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 « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.

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Akane Hirogami
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MessageSujet: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Jeu 22 Déc - 14:19

Alors qu'un parfum de salé titillait ses narines, Akane se demanda enfin ce qu'elle faisait là. Ce là désignait le bus dans lequel elle se trouvait, sur un siège proche de l'allée. A côté d'elle, un étrange personnage regardait dehors, presque bavant d'émotion. Akane, elle aussi, regarda un instant par la vitre et découvrit le changement de paysage depuis leur départ. Elle soupira. Elle se demandait vraiment, à présent, ce qu'elle faisait dans un bus qui la menait vers la mer. Parce que la mer, c'était la plage, et la plage, c'était le soleil, la chaleur, les vêtements légers... La mer, c'était la baignade, les jeux de plages, les maillots de bain. Et bien évidement, Akane était contre les maillots de bain. Pas dans le style je me baigne nue. Non, plutôt du genre... Je ne me baigne pas, je suis recouverte de la tête au pied d'un vêtement épais et je t'emmerde. Dans tout les cas, elle n'avait aucune raison d'être dans ce bus, qui l'emmenait dans un lieux où elle n'avait pas remis les pieds depuis bien des années. En bref, c'était impossible.

Un mouvement, venant de son voisin, la remmena à la réalité. Raimu venait de se tourner vers elle, un grande sourire sur le visage, avant de revenir vers la fenêtre. Voilà donc pourquoi elle allait à la plage. Elle y allait avec Raimu. Mais POURQUOI AVEC LUI ? D'ailleurs, cela ne répondait pas DU TOUT à sa question. Raimu n'était pas une raison pour aller à la plage. Cet étrange garçon n'était qu'un être vivant collant et peu intéressant. Bien sûr, il était charmant. Joli visage, et certainement un beau corps, bien qu'elle n'en ai rien vu. Mais ce n'était pas une raison valable pour l'emmener sur la plage. Comme elle n'était pas du genre à vouloir faire plaisir, surtout pas à Raimu, elle ne voyait plus du tout pourquoi elle était là. Il n'y avait aucune raison valable pour qu'elle accompagne un être peu aimé dans un endroit détesté. C'était le comble. Qu'ELLE, Akane Hirogami, la fille la plus froide et détestable de la planète, puisse accompagné un gars comme Raimu, dans un endroit qu'elle fuyait comme la peste. Non vraiment... A finalement... Il y avait effectivement une raison...

Akane prit son visage dans ses mains, tout en soupirant bruyamment. Bien sûr. Tout ça, c'était à cause de Raimu. Quelle évidence.

En effet, alors qu'elle mangeait tranquillement au réfectoire, Raimu avait débarqué, avec dans ses mains un gâteau fort étrange. Il s'était assis devant Akane, un grand sourire sur ses lèvres, et alors qu'elle le pensait toujours suffisamment calme pour ne pas lui déplaire, il s'écria toute sorte de chose complétement débile. Akane resta un instant muette avant de devenir agressive. Raimu ne sembla pas se défaire de son sourire, et il paria qu'elle n'allait pas manger le gâteau qu'il avait dans les mains. Au cas où personne n'est au courant, Raimu ADORE les paris. Akane, elle, s'en moque parfaitement. C'est pourquoi elle évite froidement la proposition de Raimu. Mais comme il reste près d'elle à lui parler à tort et à travers et qu'elle souhaite s'en débarrasser, elle accepte finalement le pari de Raimu. Sauf que celui-ci avale le gâteau avant même qu'elle puisse poser sa main dessus. SUPER INTELLIGENT QUOI ! Si bien que Raimu, très content de lui, se lève en poussant un crie de joie qu'elle ne risquait pas d'oublier. Du style "J'ai gagné ! T'as un gage ! Promets moi un truuuuc !".

Manque de bol pour Raimu, Akane n'était pas du genre à tenir les promesses qu'elle ne fait qu'à demi mot. Pour faire taire le vilain garçon, elle se lève et s'en va. Le problème, c'est que si Akane est du genre à penser qu'une absence de personne permet d'échapper à une promesse, Raimu, lui non. Si bien que dans son esprit, Akane lui devait quelque chose. Ainsi, quelque jour plus tard, Raimu retrouva Akane dehors, et il commença à raconter que cela faisait looooooooongtemps qu'il n'était pas allait à la plage et qu'il voulait y allait, mais que ce n'est pas drôle d'y aller tout seul, et que voilà, il voulait y retourner et... Le genre de parole qu'Akane met fin soit en empêchant la dite personne de parler, soit en s'en allant. Sauf qu'au moment où elle partait, Raimu lui tira sur le pull et lui rappela avec un grand sourire qu'elle lui avait fait une promesse. Elle lui devait quelque chose ! Akane n'en avait rien à faire, mais Raimu la pourchassa dans tout le pensionnat. Si bien qu'à un moment, Akane s'était retourné et avant de se transformer en poulet mangeur d'homme, elle lui avait crié :

"Okay, c'est bon on va y aller à ta plage, un jour !"

Selon elle, elle était sauvé. Un jour, cela pouvait très bien être dans trente ans. Surtout qu'elle n'avait aucune envie de tenir sa promesse. Soit, Raimu l'avait lâché et était partie en sautillant de joie. Akane fut donc sauvé pour un moment. Car, bien sûr, Akane, poursuivie par le mauvais œil, n'allait pas pouvoir respirer longtemps. Sinon, que faisait-elle là ?

Effectivement, si le début de cette histoire lui donnait un élément de réponse, cela ne suffisait pas. A cet instant du récit, elle était encore libre, et Raimu hors service. Alors, pourquoi était-elle assise là ? Pourquoi voyait-elle maintenant l'eau salée et la plage ? Ses yeux se stoppèrent une nouvelle fois sur Raimu, elle elle eu de nouveau un éclair de génie. Bien sur. Raimu.

Qui a dit qu'elle ne détestait pas Raimu ? Personne, bien sûr. Sauf peut être Raimu lui même. Pourtant, à cet instant, Akane le détestait bel et bien. Et comme la haine était un sentiment fort, elle se devait de la stopper maintenant. Soit en assommant le dit personnage, soit en se tuant elle même. Le choix étant vite fait, elle lui donna un grand coup sur la tête, avant de lui offrir un merveilleux regard assassin. Puis, elle retourna bouder dans son coin, espérant se calmer. Car, c'était Raimu qui était venu la chercher, par surprise, dans sa chambre. Elle venait de refermer un bon livre quand Raimu avait débarquer tel un voleur, et avait prit sa main. Il lui avait dit que c'était le moment de tenir sa promesse, et lorsqu'il demanda à Ema un sac pour la plage, celle-ci lui tendit un petit sac noir, qui semblait plein, avant de les pousser en dehors de la chambre et de leur souhaiter bonne plage avec un grand sourire. Maintenant, elle détester aussi Ema. Étonnant.

Quoi que, si elle allait à la plage, elle n'était pas obligé d'y faire tout ce que Raimu voulait. Ema avait peut être donné un sac remplie de ses affaire à elle, peut être des trucs inutile pour la plage, qui fasse passer l'envie de Raimu de rester sur place. Dans tout les cas, elle était dans ce bus sans s'en rendre compte à cause de ses deux là, qui l'avait pousser là en état de choc. Maintenant qu'elle était en pleine possession de ses moyens, il était hors de question de laisser Raimu faire ce qu'il voulait d'elle. Non mais. Akane souleva donc le sac noir, le posa sur ses genoux, et l'ouvrit.

Elle faillit tomber dans les pommes en voyant le contenu du dit sac. Tout d'abord, ce n'était pas du tout les affaires d'Ema. Ensuite, c'était des affaires de plages. Pour finir, c'était la serviette et le maillot de bain d'Akane, elle même. Oui, aussi étrange que cela puisse paraitre, Akane avait bien un maillot de bain. Deux pièces, même, d'un joli bleu roi. Sauf qu'elle pensait ne jamais le revoir, puisqu'il était normalement rester chez elle. Dans un coin. Elle ne comprenait pas comment ce maillot de bain avait pu se retrouver dans sa chambre, puis dans un sac. Un sac apparemment préparé par Ema. Un sac qui n'avait aucune raison d'être prêt. Elle ne comprenait vraiment pas comment Ema avait pu voir dans l'avenir... A moins qu'elle sache pertinemment que Raimu allait débarquer dans sa chambre pour l'emmener à la plage ? Sauf que c'était quasiment impossible. Raimu était trop impulsif. Il avait du prendre sa décision un quart d'heure avant de venir la chercher. Elle ne savait pas si Raimu et Ema se connaissait. Et Ema n'était pas vraiment connu pour réussir ce genre de chose. Akane la voyait plutôt comme une victime maladroite et idiote. Un e enfant qui avait besoins qu'on s'occupe d'elle. Pas qui puisse préparer un sac avec des affaires de plage. Au grand complet. Bref, un nouveau mystère s'emparait d'elle.

Soudain, Akane se rappela que la veille, Ema avait décidé de faire un bordel monstre dans la chambre. Elle avait décidé que c'était triste de voir Akane toujours habillé en garçon. Et avant qu'Akane puisse dire quelque chose, Ema avait décider de trouver des affaires un minimum féminines dans l'armoire d'Akane. C'est ainsi quelle était tombé sur des vêtements que la mère d'Akane avait glissé à la dernière minute dans sa valise, ainsi que le maillot de bain. Bien sûr, Akane n'avait pas laissé Ema faire ainsi. C'est pourquoi les deux jeunes filles s'étaient battues telles deux filles, et que l'armoire d'Ema avait connu le même sort que celle d'Akane. Leurs vêtements s'étaient retrouvés répandus sur le sol. Elles avaient dû ranger. Ce devait être à ce moment là qu'Ema avait subtilisé le maillot de bain, ainsi qu'une serviette, afin de les planquer dans un sac. Pourquoi ? Ema avait sans doute voulu lui ressortir un jour pour une raison obscure. Ou tout simplement parce que c'était Ema. Et qu'Ema était tellement bizarre qu'Akane ne cherchait plus à la comprendre.

Soit, elle avait donc toutes les réponses à ses questions. Les questions importantes.

Akane referma le sac, puis se dit que de toute façon, Raimu ne savait pas qu'elle avait là les affaires nécessaires pour la plage. Elle se refusait à le lui dire et se refuser même à retirer le tee shirt qu'elle portait. Parce que Raimu ne lui avait pas laissé le temps de mettre un pull par dessus. Sombre idiot.

Akane eut enfin conscience que le paysage ne bougeait plus. Le bus s'était arrêté.


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Raimu Buichi
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Ven 23 Déc - 15:54

La route sous ses yeux lui paraissait des plus prometteuses. Plage. Il allait à la plage ! Cette phrase tournait et retournait dans sa tête depuis le matin. Plage, quel doux mot à ses oreilles. Raimu se tourna alors vers la personne assise près de lui, dans l’intention de partager sa bonne humeur avec elle. Akane lui renvoya un regard meurtrier et le garçon retourna au paysage, sans se départir de son sourire pour autant. On aurait pu s’étonner de l’étrange duo qu’ils formaient. Et on aurait également pu s’étonner de les voir tout deux assis dans un bus en direction de la mer. En fait, la seule vision d’Akane sans pull aurait suffit à en étonner plus d’un. Mais pas Raimu. Non, car son plan avait marché comme sur des roulettes. Pour comprendre, revenons quelques temps en arrière, une semaine et un jour pour être précis.

Raimu venait de sortir du club de cuisine et se rendait à la cafétéria, un paquet plein de nourriture sous le bras. Il avait embarqué le résultat de son cours, dans le but de le refiler à la première personne qui en voudrait, ainsi que celui de Edwin que ce dernier n’avait pu emporter faute de place. Si le gâteau à la mangue que lui avait fait avait l’air tout à fait mangeable, ce n’était pas le cas de celui de son binôme qui avait pris une étrange teinte verte. Son plateau entre les mains après avoir dûment fait la queue, le jeune homme cherchait désormais une place où poser son derrière. Place qui se présenta sous la forme de la table totalement vide qu’occupait Akane. Tout sourire, il s’assit en face d’elle. Elle lui jeta un regard glacial - sa manière à elle de dire bonjour - puis tout simplement polaire une fois qu’il eut ouvert la bouche pour lui parler. Lui aimait bien Akane, mais c’était pas vraiment réciproque. Alors, vu le manque de discussion de sa compagne, il lui proposa un pari. Si elle arrivait à manger le gâteau d’Edwin, elle avait gagné. Sinon, elle avait perdu. Simple comme bonjour. Il la harcela tant et si bien - un vrai pro - qu’elle finit par accepter. Alors, ni une ni deux, il engouffra la pâtisserie sous le regard médusé de la brune. À vrai dire, il souffrit de terribles maux de ventre toute la soirée, mais ça en valait la peine ; Akane lui devait quelque chose.

À vrai dire, à cet instant précis de l’histoire, il n’avait encore absolument aucune idée de ce qu’il allait lui demander. Ça pouvait être à peu près n’importe quoi, aussi bien qu’elle lui chante une chanson ou qu’elle enfile un déguisement de bunny girl. C’est le mercredi suivant qu’il trouva enfin une idée intéressante. Ils étaient tranquillement en train de parler - Raimu monologuer pour dire vrai, mais passons - quand une mouette passa au dessus d’eux en poussant son cri si particulier. La mer. Aussitôt, les yeux du garçon s’agrandirent et un sourire éblouissant étira ses lèvres. Il voulait aller à la mer. Il adorait la mer d’autant plus qu’il n’y était que rarement allé. La mer, la plage, le soleil, le sable. Lui adorait ça, mais ce n’était pas le cas du reste de sa famille qui avait dû l’y emmener qu’une ou deux fois, par principe et pour que l’enfant sache ce que c’était. Un peu comme on montre une photo d’ornithorynque en disant « voilà, maintenant tu sais à quoi ça ressemble ». Mais entre Raimu et la plage, ça avait été un véritable coup de foudre. Et, comble du bonheur, Aomori n’en était pas loin. Il s’était alors mis à rabâcher les délicates oreilles d’Akane pour qu’elle saisisse à quel point il aimait ça et dans l’espoir naïf qu’elle se propose elle-même de l’y accompagner. En désespoir de cause, le souvenir de ce gage qu’elle lui devait lui revint en tête et il décida qu’une sortie à la plage était du meilleur goût pour l’honorer. Encore une fois, Akane accepta. Étonnant comme Raimu lui faisait faire tout ce qu’il voulait en lui tapant un peu sur les nerfs, une bonne technique ça, à retenir. Elle accepta donc, « un jour » ils iraient à la plage. Et plus tôt qu’elle ne le pensait.

Cela nous ramène donc à ce samedi matin, quand Raimu s’est réveillé avec une furieuse envie d’aller se baigner. Il s’était levé tard cette fois si, 12h42 d’après son réveil. Filant à toute vitesse au réfectoire, il engloutit son repas toujours habillé de son pyjama avant de retourner à toutes jambes se préparer dans sa chambre. En cours de route, il dégaina son portable et envoya un sms à Ema, dont il l’aide précieuse ne serait pas de trop pour sortir l’ours Akane de sa tanière. Et c’est ainsi que, à 13h14 précise, il défonça presque la porte de la chambre A002, hurlant sa joie à toute voix :

« AAAKAAAANEEEEEE ! ON VA A LA PLAAAAAGE ! »

Son short de plage sur les fesses, un t-shirt usé sur le dos, le masque de plongé déjà vissé sur sa tête et les palmes dépassant de son panier en osier, il aurait suffi de le regarder pour comprendre où il allait. Sans se soucier le moins du monde de s’introduire dans une chambre de fille sans leur autorisation, il fonça directement dans ce sanctuaire sacrée en direction de la brune, qui était jusque là tranquillement en train de lire dans son coin, laçant au passage à Ema qui se trouvait pas loin :

« Sac je te prie ! »

Elle le lui lança et il le fourra entre les bras ballants d’Akane avant de l’attraper par la main et l’entrainer vers la sortie. En chemin, il sortit la clef de sa propre chambre et la donna à Ema.

« Ma bibliothèque est à toi, fais en bon usage ! »

Et clac, la porte se referma derrière lui. L’opération avait en tout duré 2 minutes.

Un coup de poing d’Akane le sortit de sa remémoration, lui faisant pousser un cri plaintif mais pas perdre le sourire. Il se tourna vers elle, enfoncée dans son fauteuil râpeux, et ne reçut qu’un coup d’œil rageur de sa part. mais ça ne servait à rien, Raimu ne s’en voulait pas le moins du monde, alors il lui fit son plus beau sourire et recolla son nez à la vitre. Il entendit vaguement le bruit que fit la jeune fille en vidant son sac mais était trop absorbé par le bord de mer qui se rapprochait de plus en plus pour y faire attention. Tant qu’elle n’en sortait pas une pelle en plastique pour l’assommer avec, elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait.

Oh, c’était une bonne idée ça, la pelle en plastique. Et un râteau aussi et un sceau ! Han, peut être qu’il en avait dans son sac à lui ! Il attrapa le panier posé à ses pieds et le hissa sur ses genoux, cherchant dedans si jamais il n’avait pas le nécessaire à château de sable. Serviette, crème solaire, short et slip de rechange, palmes, coquillages, sable, bouteille d’eau, casse croute, boite de biscuit… ah ! Une pelle et un râteau ! Malheureusement il n’avait pas de sceau, mais il pourrait toujours demander à un enfant du coin de lui en prêter un.

Un crissement de pneu et une immobilité soudaine lui apprirent qu’ils étaient arrivés. Se dressant sur ses jambes, il sautilla sur place en attendant que Akane se lève pour qu’il puisse passer.

« On y est ! On y est ! Allez, lève toi ! »

Finalement, vu qu’elle se refusait à bouger, il l’attrapa et la souleva, la posant dans le couloir du bus avant de foncer comme un demeuré vers l’extérieur. La plage. La plaaaaaaaaaaage ! Envoyant valser ses tongs, il les fourra dans son sac et se tourna vers sa compagne qui émergeait lentement du monstre de métal. Pâle comme elle l’était, on aurait dit un vampire qui sortait pour la première fois depuis des siècles. Pour un peu, il aurait peur qu’elle prenne feu. Mais le soleil ne la brula pas et, à part une grimace de mécontentement, rien n’indiqua qu’elle souffrait le martyre. Alors Raimu se remit à sourire et l’entraîna comme il pu vers l’eau qui l’appelait de ses remous.

« Viens ! Viens ! On va se baigner ! On va se baigner ! »

Puis, sans l’attendre, il partit en courant vers la mer, semant son sac et son t-shirt sur le chemin. Il courut et sauta dedans à pieds joints, riant de la fraicheur qui lui envahissait soudain les pieds et de l’eau qui lui éclaboussait les jambes. Après avoir donné quelques coups de pieds enfantins, le garçon s’immobilisa et ferma les yeux, ouvrant grand ses bras et ses poumons. Le soleil lui chauffait agréablement la peau et l’air salé lui piquait les narines. Il était au paradis.

Raimu se retourna soudainement, cherchant Akane du regard - elle n’était pas retournée dans le bus tout de même ? Il l’aperçue finalement et gambada vers elle comme un jeune chiot vers son maitre. Riant aux éclats, il lui fit de grands signes de bras au cas où elle ne l’aurait pas vu. Et comme il ne regardait pas où il mettait les pieds, que la plage c’est pas le terrain idéal pour courir et que de toutes façons ça devait arriver, il trébucha et s’étala de tout son long à ses pieds. Roulant sur le dos, il continua de rire comme un crétin, la joie d’être à la plage supplantant totalement la douleur de s’être râpé dans le sable brulant.

« Tu devrais venir, elle est super bonne ! lança-t-il à la jeune fille qui le surplombait de toute sa hauteur. »

Il était tellement heureux qu’il ne remarqua pas qu’il s’était râpé le genoux et qu’il commençait à saigner.


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Akane Hirogami
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Dim 25 Déc - 9:53

Akane se frottait les tempes, tout en descendant du bus. Elle rejoignit Raimu, qui attendait, impatiemment, dehors. Elle eut mal aux yeux, la brulure du soleil lui renvoyant un avant goût de l'enfer où elle descendait. Elle soupira. Ce n'était pas tant la vue du soleil ou de la mer qui l'embêtait. C'était simplement ce à quoi cela faisait allusion. D'abord, Akane aimait bien le soleil. Certes, elle ne bronzait que très peu. Elle était japonaise. Sa peau était blanche de nature. Elle sortait souvent, parfois en séchant, pour s'étendre de tout son long sur l'herbe verte. Ou sur le toit du pensionnat. C'était un fait, elle aimait beaucoup aller dehors, sentir le vent, et le soleil sur sa peau. Mais elle aimait cela seule. Voilà pourquoi elle faisait des siestes sur l'herbe, et contemplait les nuages sur le toit. Il n'y avait rien de plus solitaire. On dort seul, quoi qu'il arrive, finalement. Et le toit était un des endroits les plus vide du pensionnat. Peut être parce que ce n'était pas un endroit très autorisé. Quoi qu'il en soit, Akane pratiquait des activités en solitaire. Il n'y avait bien que la musique qui lui pose problème... C'était peut être pour cela qu'elle s'était mise à apprendre pleins d'instrument. Pour être autonome. C'était un peu triste. Sûrement. Mais Akane, elle s'en fichait. Moins elle était entouré, mieux elle se sentait.

Donc, ce n'était pas la vue du soleil qui l'a fit soupirer. La mer était synonyme de trop de mots embarrassants. Il faut dire, qu'en dehors du fait qu'il faille généralement se trouver à moitié nu, et donc faire découvrir son corps et tout ce qui s'en suit... La mer, c'était aussi un lieu très enfantin, que les familles écumaient souvent. La mer, c'est synonyme de famille. Et Akane n'avait aucune envie de se rappeler sa famille. Parce que c'était bien trop douloureux pour elle. Et puis, si ce n'était pas la famille, c'était les amis. Parce que souvent, plus tard, adolescent, on descend sur la plage, on va faire du Beach Volley et on va draguer... Bref, des activités on ne peut plus collectives. Akane détestait le collectif. Devoir dépendre des autres, c'était vraiment trop horrible. Et puis, devoir se mélanger, entraider... Non vraiment, c'était trop pour elle. Déjà que rendre service à Ema, parfois, l'emmerder au plus haut point... Ema... Akane sentit la colère la saisir, et essaya de s'en débarrasser en secouant la tête.

Ses yeux se posèrent alors sur Raimu, qui se faisait déjà la malle en direction de la plage. Crétin. La jeune fille agrippa son sac, forçant, cherchant peut être à le faire disparaître... Puis elle le suivit, de loin. Elle ramassa avec lenteur les affaires de son binôme, qu'il laissait partout, avant de se replacer loin de la mer. Si Akane avait fait preuve de tant de gentillesse, ce n'était pas pour rendre service à Raimu. Elle avait fait cela parce qu'elle était sûr que s'il perdait quelque chose, elle allait en entendre parler pendant des semaines, et elle n'avait aucune envie de se retaper Raimu plus longtemps. D'ailleurs, elle élaborait déjà un plan pour ne pas le revoir tout de suite. Elle avait réussit à le supporter jusqu'ici, parce qu'il faisait attention à ne pas trop l'emmerder, mais dernièrement, il en avait fait un peu trop.

Alors que Raimu, revenait, trempée, Akane frissonnait déjà. Manqué plus qu'il ne la touche, et là, elle se ferait une joie de lui refaire le portait, avec transformation en cadeau. Heureusement pour eux deux, Raimu choisit de s'exploser par terre. La jeune fille soupira, avant de faire deux pas dans la direction de l'ignoble débile. Elle baissa ses yeux verts vers le jeune homme, qui riait comme un demeuré. L'idiot. Il lui proposait de venir dans l'eau, puisqu'elle était si bonne. Elle se demanda un instant s'il réfléchissait à tout ce qu'il disait. Sans doute que non. Akane secoua la tête, déjà abattue par le manque d'intelligence flagrant de son compagnon.

"J'ai l'air d'avoir envie de me baigner ? Physiquement impossible."

Après tout, il ne savait pas qu'elle avait dans ses affaires un maillot de bain. Il ne savait pas non plus qu'elle savait nager... Mais il aurait dû savoir qu'Akane n'enlève pas ses vêtements comme ça, et que mettre un maillot, c'est proclamer qu'elle est une fille, et qu'elle a un corps de fille. Et ça, jamais, non merci. Mais peut être était-ce trop compliqué pour Raimu ?

Alors qu'Akane allait tourner les talons, pour pouvoir s'asseoir tranquillement dans un coin et faire autre chose que regarder Raimu s'amuser comme un gamin de six ans, elle remarqua quelque chose de peu normale. Elle s'accroupit donc au niveau des jambes de Raimu, et soupira. Il venait de se faire mal. Ce type était vraiment en déficit mentale.

"Si c'est pour me retrouver avec plus de cicatrices que j'en ai déjà. T'as pensé à la boîte de premier secours, dans ton propre intérêt ?"

Oh, Akane ne s'inquiétait pas pour lui. Il était déjà assez bête pour ne pas avoir remarquer sa blessure. Et puis, ce genre d’égratignure ne faisait pas trop mal. Ce n'était mortel. Bon, le sable et le sel de la mer allait peut être le faire jongler un peu... Mais cela ne lui ferait pas de mal, hein ? Il en avait bien besoins, de souffrir un peu. La jeune fille se releva, puis posa les affaires qu'elle tenait encore par terre. Elle tira un peu sur son Tee-shirt, ce sentant encore mal de n'avoir que ça sur les épaules. Puis elle reposa ses yeux sur Raimu. Elle était déjà sûr qu'il n'allait pas vouloir rentrer pour si peu. Mais qui ne tente rien n'a rien.

"Tu veux pas rentrer te faire soigner ?"

Elle n'était certes pas au bout de ses surprises.

[HRP: Tu vas pas oser utiliser ton pouvoiiiiiiiiiir ? NAAAAAAAAAAAAAAN !#PAN#]


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Raimu Buichi
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Dim 25 Déc - 18:43

Akane était penchée sur lui, un regard de pure pitié mêlée à un peu de colère rivé dans le sien. Il dû un peu plisser les yeux à cause du soleil derrière elle, si bien qu’il ne saisit pas pleinement l’étendue de la commisération qu’elle avait pour lui. Grand bien lui en face, Raimu continua à lui sourire comme l’imbécile heureux qu’il était. En fait, il était bien, allongé là. Le sable lui chauffait agréablement le dos et le soleil le reste du corps. Si ce n’était la brune qui lui faisait de l’ombre, il était comme dans un solarium.

« J'ai l'air d'avoir envie de me baigner ? Physiquement impossible.

Raimu plongea ses yeux verts dans ceux tout aussi verts d’Akane. Tiens, c’était marrant, il avait jamais remarqué qu’ils avaient la même couleur d’yeux. Dans ce pays où 99% de la population a les yeux noirs, ça tenait presque du miracle. Mais là n’était pas le sujet. Raimu regarda donc Akane, observa longuement la ride prononcée que formaient ses sourcils sur son front lorsqu’ils se fronçaient, la moue peu amicale de sa bouche, le regard noir, bien que vert, qu’elle lui jetait. Non, elle n’avait pas l’air d’avoir envie de se baigner. Pas du tout même. Cependant, la deuxième partie de sa réplique l’intriguait.

_ Pourquoi, « physiquement impossible » ?

Bien sûr, il avait remarqué que la jeune fille était ce qu’on appelle un « garçon manqué », il n’était pas aveugle à ce point. Mais il ne pensait pas que la confusion entre les deux sexes était fait exprès. Pour lui, Akane était une fille depuis qu’il l’avait découvert et c’était sa faute s’il ne l’avait pas vu plus tôt. Il pensait que c’était lui qui était en tort de ne pas avoir tout de suite remarqué qu’elle était une fille et non qu’elle faisait exprès de se faire passer pour un garçon aux yeux de tous. Ainsi, de fil en aiguille, on comprend aisément que beaucoup de choses échappent de ce fait à Raimu. Afficher en public que Akane était de sexe féminin ? Aucun problème de son point du vue. Lui demander pourquoi elle ne portait pas plus de robes ? Toujours sans soucis. Lui proposer d’aller se baigner ? Mais bien sûr, et tout de suite même ! Donc, d’après Raimu et ses pauvres connaissances, le problème d’Akane ne venait pas de là. Si elle ne pouvait pas se baigner, « physiquement impossible » comme elle disait, c’était qu’il y avait une autre raison.

_ T’es allergique à l’eau ? Au sel ? »

Brave Raichou, comme tu es naïf. Après un dernier regard dédaigneux, la jeune fille se détourna durablement de lui. Ou pas. Revenant sur ses pas, un peu comme un film que l’on passe à l’envers, elle se dirigea jusqu’à sa jambe et s’y accroupit avant de pousser un soupir. Alors, utilisant ces choses formidables que lui avait donné la nature, le garçon usa de ses abdos pour se redresser à moitié, juste assez pour voir ce qu’il n’allait pas, et ensuite se laisser retomber sur son coussin de sable.

« Si c'est pour me retrouver avec plus de cicatrices que j'en ai déjà. T'as pensé à la boîte de premier secours, dans ton propre intérêt ?

Cette fois ci il se redressa complètement, ratant d’un cheveux la collision avec la boite crânienne d’Akane. Du sang. Son cœur loupa un battement. Ça avait beau faire quatre ans qu’il avait ce pouvoir, la vue de son propre sang l’alarmait toujours autant. Ça ne dura qu’un très bref instant mais il changea immédiatement de sujet.

_ Quoi ? Des cicatrices ? Tu trouves pas que j’en ai déjà assez ? J’espère que j’en aurai pas une nouvelle ! En plus, j’ai rien pris pour désinfecter ! »


Il dit tout cela en riant, faisant de grands gestes pour faire le pitre, tout pour que Akane ne réalise pas son moment de faiblesse passager. Il détestait replonger dans cette peur maladive qui avait dicté chacun de ses gestes jusqu’à ses 12 ans. Alors il fit diversion et, pour une fois, la diversion était pas mal trouvée. Habituellement il était obligé de se rabattre sur le premier sujet qui lui passait en tête mais sa compagne lui avait tendu une perche sans le réaliser. Car oui, Raimu avait déjà assez de cicatrices comme cela. Petites et fines, translucides, presque invisibles si le soleil ne se reflétait pas dessus, parcourant son corps comme une myriades de fils d’argent. Il semblait comme recouvert par une toile d’araignée géante.

Akane, jouant l’indifférente, s’éloigna alors de lui et il remarqua pour la première fois ce qu’elle tenait entre les mains : ses affaires à lui. Pourquoi les avait-elle ramassées ? Mais elle les reposa avant qu’il puisse faire la moindre remarque et tira sur son t-shirt déjà trop grand pour elle.

« Tu veux pas rentrer te faire soigner ?
_ C’est gentil de proposer
, dit-il en souriant, mais ça ira, je vais survivre !

Il ramena son genoux contre lui et, d’un grand coup de langue dégoutant, lécha la plaie comme font les animaux blessés. Raimu activa alors son pouvoir et le sang arrêta de couler, restant sagement à l’intérieur de la veine qui lui était attribué.

_ Tu vois, ça s’est déjà arrêté de couler, ajouta-t-il avec une touche d’humour. »

Peut être n’avait-elle pas compris que c’était en ça que constituait son pouvoir, peut être l’avait-elle parfaitement saisi au contraire, il ne savait pas. Il avait d’autres chats à fouetter pour l’instant.

« Par contre, tu pourrais me passer mon sac s’il te plait ? Il faut que je prenne mes médicaments. »

Il l’attrapa et fouilla à l’intérieur à la recherche de la boite qu’il devait contenir - il en avait une dans chacun de ses sacs, chacune de ses poches. La trouvant tout au fond, il en sortit deux petites gélules qu’il goba avec la force l’habitude. Il devrait se faire une piqure en rentrant, ça attendrait jusque là. Puis, voyant son regard fixé sur lui, il sourit à Akane avec ce sourire crétin qui faisait sa fierté et lui lança pour détendre l’atmosphère.

« Tu peux me prendre mon t-shirt, si tu veux. Je sais pas si t’as froid, mais t’as pas l’air très à l’aise. »


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Akane Hirogami
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Dim 1 Jan - 18:11

Il lui demandait pourquoi. Il lui demandait vraiment. Elle le regarda, incrédule. Avait-il vraiment besoins qu'elle lui explique ? Qu'elle lui explique pourquoi elle gardait toujours une tonne de fringues sur elle, qu'importe le temps ? Alors qu'il savait qu'elle était une fille, et qu'elle ressemblait plus à un garçon, comment pouvait-il lui poser la question ? Même, outre le fait qu'il était assez voyant qu'elle se cachait, ne pouvait-il pas être un peu plus discret, et ne pas demander de choses ainsi ? Etait-il donc encore plus bête qu'elle ne le pensait ? Pourquoi devait-il donc toujours poser des questions ? CE genre de question ? La jeune fille passa une main sur son visage, essayant de garder son calme. Elle avait vraiment l'impression qu'en ce moment, elle passait de plus en plus près de la crise de nerfs. Généralement, elle se maîtrisait mieux que ça. Mais depuis quelque temps, elle avait les sentiments à fleurs de peau. Un rien l'a mettait en pétard. Elle commençait à en avoir vraiment marre de sa vie... De tout te sa vie. Sauf qu'elle n'était pas triste, pas désespéré, le genre de chose qui mène au suicide. Elle était juste en colère. Haineuse.

La jeune fille posa ses yeux verts dans ceux de Raimu. Elle ne pouvait décidément rien contre ses yeux là. Elle qui était d'une force brutale, toujours bourrue et faisant preuve de peu de courtoisie, elle ne savait pas faire grande chose devant la bêtise des yeux de Raimu. L’innocence de son regard était une chose qu'elle ne comprenait vraiment pas. Il paraissait souvent bête, parfois une lueur de malice dans ses yeux démentait cette impression d'idiotisme profond. Il était pur. Il n'y avait rien de plus pur que ses yeux là. Il n'avait aucune envie de la mettre dans l’embarras, de l’énerver. Il était seulement un enfant qui veut s'amuser... Il ne pense pas à mal.

Elle soupira. Elle le trouvait ridicule. Il était trop pur pour survivre trop longtemps. Il était trop naïf. Sûr que face à ces yeux là, les siens était tout autres. Souvent agressif, son regard mettait généralement mal à l'aise. Elle laissait parfois son malêtre se déverser par là. Mais la plupart du temps, elle y injectait un mélange d'agressivité froide et de distance arrogante. La plupart du temps, personne ne l'approchait. De toute façon, elle voulait qu'on ne l'approche pas. Mais parfois, son regard ne suffisait pas, et des demeurés comme Raimu la collait. Elle n'arrivait pas à rester froide et distante en musique. Elle laissait alors le plus gros de ses émotions passer, si bien que Raimu devait savoir qu'elle n'était pas un robot sans sentiment. C'était AFFREUX !

"On va dire que c'est ça. Allergie à l'eau et au sel. Et même un peu au sable. Je meurs si je vais là dedans et si je reste trop longtemps."

Cela lui donnait en plus une excuse pour rentrer très vite. Quoi qu'elle n'était pas sûr que Raimu gobe ça. Surtout qu'elle l'avait dit d'un ton neutre, sans une seule pointe de sensation. BREF, tel un robot. En plus fluide. La jeune fille venait de s'attaquer à la blessure de Raimu. Elle regarda alors plus attentivement la peau dorée du garçon, et s'aperçut en effet des cicatrices du jeune homme. Il en avait partout, des fines, des moins fines, quoique généralement quasi invisible, des longues, des plus courtes. C'était assez saisissant, surtout qu'il n'y avait quasiment que de la peau nu sous ses yeux. Akane n'en avait pas autant, bien qu'elle en ait qui soit assez spectaculaire. Elle aimait bien le style que donnait les cicatrices. C'était parfois assez joli. Là, c'était intriguant. Mais c'était aussi un peu effrayant. S'était-il enroulé dans une couverture en fil barbelé afin d'en récolter autant ?

La jeune fille glissa son regard sur le sable, afin de ne plus fixer Raimu. Parce que finalement, elle ne faisait que le mater jusqu'à présent. Pas parce qu'elle allait lui sauter dessus, mais ce n'était pas super polie non plus. Et Akane avait un sens de la politesse. Tenue parfois, mais existant. Elle se leva, avant de laisser Raimu. Pas question de lui montrer ce qu'elle pensait à cet instant. Elle n'aimait pas non plus qu'on la regarde avec dégoût lors de ses transformation, ou comme un animal de foire tellement c'était, semble t-il, cool.

Elle ne remarqua donc pas le coup de langue de son cher Raimu, qu'elle aurait sûrement commentait d'une grimace réprobatrice. Vu la densité de microbe dans la salive...Bref, elle se retourna simplement pour regarder le genou de son compagnon, qui n'avait effectivement plus de filet rouge. Elle ne savait pas comment le sang avait disparut, quoi que la plaie soit humide. Elle ne comprenait pas pourquoi le sang ne sortait pas. Généralement, il sortait. Certes, pas longtemps et pas beaucoup, mais là... C'était insuffisant. Elle fronça les sourcils. Elle resta encore un moment, avant de décider qu'elle ne voulait pas savoir. Parce que soit Raimu avait une maladie qu'elle ne connaissait pas qui faisait que son sang coulait peu, soit il avait un pouvoir lié au phénomène et cela ne lui plaisait pas non plus. Elle ne détestait pas encore Raimu, et elle n'avait aucune envie de le faire. Après tout, elle avait déjà assez de personne chiante dans sa liste...

La jeune fille tendit le sac de Raimu, avant de le regarder prendre ses médicaments. Elle ne savait pas pourquoi il en prenait, mais elle n'allait pas lui demander.Parce que si cela aurait été son cas, elle n'aurait pas aimer qu'on lui demande. Et que, franchement, elle s'en fichait. Il pouvait très bien être enrhumé ces derniers jours et avoir besoins de vitamine ou de trucs du genre. Franchement, ce n'était pas sa grande préoccupation.

Elle laissa cependant son regard vaguer sur les mains de Raimu, et lorsqu'il lui sourit, elle le trouva encore plus con qu'auparavant. Ce gars avait un sourire qui en disait long sur son Quotient Intellectuel. Pourtant, elle ne lui lança pas de réplique sanglante, elle attendit juste qu'il lui parle. Alors, elle détourna le regard, avant de croiser ses bras au dessus de sa poitrine, la dissimulant encore plus. Elle hésita à lui parler. Elle fixa la mer, intensément, puis, se dit que de toute façon, il serait trop bête pour tout comprendre.

"Pas besoins de ton truc, je supporte juste pas d'être sans un bon pull. Je me sens... Tout nu."

Quoi qu'être nue était encore pire. La jeune japonaise garda un moment le silence, avant de reposer son regard sur Raimu. Il n'avait pas bouger de sur le sable. Il avait gardé son sac contre lui, et ses cheveux étaient gorgés d'eau. Elle soupira, puis fit quelques pas en arrière.

"Refile moi tout ça, je vais me poser plus loin, t'as qu'à te baigner et quand t'en auras marre, on rentrera. Je capitule."

Voilà, elle venait de dire qu'elle restait là. Même si elle n'avait pas un seul livre à lire, pas un brin de musique pour ses oreilles, même pas son portable pour faire un jeu débile dessus. Elle n'avait rien, juste un Raimu de six ans sous ses yeux. Elle n'avait aucune envie de lui faire plaisir. Elle se fichait bien qu'il se noie dans les eaux, qu'elle imaginait froides, de la mer. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Du moment qu'il la laissait tranquille. Après tout, l'endroit était plutôt agréable, et il n'y avait pas grand monde. Elle pouvait toujours se poser loin, et rêver en regardant les nuages. Ainsi, elle se débarrasser de tout le monde. Raimu nagerait comme un enfant, et personne ne viendrait briser sa tranquillité. Pas un seul sms, pas un seul cri démoniaque d'Ema. A la limite, peut être des gens extérieurs à sa vie, qu'elle ferait taire d'un regard... Il fallait voir le bon côté des choses.

La jeune fille attrapa le sac de Raimu, et alors qu'elle se retourner pour se poser plus loin, une gamine en maillot de bain rose, qui devait arriver environs à la taille d'Akane, la percuta. Bien qu'Akane n'oscille même pas, qu'elle ne soit aucunement désolée pour la gamine tombé à terre et regardant son seau vide avec tristesse, et laissant un sentiment désagréable l'envahir. Car, si le seau de cette gamine était vide, c'était simplement parce que son contenu venait de se déverser sur elle.

Akane était à moitié trempé, le bas de son tee shirt lui collant maintenant au ventre, révélant son ventre plat et le dessin léger de ses abdominaux. Son baggy lui était mouillé en haut et sur le côté droit. Il collait sa jambe, et ce n'était pas agréable.

Étouffant un juron, Akane attrapa la gamine, afin de la remettre debout, s'accroupit en lui tendant son seau. Puis, elle planta son regard vert dans ceux de la gamine, et cherchant un peu de calme, elle essaya de ne pas trop l'effrayer, même si, à ce moment là, elle n'avait qu'une envie, la frapper. Mais on ne frappe pas les enfants. Alors, elle commença son discours.

"Dis donc, petite, il fait faire attention, c'est dangereux de courir sans regarder autours de toi, tu pourrais faire du mal à quelqu'un ou te faire du mal. Heureusement, je n'ai rien, et tu ne semble pas t'être fait mal... Va et fais bien attention, maintenant."

Et la gamine s'en fut sans rien demander. En même temps, à part pleurer, il n'y avait pas grand chose à faire. Akane était énervée, et elle était un brin effrayante.

"Super. Vraiment."

Elle avait envie de remercier Raimu, maintenant... Elle le déchiquetant à mains nues, par exemple...


Ava by Ema<3 Un grand merci à Niito, Ema
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mer 4 Jan - 9:25

Elle avait l’air atterré. Dans le style « Haha, c’est une blague c’est ça ? » sauf que non, ça n’en était pas une. Qu’y avait-il d’étrange dans sa question, d’ailleurs ? Il n’était pas au courant des moindres méandres de la pensé Akanienne, comment voulez-t-elle qu’il devine pour quelle raison elle ne pouvait se baigner ? Il n’avait pas la science infuse non plus ! Mais son interrogation devait vraiment être d’une rare bêtise, car elle alla jusqu’à se prendre la tête dans le main et soupira longuement. Oui, bon, ça va, il avait saisi.

Elle lui répondit donc positivement, lui affirmant avec un visage de glace qu’elle était allergique non seulement à l’eau et au sel, mais également au sable ce qui sous-entendait que la plage risquait à tout moment de la tuer. Raimu sourit et lui lança un regard désabusé. Il fallait pas non plus le prendre pour plus stupide qu’il n’était. Il considérait comme tout à fait possible ce genre d’allergies multiples et croisées, mais il ne croyait pas du tout au ton qu’avait utilisé Akane pour les lui confirmer. Sous ses airs de sombre idiot, le garçon était une personne observatrice mine de rien. Il préférait juste se taire plutôt que de mettre ses interlocuteurs dans l’embarras avec des questions mal posées ou, au contraire, trop pertinentes.

Elle détourna le regard devant son dernier sourire, ce qui lui en tira un encore plus grand. Pourquoi boudait-elle ? Sans importance, elle le lui dirait si elle avait envie. En attendant, c’était mignon. Les bras croisés sur sa poitrine, elle fixa une dune un peu plus loin avant de lâcher toujours sans le regarder :

« Pas besoins de ton truc, je supporte juste pas d'être sans un bon pull. Je me sens... Tout nu.
_ Toute nue, tu veux dire. »


Mais il ne poussa pas sa curiosité - pourtant presque maladive - plus loin. Les points sensibles, ça se respecte. Tirer une flèche en plein dedans n’est pas des plus courtois. Aussi ne broncha-t-il pas d’avantage et rangea son t-shirt et le reste de ses affaires dans le sac toujours sur ses genoux, marmonnant en même temps une phrase comme quoi Akane était juste frileuse mais trop fière pour l’admettre alors que, pourtant, il n’y avait aucune honte à être frileux ! Regarde par exemple, lui il est frileux, et c’est pourtant un garçon et il le vit très bien ! Donc elle devrait assumer sa différence et accepter l’aide des gens gentils comme lui. La jeune fille, bien sûr, n’en avait rien à battre. Après un nouveau soupir dans sa direction - ça faisait combien depuis qu’ils étaient arrivés ? Cinq ? - elle lui tendit la main. Oh, elle voulait l’aider à se relever ? Trop aimable !

« Refile moi tout ça, je vais me poser plus loin, t'as qu'à te baigner et quand t'en auras marre, on rentrera. Je capitule. »

Ou pas. Raimu fit la moue. S’il l’avait entrainée avec lui à la plage, c’était pas pour ensuite la laisser toute seule dans un coin pendant qu’il s’amuserait. L’idée, à la base, c’était qu’ils s’amusent tout les deux. Bon, bien sûr, il aurait dû se douter que Akane n’était pas ce genre de fille qui adore la mer, le soleil, le sable et les crustacés, mais il avait voulu tenter le coup quand même. Maintenant qu’ils étaient ici, autant profiter, non ?

Alors qu’il ouvrait la bouche pour lui expliquer tout haut sa grande théorie sur l’amitié qui les liait et tout ce qu’elle impliquait - des choses comme « se tenir mutuellement compagnie » et autres - la jeune fille décida que le temps d’attente était trop long et attrapa le sac de son propre chef avant de s’éloigner de lui. Au moment où il se redressait pour lui courir après, une gamine en maillot rose entra dans son champ de vision et percuta Akane, lui renversant le contenu de son seau dessus. Il retomba aussi les fesses dans le sable, les mains plaquées sur la bouche. Ne pas rire, ne pas rire, ne pas rire. C’était pas marrant du tout. Après tout, la petite allait sûrement y laisser sa peau.

Akane se retourna lentement, une lueur meurtrière dans le regard qui fit redoubler d’intensité le fou rire contenu de Raimu. Doucement, elle posa les yeux sur ses vêtements mouillés et dorénavant moulants, avant de remonter pour croiser le regard terrifiait de l’enfant tombée au sol sous le choc. Le garçon ne riait plus, attentif à la confrontation à venir. Il savait désormais que la brune n’exécrait rien moins que les vêtements près du corps - de son corps - et soupçonnait aussi que n’importe qui d’autre serait déjà en train d’agoniser, la bouche plein de sable. Mais face à une petite à couettes blondes et maillot rose, comment allait bien pouvoir réagir la monstrueuse, insensible et terrifiante Akane ? Suspense.

Elle la releva avant de s’accroupir à sa hauteur et lui rendre son seau. Si on oubliait le juron prononcé entre ses dents, elle avait presque eu l’air d’une personne normale. Si sa voix laissait entendre son énervement, ses gestes, eux, n’en avaient rien dit. Un bon point pour elle. Raimu leva un sourcil intéressé.

« Dis donc, petite, il faut faire attention, c'est dangereux de courir sans regarder autours de toi, tu pourrais faire du mal à quelqu'un ou te faire du mal. Heureusement, je n'ai rien, et tu ne semble pas t'être fait mal... Va et fais bien attention, maintenant.


Avant d’ajouter, une fois la gamine partit, en regardant les dégâts causés par l’eau salée sur sa personne :

_ Super. Vraiment. »

Le garçon se mit à sourire tout seul dans son coin. Il savait bien que Akane n’était pas l’automate qu’elle semblait être, mais ce genre de démonstration faisait toujours plaisir à voir. Pour l’avoir entendue chanter plusieurs fois, il avait quelque fois eu le rare privilège d’entrevoir ce qu’il se cachait sous sa carapace de froideur - ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Si bien que, depuis - on pourrait même dire « depuis toujours » vu qu’il l’a rencontrée alors qu’elle chantait, mais passons - il n’avait jamais cru en son masque. Celui de mauvaise humeur perpétuelle qu’elle se colle sur le visage. Il n’y croyait pas et n’en avait pas peur non plus. En fait, il ne servait à strictement rien d’après lui. Il n’y avait bien que Akane elle-même pour penser qu’un tel bouclier était nécessaire. Et pourtant, admirez sa solidité : une gamine lui renverse de l’eau dessus et il se fissure pour laisser passer la vraie. Sérieusement, il faudrait qu’elle s’en rende compte un jour.

Il se leva à son tour et s’approcha d’elle nonchalamment, les mains dans les poches s’il en avait eut. Lui jetant un regard qui voulait tout dire, il la taquina gentiment :

« Madame la dure serait-elle donc une tendre, tout au fond ? Après tout, même Akane la Terrible reste gentille avec les enfants ! »

Tout est relatif, bien sûr, mais lorsque l’on connait la bête on sait que, malgré le ton polaire, Akane s’était montrée d’un rare gentillesse avec la petite fille. Elle ne l’avait même pas frappée, c’est pour dire.
Lui attrapant le sac des mains, fouilla à l’intérieur pour en re-sortir son T-shirt ainsi que le short de rechange qu’il avait apporté pour lui-même.

« Te voilà obligée de le mettre, maintenant, dit-il avec un sourire. Et tu devrais te dépêcher si tu veux mon avis, ajouta-t-il en attrapant le vêtement collé sur son ventre et le tendant un moment. Sinon tu vas te retrouver avec des grosses plaques rouges et une tonne de boutons.

Puis devant son air perplexe :

_ Tu es allergique à l’eau de mer, tu te souviens ? sourit-il, moqueur. »

Puis il s’éloigna sans la regarder, s’enfonçant plus avant dans le sable et donc tournant le dos à la mer qui l’appelait pourtant. Il continua de lui parler tout de même, le sac jeté sur l’épaule, cherchant en même temps une place où ils pourraient s’installés.

« En plus je pense que ce sera un peu trop grand pour toi, donc ça devrait pas trop de dépayser n’est-ce pas ? Ce sera comme à la maison ! »

S’ils faisaient tout deux la même taille, Raimu n’en restait pas moins un garçon : épaules et dos plus larges, hanches moins rondes, etc… Il finit par poser le panier sur une petite dune, éloignée du bord de l’eau tout comme des autres baigneurs et se laissa tomber à côté de lui. Attendant en souriant qu’Akane le rattrape, il lui dit quand elle fut à sa hauteur :

« C’est pas marrant de s’amuser tout seul, donc je vais rester avec toi ; ça se fait pas de laisser ses amis s’embêter dans un coin ! »


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mer 4 Jan - 17:34

Toute nue ? Il se foutait d'elle là ? Il voulait la foutre en rogne ou quoi ? Ce n'était quand même pas possible d'être chiant à ce point. Bien sûr qu'elle était une fille, et bien sûr qu'il le savait, mais ce n'était pas une raison pour la reprendre. Pourquoi ne comprenait-il pas qu'elle avait fait exprès ? Qu'elle parlait toujours d'elle au masculin, évitant toujours de ce mettre dans des situations lui rappelant sa véritable nature. Ce type était idiot. Il avait besoins qu'elle le lui dise clairement. Qu'elle l’énonce. Et peut être même qu'à ce moment là, il se poserait encore d'étrange question. Elle ne voulait pas parler de ça. Ni avec lui, ni avec quelqu'un d'autre. Ne pouvait-on pas la laisser tranquille ? Non bien sûr. C'était déjà trop étrange qu'elle soi ce qu'elle est. On ne peut pas laisser tranquille une fille habillé en garçon. C'est juste trop... Hors norme. Alors, il fallait savoir pourquoi et le changer. Juste parce qu'elle ne suivait pas tout le monde. Juste parce que ce qu'elle faisait n'était pas commun, elle était emmerdée. Elle en avait marre. Vraiment. Il s'entêtait à lui parler des pires choses de sa vie. S'il prononcé le mot pouvoir, elle l’exposer avant de rentrer dormir au pensionnat. Il y avait des limites à ne pas franchir.

"Non, je n'ai pas fais de faute."

Elle le murmura plus qu'autre chose, bien sûr. Parce que sinon, il allait encore sauter sur l'occasion pour la faire parler, elle en était sûr. Akane ne comprenait toujours pas ce qu'elle faisait avec Raimu, et elle le comprenait de moins en moins. CE gars était juste le mec le plus chiant de la planète. Il était idiot, et en plus, il était vexant. Enfin vexant... Il pointait du doigt des choses auxquelles il ne devrait pas toucher... A moins que ce soit fait exprès ? Akane regarda un instant le gars ridiculement bête à ses pieds, avant de se rendre à l'évidence. Soit c'était un très bon comédien, un salaud fini, soit c'était juste un idiot naïf. Et dans les deux cas, ce n'était pas super pour lui. Mais Akane ne fit que soupirer. Parce que dans les deux cas, c'était elle la victime. Lui il était soi trop cruel pour s'en douter, soit trop con pour comprendre son idiotie. En bref, elle était dans une situation extrême.

Voyant que Raimu était le gars le plus lent de la planète, encore une fois, Akane s'empara du sac avant de se prendre la fillette. Bien sûr, elle était certaine que Raimu s'offrait le cinéma avec pop corn et soda. Si bien, qu'elle préféra inspirer plusieurs fois avant d'écouter les palabres de l'idiot. Qui parut moins sympathique qu'à l'accoutumée. Bien sûr, elle n'était pas la gentillesse incarnée, et elle ne comprenait toujours pas comment Raimu faisait pour ne pas l'envoyer pomponner. Même, comment faisait-il pour toujours revenir la voir... Mais là, c'était juste nul. La jeune fille se tourna donc lentement vers Raimu, lui offrant un visage neutre, et des yeux glaciaux. Elle savait très bien que cela ne fonctionnerait pas sur Raimu. Il n'était pas impressionné par elle. Mais, elle ne faisait pas cela pour lui dire de ce taire. Elle en était bien au delà. En fait, elle lui montrait juste exactement ce à quoi elle pensait, ce qu'elle ressentait à l'instant. Une grande lassitude, une grande tristesse et par dessus tout... Une véritable envie de meurtre. Puis, elle s'approcha de Raimu, et colla son corps contre le sien. Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau. Comme ils faisaient la même taille, elle pouvait glisser ses yeux dans les siens. C'était plutôt confortable pour ce genre de chose...

"Tu n'as rien compris Raimu. Cette gamine a été épargné pour plusieurs raison. D'abord parce que si je me la suis prise, c'est entièrement de la faute de celui qui m'a emmené ici. Sinon, pas d'eau, pas de vêtements mouillés. Ensuite, parce qu'on ne frappe pas les plus faibles que soit, c'est juste lâche. Et pour terminer, cela ne m'aurait apporté que des ennuies. Cela n'a rien à voir avec de la gentillesse. Rien du tout."

Et puis, qui avait dit qu'elle était terrible et méchante ? Personne ! Elle ne s'était jamais autoproclamé grande malfaisante. Bien sûr, elle montrait assez peu ses bons côtés. Parce qu'elle même ne pensait pas en avoir, sûrement. Dans tout les cas, elle n'acceptait pas qu'on dise ce genre de chose sur elle. Elle n'était pas forcément méchante. Elle n'était pas gentille non plus. Son geste n'avait rien à voir avec de la gentillesse, elle voulait juste être clair. Ce n'était pas avec bienveillance qu'elle avait ainsi été avec la petite fille. Elle avait juste trouver plus de raisons pour ne pas lui faire de mal que pour lui en faire. Mais Raimu ne le comprendrait certainement pas comme ça. Akane ne pensait pas avoir à se justifier. Elle l'avait pourtant fait. Sa patiente avait des limites un peu faible, et elle en était consciente. C'était souvent pour cela qu'elle se transformait. Elle n'arrivait pas à rester trop longtemps calme.

Akane se détacha de Raimu. Le laissant parler de son short et de son tee-shirt. Bien sûr. Elle resta un instant interdite, avant de le regarder d'un air neutre. Elle devait maintenant faire attention à ne pas lui montrer ce qu'elle ressentait. Pas pour lui, mais pour elle. Elle ne voulait pas lui montrer qu'elle avait plus de sentiments que la plupart pensait. Non, elle était froide, cassante. Et on ne le changerait pas. Elle suivit doucement la garçon, jurant tout de même intérieurement devant la silhouette du jeune homme. Elle n'avait qu'une envie, se jeter sur lui et lui faire manger du sable. Peut être qu'elle le ferait bien volontiers plus tard, lorsqu'il penserait qu'elle l'aurait pardonné. Parce qu'Akane ne pardonne pas, bien entendu. Elle attend juste le bon moment pour tuer. ARHEM.

Sa maison. Akane n'avait pas envie de retourner dans sa maison. D'être comme chez elle. D'ailleurs, était-ce véritablement sa maison ? Sans doute pas. Sans doute plus. Elle avait quitté sa famille comme ses lieux connus sans aucun souvenir. Elle ne voulait pas retourner là bas. Pas avant de pouvoir changer ce monstre en elle. Pas avant d'avoir changer cette chose qui grondait en elle. Ensuite, elle verrait. Parce qu'elle n'avait aucune envie de refaire face à son frère. Elle ne voulait pas voir son visage, son regard de dégoût. Elle resterait sans doute à tout jamais un monstre pour elle. Quoi qu'elle y fasse...

Akane ne fit aucun commentaire, gardant juste son masque neutre, comme elle venait de se le promettre. Raimu, bien qu'il n'y fasse sans doute pas attention, ne faisait que tomber dans les sujets tabous de la jeune fille. Elle était consciente qu'il ne faisait pas exprès, et qu'elle même prenait cela trop à cœur. Mais elle n'y pouvait rien. C'était ainsi. Il l'énervait. Et comme elle savait très bien que ce n'était qu'à cause d'elle, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle aurait vraiment voulu lui crier dessus une bonne fois pour toute, mettre les choses aux clairs et puis partir. Mais elle n'en avait pas la force, et elle se savait en tort. Et elle avait compris que ce qu'il l'énervait le plus chez Rai, c'est que lui, il n'était pas énervait par elle. Elle aurait voulu qu'il la déteste... C'était trop demandé...

"Amis ? Amis ? Où vois-tu donc des amis ?"

Et Akane resta debout, les bras croiser, plongeant son regard dans celui de Raimu. Elle ne laissa pas une seule émotion filtrer ses pupilles. Elle n'était pas amie avec Raimu. Elle ne l'était pas. Simplement parce qu'elle n'avait pas d'ami. Parce qu'en principe, un ami, c'est une personne qu'on apprécie. C'est une personne avec qui on se sent bien. C'est une personne qui nous donne envie d'être heureux. A la limite, on se confie un peu à un ami, tout du moins, dès lors qu'on tient beaucoup à lui, et qu'on a confiance. Akane n'avait pas confiance en Raimu. Elle ne lui laisserait rien d'elle. Elle ne tenait pas plus que cela à lui. Ce serait dommage qu'il meurt, s'il était avec elle à ce moment là. Elle ne se confiait pas à lui nous plus. A personne, d'ailleurs. Raimu ne lui donnait pas envie d'être heureuse. Juste de s'enfermer encore plus en elle. Pour ne pas qu'on la devine plus. Bien sûr qu'elle n'était pas un robot. Elle aurait tellement aimer l'être, pourtant... Elle ne se sentait pas si bien que ça avec Raimu. Bien sûr, il était gentil. Mais elle avait toujours une impression de malaise. Où qu'elle soit et avec quiconque. Et bien sûr... Elle ne l'appréciait pas. A la limite, elle le supportait plutôt bien.

"Tu sais, même si je reste dans un coin, je m'embêterais pas."

Elle ne se voyait pas lui dire qu'il pouvait bien aller, qu'elle serait triste de l'empêcher d'aller se baigner. Mais cela aurait été mentir. Puisque la vérité,c'était qu'elle voulait être seule. Parce que c'était bien plus simple comme ça. Sauf quand des abrutis se collait à elle et qu'elle ne parvenait pas à les envoyer promener. Elle avait essayé avec Raimu, elle essayait encore. Mais bon... Ce n'était pas vraiment ça. Elle devait rouiller. Avant, on ne l'approchait pas. Maintenant, elle avait l'impression d'être un gros aimant. Plusieurs personnes la collait et essayait de percer sa coquille. Mais elle ne le voulait pas. Et plus ils poussaient, plus elle se braquait, plus elle devenait coléreuse, plus elle s'affaiblissait et finalement, plus elle avait envie de fuir. Elle ne voulait pas de la sympathie de Raimu. Elle ne la voulait de personne. Elle voulait juste ne plus être elle même. Ne plus être un monstre. Ne plus avoir de pouvoir. Ne pas être ici. Remonter le temps, et dormir tranquillement à côté de son frère.

Akane brisa le lien de leur regard, cherchant un échappatoire. Elle comprenait maintenant pourquoi le regard de Raimu l'embêtait ainsi. Ses yeux verts. Les même que les siens. Les même que son frère. La ressemblance s'arrêtait là, bien sûr. Mais la gentillesse du regard de Raimu... C'était la même que son frère. Tout du moins, en partie. Et c'était pour ça qu'il l'énervait d'autant plus. Elle le détestait. Elle le détestait vraiment.

Reprenant contenance, elle décida de plonger son regard sur le nez de Raimu. Cela l'empêchait en partie de voir ses yeux, et elle pouvait lui faire face. Alors bien sûr, cela se devinait, qu'elle ne le regardait pas dans les yeux. Mais elle s'en fichait. Elle ne voulait pas craquer. Jamais.

"J'ai pas besoins de baby-sitter, Raimu. Vraiment."

Et elle ne le suppliait pas. Elle voulait juste lui faire comprendre qu'il n'avait pas sa place dans sa vie. Parce que personne n'avait de place. Il n'y avait qu'elle et sa bête. Et c'était déjà bien assez compliqué comme ça.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mer 4 Jan - 23:00

Ce qu’il dit ne plu apparemment pas du tout à la jeune fille, qui se retourna brusquement pour venir coller sa poitrine et son front contre lui. Lui apportant l’information que, oui, Akane avait bel et bien des seins. Mais il s’en souciait comme d’une guigne actuellement, son regard effrayant planté droit dans le sien lui procurant pour d’inquiétudes. Pas qu’il craigne grand-chose pour sa vie, mais une Hirogami en colère était toujours à prendre avec des pincettes - ce qui n’était pas son fort - mieux valait être sur ses gardes.

« Tu n'as rien compris Raimu. Cette gamine a été épargné pour plusieurs raison. D'abord parce que si je me la suis prise, c'est entièrement de la faute de celui qui m'a emmené ici. Sinon, pas d'eau, pas de vêtements mouillés. Ensuite, parce qu'on ne frappe pas les plus faibles que soit, c'est juste lâche. Et pour terminer, cela ne m'aurait apporté que des ennuies. Cela n'a rien à voir avec de la gentillesse. Rien du tout.

Il resta sans rien dire tout le long de la confrontation, assimilant les arguments qu’elle lui crachait à la figure. Bon, cette nana était définitivement illogique. Quand elle se fut vaguement calmée - il entendait par là qu’elle avait arrêter de parler d’une voix sourde et menaçante - Raimu pencha la tête sur le côté, la regardant d’un air interrogateur. Il ne comprenait pas. Enfin si, il avait très bien saisi les deux points importants de son monologue : 1. C’était sa faute et 2. Elle n’était pas gentille. Il garda ses yeux verts fixés dans les siens, sans une once d’animosité dans son regard à lui. Juste de l’attente, celle que la tempête passe et, tout au fond, une lueur de curiosité. Akane était à n’en pas douter un mystère.

_ Tu veux dire que, s’il se mettait à pleuvoir brusquement plein cours de sport, ce serait la faute du prof de gym qui vous fait courir sur terrain ? Enfin, je suppose que c’est une façon de voir les choses
, continua-t-il avec un haussement d’épaules. Chacun son truc. »

Elle était unique. La plupart des gens étaient contents quand on leur disait qu’ils étaient gentils, elle elle avait failli lui casser les dents. Et maintenant, voilà qu’elle lui prêtait des pouvoirs de décider du destin des gens qu’il était loin de posséder. Akane était comme un chat acculé dans une impasse, feulant sa haine et sa rage à la gueule du monde. Qu’importe qu’une gentille vieille vienne lui apporter un bol de lait, elle ne la grifferait pas moins pour autant. Parce qu’elle faisait partie des autres et qu’elle haïssait tout ce qui n’était pas elle. Quoique, vu son penchant autodestructeur, il avait fort à parier que si, elle se haïssait elle-même également. La question était alors : mais qui ne haïssait-elle pas ? Si il trouvait cette personne, il trouverait à coup sûr ne nœud du problème.

Satisfait de son analyse, Raimu dépassa la jeune fille et s’enfonça dans les sables chauds, jetant quelques phrases par-dessus son épaule. Elle le suivait de loin, des ondes négatives flottant dans son dos. Ok, il avait saisi, ils étaient partis pour une mauvaise journée avec une Akane de mauvaise humeur. Mais le garçon n’était pas du type à se faire décourager par ce genre de petites contrariétés. Alors qu’elle lui demandait, avec un air froid, où se trouvaient les deux amis dont il pouvait bien parler, il se contenta de s’allonger un peu plus dans le sable et de la regarder en souriant. C’était pas gagné.

Car oui, Akane était l’amie de Raimu. Elle-même ne s’en rendait pas compte et lui se doutait bien que c’était à sens unique, mais il appréciait la jeune fille. Pas qu’il apprécie particulièrement le type garçon-manqué-mal-dans-sa-peau mas elle avait une jolie voix et chantait bien. Elle possédait aussi une profondeur que peu, dans ce pensionnat, pouvaient se vanter d’égaler. Sa carapace la cachait aux yeux du monde, son mal-être la laissait entr’apercevoir, ses chansons la dévoilait l’espace de quelques minutes. Encore une fois, il se félicita de l’avoir rencontrée alors qu’elle une guitare à la main sinon, sans doute qu’il aurait fait comme les autres ; il se serait tenu éloigné d’elle.

« Tu sais, même si je reste dans un coin, je m'embêterais pas.
_ Oui, oui, je sais
, dit-il en terminant de s’allonger, la tête appuyée sur le cousin que formait son panier. »

Elle était son amie mais le contraire n’était, de toute évidence, pas réciproque. Alors qu’il croisait les bras sous sa tête, Raimu plongea son regard dans celui de sa compagne. Elle faisait partie de sa vie sans que lui fasse partie de la sienne. Comment l’apprivoiser ? Il n’en avait pas envie. Apprivoiser est un mot fort, que l’on utilise souvent à tort et à travers. Akane était un animal sauvage, c’était certain, et il fallait qu’elle le reste. L’histoire du Petit Prince ne l’avait-elle pas assez démontré ? Le renard, une fois apprivoisé, était domestique et ne pouvait se passer de lui. Et Raimu ne voulait pas ça. Il voulait une relation de confiance, d’égal à égal. D’animal sauvage à animal sauvage. Mais il pouvait toujours courir pour qu’elle fasse le premier pas, il serait redevenu poussière avant que la jeune fille ne se décide à quoique ce soit. Il soupira sans la quitter des yeux ; il allait devoir tout faire.

Akane détourna soudain le regard, pour une raison qui lui échappait, avant de revenir le fixer… sur son nez. Raimu loucha un instant avant de lever les yeux vers sa compagne. Quoi, qu’est-ce qui lui arrivait ?

« J'ai pas besoins de baby-sitter, Raimu. Vraiment.
_ Qui a dit que tu en avais besoin ? C’est moi l’enfant, ici, il me semble.


Glissant une main dans le sac sous sa tête, il en tira son T-shirt qu’il lui lança. Elle le rattrapa d’une main, jolis réflexes.

_ Tiens, enfile ça. Et si tu n’en veux pas, tu peux toujours t’en servir pour t’asseoir dessus. Moi, je vais rester là et bronzer un peu. »

En disant cela il avait sortit son short et l’avait posé sur ses yeux, les protégeant ainsi du soleil radieux de 14h. S’agitant quelques secondes le temps de creuser un lit agréable dans le sable, il s’immobilisa ensuite pour ne plus rien dire. Rien. Pas un mot. Raimu respirait lentement par le nez, savourant la chaleur sur sa peau et le picotement des grains de sable sur son dos. Une brise marine vint lui agiter les cheveux, déposant sur ses lèvres l’air salé de la mer. Il sourit, aux anges.

Le silence dura longtemps, peut être même s’était-il endormi entre temps. Le sang dans ses veines bouillait agréablement, un peu comme celui d’un lézard se dorant au soleil, le nez dressé, les griffes agrippées à un rocher. Frileux comme il était, de toute façon, Raimu avait forcément été un lézard dans une autre vie. Ou un quelconque animal à sang froid qui vit de la chaleur de l’astre millénaire. Peut être même un dinosaure, qui sait ? Plus aucun son ne lui provenait de sa gauche, là où il avait aperçu Akane pour la dernière fois. Si ça se trouve, elle était partie, le plantant là. Comment savoir ? Et hors de question d’ouvrir les yeux, il était trop bien installé de la sorte. Les cris des mouettes le berçait agréablement, lui rappelant des souvenirs anciens. Alors, le garçon se rappela ce qu’il s’était dit peu de temps auparavant - à moins qu’il n’ait dormi plusieurs heures ? - juste avant de se laisser aller de la sorte ; il devait faire le premier pas.

« Ça va faire près de dix ans que je n’étais pas venue à la mer.


Il ne savait même pas s’il parlait dans le vide ou pas mais, utopiste comme pas deux, il se borna à espérer.

_ Mère et Onii-sama étaient avec nous, Père ayant préféré rester à la maison. C’était la deuxième fois que je voyais la mer, mais je l’aimais déjà ! Seulement je n’avais pas le droit d’aller me baigner et je devais rester assis sous le parasol, près de la gouvernante, sans même pouvoir aller me dégourdir les jambes dans le sable ; je risquais de tomber et me faire mal. J’ai passé la journée là, assis sur ma serviette, à regarder les autres enfants faire des batailles d’eau et des châteaux de sable. Malgré tout, j’en garde un bon souvenir.


Il sourit à cette évocation, se souvenant les jérémiades incessantes de la gouvernante que la chaleur insupportait. Hagane, lui, avait passé le temps à faire de la natation, alternant brasse, crawl, papillon. Même à la mer, il s’entrainait. Et Mère… d’une beauté glaciale, son regard ne s’était pas détaché une seule fois de son fils aîné, allant jusqu’à lui faire des commentaires sur l’irrégularité de ses respirations ou de ses mouvements de bras. Soudain, un rire fusa de sa gorge.

_ Vers le soir, la gouvernante s’était endormie, continua-t-il. Alors, doucement, je me suis esquivé et j’ai couru jusqu’à l’eau. Couru, couru et réussi à tremper mes pieds dans l’eau avant qu’on ne me rattrape. Il fallait voir la tête de la vieille, elle était verte ! s’exclama-t-il en riant. Le lendemain, mon frère m’a emmené avec lui. Il m’a fait barboter quelques minutes avant de, finalement, me ramener sur ma serviette. C’était tellement bien que, regarde, je m’en souviens encore ! »

Hagane. Si grand, si fort, tellement parfait qu’on se demandait de quel moule on l’avait tiré. Sûrement pas le même que le sien, petit et malade. Et pourtant, ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, impossible de douter de leur lien de parenté. Les mêmes cheveux châtains, le même visage rond à l’adolescence et les mêmes yeux verts brillants. Hagane, qui lui avait brisé le nez. Hagane, qui avait failli le tuer.

Relevant soudainement ce qui lui servait de cache-soleil, Raimu jeta un regard oblique à côté de lui.

« Et toi, c’était quoi tes derniers souvenirs de la mer ? »

Oh.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Jeu 5 Jan - 18:10

Akane esquiva la réponse de Raimu. S'il ne voulait pas comprendre, qu'il ne le fasse pas. Après tout, c'était complétement la même chose. Akane ne venait jamais sur la plage. Elle n'avait eu aucune envie d'y aller, et si elle avait eu le choix, elle aurait assommé Raimu pour ne pas qu'il vienne la chercher toute la journée. Donc, c'était bien sa faute si elle était ici. Car pour le sport, elle était "obligé", même si elle passait le plus clair de son temps à sécher. A l'infirmerie ou alors en train de dire qu'elle ne pouvait pas courir. Parfois, elle avait envie de se dépenser, et elle montrait qu'elle n'était pas une chiffe molle. Car Akane avait des muscles. Elle était endurante, elle avait de la force, de la vitesse, de l'équilibre et une certaine souplesse. C'était ça de se battre, de jouer avec les autres et de ne pas savoir quoi faire de son corps. Elle avait toujours cru que c'était très masculin, le sport. Et puis, elle avait toujours cette énergie en elle. Et comme elle ne la dépensait pas assez, parfois, elle se prenait un peu trop au jeu. C'était assez hallucinant de la voir courir, sauter, bref, bouger. Mais bien sûr, elle ne le faisait qu'avec des sports individuels. Elle n'était pas bonne à la course pour rien. Lorsqu'elle courait, c'était seule avec elle même...

L'enfant. Effectivement, c'était bien lui le gamin, dans l'histoire. Pourtant, elle avait la désagréable impression qu'il voulait la protéger, la seconder... Elle ne savait pas trop quoi en penser, mais c'était comme si elle avait eu besoins de lui. Alors que ce n'était pas du tout le cas. Elle voulait lui faire comprendre. Mais il ne l'avait pas pris ainsi. L'enfant, Raimu. Un grand sourire, des yeux pétillants, les formes encore rondes de l'enfance. Elle s'en rendait compte maintenant, de son visage encore enfantin. Bien sûr, c'était léger. Mais finalement, il n'y avait pas que son caractère qui soit arriéré. Pourtant, elle avait la fâcheuse tendance de penser qu'il n'y avait pas que ça derrière Raimu. Qu'il n'était pas que le gamin insouciant et gamin. Toutefois, cela ne fit que lui effleurer l'esprit. Elle se fichait bien de savoir qui était Raimu. Son passé, ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas. Tout cela, ce n'était pas ses affaires. Et puis, c'était des tas de choses inutiles. Que pouvait-elle faire de toutes ses choses ? Rien, bien sûr. Alors, elle ne dit rien.

Akane regarda le tee-shirt dans sa main, elle le passa dans l'autre, avant de regarder Raimu d'un air perplexe. Il ne pensait pas qu'elle allait se changer là, comme ça ? Si, bien sûr. D'ailleurs, il avait l'air content de lui, allonger de tout son long. Il avait fermé ses yeux, et elle ne savait pas quoi faire de cette chose entre ses mains. Elle pesait le pour et le contre. Parce qu'elle se changeait rarement devant les autres, et c'était simplement pour un pull. Alors enlever son tee shirt devant une plage - oui, même quasi vide - et foutre un truc inconnu sur le dos... Mais elle avait un peu froid, ç cause de l'eau salée contre sa peau, et puis, il lui collait. Bien sûr, ce n'était que sur son ventre, mais ce n'était pas très agréable quand même.

Alors qu'elle essayé de trouver une solution, Raimu commençait à s'endormir. Alors, elle regarda autour d'elle, et comme elle ne vit personne, elle retira d'un mouvement sec son tee-shirt, avant d'enfiler celui de Raimu. Elle respira une fois, puis deux, avant de regarder le désastre. Ce n'était pas vraiment son genre, et elle avait l'impression d'être un peu à l'étroit. Raimu avait beau être un gars, elle portait de toute façon des affaires de mec, et ce trois fois trop grand pour elle. Bref, elle avait l'impression d'avoir fait le mauvais choix. Sauf qu'elle n'allait pas se changer une nouvelle fois. Alors, devant le silence reposant de Raimu, elle s'assit à côté de lui et écouta le bruit des vagues.

C'était peut être la seule chose intéressante, à la mer. Le son produit par l'étendue aqueuse.

Elle somnolait un peu, lorsque la voix de Raimu la fit revenir à la réalité. Il lui parlait de son enfance. Et elle ne le voulait pas. Peut être avait-il juste envie d'en parler, mais jusque là, aucun des deux n'avait parler de leur famille ou passé respectifs. C'était presque un accord tacite entre eux. Elle se sentait mal, comme si ce n'était pas bien. Peut être aussi parce qu'il faisait ça pour qu'elle parle à son tour. Et elle ne le voulait pas. Elle n'avait vraiment pas envie d'en parler. Jamais. Pourtant, Raimu continuer de parler, et tout cela, en se cachant le visage avec son short. Elle resta interdite un instant. C'était comme s'il redoutait son visage, sa présence. Comme si ce qu'il avait à lui dire était un peu douloureux, même si ces mots étaient emprunts de gaieté. Bizarrement, avec son attitude physique, cela faisait une différence. Mais elle n'avait aucune envie de se foutre la dedans. De chercher ce qui n'allait pas chez Raimu. Qu'il garde ses problèmes pour lui...

Puis, il se tut, et elle sentit un mouvement. Il souleva son short, et inséra son regard dans le sien. Il lui posa la question qu'elle ne voulait pas entendre. Elle haussa les épaules, avant de se détourner. Elle n'avait pas envie de répondre. Elle n'avait pas envie de se livrer à lui.

"Alors comme ça, t'as un frère..."

Et puis, elle se dit, qu'après tout, ce n'était pas si grave. Qu'il n'y avait rien à tirer de ce qu'elle pourrait dire. Parce que, c'était fade et sans saveur. C'était juste un souvenir. Et qu'il n'y avait rien à y penser. Et puis, peut être que Raimu se tairait encore, et qu'il ne viendrait plus la chercher... Ou alors... Elle ne préféra pas écouter la deuxième option. Elle se tourna de nouveau vers Raimu, avant de ficher son regard dans le sien. Elle resta neutre, pour ne pas trahir ses sentiments. Parler de son passé n'était pas vraiment agréable pour elle. Douloureux, même.

"J'étais toute petite, et c'était la dernière fois que mon frère pouvait sortir dehors aussi loin. On est resté sur une serviette à regarder la mer, parce qu'il n'avait pas le droit de se découvrir. On était tout les deux en pull, même si j'avais trop chaud."

Voilà, c'était dit. Elle rencontra le regard si vert de Raimu, quoi que trop foncé pour être comme celui de son frère. Elle détourna les yeux, pour les poser plus loin, sur la plage. Elle parlait encore moins souvent de son frère, et elle se dit à ce moment là qu'elle aurait peut être dû mentir. Se rappeler que son frère était si souvent dans un hôpital, puis ensuite trop faible pour reste une semaine complète à la maison... Puis pendant une période, il n'avait le droit qu'à faire le tour de l’hôpital. C'était ses seules sorties. Bien sûr, certainement que maintenant, il pouvait sortir. Il avait eu assez de produit dans le sang pour pouvoir faire comme s'il était normal. Et puis, maintenant qu'elle n'était plus là pour la fatiguer, il devait sûrement allait mieux. Elle en était sûr. Sinon, ce serait trop injuste.

La jeune fille soupira. Elle n'avait aucune envie de parler. DE parler avec Raimu. De parler de on frère. De parler de son frère à Raimu. Et voilà qu'elle faisait tout ce qu'elle n'avait pas envie de faire. Parfois, elle se détestait de ne pas mentir facilement. Elle aurait pu au moins avoir cette qualité, qui l'aurait souvent sortie d'aventure peu agréable.

"J'aime vraiment pas la mer."

Parce que maintenant, même le bruit des vagues lui donnait envie de frapper, de crier, de pleurer. Parce que, généralement, trois sentiments se mêler en Akane. Peur, Colère, Tristesse. Elle se mettait en colère pour ne pas montrer son désarroi. Elle se mettait en colère pour ne pas montrer sa peur. Elle ne voulait pas de la pitié des autres, de leur sympathie. Elle voulait juste qu'on la laisse seule. Parce qu'elle n'était qu'un monstre, qu'elle était dangereuse, qu'elle était dégoutante. Parce qu'elle ne voulait pas de l'aide des autres. Elle n'aimait personne, pas même elle. La seule personne qu'elle avait vraiment aimé l'avait repoussé avec tant de hargne que c'était devenu insoutenable pour elle... Avoir des liens avec les autres, c'était juste souffrir plus que nécessaire. C'était juste être emmerder à jamais.

"Je sais pas pourquoi, ça m’étonne que tu viennes d'une famille de riche."

Pare que Père, Mère et Gouvernante, c'était carrément pas le vocabulaire du prolétariat.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Jeu 5 Jan - 19:28

Oh.
Elle était toujours là. Elle n’était pas partie. Il planta son regard dans le sien, remarquant d’un sourire qu’elle portait désormais son t-shirt à lui. Et il lui allait presque bien. Un peu large mais moins que ceux qu’elle portait habituellement. Mais elle prenait combien de tailles au dessus pour que ça rende de la sorte ?! Enfin, tant pis, ce n’était pas important. Raimu continua à sourire, un peu aveuglé par la lumière vive du soleil, et attendit sans rien dire que Akane réponde à sa question. Elle détourna le regard, accompagnant son geste d’un mouvement d’épaule. Soit elle ne s’en souvenait plus, soit elle ne voulait pas en parler.

« Alors comme ça, t'as un frère... 

Habile détournement de conversation. Elle ne voulait pas en parler.

_ Oui, un grand
, répondit-il néanmoins. Il s’appelle Hagane. »

Il plissa légèrement les yeux à son évocation. Son frère, il ne savait quoi penser de lui. Il l’aimait et, en même temps, en avait une crainte absolue. Raimu n’avait peur de rien plus que de son frère. Même son grand-père, à la limite, lui semblait plus terrifiant. Il fallait dire aussi que ce n’était plus qu’un vieillard maintenant alors que Hagane, lui était dans la force de l’âge. Et son grand père l’avait seulement méprisé. Ça fait mal, mais on n’en meurt pas. Hagane avait essayé de le tuer et ça, ça change tout.

Akane tourna brusquement la tête vers lui, le faisant lever les yeux. Elle avait ce visage indifférent qui lui servait de carapace, un peu comme son sourire crétin à lui, quand il voulait que les gens ne voient pas son trouble. Visage plat, sans vague, plus que tout autre chose l’amena à être attentifs à ses paroles.

« J'étais toute petite, dit-elle, et c'était la dernière fois que mon frère pouvait sortir dehors aussi loin. On est resté sur une serviette à regarder la mer, parce qu'il n'avait pas le droit de se découvrir. On était tout les deux en pull, même si j'avais trop chaud.

C’était souvenir triste, mais Raimu se mit à sourire. Parce que l’apitoiement, c’était pas son truc et qu’il savait pas comment s’y prendre. Il ne savait pas réconforter les gens. Quand on lui racontait un malheur, il se contentait juste de voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. Sinon, que vouliez-vous dire dans ce genre de situation ? Il préférait le sourire aux larmes, voilà tout. Peut être que cela ne plu pas à la jeune fille, peut être étaient-ce seulement ses paroles qui la gênaient, mais elle détourna tout de même le regard. Encore. De son côté, allongé sur le flanc, le garçon se mit à tracer des formes dans le sable.

_ Je vois, c’est de là que te viens ton fanatisme du pull trop grand ! Enfin, ni l’un ni l’autre nous ne nous sommes baignés la dernière fois que nous sommes venus. Je suppose qu’on est vraiment de piètres nageurs
, ajouta-t-il en riant. »

Akane ne riait pas, elle. Au contraire, elle soupira et Raimu continua à dessiner des soleils dans le sable.

« J'aime vraiment pas la mer.
_ Eh bien la prochaine fois, on ira à la montagne. »


Il leva les yeux vers elle le temps de lui décocher un sourire avant de revenir à son dessin. En plus du soleil, il ajouta des V signifiant des oiseaux et des petites vagues, pour la mer. Il se recula un peu et deux bonhommes en bâton naquirent sous ses doigts. Il aurait volontiers fait une jupe à la fille, pour qu’on sache que c’en était une, mais avait peur qu’elle se vexe donc n’en fit rien. Après tout, lui savait que c’était une fille et c’était bien suffisant.

Sa compagne s’abima dans le silence et le garçon ne fit rien pour le briser. Il avait matière à réfléchir avec ce qu’elle lui avait donné, il n’était pas assez vorace pour en demander plus. C’était sans aucun doute la première conversation qu’ils avaient, tout les deux. Dans le sens, vraie conversation. Habituellement Raimu jactait et Akane l’ignorait du mieux qu’elle pouvait, poussant des grognements quand vraiment elle ne pouvait faire autrement. Ou sinon, c’était sous un arbre et elle était occupée à chanter et lui à écouter. Vraiment, ils n’avaient jamais échangé autant de mots, autant de question réponse. Un peu comme s’il venait de se rencontrer pour la première fois et qu’ils échangeait les banalités habituelles « Salut, t’as quel âge ? Tu viens d’où ? Oh, t’as des frères et sœurs ? Et ta famille, elle fait quoi ? Et tes passions dans la vie ? ». Sauf que ces banalités ne l’étaient pas du tout. Banales. Quand on vient d’une famille de yakuza, qu’on a vécu enfermé dans sa chambre, que son frère est un criminel à l’échelle nationale, on ne répond pas à ce genre de questions. On les évite, même. Mais bon, elles avaient du bon aussi, parfois. Par exemple, Akane avait un frère. C’était toujours ça de gagné, non ?

« Je sais pas pourquoi, ça m’étonne que tu viennes d'une famille de riche. »

Raimu leva un regard surpris sur la jeune fille. Pas à cause de la question. Seulement parce qu’il ne s’attendait pas du tout que ce soit elle qui rompt le silence en premier. Mon dieu, aurait-elle envie de parler ? Si oui, c’était une première ! Elle venait de lui adresser délibérément la parole, de son propre chef, alors qu’il ne demandait rien et s’amusait comme un gamin de maternelle. Il n’allait pas laisser passer sa chance.

« Peut être parce que ma famille n’est pas riche ? dit-il en souriant. Je viens d’une famille relativement modeste - moins riche que certaines et plus que d’autres - mais très stricte.

C’était à peine s’il connaissait les prénoms de ses parents. Seulement pour les avoir notés sur son agenda ou en classe, quand les maitresses demandaient aux enfants comment s’appelaient leurs parents. Quant à celui de son grand père, celui-là, il l’ignorait complètement. Celui de la gouvernante aussi, maintenant qu’il pensait.

_ Et si j’avais une gouvernante, c’est parce qu’à part les enfanter ma mère ne s’occupait pas vraiment de ses enfants. Donc il fallait que quelqu’un s’en charge, non ? »


Bien sûr, la vieille gouvernante s’occupait aussi de gérer les autres employés de la maisonnée, du ménage et de la cuisine, étant la seconde de madame dans toutes ses tâches et affaires. En fait, on aurait dû l’appeler « Intendante », ça lui irait mieux.

« Enfin, vu la façon dont tu poses la question, je suppose que toi non-plus ta famille ne croule pas sous l’or ?
demanda-t-il avec un sourire fin. »

Akane avait commencé elle-même cette conversation, il ne risquait pas d’y mettre fin de si tôt.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Ven 6 Jan - 17:47

Il avait un grand frère. Elle avait aussi un frère, mais elle était l'aînée. Même s'ils étaient jumeaux, elle avait toujours eu l’impression d'être plus âgé. Pas forcément parce qu'il était né peu après elle. Mais aussi parce qu'il paraissait toujours moins en forme qu'elle, toujours plus chétif. Surtout après ses dix ans. C'était surtout à partir de ce moment là qu'il y avait eu une grande différence entre les deux. Parce que son cœur avait eu du mal, et qu'il avait passé un bon moment à l'hôpital. D'ailleurs, elle l'avait quitté alors qu'il y était encore... Six ans dans un hôpital. Elle frémit.

Elle ne parlerait pas de Kaoru à Raimu. Parce que c'était déjà trop dur d'y repenser seule, alors en parler. Et puis, parler d'elle était quelque chose de trop difficile. Parler de son frère l'était encore plus. Il n'y avait pas de raison de parler de lui. Raimu allait vouloir en savoir plus, il allait tout savoir d'elle, il pourrait s'en servir, elle se sentirait toujours bizarre en sa présence. Elle ne voulait pas se lier avec, et pourtant, elle se rendait compte qu'en partageant ce lien de fraternité, les deux ayant un frère, elle se liait avec lui sans le vouloir. Bien que Raimu ne soit sans doute pas le seul à avoir un frère, tous deux savait cela chez l'autre, tout deux l'avait accompagné d'un souvenir. Ce n'était pas rien. Et elle venait de s'en rendre compte.

La jeune fille ne répondit pas. Elle avait gardé ce pull parce qu'elle ne voulait pas laisser son frère seul sur la plage. Elle savait très bien nager, en ce temps là, et aimait beaucoup cela. Mais elle n'aurait, pour rien au monde, laisser son frère seul sur cette plage tandis qu'elle, nagerait. Alors elle était resté à ses côtés. Et pour ne pas le laisser seul à ses pulls, alors qu'il avait encore un peu froid et qu'il était plus blanc que de la farine, elle avait elle aussi rejoint un pull, par solidarité. Parce qu'elle ne faisait rien sans lui, et que lui ne faisait rien sans elle, à cette époque là. Elle n'allait donc pas lui dire qu'elle avait sortit les pulls bien plus tard, et qu'elle savait très bien nager. Peut être aussi parce qu'elle n'avait pas nager depuis bien longtemps, comme la venue des pulls et qu'elle n'avait pas envie d'en parler. Cela retomberait sur son corps, et elle n'en avait pas envie.

La jeune fille accorda un regard à la proposition de Raimu. Elle préférait sans doute la montagne... C'était vaste, froid et on ne demandait pas aux gens de se foutre à poil. Mais c'était la promesse de se revoir à nouveau, de se lier encore une fois, de retrouver Raimu pour une sortie, comme celle là. De peut être redire encore des "banalités" sur leurs vies, qui n'en était pas, pour tout les deux.

"Que je puisse te perdre dedans ou qu'une avalanche t'engloutisses ? Je pense que tu es un génie."

Finalement, c'était peut être une bonne idée... Elle pouvait se débarrasser de Raimu très facilement...

Le silence retomba, et Akane respira de nouveau. Elle oublia le garçon à ses côtés et balaya la plage de son regard. Elle tomba sur la mer, qui bougeait sans cesse de place, sur le sable chaud qui se faisait parfois balayer d'un coup de vent. Elle regardait aussi les enfants qui jouaient, les parents qui observaient. Elle eut l'impression qu'une montagne d'heures s'étaient étendues avant qu'elle entendent la voix de quelqu'un. Et elle fut aussi surprise que Raimu en comprenant que c'était la sienne. Merde. C'est vrai, quoi. Elle n'avait aucune envie de lui parler, à Raimu. Et pourtant, elle venait de lui adresser la parole alors qu'il n'y avait plus rien à dire ! Et elle était sûr que Raimu allait prendre la perche tendu par ses soins, et ne plus lâcher avant longtemps. Merde.

"D'où la gouvernante, le père et la mère."

Dans sa famille, on s'appelait par son prénom. Peut être parce que sa mère s’appelait Alice, et qu'elle n'était pas japonaise. Alors, elle avait pris des habitudes occidentales, parfois. Mais généralement, elle avait été élevé dans le respect des traditions, qu'elle avait ensuite choisit de suivre ou pas. Elle ne les avait d'ailleurs pas suivit, puisqu'elle était ici, sans vraiment avoir eu de véritable accord. Ses parents avaient été obligé. Ils avaient compris la détresse de leurs deux enfants, et n'avait pas vu d'autres solutions. Peut être qu'Alice pensait qu'Akane allait changer un peu... Qu'elle reviendrait en robe, un grand sourire aux lèvres et les cheveux longs. Si elle revenait un jour...

La jeune fille écouta d'une oreille distraite le commentaire de Raimu. Tout cela était bien loin de tout ce qu'elle avait connu. Sa mère s'était beaucoup occupé d'elle, avant de restreindre ses tendresses sur son frère. Son père les avait longtemps surveiller, avant de ne le faire que pour Kaoru. La jeune fille n'avait jamais était jalouse de ce trop pleins d'attentions. Parce qu'elle aussi n'avait d'yeux que pour Kaoru. Pas pour le materner ou pour surveiller le jeune homme. Juste parce qu'elle avait toujours été avec lui,e t que sans lui, elle n'était plus elle. Elle avait juste besoins de lui. Tout comme il avait besoins d'elle. C'était un échange de bon procédé, bien que depuis ses douze ans, Akane eu l'impression qu'il y avait eu plus de don de sa part que du côté de Kaoru. Peut être à cause de cette gamine qui lui avait fait perdre ses moyens, ou du regard de son frère lors de sa première transformation...

Akane jeta un coup d’œil à Raimu. Elle regarda sur le sol le dessin de ce dernier, avant de penser qu'il dessinait tel un enfant de six ans. Cela confirmait ses craintes. Ce gars n'était pas bien âgé intellectuellement. Mais ce n'était pas une raison pour baisser sa garde. Il n'y avait aucune bonne raison de baisser sa garde. Jamais. Et elle le comprenait encore plus maintenant. Raimu avait été bien trop content de voir qu'Akane lui parlait enfin, pour qu'il lâche l'affaire. Elle regrettait de lui avoir poser la question. Elle regrettait de ne pas avoir fermer sa bouche. Parce qu'elle allait en voir de toutes les couleurs, elle en était sûr. Sauf si elle parvenait à couper court la conversation. Sauf qu'elle avait un adversaire terrible devant elle. Ce bavard n'était pas prêt de la laisser se taire. Elle en était sûr.

"Famille aisée, sans plus."

Voilà qui été bien dit. Elle ne lui avait pas dit, assez riche pour payer les frais d’hôpitaux pendant au moins six. Des frais pour des problèmes de cœur. Ainsi que les frais du voyage pour Aomori. Ni tout ce que sa famille avait payé pour satisfaire leurs deux enfants. Bien sûr, sa famille n'était pas riche pour autant. Mais elle vivait dans un certains confort, un peu au dessus des autres. Cela ne se voyait pas vraiment. Elle était toujours dans des habits informes, avec des cheveux dans tout les sens, bien que soignés. Elle avait bien un piercing sur son arcade, mais il n'y avait rien de pompeux là dedans. La seule chose pouvant mettre la puce à l'oreille chez les autres, c'était son aptitude à la danse. Elle l'avait un peu montré au bal de la dernière fois, quoi qu'elle n'ai fait qu'une danse. Sa mère avait toujours voulut lui apprendre comment une femme devait se comporter. Les rudiments de la danse, de la conversation... Et comme elle était une métisse, elle avait eu le droit aux deux enseignements. Bien sûr, elle avait arrêté vers ses quatorze ans. Peut être même avant, parce qu'elle préférait les sports de combats à la danse traditionnelle. Et qu'elle commençait à ne plus être très féminine.

Akane était fière d'elle. Elle pensait avoir mis fin à la conversation. Parce qu'après ça, elle ne lui avait pas donné d'explications, et qu'à moins qu'il pose une autre question, elle ne se sentait pas en devoir de lui répondre. Elle allait pouvoir recommencer à lui demander de se taire, et pourquoi pas même s'enfuir dans une balade sur la plage. Elle n'était pas sur d'apprécier cela, puisqu'elle avait gardé ses chaussures, ses chaussettes, et même son baggy. Évidement. Et depuis le temps, il avait sécher. Elle était contente, puisque le tissus ne collait plus à sa peau. C'était toujours sa de pris pour la situation actuel. Coincé sur une page avec un Raimu qui veut parler. Au moins être à l'aise dans ses fringues...

Ou, avec le tee-shirt de Raimu. Elle frissonna de nouveau. Elle allait se sentir redevable à ce débile pour lui avoir filer son haut. Merde.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Ven 6 Jan - 23:17

« Que je puisse te perdre dedans ou qu'une avalanche t'engloutisses ? Je pense que tu es un génie. »

Raimu sourit sans relever la pique. À la vérité, il n’aimait pas la montagne. Enfin, la montagne au printemps ou en été, si. En automne, à la limite. Mais pas en hiver. Parce que Raimu avait froid alors et qu’il devait mettre une épaisseur en plus que les autres pour se sentir à l’aise. La montagne en hiver, coincé dans un chalet avec un bon feu de cheminée, ça par contre il aimait bien. Tant qu’il avait pas à se transir dehors, rien ne le dérangeait.

Après le silence, vite rompu par Akane, il lui raconta brièvement sans entrer dans les détails. Une famille stricte, il aurait pu ajouter influente. Très influente. Surtout des les milieux peu recommandables. Raimu n’avait jamais eu peur de trainer dans les quartiers malfamés ou ne serait-ce que de se faire agresser par une bande de voyous dans une ruelle sombre. Déjà parce qu’ils n’auraient pas réussi à le toucher. Ensuite parce que la seule entente de son nom suffisait à les faire déguerpir. Pathétique. Et tellement révélateur de la terrible réputation des Buichi à travers le pays. Raimu poussa un soupir.

« Famille aisée, sans plus. »


Elle aurait aussi bien pu lui dire « Ta gueule, laisse moi tranquille. » que le message serait passé de même. Ok, elle lançait le sujet et y mettait fin de suite après. Ses instincts de créatures sociables auraient-ils repris les rênes à son insu et maintenant elle mettait fin à cette rébellion ? Qui sait. Le garçon s’assit et étira ses jambes devant lui, observant les grains de sable restés dessus rouler jusqu’au sol. Il avait encore tellement de choses qu’il voulait lui dire. Lui demander. « Est-ce que ta famille te manque, parfois ? ». Il s’était toujours posé la question. Lui l’avait quittée avec des ailes dans le dos, mais les autres ? Tout ses camarades, venant de tout les horizons. Akane semblait attachée à son frère, pas besoin d’être devin pour le savoir. L’expression placide - et tellement plus douloureuse - de son visage quand elle parlait de lui était évocatrice. Mais il se refusa à lui poser cette question. Il risquait de remuer des choses, trop de choses pour le faible fil d’araignée qui les reliait. Tenu et translucide, ç’aurait été bête de sa part de le rompre pour une curiosité si mal placée. Non, il attendrait.

Se retournant sans dire un mot, il plongea dans son sac à la recherche de quoi s’occuper. De quoi s’occuper, mais sans quitter les côtés de la jeune fille, c’était important. Normalement il avait du embarquer un livre, il en prenait toujours un avec lui. Ah, le voilà. L’amour fou, d’André Breton, un classique de la littérature romantique. Pourtant, une couleur flashy attira son regard. Là, du coin de l’œil, il remarqua quelque chose qui dépassait du sac préparé pour Akane par les soins d’Ema. Un magazine rose fluo. Souriant sans que sa compagne le voit, Raimu se pencha et l’attrapa. Comme prévu, un magazine pour fille, spécial été et beau mec. Voilà qui promettait d’être intéressant.

Raimu s’allongea sur le ventre, juste à côté d’Akane. Sans rien dire, il se mit à feuilleter le magazine, apparemment à la recherche de quelque chose en particulier. Soit la jeune fille n’avait rien vu, soit elle feignait l’indifférence, cela lui importait peu. Il tourna une dernière page et s’immobilisa, un sourire aux lèvres qui aurait suffit à prévenir n’importe qui connaissant le garçon qu’il préparait un mauvais coup.

« "Quel est l’homme qu’il vous faut ?" lit-il à haute voix. Hum, à ton avis Akane, quel genre d’homme te faut-il ? »

Bien sûr, il ne lui était pas venu à l’esprit qu’elle pourrait peut être préférer les femmes. Après tout, elle s’habillait comme un garçon et y ressemblait même beaucoup donc il n’y aurait rien eu d’étonnant à ça. Mais n’envisagea même pas cette possibilité et continua sur sa lancée vu que l’autre ne daignait pas répondre.

« Question numéro une "Qui va-t-il prendre en photo ? Triangle - ses enfants qui s’essaient au surf. Carré - sa petite amie en trikini. Rond - lui, dans le reflet de l’eau. Croix - sa bande de potes qui s’est cachée dans les rochers." Hum… ses enfants, non ? T’en penses quoi ? »


Tendant le bouquin à bout de bras, il lui agita sous le nez la photo de David Beckham, dans une posture de beau gosse ultime, en train de se balader sur la plage l’appareil photo à la main. Pour Raimu, il était clair qu’on ne prend pas sa copine ou soi-même en photo sans une bonne raison et il était persuadé que cet illustre inconnu - c’était qui, David Beckham ? - n’avait aucune raison valable de le faire. Les paparazzis se chargeaient pour lui des photos de famille et un miroir l’attendait sagement chez lui. Et, vu sa dégaine, il ne devait pas être le genre à avoir des potes cachés dans les rochers. Mais Akane ne dit rien, seul le silence lui répondant. Alors il leva les yeux et les planta dans les siens, attendant simplement qu’elle se décide. Allez, quoi, c’était qu’un test minable, elle allait pas en mourir ! Finalement, devant son absence de réaction, il cru bon de répéter :

« "Qui va-t-il prendre en photo ? Triangle - ses enfants qui s’essaient au surf. Carré - sa petite amie en trikini. Rond - lui, dans le reflet de l’eau. Croix - sa bande de potes qui s’est cachée dans les rochers." »


Un sourire illumina son visage quand elle lui cracha une réponse.

« Attends, bouges pas ! On va noter nos réponses ! dit-il en se redressant pour chercher un crayon dans son sac. »

Puis il se rallongea, barra sa réponse et entoura celle d’Akane. Il s’amusait comme un petit fou. Énonçant toujours chaque question à haute voix, il lui montrait ensuite la page pour qu’elle y regarde la photo. À chaque fois il n’avait aucune idée de qui était la personne dessus mais ça ne diminuait en rien sa joie. De temps en temps il s’esclaffait devant les possibilités de réponses, tellement incongrues selon lui. Mordillant le bout du stylo parfois, quand une questions lui posait vraiment trop de soucis, parlant dans le vide pour essayer de comprendre la logique féminine qu’il ne possédait pas, ce qui était un grave désavantage pour répondre à ce genre de test.

« Comment ça, qu’est-ce que je pense si un homme me renverse ? Ben je lui dis qu’il est chiant et qu’il devrait s’excuser, pourquoi je penserai à mon brushing ? J’en ai rien à battre de mon brushing ! Bon, on va mettre que j’ai trop mangé de churros hein, parce que sinon je vois vraiment pas… »


Ils arrivèrent finalement à bout des 12 questions - non sans nombre de crises de fou rire pour le garçon - et il compta ses résultats.

« Bon, 5 carrés, ça veut donc dire que… quoi ? Il me faut un macho ?! »

Atterré, il lit rapidement la description qu’on lui faisait de son homme idéal. Bon dieu, mais c’était un vrai Hulk ! « Musclé du torse ou des synapse… » ça voulait dire soit l’un soit l’autre ? Ok, soit un athlète con, soit un intelligent mou du genou. Décidément, il comprenait de moins en moins l’esprit féminin - car c’était à n’en pas douter une femme qui avait écrit ce truc. Soudain, une drôle de pensée lui vint à l’esprit :

« … on dirait Hagane, murmura-t-il pour lui-même.

Puis, devant la face hilare d’Akane :

_ Tu veux rire ? Attends, on va regarder ton résultat à toi ! Tu as une majorité de…. »


Quel est l'homme qu'il vous faut ? 8D :
 
Résultats (moches) au pire je te dis par sms ~ :
 


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Jeu 12 Jan - 17:37

La montagne. C'était peut être bien l'endroit qu'elle aimait le plus. Parce qu'il y faisait froid, qu'elle aimait la nature vaste et impétueuse, et que le blanc de la neige semblait parler de souvenirs effacés et de tant d'autres choses. Elle aimait aussi la montagne pour son ascension, pour son effort incompréhensible d'aller toujours plus haut, de se rendre encore plus grande. Et puis, il y avait aussi les activités de la montagne. Regarder simplement la nature, dehors comme à l'intérieur d'un chalet. Rester au coin d'un bon feu, dans le silence profond que seul les montagnes offrent. Oui, Akane aimait la montagne, parce que c'était reposant. Mais elle n'aimait que la montagne en solitaire, que les endroits isolés, loin de tout. Surtout loin de la vie humaine.

Elle savait bien que Raimu aurait souhaiter en demander plus. On a toujours des questions à poser aux autres lorsqu'on aborde un nouveau sujet. Surtout dans leurs cas, quand aucuns des deux ne parlent beaucoup. Alors, du coup, on a envie de savoir un peu, puisque l'on ne sait rien et que la porte est ouverte. Sauf qu'Akane n'allait rien répondre. Même si elle en avait eu envie, elle n'aurait pas pu le faire. Parce que ni son père ni sa mère ne lui manquait vraiment. Elle aimait sa famille, c'était certain, mais elle n'avait pas eu de lien totalement profond avec eux. Son père travaillait beaucoup, sa mère était toujours en train de couvrir son frère. Son frère. Sa famille. Il aurait pu lui manquer, lui. Oui, il aurait pu. D'ailleurs, il lui manquait. Beaucoup. Mais elle ne pouvait le voir, et elle avait même peur de le revoir. Elle n'était pas prête à cela. Tant qu'elle ne s'acceptait pas, elle ne pourrait le revoir. Peut être parce qu'elle l'aimait de trop, et peut être aussi parce que le corps qu'elle déformait était une partie de sien aussi. Lorsqu'elle se transformait, c'était Kaoru aussi qui subissait la transformation. Et elle ne pouvait le supporter. Et puis... Il lui avait fait tellement mal... Tellement qu'elle ne voulait pas le revoir, qu'il ne lui manquait pas. Alors, elle ne savait pas. Elle n'aurait pas su quoi répondre. Et tout autres questions seraient restées muettes. Elle n'avait que du vide à offrir pour sa famille. Parce qu'elle ne savait où se placer. Parce que c'était elle qui les avait quitté, sans même un seul regret. Elle ne devait pas sentir du manque. Elle n'en avait pas le droit.

Raimu tendit sa main vers le sac préparé par Ema. Sur le coup, Akane resta de marbre. Puis, elle suivit du regard la main de Raimu, parce qu'il pouvait tomber sur son maillot de bain, et qu'alors il l'obligerait peut être à se baigner. elle n'avait pas envie de l’assommer maintenant. Ce serait une perte d'énergie immense. Et puis, alors qu'il sortait un magazine, elle se souvint de sa présence dans son sac. Malédiction, elle aurait du le jeter une fois arrivé ici, quand Raimu courait comme un bébé. Un bébé sachant courir, bien sûr. Alors, elle fit comme si cela ne lui faisait rien, et comme si elle se fichait bien de tout ce qui se passait autour d'elle. Une manière de dire à Raimu de faire ce qu'il voulait, du moment qu'il ne l'embêter pas. Qu'il ne lui demandait pas de s'amuser avec lui. Sauf qu'il n'en avait pas envie, bien sûr, lui, de la laisser tranquille. Si bien qu'elle soupira et qu'elle prit le soin de lancer une pique à son cher Raimu.

"Un gars muet, qui peut tenir dans une poche et qui ne cherche pas à communiquer avec moi. Bref, une personne inexistante dans la race humaine ou animal."

En gros, cherche pas, je m'en fous bien de qui peut être le gars ou la fille qu'il me faut, car s'il me faut quelqu'un, je serais qui. Parce que bien sûr, imaginons qu'Akane ai besoins de quelqu'un, ce qui semble tout bonnement incroyable, puisqu'elle revendique sans cesse sa liberté et son envie d'être seule, et bien si elle avait besoins de quelqu'un, elle ne demanderait pas à un stupide magazine de trouver pour elle ce qu'il lui faut. elle serait toute seule, hein. Elle n'avait pas le QI d'une huître, elle.

Ce n'était apparemment pas le cas de Raimu, qui commença le test avec tout le sérieux dont il était capable. Ce qui étai encore plus risible, car de un, ce test était bidon, de deux, le faire pour rire passait encore, mais là, c'était juste très con, et de trois, Raimu était un garçon, et le magazine, pour fille CQFD, Raimu était un demeuré profond, et Akane n'avait plus de synonyme pour appeler cette chose comme il se le devait. Bref, qu'il fasse son test, mais qu'il ne lui demande rien d'autre. Et qu'il lise dans sa tête, aussi.

Et c'est là qu'Akane comprit que si Raimu lisait à voix haute, c'était pour qu'elle réponde. Sauf qu'elle n'en avait aucune envie, et qu'il pouvait mourir pour qu'elle réponde. Sauf qu'après diverses paroles inutiles échangées entre les deux, Akane décida de répondre quand même, parce que c'était chiant de crier, et que finalement, si elle avait juste à sortir rond ou carré, elle pouvait le faire, pour une question, elle n'allait pas mourir. Surtout si se taisait un peu...

"Mais lui, putain ! Tu vois bien qu'il est arrogant et con, il pense qu'à sa gueule, voilà, il se trouve magnifique, c'est tout."

Sauf qu'Akane n'était pas au bout de ses peines puisque Raimu décida de noter les réponses, et qu'en plus, il voulait faire tout le questionnaire. Très bien, qu'on en finisse. La jeune fille retourna dans un mutisme partiel. Elle répondait pas monosyllabe, tout en regardant droit devant elle, comme si rien d'autre n'existait que la plage. Bref, elle était en mode blocage de la mort qui tue, dans un taux d'énervement plutôt élevé. Elle essayait donc de rester dans un calme absolu, tout en évitant les situations à risque, comme s'énerver contre Raimu et son test à la con.

C'est donc après 12 questions où Akane avait juste envie de répondre qu'elle s'en foutait, qu'elle ne regardait pas le gens et que si quelqu'un lui parlait elle lui bouffait la tête que les deux compagnons finirent le questionnaire et où Raimu eut le choc de sa vie. En même temps, c'était un truc de fille, et un truc pour fille écervelée. Il ne fallait donc pas s'attendre à une réponse très intelligente et très proche de la réalité. Quoi que... Un macho pour le petit Raimu... C'était presque une bonne blague.

Si bien qu'elle passa outre le murmure incompréhensible de son vis à vis pour sourire en imaginant Raimu et un gars baraqué, qui était un stéréotype parfait du macho, parlant des filles comme de vêtements. Elle se mordit même la lèvre inférieur pour ne pas rire totalement, cela aurait nuit à sa réputation de fille froide. Elle était tellement dans son imaginaire que Raimu ne fut pas très content et qu'il réclama le même sort pour Akane. Si bien quelle tendit son doigt vers la ligne des ronds et lui répondit tout à fait calmement.

"Outre le fait qu'aucune des réponses proposées ne me paraissaient correspondre ou alors juste en partie - comme le fait que si un gars me bouscule, il me fait juste chier, pas pour mon brushing - ce petit test me propose un vieux beau."

Et elle ne fit aucun commentaire. Parce qu'il n'y avait pas à en faire. Elle se fichait bien de ce test et de sa réponse, puisqu'elle faisait figurer l'intérêt de ce magazine en dessous des bouses de vaches. Mais en y réfléchissant bien, elle avait eu une relation intime avec un prof, donc plus vieux qu'elle, et un prof tout à fait adorable, à croquer. Bref, un vieux beau. Dans les termes bien sûr. Puisqu'il était tout à fait jeune de corps et d'esprit, et que ce n'était pas les enfants et le mariage qu'il connaissait le mieux. Akane peut vous le dire, d'expérience. Donc, ce test était complétement débile, puisqu'Akane n'avait aucune attirance pour les hommes d'âges un peu trop mûrs, et que l'argent ne l'intéressait pas. De plus, elle n'est pas vraiment angoissé par le mariage ou par les enfants, puisqu'elle n'en veut pas. Et qu'elle est jeune, aussi.

Bein sûr, en dehors de son avis personnel, on peut noter que le paumée de la vie lui sied tout à fait.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Dim 15 Jan - 19:02

« Un gars muet, qui peut tenir dans une poche et qui ne cherche pas à communiquer avec moi. Bref, une personne inexistante dans la race humaine ou animale. »

Raimu se demanda une minute si cette réponse était prévue dans le magazine - après tout, il faut s’attendre à tout avec ce genre de lecture féminine - mais non, rien du genre dans les réponses. Haha, Akane, quel sens de l’humour vraiment ! Sans même comprendre que sa réplique était non seulement une pique mais, de plus, lui était destinée, le garçon se mit à rire avant de prendre une mine songeuse.

« Hum, ça dépend. Est-ce que tu considères les poissons comme des animaux ? Parce qu’à ce moment là, un poisson rouge serait ton homme idéal : muet, il tient dans une poche si tu y met de l’eau et je ne pense pas qu’il essaye de te parler. Ah, sauf au moment de diner, peut être. »

Ne cherchez pas, il est sérieux. Puis, comme si de rien n’était, il continua la lecture du test psychologique, attendant une réponse de sa compagne. Réponse qui ne vint pas. S’en suivit un débat vite expédié à la base d’injures et menaces pour Akane, sourires et supplications pour Raimu. Comme l’on peut s’en douter, Raimu gagna. Comme toujours. Oui, le japonais possédait un véritable pouvoir sur la jeune fille : le pouvoir de la faire chier. À chaque fois, il l’avait à l’usure. À force de se répéter, répéter et répéter, elle craquait et lui donnait ce qu’il voulait. Jusqu’ici il ne s’en était toujours pas rendu compte et, de toute façon, n’était pas suicidaire au point d’essayer de profiter de ce don pour obtenir un peu plus qu’une réponse à un questionnaire débile de sa part. Un jour, peut être. Mais un jour où il serait vêtu d’un gilet pare-balle et d’un casque anti-émeute. Non, pas par peur, juste par précaution. Prudence est mère de sureté après tout, surtout avec une Akane en furie en face.

Bref, Raimu finit par obtenir ce qu’il voulait : Akane choisit la réponse rond. Hum, ça se défendait. Même si lui était assez naïf pour penser qu’il allait prendre ses enfants en photo, il n’était pas aveugle au point de ne pas voir que cet homme suintait l’autosuffisance. Le choix de la brune était logique, donc. Et alors que cette dernière se détournait à nouveau - pour fixer son regard sur l’horizon, ou un truc mélancolique du genre - elle déchanta vite quand le garçon la pressa pour qu’elle réponde à la question suivante. Et non, elle n’était pas sortie de l’auberge. Il comptait bien lui faire faire tout le test et sans omettre un seul point, s’il vous plait !

Akane retrouva donc son visage de marbre, celui qu’elle affichait quand elle était en colère et ne voulait pas pour autant que ça se voit - alors que ça se voyait d’autant plus, mais enfin passons. Sans s’en soucier, Raimu continua de la questionner, entourant à chaque fois la réponse qu’elle lui donnait par monosyllabe ou avec un simple grognement d’animal prêt à sauter à la gorge du premier venu. Heureusement pour lui, même si elle lui sautait à la gorge il serait en mesure d’endiguer l’hémorragie qu’elle provoquerait alors, et peut être même de survivre jusqu’à l’arrivée des urgences. Cette simple pensée suffit à le réconforter et lui faire oublier toute peur du risque qu’il encourrait en mettant le fauve en rogne, si bien qu’il continua le test jusqu’à la douzième et ultime question.

Alors qu’elle fixait les promeneurs comme si elle allait les manger, le garçon se mit à compter leurs réponses avec une impatience fébrile avant de se jeter sur la page des réponses.

« Bon, 5 carrés, ça que donc dire que… quoi ? Il me faut un macho ?! »

Et pendant qu’il criait au scandale en lisant le pourquoi du comment, Akane à côté se marrait. Bon, pas aussi clairement, mais elle se marrait bel et bien. Entre le choc de la voir sourire - un vrai sourire ! un vrai de vrai ! un des ces sourires que l’on fait lorsque l’on s’amuse ! comme si Akane s’amusait, là, tout de suite ! - et le ravissement de la voir à deux doigts de rire - pourquoi se mordrait-elle la lèvre sinon ? - Raimu décida tout de même de bouder et de réclamer de voir ses réponses pour savoir s’il pourrait se moquer d’elle à son tour. Affichant un calme olympien malgré ses joues rosies par l’amusement, Akane se contenta de lui indiquer du bout du doigt la réponse pour un maximum de rond.

« Outre le fait qu'aucune des réponses proposées ne me paraissaient correspondre ou alors juste en partie - comme le fait que si un gars me bouscule, il me fait juste chier, pas pour mon brushing - ce petit test me propose un vieux beau. »


Elle pouvait présenter la chose comme elle voulait, dire que c’était la faute du magazine, ça ne changeait en rien le résultat. Un vieux beau. Raimu explosa de rire. Se cachant la tête entre les feuilles pour essayer de se contenir, il rit ainsi pendant quelques minutes, jusqu’à ce que ses abdos douloureux le forcent à arrêter. Essuyant d’une main pleine de sable une larme imaginaire, il se tourna vers Akane.

« Ben on peut dire qu’on fait la paire, tout les deux ! Entre toi avec ton vieux beau et moi macho, on a intérêt à écumer les plages pour trouver de telles perles rares ! »

Sa tentative d’humour glissa sur la jeune fille comme une goutte sur la plume d’un canard, mais il n’en avait cure. Décidant de continuer sur sa lancée - qui lui promettait d’autres fous rires, il espérait - il recommença à tourner les pages du magazine. Pour s’arrêter quelque secondes plus tard, un nouveau sourire illuminant son visage.

« Maintenant, on va faire celui-là ! s’exclama-t-il en lui mettant le papier sous le nez. »

Il se redressa sur ses coudes, toujours allongé contre elle, et reprit le crayon qu’il avait glissé derrière son oreille.

« Prête ? "Quel est votre fantasme caché ?". Je sens que ça va être instructif ! »


Et sans attendre d’avis de sa part, il commença le test en lui posant la première question. Pourvu que ce magazine contienne encore de nombreux questionnaires du genre, il s’amusait comme un petit fou.


Quel est votre fantasme caché ? :
 
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Akane Hirogami
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Dim 22 Jan - 14:38

Elle ne répondit pas. Un poisson rouge. Rien de plus emmerdant. Pourquoi prendrait-elle le soin de l'emmener partout ? Un bocal dans la poche, c'était juste de l'arnaque. Et puis, elle en ferait quoi ? Il ne lui apporterait rien, et elle devrait s'en occuper. Bref, encombrant, inutile. Impossible pour elle. Mais elle n'allait pas lui expliquer ça en détail. Parce qu'elle n'était pas sûr qu'il comprenne. Elle ne voulait personne, merde. C'était pas compliqué. Mais en lui expliquant, il risquait de croire qu'elle acceptait de parler avec lui. BIEN SUR.

Test pourrit. Il n'y avait pas d'autres mots. C'était chiant, et cela mettait Raimu de bonne humeur. Pas question d'en refaire un autre après. Surtout que les réponses de celui là enchantait particulièrement le brun. Il commençait déjà à partir dans un délire de bonjour nous sommes frères.

Faire la paire, hein ? Pas question. Et puis quoi encore !? Ce gars avait l'art et la manière de dire des trucs invraisemblables ou de la caser sans son avis. Ami, paire... Et puis Merde à la fin ! Écumer la plage ! Mais bien sûr ! Et se trouver un petit mari bien gentil ? La jeune fille ne faisait qu'écumer de rage tout en essayant de trouver un peu de calme. Elle choisit donc de se lever d'un bond, de tordre ses mains avec beaucoup de minutie, avant de se rasseoir et de prendre un air des plus décontracté. A part les tics nerveux sur son visage...

Il venait de trouver un nouveau test. Elle attrapa ses poignets, tout en fermant les yeux. Okay, on se calme, c'est rien. Elle respira doucement, profondément, tout en sentant Raimu tout contre elle. Putain, depuis quand il s'était foutu aussi près d'elle ? La jeune fille ouvrit un œil, pour voir Raimu. Il était tout content de lui. Elle soupira, avant de se rendre à l'évidence. Se mettre en colère ne ferait pas avancer les choses. Elle ne ferait que se transformer, et même sur une plage déserte, c'était une mauvaise idée. Et puis, cela n'arrêterait sans doute pas Raimu pour autant. Surtout qu'elle n'avait pas envie de voir son regard changer. Qu'il devienne comme celui de son frère. Avec des yeux verts comme les siens, c'était un coup à aller se suicider.

Fantasme, hein ? Manger un être humain parfois. Voler longtemps dans les airs. Des trucs pas très intéressant à vrai dire. Et pas des trucs dont elle avait envie de parler. Surtout que ce n'était pas vraiment elle. C'était... C'était elle sous forme animal. Enfin, forme animal. Tu parles d'un animal... Un quart, un cinquième d'animal. Mais cela suffisait.

"Toujours des réponses aussi peu complètes... Okay carré."

La première question en disait long sur tout le reste. Elle allait sûrement avoir des questions tordues. Et elle se demandait comment allait répondre Raimu. Parce que c'était un questionnaire pour fille, pour corps de fille, et que des décolletés, c'était pas vraiment l'apanache des garçons. D'elle non plus, mais bon. Et puis depuis quand elle devrait être timide avec des gars ? Si ce putain de mec lui plaisait, elle irait le lui dire et puis ce serait fixé ! Elle se le ferait peut être plus tard. Elle allait pas rester coincée comme une quiche sur sa serviette. Nan et puis, elle voulait le mec ou la glace, à la fin ?

"Un fiancé ? Ton truc c'est vraiment nul. Moi, avoir un fiancé..."

C'était presque une blague. Elle répondit donc tranquillement, tout en se demandant qui avait pu faire un truc aussi nul en matière de test. C'est vrai quoi, d'abord ce genre de question bidon. Ensuite, les réponses toujours aussi connes et sans intérêts. Surtout sans grande ouverture. Bref, rien de très bien fait, quoi. C'était une gamine de 12 ans pré-pubère qui avait fait le questionnaire, c'était obligé. Y avait que ça comme proposition valable. Ou alors un mec en rut qui comprend rien à la vie.

Et maintenant le coup des enfants. Elle en aurait pleuré. Elle n'allait pas répondre ça, c'était sûr. Pour l'inconnu, elle ne voyait pas en quoi elle pourrait avoir un seul instant de regret, de penser pouvoir regretter. C'est vrai quoi... C'est pas comme si elle n'avait jamais couché avec une personne à peine connue. A la limite, un prénom, ça suffit. Bref, elle ne comprenait rien à rien. Et comme elle ne pensait pas avoir de rêve, et le coup de la petite chambre, c'était bidon... Elle se retrouva une nouvelle fois muette. Finalement, elle en choisit une au hasard, avant de laisser Raimu compter ses formes. Carré, rond, triangle, croix...

Maximum de carré. Peut être que c'était le moindre des maux.

"Scénario. Super intéressant, effectivement. En réalité, j'serais plutôt du genre rond, tu vois. Mais bon."

Ouais, du genre à croquer tout ce qui bouge si elle en avait envie. Des relations légères et sans lendemain. Des moments de plénitude totale avant de reprendre une vie pourrie. Elle était pas du genre à faire semblant, elle hein. PAS DU TOUT. De toute façon, c'était nul comme test, alors...

"Et toi, c'est quoi ton truc, les objets ?"

Et elle ricana. Ouais. Comme une sorcière.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Jeu 26 Jan - 12:07

Sans vraiment s’en inquiéter, Raimu regarda sa compagne se lever d’un bond et, apparemment énervée, se triturer les mains jusqu’à finalement se rasseoir. Il n’avait pas vraiment compris pourquoi elle faisait ça, mais Akane était si étrange qu’il avait depuis longtemps arrêté de lui poser toutes les questions qui lui passaient par la tête. Comme par exemple « Pourquoi tu te coupes les cheveux si courts alors que après les gens te prennent pour un garçon ? » ou même « Pourquoi t’es énervée ? ». Enfin, la première il avait fini par comprendre ; elle se fichait d’être prise pour un garçon. Mais la deuxième, mystère. Surtout qu’elle avait souvent l’air en colère quand il était dans les parages. À n’y rien comprendre.

Le garçon ne comprenait pas vraiment ce qu’étais un fantasme. Oh, bien sûr, « Fantasme : représentation imaginaire liée à des pulsions et à des désirs inconscients. » mais pour lui ce n’était rien que des mots. Une fois, il avait rêvé qu’il prenait la main d’Hikari-senpai et s’était réveillé en sursaut, rouge de gêne. Était-ce ça, un fantasme ? Pourquoi les autres en faisaient des gorges chaudes alors que c’était si simple ? Enfin, le sujet semblait parler à son amie qui partit dans une courte mais profonde méditation. La lueur inquiétante qui passa dans son regard lui fit hausser le sourcil mais il préféra lire la première question à haute voix plutôt que de s’informer du pourquoi du comment. Mieux valait rester dans l’ignorance, il le sentait.

« Toujours des réponses aussi peu complètes...
_ Bah, c’est le même auteur.
_ Okay carré. »


Raimu mis plus de temps à se décider. D’un certain côté il ne voyait pas quoi il était « coquine » en allant acheter une glace, ensuite il ne voyait pas non plus pourquoi le glacier l’exciterait et encore moins qui pourrait lui offrir sa crème glacée. Finalement, à court d’idée et de décolleté, il se rabattit sur la croix qui lui semblait le plus réaliste ; oui, il était très excité à l’idée de s’acheter une glace. Voilà.

Plus il avançait, plus ce test lui paraissait étrange, peut être aurait-il dû en choisir un autre moins osé, celui là avait des questions vraiment bizarres… D’abord, c’était quoi cette histoire de voisin ? Pourquoi l’arrivée de son fiancé - admettons - l’empêcherait d’inviter le voisin à manger vu qu’il invitait déjà des amis ? Et puis c’était quoi ce fiancé pervers qui lui demandait de pas mettre de culotte ?!

« Un fiancé ? Ton truc c'est vraiment nul. Moi, avoir un fiancé...


Akane aussi semblait choquée par cet item, ce qui le rassura un peu, mais apparemment pas pour la même raison que lui.

_ Eh bien ? Un jour, peut être, non ? »

Lui aussi un jour aurait une fiancée, il espérait. Mais rien que d’y penser il se mettait à rougir. Une fille sympa et pleine de vie, qui accepterait son rêve loufoque de tour du monde dans un cirque. Un soupir d’adolescent transi s’échappa de ses lèvres avant qu’il ne reprenne le cours de ses réflexions. Donc, oui, en toute logique il avait peur d’aimer sa meilleure amie oui - l’idée que ce test était censé être pour les femmes lui était totalement sorti de la tête - , il adorerait voir une crique secrète et, malheureusement, ni le torse, ni les bras, ni le maillot d’un mec ne lui faisait de l’effet ; les yeux au moins c’est unisexe. L’avant dernière question lui fit chauffer les joues au point qu’il se demanda s’il n’était pas devenu rouge tomate et c’est avec soulagement qu’il entoura le carré de la dernière. Enfin fini. Enfin. Plus jamais il ne ferait un test comprenant le mot « fantasme » dans son titre, plus jamais. Et le Corbeau jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. Trouvant un espèce de réconfort dans cette action simple et répétitive, Raimu compta leurs résultats avant d’annoncer le sien à Akane.

« Scénario. Super intéressant, effectivement.

Oh ! Ouvrant grand les yeux, il la fixa avec cet air naïf des enfants qui gobent tout. La jeune fille serait-elle plus romantique qu’il ne l’avait pensé ?

_ En réalité, j'serais plutôt du genre rond, tu vois. Mais bon.
_ Rond…? »


Il baissa les yeux, chercha le rond, le trouva. « Vous êtes une femme avec deux hommes ». Une mini-explosion se déroula sous son crâne et il ferma les yeux en secouant la tête pour essayer de se remettre. Si c’était une blague, c’était pas drôle ! Maintenant, il avait plein d’images bizarres et… aaaaaah ! Il continua de s’agiter pendant que la brune lui demandait en ricanant :

« Et toi, c'est quoi ton truc, les objets ?
_ Pourquoi c’est marrant, d’avoir les objets ?
demanda-t-il en retrouvant subitement son calme. »

Ça voulait dire qu’on était amoureux d’un meuble ? C’était très étrange, mais ça devait exister. Il se demandait pourquoi ça faisait rire Akane, c’était plutôt triste pour le pauvre gus amoureux de sa lampe. Plutôt que de s’apitoyer sur le sort de cet homme, Raimu attrapa la feuille de papier et commença à compter ses propres réponses. Alors…

« … égalité. J’ai autant de carrés que de croix. Est-ce que ça veut dire que j’ai deux fantasmes ? Ou au contraire que j’en ai pas ? »

Scénario et lieux. Une femme à lieux ? Lui ? Le scénario à la limite il pouvait comprendre - même s’il n’était pas un grand adepte des tenues d’infirmière, il se retrouvait bien dans la jeune fille qui lit et rêve - mais le lieu ? Quel lieu d’abord ? Non, en fait, mieux valait ne pas savoir.

Se levant d’un bond comme elle un peu plus tôt, Raimu fit quelques pas dans le sable le visage en feu, avant de finalement se tourner vers sa compagne.

« Tu viens, Aka, on va promener ? »

Ils avaient fait largement assez de tests pour aujourd’hui, il craignait de pas survivre à un troisième.


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Akane Hirogami
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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mer 15 Fév - 20:01

Nan, vraiment, le même auteur ? Mais c'est qu'il était bougrement intelligent, cet enfant ! Elle lui aurait bien fait bouffer son magazine de joie, tiens ! Mais bon, ce n'était pas son magazine à elle, et puis, si elle se mettait vraiment en colère, il allait vraiment y passer, quel que soit son pouvoir. Car même s'il elle n'avait pas conscience de ce que cela pouvait être, il n'aurait pas le temps de l'utiliser. A moins que ce soit un pure réflexe, ou qu'elle se transforme en lapin. Et encore, des dents de lapins, ça peut faire mal. Surtout qu'en temps que transformation incomplète, ça fait des méga dents super coupantes sur son joli minois et BIM plus de gorge chez Raimu. Il peux très bien essayer de stopper cette hémorragie là, qu'on rigole un peu plus.

Effectivement, il y avait une marge énorme entre Raimu et Akane au niveau des relations amoureuses. Bien que la jeune femme ne souhaite en aucun cas se poser avec quelqu'un, elle avait tout de même le don de connaître bien des choses... Raimu devait être encore puceau, et n'avoir jamais vu une fille à moitié nue. Même en sous vêtements. Bref, ils étaient bien différent sur cet aspect là. Cela aurait pu être mignon, sauf que selon Akane, cela faisait juste débile en retard. Oh, bien sûr, elle comprenait qu'une personne de son âge puisse encore être vierge. Mais de là à n'avoir aucune notion de ce genre de chose... C'était tout simplement incroyable. Et pas dans le bon sens.

Et elle pensait à tout cela en voyant le joli visage de son compagnon virer du cramoisi au rouge cerise, puis au rouge écrevisse, au rose saumon, puis revenir au rouge coquelicot et ainsi de suite. Le sang devait lui monter brusquement au visage, parce qu'elle avait aussi l'impression d'il respirait mal. Ou alors il fantasmait grave et il avait du mal à se tenir tranquille. Mais bizarrement, cela lui semblait moins probable, pas avec Raimu. C'est fou ce qu'il était innocent. Naïf. Horreur.

Elle essaya de le taquiner. Pas en lui disant qu'elle serait du genre à prendre plusieurs partenaires. C'était la réalité, ça. Elle n'avait pas a comme fantasme, mais elle se disait que cela ne la dérangerait pas. Ou avec un gars et une fille. Pas besoins de deux garçons. Elle se fichait bien de ce qu'elle avait en face d'elle. En face. Akane ricana. Elle regarda Raimu rester insensible à sa blague sur les objets, mais elle ne fit aucun commentaire. elle n'allait pas lui expliquer ce qu'elle, et le test, entendait par objet. Elle ne voulait pas être sur la même longueur d'onde que ce fichu questionnaire, tout de même !

Il restait muet, en pleine concentration, et Akane trouvait que c'était le meilleur moment de cette journée. Il était complétement perdu, et elle, elle nageait dans l'aisance. Il se taisait, complétement tendu. Et elle, elle était au calme, regardant juste le ciel, le sable, et goutant le soleil sur sa beau, la brise sur sa nuque. L'paradis.

Il se leva brusquement, et elle resta un moment surprise. C'est mauvais la surprise, cela peut engendrer la peur, et avec la peur, la métamorphose. Mais bon, Raimu ne faisait que faire les cent pas devant elle, la face toute rouge, comme s'il n'avait pas pu oublier toutes les images pas très chastes lui venant à l'esprit. Comique. Elle ricana encore une fois, avant de se lever sous sa demande. Ouais, marcher, cela leur ferait du ben à tout les deux. Pas de test débile, pas de question à la con. La jeune fille se rapprocha donc tout naturellement de Raimu pour lui emboîter le pas.

Une autre fille qu'elle, croyant en l'amitié et bla bla bla aurait sans doute tendue sa jolie petite main vers Raimu, afin de le soutenir dans ce désagréable moment. Mais Akane n'était pas cette fille, et elle resta donc assez loin de Raimu, presque un mètre pour ainsi dire. Juste pour lui rappeler qu'elle n'était pas son amie, et qu'il était hors de question qu'elle le supporte. Improbable.

Akane passa devant Raimu pour lui montrer toute sa clémence envers lui, elle acceptait sans un seul mot, sans un soupir, sans rechigner cette proposition. Ah, n'était-elle pas magnifiquement gentille ? Non, effectivement.

"Alors, tu viens ou tes pensées obscures t'empêchent de marcher ?"

Et elle ricana de nouveau. Vilaine sorcière.

[Sorry du retard. Entre l'évent et les cours >_>. Mais bref, voilà, j'ai répondu, 8D]


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Sam 18 Fév - 15:37

Ne plus y penser. C’était le mot d’ordre : ne pas y penser. Ne pas imaginer des lieux, ne pas imaginer des scénarios, ne pas imaginer Akane - avec ou sans plusieurs partenaires - ne rien imaginer du tout. Regarder la mer, voilà. C’était bien la mer. C’était beau, ça faisait un joli bruit et ça sentait l’iode et le voyage. Raimu aurait adoré prendre la mer. S’embarquer sur un bateau à voiles, aider les matelots dans les cordages, faire escale dans tout un tas de villes par de-là le monde. Est-ce que parfois les cirques voyageaient par navire ? Il espérait. Comme ça, il pourrait faire d’une pierre deux coups ; naviguer et réaliser son rêve. Oui, vraiment, la mer c’était bien.

« Alors, tu viens ou tes pensées obscures t'empêchent de marcher ? »


Le garçon tourna brusquement la tête. Quand était-elle arriver là bas ? Le temps qu’il fixe et les vagues et se perdent dans ses pensées et déjà la voilà partie ! C’était d’ailleurs assez étonnant. Raimu s’attendait à devoir batailler pour qu’elle vienne avec lui, lui faire du chantage et se rouler dans le sable comme le gamin de 5 ans qu’il était. Mais non. Akane s’était levée de son plein gré, avait marché vers lui et l’avait même dépassé. Comme si, pour une fois, elle était d’accord avec lui. Comme si, depuis le début de cette expédition à la plage, ils s’étaient suffisamment rapprochés pour qu’elle accepte une de ses idées sans vouloir faire absolument le contraire. Un grand pas dans leur relation, de son point vue.

Après, certes, elle continuer à rire comme une sorcière en se moquant de lui. Mais c’était pas comme si ça lui faisait quelque chose, n’est-ce pas ? Si elle avait vraiment voulu le blesser, elle l’aurait ignoré et ça aurait suffit. Elle l’aurait considéré comme de la crotte sous sa semelle et sans doute que Raimu n’aurait pas insisté davantage. C’est jamais agréable de ne faire traiter comme un moins que rien, même une personne aussi joyeuse que lui n’aurait pas apprécié. Mais la jeune fille ne le traitait pas de la sorte, elle essayait juste de le faire fuir. En lui montrant ses pires côtés, ses défauts par milliers, tout ce qui était négatif chez elle. Alors, une fois cette étape passé, il ne resterait que les bons et quelle beauté ce serait ! Le garçon avait hâte d’en arriver à ce moment là. Mais, en attendant, il la prendrait comme elle viendrait. Aussi sourit-il de toutes ses dent et courut la rejoindre, s’immobilisant sans doute bien plus près d’elle qu’elle ne l’aurait souhaité. Mais il s’en fichait, qu’elle montre les crocs si ça lui déplaisait, il continuerait de marcher à ses côtés. Il n’abandonnerait jamais.

« Non, je regardais juste la mer. Ça ne te fait pas rêver, toi, d’imaginer tout ce qu’il y a au de-là ? »


Puis il se remit à marcher dans rien dire, s’amusant de tout et de rien. Du vent dans ses cheveux, des embruns qui venaient lui mouiller le corps et le visage, du sable entre ses orteils et des empreintes qu’ils laissaient derrière lui. Tiens, ils avaient laissé leurs affaires en plan. Tant pis, personne ne viendrait les voler. On était à Aomori après tout, c’était une bien trop petite ville pour que les gens s’amusent à se voler les uns les autres. De toute façon, la plage était presque déserte aujourd’hui. Ce qui était franchement dommage pour tous les gens qui préféraient rester chez eux que d’en profiter, car c’était une journée parfaite pour la baignade.

Ouvrant grand les bras, comme un enfant qui s’amuse à imiter les oiseaux, Raimu se mit à marcher dans les empreintes d’Akane. Ils faisaient la même taille mais ses pieds étaient plus grands que les siens. Rien d’étonnant à ça, lui était un garçon après tout. Sans doute allait-il encore grandir de plusieurs bons centimètres avant de stopper sa croissance. Un jour, il pourrait lui manger sur la tête, haha ! Enfin, ce jour était encore loin d’arriver. Le brun marchait donc dernière sa compagne, sautant de marque en marque, se faisant mentalement la remarque qu’elle devait crever de chaud dans ses baskets de ville. Pourquoi ne les enlevait-elle pas pour marcher pieds nus, comme lui ? Elle serait plus à l’aise. Mais il ne lui posa pas la question, il était sûr qu’elle l’enverrait balader.

Doucement, il se mit à chantonner. Une musique douce et sans paroles, venue d’il ne savait quels tréfonds de sa mémoire. Elle se mêlait aux bruits des vagues et aux cris des oiseaux, le tout emmené par le vent dans une mélodie sauvage. Presque, c’était presque beau.

« Tiens, on aurait dû prendre ta guitare, dit-il soudain à haute voix. »

Il laissa retomber ses ailes imaginaires le long de ses flancs et revint à la hauteur d’Akane en deux grands pas. La distance qui les séparait ? Dix centimètres à tout casser. D’ailleurs, c’était surement ses dents qu’elle allait casser s’il ne s’éloignait pas rapidement.

« Comme ça, tu aurais pu en jouer et peut être même chanter. »

Raimu ne s’éloignait toujours pas.

« J’aime beaucoup quand tu chantes, c’est tellement joli. »


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Lun 5 Mar - 20:17

Bien sûr qu'elle venait de son plein gré. Si elle grognait sans cesse, ce n'était pas juste pour emmerder tout le monde. Okay, un peu quand même, histoire de dire qu'on est pas copain. Mais si quelque chose lui donne envie, elle ne voit pas l'intérêt de grogner ! Akane ne voyait pas pourquoi elle ne devrait pas se lever comme ça, d'un coup. Peut être juste parce que si elle le faisait, Raimu prendrait ça comme un échange de bon procédé amicaux, que finalement, Akane l'aimait bien. Mais de toute façon à ce stade là, s'il ne lui faisait toujours pas la gueule, elle ne savait pas trop quoi rajouter. En tout cas, pas pour le moment. De plus, elle n'avait qu'une envie, marcher un peu, et non pas refaire des quizz idiot. Même le plaisir de voir Raimu gêné n'était pas si important que ça. Elle n'aimait pas parler. Elle ne voulait pas en dire plus à Raimu, s'ouvrir un peu à lui. Elle savait très bien qu'un jour où l'autre, à trop traîner avec lui, il découvrirait bien trop de chose sur elle. Et selon elle, il en savait déjà bien assez. Voilà pourquoi marcher selon elle, était bien meilleure que de rester allongé là. Parce que lorsque l'on marche, on ne parle pas, c'est bien connu !

Le problème d'Akane, c'est qu'elle n'avait pas tout compris à la vie. Elle pensait que le pire, c'était d'être désagréable, de faire comme si tout était mauvais. Bien sûr, la plupart des gens n'aiment pas cela, et le plus souvent, personne ne se frottait à une personne désagréable. Mais voilà, elle n'avait pas compris que le pire de tout, c'était l'indifférence totale. Elle l'avait pourtant pratiqué, parfois. Lorsqu'elle en avait marre de faire la chiante de service. Quand elle ne savait plus sur quoi grogner. Mais elle n'avait pas du tout compris le pouvoir de l'indifférence, et c'était peut être mieux ainsi pour tout ceux qui s'accrochaient encore à elle, comme Raimu. Elle ne savait pas non plus que Raimu avait l'espoir de trouver ses qualités, maintenant qu'il avait vu ses défauts. C'est vrai, quoi. En générale, quand on rencontre quelqu'un, on ne voit que ses qualités. Certainement parce que ce quelqu'un ne souhaite que cela. Et puis, au fur et à mesure, cette personne se relâche et finalement, on découvre pleins de trucs pas cool. Akane fonctionnait à l'inverse. Elle ne montrait que le pire, et cachait bien le meilleur. Parce que, bien au fond, elle en avait des bonnes choses en elle. Bien au fond, certes.

"Nan, c'est déjà assez chiant ce qu'il y a ici."

Non, elle ne venait pas de lui dire qu'il était chiant ! Elle n'aurait pas osé ! Ben voyons ! De toute façon, elle pouvait très bien le dire, elle pensait que Raimu était un peu maso. Cela lui faisait presque plaisir qu'elle le charrie. Ou qu'elle essaye vainement de le blesser. Mais elle avait bien compris que si elle commençait à le complimenter, même sincèrement, il n'allait pas fuir pour autant. Alors, elle faisait ce qu'elle savait faire de mieux, elle insultait. C'était le plus simple à faire, et puis c'était aussi ce qui marchait normalement le mieux. Mais bon. Elle ne dit rien de plus, parce que Raimu se taisait.

Il était derrière elle, et elle l'entendait parfois rire légèrement. La jeune fille ferma les yeux un court instant, ce demande depuis combien de temps elle n'avait pas vraiment rit comme ça. Trop longtemps selon Raimu, c'était certains. Elle n'avait pourtant pas l'impression que cela lui manquait. Pourtant, elle trouvait le son agréable. Elle se maudit elle même. Depuis quand était-elle mièvre ainsi ? Elle se frapperait bien, pour la peine. Elle accéléra un peu, mais elle sentait toujours Raimu, à quelques pas. Puis, elle tourna légèrement sa tête sur le côté, pour voir ce que fabriquait le jeune homme. Elle vit ses propres pas dans le sable, et les pieds du garçon sur les siennes. Il avait quand même les pieds plus grands qu'elle, malgré ses chaussures. Le pire, c'est qu'elle portait toujours une paire de chaussure avec une pointure supérieur. C'est à dire, qu'en réalité, ses pieds étaient encore plus petit que ce qu'on pouvait s'imaginer avec cette taille de chaussure. Elle grommela.

Il chantait, peut être. Elle ne voulait pas vraiment écouter. Elle ne le regardait plus, elle se voulait être seule. Mais on ne peut pas être seule quand on est avec Raimu. Pas comme ça. Pas sans le lui demander ouvertement. Elle n'avait pas envie de lui demander ça. Elle ne savait pas pourquoi. Peut être parce que si elle le faisait, elle lui montrerait une partie d'un morceau de ridicule faiblesse. Elle ne voulait pas. Elle n'avait pas de faiblesses. Elle n'était pas faible. Non, surtout pas. Jamais.

Il venait de la rejoindre, et il lui proposait un duo. Elle en aurait presque rit. Presque. De où pouvait-il lui demander ça. Une guitare, sa voix. Elle n'avait aucune envie de ça. Depuis quand étaient-ils amis ? Depuis jamais, et pour jamais. Elle allait le lui dire, maintenant. On ne touche pas à la musique comme ça. On ne parle pas de sa voix comme ça.

Elle se stoppa, et se tourna vivement vers Raimu. Ses yeux verts piqués de colère se plongèrent dans ceux de Raimu.

"Et ben moi j'aime pas quand on m'écoute. J'ai pas envie qu'on m'emmerde avec ça."

Et avant d'être trop en colère, entre cette proximité alarmante et ses questions de musique trop personnelle- comment ça c'était joli ? - elle recommença à marcher, bien plus vite, tout en serrant ses poings. Elle respira douloureusement par le ventre, et commença à se demander pourquoi elle était si proche de la colère. C'est vrai, quoi, y avait pas de raisons. Elle était à cran, et elle ne savait même pas pourquoi. En temps normale, elle ne se serait pas mise dans tant d'état pour si peu. Peut être parce que Raimu sentait le danger à plein nez. Voilà, elle avait peur de lui. Et ça, c'était vraiment pas bien. Elle ne pouvait pas avoir peur de ce ridicule gamin. Jamais.

Elle ralentit. Il fallait qu'elle fasse face à sa peur. Sinon, elle ne pourrait jamais s'en débarrasser. Ouais, facile à dire. Elle n'avait jamais réussit avec son pouvoir... Elle grogna.

"Merde."

Elle ne savait même pas où était Raimu. Elle ne voulait pas le voir. Parce qu'elle n'était pas sûr de pouvoir rester tranquille. Elle était bien trop tendue quand il était là. Elle se fatiguait vite. Peut être parce qu'il était tellement chaleureux. C'était épuisant de toujours dire non à ses attentes. Mais pour rien au monde elle n'arrêterait. Il ne fallait pas qu'elle tombe dans son piège. Jamais.

[TAYO TAYO ! J'ai répondu, OUIIIIIIIIII ! #PAN# J'espère que ce petit pétage de câble te conviendra. J'aime bien lui faire péter des câbles. Mais bon. Faut que je la laisse respirer, des fois, aussi xD]


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Ven 6 Avr - 12:27

« Nan, c'est déjà assez chiant ce qu'il y a ici. »

Raimu poussa un infime soupir et continua à jouer avec le vent et la plage. Non, il n’avait pas pris la remarque personnellement. Le garçon ne prenait jamais aucune remarque personnellement de toute façon. Pour lui, Akane faisait juste partie de ces personnes qui sont blasées de tout. De la mer, du soleil, des voyages, des rêves, de la vie en général. Il ne lui était même pas venu à l’esprit que sa remarque puisse s’appliquer à lui, en fait. D’un autre côté, elle lui avait déjà fait tellement voir que ce n’était plus ces petites piqures de moustique qui allaient le déranger. À force, il allait finir par se construire une véritable carapace. Même si elle était déjà présente à bien y regarde, mais peut être que la jeune fille finirait par réaliser qu’elle ne pouvait rien contre lui et son sourire perpétuel s’il épaississait le trait.

Le silence s’installa entre eux pendant qu’ils marchaient. Akane devant, Raimu derrière. Et dire que c’était lui qui avait proposé cette promenade à la base. Mais d’un autre côté, en y repensant bien, la brune ne se serait jamais abaissée à le suivre bêtement et encore moins aurait-elle supporté qu’ils soient à la même hauteur. Cette fille était chiante en fait. Heureusement que ce mot ne faisait pas partie du vocabulaire de Raimu, il en ignorait même le sens vu qu’il en était l’incarnation.

« Tiens, on aurait dû prendre ta guitare. Comme ça, tu aurais pu en jouer et peut être même chanter. »

Ingénu, il avait fait cette banale remarque en revenant à ses côtés. Le garçon était un horrible musicien et la seule chose qui l’empêchait de se considérer comme piètre chanteur également c’était le compliment anodin d’un camarade qui l’avait entendu chanter Pokémon sous la douche. Bref, tout cela pour dire que s’il voulait que Akane pousse la chansonnette ce n’était en aucun cas pour la pousser avec elle. Il voulait juste l’entendre chanter, elle. Parce que, après tout, c’était comme ça qu’ils s’étaient rencontrés et que ça lui rappelait toujours de bons souvenirs.

« J’aime beaucoup quand tu chantes, c’est tellement joli. »

Aucune flatterie, juste de la sincérité. Bien sûr, il s’attendait à ce qu’elle le repousse. Elle le repoussait tout le temps. Mais il s’était montré si gentil et si doux, que la violence de sa colère le pris de cours.

« Et ben moi j'aime pas quand on m'écoute. »

Pas seulement le ton de sa voix, sa physionomie entière exprimait la fureur. Elle le foudroyait du regard et, pour une fois, Raimu ne sut pas comment réagir. Il resta immobile sous l’averse, fixant sans y croire la lueur dans ses yeux verts qui disait qu’elle avait clairement envie d’enfoncer ses crocs dans sa gorge. Cette lueur il la connaissait. Il l’avait déjà vue. Une fois, juste avant que Hagane ne le frappe ce fameux jour où il avait découvert son pouvoir. Juste avant que son frère n’essaye de le tuer.

« J'ai pas envie qu'on m'emmerde avec ça. »

Sa phrase et le pas rageur d’Akane pendant qu’elle s’éloignait le tirèrent de ses souvenirs macabres. Le garçon observa son dos courbé par la colère se faire de plus en plus petit au fur et à mesure qu’elle mettait de la distance entre eux. Pour la première fois, la jeune fille l’avait blessé. Cette minuscule faille dans sa défense si parfaite, elle avait tapé en plein dessus, sans même le réaliser. Là bas, il la vit ralentir légèrement l’allure et se secoua brusquement. Akane n’avait rien fait. Elle l’avait engueulé parce qu’il empiétait un peu trop sur son espace vital, c’était tout à fait normal qu’elle s’énerve. Ce n’était pas de sa faute si ses yeux avait exactement la même couleur que ceux d’Hagane, ni même de sa faute si son frère était un meurtrier en puissance. Après tout, c’était son regard qui l’avait transpercé de la sorte, pas ses mots. Il n’avait aucune raison de lui en vouloir pour ça.

Rasséréner par cette conclusion, Raimu se mit à trotter doucement vers sa compagne. Se fabriquant un masque en cours de route, elle essaya de chasser toute trace de traumatisme de son visage. C’était juste Akane, terrifiante certes, qui râlait parce qu’elle ne voulait pas jouer de la guitare. Juste ça. Juste Akane.

« Je suis désolé… »

Piteux, comme seul un chiot abandonné peut l’être, le garçon parcourut lentement les quelques pas qui les séparaient.

« Je ne voulais pas… t’embêter, ou te mettre mal-à-l’aise. C’est juste que je t’ai entendue chanter tellement de fois et j’aime vraiment ça, alors, euh… »

Bizarrement, il sentait qu’il s’enfonçait. Se grattant pensivement la joue, il finit par lever le regard vers elle, geste ô combien téméraire dans la situation présente. Là, c’est d’un air sérieux qu’il prit la parole :

« Tu ne m’as jamais dit que ça te dérangeait, jusqu’ici. Si je l’avais su je ne te l’aurais pas demandé. Pardon, je ne t’en parlerai plus. »

Et il était sincère, oui. Suffisait de regarder ses yeux verts pour le voir.


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mer 9 Mai - 13:24

Ouais, il avait sans doute compris. Sans doute compris qu'il ne servait à rien de vouloir l'aider, de vouloir de sa présence. Elle n'avait pas la chaleur de Raimu. Elle était aussi glacial qu'un iceberg. C'était impossible de la faire changer. Vraiment, il n'y avait pas d'espoir. Elle l'avait déjà tellement réduit à la poussière, elle le regardait toujours avec un regard sombre, froid, elle n'avait jamais était aimable avec lui. Elle ne faisait aucun effort, et elle ne le cachait pas. Elle avait tout fait, et lui de son côté, ne lâchait pas un millimètre de sa peau. Il continuait de la poursuivre, de l'énerver, d'être à ses côtés. Les jours où il lui faisait grâce de sa présence, elle s'ennuyait un peu, elle attendait un éclat de voix, et elle se demandait pourquoi. Elle détestait vraiment ce gars, mais il prenait tout l'espace autour d'elle, et quand elle pouvait respirer, elle se noyait. Ce mec allait le payer. Surtout qu'elle parvenait rapidement à se re satisfaire de son silence, de l'espace vide et du manque de chaleur. Et il revenait, il la brûlait, et elle ne savait que faire.

Et puis, enfin, aujourd'hui, elle avait vu son regard inquiet. Un regard perdu, triste. Elle l'avait enfin blessé. Il semblait avoir compris qu'il ne servait à rien d'attendre un changement de sa part. Qu'il ne pouvait pas attendre de la gentillesse à son égard, que rien ne servait de rester auprès d'elle. Elle était horrible, froide et la pire. La pire. Vraiment la pire. Elle avait enfin réussit à l'envoyer loin d'elle, loin de son monstre, loin du monstre, loin d'elle... Avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il hurle devant la bête, avant de voir un monde s'effondrer. Elle n'avait pas besoin d'un autre regard dégouté ou effrayé. Même si ce n'était que celui de Raimu... D'ailleurs, surtout pas celui de Raimu, ses yeux étaient trop ressemblant... Ressemblant à ceux de son frère.

Elle avait besoin de souffler, de ne plus penser à ça. Elle se calmait doucement, cherchant des bords pour ne pas se noyer. Réfréner sa colère, sentir le calme dans son esprit. Bien sûr, elle n'en était pas capable. Akane avait beau toujours vouloir apparaître telle un rocher glacé, elle n'en était pas moins tout feu tout flamme. Elle avait le sang chaud. Et bien qu'elle essaye le plus possible de ne pas l'être, son naturel était ainsi. Et puis... Et puis elle était constamment en proie à la peur, à la détestation et au dégoût, parce qu'elle avait peur de la bête, elle la détestait et cela la rebutait au plus haut point. Et la bête, c'était aussi elle. Alors, elle ne pouvait pas faire autrement. Elle était toujours contrarié. Loin était les jours où elle était heureuse et insouciante.

Elle le sentit s'approcher avant même d'entendre ses pas ou sa voix. Puis, elle détourna la tête, le sentant à ses côtés. Elle n'était pas sûr de paraître calme en cet instant, bien qu'elle le soit bien plus à présent. Elle sentit son regard quitter le sol pour se poser sur elle, et elle en fit de même. Elle planta son regard torturé dans celui de Raimu, avant de redevenir tel un bloc de glace. Ne jamais montrer ses faiblesses, jamais.

"Je pensais bien t'avoir fait comprendre que tout ce qui touche au reste du monde me déplaisait. Je hais les humains, je hais la vie. Je déteste tout en ce monde, Raimu. Tout. Alors, tu peux prendre pour acquis que tout me dérange."

Et elle redressa la tête, regardant ailleurs. Elle n'avait pas envie de discuter de ça. Elle n'avait pas envie d'y penser. Pas envie de sentir gronder en elle quelque chose. Elle avait compris que le type de sentiment qu'elle ressentait donnait le type de bête en laquelle elle prenait forme. Au départ, elle ne l'avait pas remarquer, mais elle en faisait de plus en plus l'expérience. La colère ou la haine lui donnait des animaux sanguinaires ou sombres. Elle n'avait pas envie de se transformer en grosse bête poilue avec une rangée de dent à en faire pâlir le plus grand des requins. Voilà, elle pourrait même se métamorphoser en requin. Elle allait être ridicule, en plus de ça, mi femme mi requin, avec la mer à ses côtés. Elle secoua la tête.

"On bouge."

Elle avait besoin, encore une fois, de mettre les voiles. De s'agiter. De perdre son énergie, pour perdre la peur qui lui tenaillait l'estomac. Elle ne voulait pas rester à la même place, penser à ses choses qui la rendait folle. Elle avait envie de lui criait qu'à cause de lui, elle allait devenir encore une fois un monstre. Alors que c'était faux et qu'elle donnerait une réponse à Raimu, comme elle l'avait fait pour Haine. Haine savait maintenant le pourquoi de sa haine de son pouvoir, et il était clairement faux de rendre Raimu coupable de sa métamorphose. Ce n'était pas sa faute, mais la sienne. A elle. C'était son pouvoir, sa malédiction. Ses sentiments et son corps. Rien n'était dû à Raimu, et c'était peut être la aussi le pire. Il aurait été bien plus simple de prendre Raimu comme coupable, et de rester jusqu'à la fin de ses jours loin de lui. Tellement plus simple.

"Et arrêtes tes excuses. Je m'en contrefous."

[Sorry, I'm late ! Fais la fondre, elle attend que ça, tiens xD]


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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Mar 21 Aoû - 20:58

Il voulait qu'elle le pardonne. C'était tout. Rien de plus. Juste qu'elle le pardonne, qu'elle arrête de lui tourner le dos de cette façon colérique, il avait l'impression de pouvoir voir les ondes de colères émaner d'elle. Il voulait s'excuser de lui avoir proposé quelque chose qui semblait l'avoir blessée ou peut être juste désorientée. Il voulait aussi s'excuser de sa propre réaction, il n'aurait pas du rester figé comme ça. Akane et Hagane étaient deux êtres tellement différents, tellement opposés. Hagane si avenant en apparence, discipliné, le meilleur fils qu'un père puisse avoir. Mais aussi un monstre sans cœur, un géant de glace prêt à tuer sa propre famille s'il y trouve un intérêt. Et Akane, elle, qui veut paraître dure et froide avec son masque d'impassibilité mais qui en réalité est aussi brûlante qu'un volcan prêt à exploser. Akane qui se brise un peu plus à chaque coup dur, tellement sensible au monde qui l'entour qu'elle tente désespérément de s'en couper. Comment avait-il, ne serait-ce que le temps d'un battement de cil, les confondre ? Ils avaient peut être les mêmes yeux, mais c'était bien l'unique chose qu'ils avaient en commun. Et le regard qu'elle était en train de lui jeter en était bien la preuve.

« Je pensais bien t'avoir fait comprendre que tout ce qui touche au reste du monde me déplaisait.

Raimu ne dit rien, se contentant de l'écouter. Il ne comprenait pas comment on pouvait détester un monde entier, il fallait forcément connaître quelque chose pour le haïr et qui pourrait bien se vanter de connaître l'univers dans sa totalité ? Mais il s'abstint de tout commentaire, Akane n'était sans doute pas d'humeur pour ça.

_ Je hais les humains, je hais la vie. Je déteste tout en ce monde, Raimu. Tout. Alors, tu peux prendre pour acquis que tout me dérange. »

La jeune fille se détourna sur ces mots mais le brun continua un moment à fixer son profil fier, méditant ses paroles. Cette sortie à la plage lui en avait appris beaucoup sur Akane, il s'en rendait compte. Car si elle détestait le monde, cela voulait également dire qu'elle se détestait elle-même. Elle avait beau être orgueilleuse au possible, elle n'était pas assez narcissique pour s'extraire de cette haine universelle. Raimu hocha pensivement la tête.

« D'accord. Dans ce cas là, je continuerai à te parler de ta guitare et de tes chansons, puisque ça ne t'énerve pas plus qu'autre chose. »

Et il lui sourit, comme si ce qu'il venait de dire ne risquait en rien de provoquer ses foudres. Comme si c'était le drapeau blanc qu'il agitait et non celui de l'insoumission. Il sourit comme le parfait imbécile heureux qu'il était.

« On bouge.
_ Rentrons. »


L'après midi touchait à sa fin et ça avait été une journée éprouvante pour eux deux. Le japonais pris la direction de leurs affaires, abandonnées plus loin, marchant assez lentement pour suivre les mouvements de sa compagne du coin de l’œil. Celle ci du le percevoir, ainsi que la lueur de remords qui brillait encore dans son regard vert, car elle s'exclama :

« Et arrêtes tes excuses. Je m'en contrefous. »

Le garçon acquiesça de nouveau ; la troisième fois de suit qu'ils étaient d'accord, sans doute un record. Ils continuèrent de marcher dans le sable chaud, se dirigeant dans le sens inverse de précédemment. D'abord tranquille, Raimu ne tint pas longtemps avant de se remettre à jouer avec le vent, les bras écartés et les yeux rivés sur le sol. On pouvait lui faire tout et n'importe quoi, il ne lui fallait pas plus de cinq minutes pour s'en relever et continuer à vivre sa vie normalement. Il avait beau être naif, il ne laissait pas le cours des choses influencer facilement sur son moral. Les faibles restent au sol tandis que les forts se redressent rapidement. C'est ce qu'on lui avait appris et il l'appliquait consciencieusement, même si ce n'était sans doute pas dans le domaine qu’espérait son père. Alors que le silence s'était installé apparemment durablement, le garçon se remit à chantonner. D'abord sans paroles, la chanson lui vient d'elle-même.

« Kaze kami ni kanjite, sora wo nagameta ii. Anata ni hana todoketai... »

Ils ramassèrent sac et vêtements plein de sable avant de se diriger vers l'arrêt de bus où l'autocar les ramènerait directement devant les portes du pensionnat. Tout le temps que dure l'attendre Raimu chantonna, toujours la même chanson qui revenait encore et encore, lancinante. Comme Akane ne voulait sans doute pas parler et qu'il n'en était pas encore à se parler seul, il chantait, ça paraissait logique. Ce n'est qu'une fois installé sur les fauteuils miteux du véhicule tout aussi douteux qu'il se décida à prendre la parole.

« Au fait, le t-shirt, tu peux le garder. Enfin, je veux dire, je sais pas ce que tu veux en faire.

Sans doute le couper en lamelles, le jeter par la fenêtre ou le brûler dans l’âtre du réfectoire, il ne doutait pas que la jeune fille soit très inventive pour ce genre de choses.

_ Mais voilà, te presse pas pour me le rendre ou un truc du genre. Fais comme tu sens, quoi. »

Il ne voulait surtout pas la commander, elle risquerait de mal le prendre.

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MessageSujet: Re: « Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.    Sam 22 Sep - 8:40

Même si Raimu lui avait dit, lui avait dit qu’elle avait l’arrogance de dire connaître le monde entier, elle lui aurait répondu qu’elle ne le connaissait pas, qu’elle n’en avait aucune envie car elle détestait tout ce qu’elle connaissait et qu’elle détestait par avance le reste. Elle n’avait pas envie de savoir. Elle détestait l’inconnu comme le connu, et elle avait effectivement la bêtise de se dire qu’elle n’aimait pas sans rien en savoir. Elle le savait. Que c’était idiot, qu’en connaissant elle se rendrait peut être compte qu’elle aimait bien. Mais elle n’avait pas envie d’aimer. Voilà tout le problème. Elle ne se donnait pas la peine de réussir. Elle n’en avait aucune envie, donc, elle ne se mouillait pas. Moins elle en connaissait, mieux c’était.

Raimu avait effectivement raison. Akane se détestait. Elle n’aimait pas qu’on la prenne de haut, qu’on se foute d’elle, qu’on lui parle mal, qu’on lui manque de respect. Elle n’aimait pas qu’on lui dise qu’elle était faible, la plus faible. Elle n’aimait pas qu’on remette ses capacités en doute. Elle était fière, orgueilleuse, c’est vrai. Mais elle se détestait aussi. Elle n’aimait rien en elle, et certainement pas ses pouvoirs ou son corps. Elle haïssait tout ce qui pouvait lui ressembler. Elle refusait de se voir des qualités, des forces. Elle ne voyait que le mauvais côté des choses. Comme chez les autres. Elle était sombre, toutefois, elle n’acceptait pas la critique. Elle se disait qu’elle comprendrait qui la traiterait de monstre, puisqu’elle en faisait de même, mais elle ne l’acceptait pas.

Akane se retourna vers Raimu, lui lançant encore un regard flamboyant. En toute honnêteté, ce regard était autant pour lui que pour elle. Elle n’avait vraiment pas fait attention à Raimu. Elle ne pensait pas qu’il serait assez intelligent pour décortiquer ses phrases ainsi. Elle ne pensait pas non plus qu’il serait assez confiant pour le lui dire. Elle avait toujours pensé que c’était un idiot naïf qui manquait de confiance en lui. Elle s’était trompée. Et elle se maudissait pour cela. Si elle avait fait attention, elle n’aurait jamais été là, à la plage, à discuter avec ce garçon. Elle n’aurait même jamais dû lui expliquer qu’elle n’aimait rien et qu’il devait le comprendre. Elle n’arrivait jamais à ce genre de conversation avec quelqu’un. Parce qu’ils fuyaient tous avant. Ou alors parce qu’ils étaient le genre de type à faire semblant d’apprécier les autres, des amitiés futiles et sans sentiments. Mais Raimu n’était pas ce genre de type qui traîne avec quelqu’un s’il ne l’apprécie pas. C’était pourquoi elle cherchait à s’en débarrasser mais elle n’y parvenait pas. Et elle venait de comprendre pourquoi. Ce Raimu était doté d’un cerveau et de courage. Et de super glue. Le mélange le plus dangereux pour elle.


Ils aillaient tout deux vers leurs affaires, et Akane se demandait comment le faire partir maintenant. Elle avait l’impression d’avoir presser le corps plein de glue du garçon contre elle, l’empêchant de mal se coller. Comme si, au lieu de l’arracher brutalement, elle l’avait laissé prendre. Elle s’en voulait de ne pas avoir compris assez vite, d’avoir donné de quoi manger à Raimu. Elle n’était plus sûre de pouvoir le faire fuir avec la méthode habituelle. Et elle n’avait pas envie d’être cruelle. Sauf qu’elle ne voyait plus d’autres solutions. Elle se promit d’y réfléchir.

Raimu jouait, dansait dans le vent. Et Akane comprit alors l’ampleur du désastre. Elle ne détestait pas Raimu. C’est vrai qu’elle ne l’aimait pas non plus. Elle faisait tout pour que rien n’aille entre eux, mais elle ne pouvait pas se forcer à le détestait. Elle n’y parvenait pas. Elle le trouvait presque attachant, et c’était là la pire chose qui puisse lui arriver. Elle comprit encore plus pourquoi jusque là elle était encore à ses côtés. Elle ne fuyait même pas. En tout cas, pas comme quand elle ne voulait vraiment pas avoir à faire avec quelqu’un. La jeune fille fronça les sourcils, consciente que tout aurait pu être terminé si elle n’avait jamais suivit Raimu. Pas une seule fois. Sauf que finalement elle était là, et que ce n’était pas parce que Raimu l’avait vraiment forcé. Bien sûr, il y avait mis beaucoup du sien, mais elle aurait pu refuser. Vraiment. Sauf qu’elle ne l’avait pas fait. Elle s’était laissé faire, et elle n’avait rien, fondamentalement, contre Raimu.C’était le début de la fin. Elle n’arriverait pas à être cruelle avec lui, à moins qu’elle sente que la situation devenait dramatique, et ce serait trop tard. Il fallait donc qu’elle le fuit comme la peste, maintenant qu’elle avait compris.

Elle suivit Raimu, du plus loin qu’elle pouvait. Ils attendirent le bus, et Akane fit comme si elle ne le connaissait pas. Lorsqu’ils montèrent dedans, elle voulut prendre un siège loin de lui, mais un voyageur la bouscula légèrement et elle atterrie juste à côté de Raimu. Elle était un peu énervée, mais le voyageur s’était excusé et elle n’avait maintenant plus d’excuse pour lever ses fesses et partir plus loin. Elle marmonna un moment, avant de respirer profondément, histoire de ne pas se transformer dans le bus. Elle n’était pas sûre qu’une femme mi ourse mi humaine
soit très bien accueillie dans le bus.

La jeune fille leva un sourcil vers Raimu, ne comprenant pas où il voulait venir. Elle jura plusieurs fois dans sa tête en comprenant qu’il prenait des pincettes avec elle, cherchant à communiquer sans la mettre en rogne. Bordel. Elle avait les nerfs en pelote et elle se demanda depuis combien de temps Raimu fonctionnait ainsi. Elle marmonna une réponse avant de se détourner, offrant son dos à Raimu. Elle avait même oublié qu’elle n’avait pas son tee-shirt sur elle, mais celui de Raimu. Elle se demandait depuis combien de temps elle était si bête avant de soupirer. Elle n’était pas moins bien dans les affaires de Raimu que dans les siennes, et cela la rendait malade.

Ce qui la dérangeait le plus maintenant, ce n’était plus tant Raimu, mais sa relation envers Raimu. Ses propres sentiments. Elle n’aurait même pas dû se poser la question, mais elle le faisait. Elle ne le détestait pas. Elle ne détestait pas cet abruti naïf et casse pied de Raimu. Elle se sentait comme chez elle dans ses tee-shirts et elle le trouvait mignon. Bien qu’elle puisse trouver beau un homme sans rien ressentir pour lui, elle trouvait cela contraignant dans le cas de Raimu. Il fallait à tout pris qu’elle s’éloigne de lui, et voilà qu’elle avait maintenant son haut sur elle. Elle n’arriverait à rien dans cette situation.

« Je le donnerais à Ema pour qu’elle te le rende. »

Puis elle se tourna vers le couloir, évitant ainsi de voir Raimu. Voilà. Elle le passerait à Ema, quoi qu’elle aurait ensuite une dette envers elle… Elle soupira. Non, elle dirait que pour se faire pardonner de l’avoir envoyer à la plage, elle devait rendre ce truc à Raimu de sa part. Ensuite, elle allait juste devoir éviter Raimu le reste de sa scolarité, et éviter Ema aussi. Puisque tout deux s’entendaient bien. Sauf qu’éviter Ema allait être difficile puisqu’elle partageait la même chambre. Akane soupira de plus belle. Elle allait devoir courir toute sa vie contre des fantômes. Mais
elle le devait. Elle ne pouvait pas se risquer à voir Raimu plus souvent.


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« Une promesse c'est une dette. » Proverbe guadeloupéen.

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