basse. Qu’est-ce qu’il avait ?

« Je t’emmène à l’infirmerie. »

Elle n’eut pas le temps de protester, car il se relevait déjà. Avec difficulté certes, mais elle, elle res-tait là, assise sur sa chaise, à le regarder. Comment il comptait l’emmener au juste ? A peine se po-sait-elle la question qu’elle eut la réponse juste après. Il glissa ses mains dans son dos et derrière ses genoux, et la souleva avec une facilité déconcertante. Mais… Il comptait vraiment la porter ? Malgré ses faibles protestations, il l’emmena à l’extérieur, faisant grincer la porte au passage, et une fois à l’extérieur, il leva les yeux au ciel.

Elle en fit de même, et remarqua que le temps était bien sombre d’un coup. Puis, il reporta son re-gard vers elle, et la jeune femme le fixa. Bizarrement, le fait qu’il fasse moche ne la gênait pas, en fait, elle ne savait même plus si c’était bien qu’il pleuve. Les gens avaient l’habitude de partir s’abriter quand il pleuvait, mais elle non, elle regardait la pluie tomber, qu’elle soit dessous ou pas. Comme tout le monde après, elle se serait réfugiée s’il pleuvait trop fort, mais là elle ne craignait plus rien.

Non, plus rien…

Son cœur lui fit revenir à la réalité, et elle détourna les yeux. Elle se sentait vraiment faible, et ses joues humides rougissaient à cause de sa respiration saccadée.

« De toute façon, je n’ai pas le choix je suppose… »

Sur-ce, elle lui fit un petit sourire.
Elle ne se l’avouait pas, mais elle se sentait en sécurité avec lui.

Trop en sécurité.
Et elle savait que c’était mal.


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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Dim 12 Fév - 17:41

      « De toute façon, je n’ai pas le choix je suppose… »

      « Ouais. »

    Ce qui, d'une certaine manière, signifiait qu'il voulait qu'elle se taise.
    Parce qu'elle n'avait plus rien à dire ou parce qu'elle était trop faible pour cela, lui-même n'arrivait pas à se mettre d'accord. Il ferma juste les yeux quelques secondes, d'infimes secondes - qui lui parurent interminables - où il se demanda vaguement ce qu'il était en train de faire, là. En guise de réponse il aboya sur un pauvre élève qui passait par là et avait commis l'erreur de s'attarder un peu sur lui. Il fallait avouer qu'ils attiraient bien des regards : le professeur de philosophie au tempérament incontrôlable en train de porter dans ses bras la douce professeur de musique passionnée et appréciée de tous. C'était une scène étrange et il se posait la question, les sourcils froncés et s'empêchant de tousser pour ne pas la déranger. Il paraissait qu'il n'était pas très discret, en fait. A lui tourner autour constamment, à s'attarder près de la porte où elle faisait ses cours, à la regarder dans les couloirs, à avoir ce sourire niais et béa sur les lèvres dès que ses yeux s'attardaient sur elles. Des choses qui lui paraissaient si naturelles que lui-même n'en avait pas conscience le moins du monde. Et que devaient-ils penser, les autres ? Que c'était un gars vraiment paumé entiché d'une fille trop bien pour lui ? Certainement.
    Qu'il était trop colérique et lunatique pour une personne douce comme elle.

    Mais il la voulait pour lui tout seul. Qu'elle soit une connaissance, une amie, une collègue ou quelque chose de plus fort encore, il n'acceptait pas de la voir avec d'autres, n'importe qui d'autre. Il la voulait contre son cœur, contre son âme. Avec elle il se sentait mieux, il avait le sentiment d'être un homme bien, de ne plus être si perdu, si seul. Savait-elle seulement comme il avait besoin d'elle ? Ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça, et ce qu'il ressentait pour la jolie Mélodie était probablement encore très vague - et surtout très proche d'une profonde amitié - mais le temps passerait vite. Il s'enfuirait sans qu'ils ne s'en rendent compte et l'hiver arriverait alors qu'ils seraient encore là, ensemble, à aller vers l'infirmerie. Les secondes partiraient plus vite, et sa vie avancerait sans même qu'il ne s'en aperçoive ; mais tout irait bien.
    Tant qu'elle resterait là à l'empêcher de faire des conneries. Tant qu'elle ne partirait pas.

      « Tu vas refuser, n'est-ce pas ? »

    Il fixait la porte, devant lui, sachant sans mal qu'il s'agissait de celle de l'infirmerie - n'ayant pas songé un seul instant au fait que l'hôpital serait plus adéquat, comme il était stupide ce Kunisaki. Elle fermait les yeux et il n'osa pas la regarder pour vérifier qu'elle l'avait entendu, peut-être même qu'elle ne lui apporterait pas de réponse. Il n'en avait pas forcément besoin, au fond, pris par la colère et l'impulsivité il savait bien qu'il ne la laisserait jamais faire. Kunisaki avait décidé que Mélodie ne partirait pas, et Kunisaki ferait tout pour que cela soit le cas.

    Posant son coude sur la poignée il ouvrit la porte et pénétra à l'intérieur, laissant la pénombre éphémère les recouvrir l'espace d'un instant et fermant la porte d'un coup sec derrière lui.
    Et alors qu'il s'enfermait à l'intérieur avec elle, il avait pour la première fois l'impression d'être enfin seul en sa compagnie, attardant son regard sur son visage qu'il ne pouvait presque pas discerner.

    Cette histoire était loin d'être achevée, finalement.
    Et il espérait bien qu'elle finirait en happy end.


- -
Merci à Sakura. ♥

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un choix difficile... [PV]   Ven 17 Fév - 21:24

« Ouais. »

C'était tout, et alors elle ne dît plus rien. Parce qu'il voulait peut-être qu'elle se taise ? Quoi qu'il en soit, elle ne parlait plus, se contentant de le regarder encore une fois. Il avait fermé les yeux, et semblait réfléchir à quelque chose d'important. Ayant rendu son don inactif, elle ne pouvait pas savoir si cela le rendait en colère ou pas. Ainsi, elle le regarda ouvrir de nouveau ses paupières, et crier auprès d'un élève qui les regardait un peu trop. En même temps, c'était difficile d'ignorer deux profs, qui étaient totalement opposés au niveau caractère, qui étaient dans les bras l'un de l'autre.

Oui, totalement opposés. Mais pourtant, il s'entendaient bien. Très bien même, au point que parfois, la jeune blonde restait parfois à côté de la porte de sa classe à l'écouter parler de son cours, faisant attention à sa manière d'en parler, voyant à quel point il aimait ça, la philosophie. Mais bien sûr, elle partait dès qu'il finissait, avec un étrange sourire. Elle faisait ça de plus en plus souvent, prétextant à ceux qui la voyaient qu'elle attendait une élève de ce cours pour lui rappeler quelque chose. On ne la croyait pas vraiment, mais on ne lui disait rien.

Ainsi, elle continuait de regarder ces yeux noisettes, qui lui semblaient si profond et lointain en cet instant.

« Tu vas refuser, n'est-ce pas ? »

Elle ferma les yeux. Il voulait s'en assurer une dernière fois, alors qu'ils arrivaient devant l'infirmerie. Ouvrant la porte avecc son coude, ils pénétrèrent dans un endroit silencieux, sans personne. Elle avait toujours un peu mal, mais ses pensées étaient ailleurs. Il referma la porte derrière eux, et l'impression qu'iis étaient seuls se fit encore plus ressentir.

Elle leva de nouveau les yeux vers lui, alors qu'elle voyait à peine son visage dans la pénombre. Pourtant, elle pouvait sentir qon regard vers elle, et la blonde sourît. Elle aurait voulue que ce moment dure encore longtemps, mais elle savais que cela n'arriverait pas. Ainsi, elle prît la parole d'une voix faible, mais sûre d'elle.

« Je vais rester, je te le promet. »

C'était une promesse. Qu'elle ne briserait pour rien au monde.
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Un choix difficile... [PV]

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