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 A l'abri des regards [Terminé]

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 0:45

Elle se sentait mal. Vraiment très mal. Elle avait une envie de vomir, et avait des vertiges. Mais cela ne faisait qu'accentuer sa culpabilité. Elle était responsable, mais avait fuit depuis si longtemps... Elle se sentait stupide de pleurer, mais en même temps, elle ne se voyait pas faire comme si de rien n'était. Mais maintenant, ce moment devait sortir, elle n'arrivait plus à garder ça pour elle. Sa gorge nouée de l'aidait pas, et son cœur serré encore moins. Elle pleurait juste, ses larmes ne faisaient aucun bruits, et s'écrasaient sur le sol en silence.

Elle entendit le pas du prof se rapprocher, et elle se demanda alors ce qu'il comptait faire. Se moquer? Cela ne l'étonnerait pas. Mais elle s'en fichait. En ce moment, tout ce qu'elle voulait, c'était oublier. Mais... Elle n'arriverait jamais à oublier. Elle le savait. C'était de sa faute, et rien ne pourrait la faire changer d'avis. Quelque part, elle maudissait son don. Si elle ne l'avait pas eu à ce moment là, il serait encore en vie... Et elle ne serait surement pas ce qu'elle était aujourd'hui. Elle n'aurait jamais eu ces regrets, et ne serait sûrement jamais devenue aussi manipulatrice. Mais les choses en étaient autrement... Elle était devenue comme ça, juste à cause d'un accident.

Mais la réaction du prof l'étonna. Au lieu de se moquer, ou alors de lui crier dessus, il fit autre chose. Qui l'étonna au plus au point. Il mit ses mains dans son dos, et la serra contre lui. Il la serrait avec force, comme s'il ne voulait pas la lâcher. La jeune fille ne comprenait pas... Pourquoi il la serrait contre lui? Pour la réconforter? Ce n'était pas le genre du monsieur. Mais pourtant, tandis qu'il la serrait encore plus fort, elle remarqua que ses larmes coulaient toujours. Elle ne le repoussait même pas. De toute manière, elle se serait fait quelques bleu au bras si elle essayait...

Elle ferma les yeux, se mordant les lèvres. Certes, il l'avait pris dans ses bras, mais son souvenir la hantait toujours. Et ses larmes coulaient à flots. La culpabilité la rongeait, et elle se sentait vraiment mal. Elle pensait qu'elle aurait préférée ne pas avoir de don, plutôt de payer un prix aussi élevé pour en avoir un. Pourquoi elle avait fait une chose pareille... Pourquoi cette voiture était là à ce moment précis... Pourquoi n'avait-elle pas regardée ailleurs, brisant ainsi l'effet de son don... Pourquoi cet accident était arrivé à lui, et pas à elle? Des remords, des regrets... Il ne lui restait que ça. A elle, une fille que ne montrait jamais ses sentiments à qui que ce soit, préférant jouer la comédie... Sauf que là, elle ne jouait aucune comédie, et elle avait plus de regrets que personne ne pourrait imaginer.

C'était horrible... Elle tremblait de tout son être, sans savoir vraiment pourquoi. Elle sentait aussi que ses jambes n'allaient plus la tenir très longtemps. Elle était donc si chétive? Au point que la culpabilité, les remords et ce souvenirs avaient raison d'elle aussi facilement? Elle n'en savait rien, et tout ce qu'elle voulait, c'était oublier. Oublier l'accident, oublier ce garçon... Mais quelque part, elle savait qu'au fond d'elle, même si elle avait la possibilité, elle ne voudrait pas oublier. Seulement, elle ne l'accepterait jamais. Des paroles franchirent de nouveau ses lèvres, mais tellement bas qu'on avait peine à entendre.


" Je suis responsable... de sa... mort. C'est ma faute..."

Elle avait une soudaine envie de tout lui dire, de tout lui avouer. Mais elle ne parvenait pas à aligner deux phrases sans pleurer. Elle avait l'impression d'être une gamine, mais elle s'en moquait. Mais tout dire à ce prof n'était surement pas une bonne idée. Mais elle s'en fichait aussi. Ce poids était trop lourd à porter... Même si elle avait réussit à oublier pendant tant d'année, ce n'était pas définitif, et cela ne le sera sûrement jamais.
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 1:12

    Il sentait ses sanglots couler au creux de son épaule, dans cette position il ne savait pas quoi faire. Il la tenait dans ses bras comme si sa vie en dépendant, ayant l'étrange impression que s'il la lâchait jamais il n'aurait l'occasion de rattraper les choses. Il ne voulait pas partir de cette façon là, comme un voleur, comme quelqu'un de mauvais, de pathétique. Il n'était pas quelqu'un de bien s'efforçait de ne pas l'être, surtout en présence de quelqu'un pour elle, mais en cet instant il ne cherchait plus à lui faire du mal, encore moins à la provoquer ou à la blesser. Peut être souhait-il simplement l'aider, mais que pourrait-il faire ? Lui, le misérable professeur qui passait du coq à l'âne, étant énervé puis calme, éprouvant une haine profonde et prenant dans ses bras une personne qu'il détestait. A quoi ça rimait, tout ça ? Il ne pensait même pas l'aider en faisant ça, c'était un geste à la con que faisaient les amis entre eux pour se réconforter, dans une telle situation ça ne représentait plus du tout la même chose. L'idée lui traversa l'esprit, une seconde, qu'il agissait égoïstement, comme toujours. Il se sentait bien.

    Et cette sensation lui tordait le cœur, lui donnant l'impression d'être inutile, comme toujours. Oui, égoïstement, il aurait aimé qu'elle réponde à son étreinte, oui, égoïstement, il aurait aimé qu'elle lui dise tout de suite ce qui n'allait pas. Oui, égoïstement, il ne la lâcherait pas parce qu'il n'en avait pas envie. Son cœur battait à lui rompre les côtes, il avait des étranges frissons dans le dos et sentait comme une goutte glacée lui glisser le long de l'échine. Il ferma les yeux, son buste se secouant au rythme de ses sanglots, il avait du mal à respirer mais il ne s'en rendait pas compte. Il avait étrangement chaud mais était parcouru de sueurs froides, il ne savait plus quoi faire. La réconforter ? Ça, il n'avait jamais su le faire. L'écouter ? Il doutait encore sérieusement de son envie à lui révéler la vérité. L'aider ? Mais comment ? Il n'en avait aucune idée et s'en voulait affreusement. Il avait sincèrement envie de l'aider, de faire quelque chose de bien, pour une fois.

      " Je suis responsable... de sa... mort. C'est ma faute... "

    Comme un murmure qui brisait le silence de la nuit, elle avait du mal à former ses mots et à les aligner sans sangloter, son cœur se serra à nouveau. Il rouvrit les yeux, les sourcils froncés par la culpabilité et le regret, il n'avait pas supporté d'entendre cette voix brisée par le chagrin, ça le détruisait. Il se demandait comment il avait pu faire ça, ou encore s'amuser de sa situation encore quelques minutes auparavant. Tout ça lui parvenait comme un extrait d'une autre vie qui n'était pas la sienne. Il n'avait même plus l'impression de la détester, juste d'avoir de l'empathie envers elle. Si c'était possible, il trouvait ça bizarre.

      « Je suis désolé. »

    Enfin, les mots sortirent de sa voix brisée, éteinte, presque morte. Désolé pour quoi ? Pour la mort de ce garçon, il jugeait qu'elle comprendrait facilement qu'il ne s'excusait par pour ça. Cette phrase était là pour que Kunisaki se pardonne à lui-même de l'avoir forcé à parler. Il aurait mieux fait de partir, la laisser tranquille, ne pas la forcer à le détester, tout était parti de là.

      « Pourquoi est-ce que tu penses ça ? »

    Il n'avait pas voulu lui demander ça, il trouvait ça offensant envers elle, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Il voulait savoir, pas plus par curiosité que pour la faire vider son sac. Quand il pensait à ce qu'il avait pu dire auparavant « C'est certain que je ne cherche pas à réconforter ton pauvre petit cœur meurtris en te poussant à te confier à moi. », quel con. Ça lui donnait envie de vomir, réalisant alors qu'il souhaitait sincèrement qu'elle le pardonne. Qu'elle lui laisse une seconde chance.

    Il voulait l'aider, il ne voulait que l'aider.


- -
Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 1:39

" Je suis désolé. "

Encore une chose qui l'étonna. C'était la première fois qu'il disait ça depuis qu'ils se connaissaient, et Sakura devina bien que ce n'était pas parce que... parce qu'il était mort qu'il s'excusait, ce qu'elle trouva encore plus étrange. Il s'excusait parce qu'il l'avait forcé à se souvenir. Pourtant, ce n'était pas ce qu'il voulait? Sa voix était brisée, comme si...

" Pourquoi est-ce que tu penses ça ? "

Elle ferma les yeux aussi fort que possible. Pourquoi elle le pensait? Parce que c'était la vérité. Parce que c'était elle qui l'avait... Ses sanglot redoublèrent, tandis que la scène se répétait encore dans sa tête. La voiture freinant brusquement, elle qui criait qu'il s'arrête... Mais sa voix avait été étouffée par le crissement des pneus, donc il ne l'avait pas entendue... Et continuait son chemin. Le choc retentissait dans ses oreilles, et inconsciemment, elle s'accrocha au prof, elle le serrait contre elle comme si cela lui permettait d'évacuer sa peine. Mais non, cela ne faisait que la redoubler d'intensité.

C'était à cause d'elle, et elle s'en voulait. Elle s'en voulait au point de vouloir se confier à un prof qu'elle avait détestée, à un prof qui l'avait utilisé, et qui s'était amusée à la voir en colère. Un prof qui en ce moment, la serrait contre, et qui donnait l'impression de vouloir l'aider. Un prof vraiment bizarre au demeurant... Mais ce n'était pas l'important. Elle ne trouvait pas les mots pour répondre, ou tout simplement, ils ne voulaient pas sortir. Elle ne savait pas quoi faire... Pourquoi ça ne sortait pas... Pourquoi ça restait bloquer, alors qu'elle voulait parler...

Elle restait un moment sans répondre, puis, entre deux sanglots, elle réussit à articuler:


" C'est la vérité... Si je n'avait pas découvert... mon don à ce moment là..."

Elle secoua la tête. Pourquoi son don s'était manifester à ce moment là? Pourquoi pas après, pourquoi pas avant... Et pourquoi tous ces pourquoi? Tant de questions, tant de regrets... Mais en même temps, c'était normal d'avoir des regrets, c'était normal d'être triste, quand on était responsable de la mort de l'être le plus cher à nos yeux. Certains n'auraient pas supporter de vivre plus longtemps.. Mais elle, n'avait tout simplement plus eu envie d'aimer. Et la raison fut alors une évidence à ses yeux. Elle n'avait plus envie que cela recommence. C'était pour cela qu'elle manipulait les autres, c'était pour cela qu'elle mentait. Pour ne pas éprouver ça...

Elle se rendit compte de tant de choses.. déjà, sa voix était brisée aussi, mais aussi basse que permise, comme si elle allait la perdre à tous moments. Puis, elle avait de plus en plus froid, mais ça, elle s'en fichait. Elle commençait aussi à avoir mal aux yeux, comme si ses larmes lui procurait une certaine douleur. Ce qui n'était pas faux. Son cœur lui faisait horriblement mal, elle avait peur d'ouvrir les yeux, car elle ne savait pas si elle allait voir floue ou pas... Soudain, elle se rendit compte d'une autre chose. Non seulement elle avait des regrets, mais elle avait peur. De quoi? Elle ne le savait pas. Mais quelque part, elle était rassurée.

Pourquoi? Parce qu'elle n'était pas seule, tout simplement.
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 2:05

    En la sentant répondre à son étreinte, il eu une très étrange sensation dans la poitrine, quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Il ne pourrait ni le décrire, ni l'expliquer, ce n'était ni du réconfort ou du plaisir, encore moins de l'affection. C'était différent, il la serra un peu plus contre lui, relâchant la pression pour ne pas lui donner l'impression d'étouffer dans ses bras. La petite chaleur près de son cœur se faisant plus pressante, plus importante, il baissa sa tête vers le haut de son crâne, les yeux fermés comme pour éviter qu'il ne trahisse ce qui se passait en lui - et cela quand bien même elle ne pouvait pas les voir. Si seulement il avait été quelqu'un de normal, si seulement. Alors il aurait su quoi faire et quoi dire. Et puis si seulement c'était un véritable adulte responsable, aussi ! Il aurait pu lui dire des phrases logiques et pleines de bon sens, faire quelque chose d'utile pour elle. Se faire pardonner car, étrangement, c'était ce qu'il souhaitait à présent. Il n'espérait pas qu'ils finissent par bien s'entendre ou encore moins s'apprécier - quelle idée impensable -, seulement, arranger les choses. Ils se comprenaient, quand bien ils ne s'aimaient littéralement pas, ils se comprenaient mieux que personne d'autre.

    Il sentait son cœur se tordre de douleur à chacun de ses sanglots, elle s'accrochait à sa chemise avec force et il se sentait bien, même si cette idée était saugrenue et Ô combien mal placée en cet instant. Ah oui, si seulement il avait été quelqu'un d'autre, il n'aurait pas hésité une seconde pour savoir quoi dire et quoi faire. Une étreinte ça ne représentait certainement rien, et dans le fond, ça lui faisait du bien à lui. A chaque fois qu'il sentait sa tête se relever d'un nouveau sanglot, il s'attendait à l'entendre parler, s'expliquer, mais seul le silence était là, assassin, cruel et percutant. Il se disait qu'aucun mot n'arrivait à sortir, qu'il ne pourrait rien apprendre de plus. Dans le fond, il avait l'impression de n'en avoir rien à faire, de savoir. Pourtant il voulait qu'elle le dise, pensant que c'était la seule chose qu'il pouvait faire. La forcer à tout balancer. Mais vraiment, quel con.

      " C'est la vérité... Si je n'avait pas découvert... mon don à ce moment là... "

    Kunisaki ne savait pas exactement ce que ça voulait dire, ni même où elle voulait en venir. Sa voix était faible, meurtrie, si bien qu'il était surpris de voir des mots se former et former une phrase, l'effort dont elle devait faire preuve pour ça semblait immense, il la serra un peu plus contre elle, la seule chose qu'il faisait, l'incapable. Il cherchait, jusqu'au plus profond de son âme salie par les années, qu'est-ce qu'il devait dire. Bordel, mais que faisaient les gens dans ces cas ? Pour eux ça semblait toujours si facile, si évident. Pourquoi ce n'était pas le cas, pour lui ? Parce qu'il n'était pas honnête ? Impossible, cette fois-ci il l'était, d'ailleurs il croyait bien l'avoir souvent été. Il était simplement lunatique, et éprouver de l’empathie envers une fille en larmes à cause d'un souvenir douloureux prouvait peut être qu'il était humain, au fond. Qu'il avait des regrets, comme tout le monde, et qu'après l'impact de chacun de ses paroles il comprenait, tardivement, comme il avait pu faire du mal. Si seulement il était moins bête, plus adulte, il ne ferait pas de telles erreurs. D'un autre côté, sans toutes ces erreurs, il ne se serait pas retrouvé là, avec elle. Ce n'était peut être pas si mal, cette pensée l'écœura de lui-même.

      « Ne te force pas à me le dire. »

    Elle n'avait pas à faire ça pour lui. Tant qu'il pouvait la garder dans ses bras, il ne voulait rien de plus. Il ne lui demanderait jamais rien de plus...


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 2:32

Elle sentit qu'il la serra un peu plus contre lui, mais ne fit aucune remarque. Elle restait là, à pleurer sur l'épaule d'un prof qui lui voulait du mal au départ, tandis qu'elle essayait de former des phrases compréhensible. Elle voulait tout sortir, tout avouer. Comme si après ça, elle se sentirait mieux. Et même si ce prof n'était pas le mieux placé pour qu'elle se confie, il n'en restait pas moins qu'en ce moment, il essayait de l'aider. C'était tellement bizarre... Mais en même temps, elle devait admettre qu'il était peut-être le seul à pouvoir la comprendre. Alors elle sentait que quelque part, elle devait lui dire. Elle se sentait si mal... Elle avait presque envie de le remercier pour ce qu'il essayait de faire, mais sa voix était étouffée au fond de sa gorge.

" Ne te force pas à me le dire. "

Elle secoua la tête, elle n'était pas d'accord. Elle n'aurait jamais crue penser ça un jour, mais elle elle devait raconter ça. Et puisqu'il voulait savoir, il saurait. Mais elle avait tellement mal... Elle avait l'impression que sa gorge était toute sèche, et ses yeux devaient être rougis par les larmes... Elle n'imaginait même pas son visage, qui lui devait être rouge tout court à cause de ses sanglots, ses joues étaient surement humide, voir mouillées, vu qu'elle pleurait encore, et pourtant, le prof ne la lâchait pas. Mais bizarrement, cela ne la dérangeait pas. Dire qu'elle voulait partir avant... Là, elle voulait juste se libérer d'un poids, qui était devenir trop lourd au fil des années.

"C'est à cause... de mon don. Si je ne l'avais... pas découvert à ce moment...là..."

Bordel, elle n'arrivait même pas à faire un phrase sans avoir un mal de chien à la gorge... Elle était donc vraiment sèche, et sa voix encore plus brisé de fait. Elle se sentait si inutile, comme si elle même était un poids en ce moment même pour le prof. Pourquoi se sentait-elle comme un poids pour lui? Alors qu'elle devrait le détester, le haïr pour ce qu'il avait fait... Pourtant, elle n'arrivait pas à le détester en ce moment même, et n'arrivait encore moins à le haïr. Tellement étrange...

Tout ça à cause de son don. Si elle n'avait pas usée de son don, il ne l'aurait pas vue, et donc, ils n'en seraient pas là. Si elle n'avait pas eu son don, il n'y aurait pas eu d'accident, et donc elle n'en serait pas là. Si elle n'avait pas eu son don, elle serait toujours avec ce garçon, et ne souffrirait pas de son souvenir. Son prétendue don lui avait causée bien des soucis... Et même des regrets... Des regrets qu'elle n'auraient jamais du avoir. Elle tremblait encore plus, son cœur se soulevant d'un coup, et son souffle se coupa d'un coup. Elle pleurait tellement qu'elle avait du mal à respirer... Comme quoi, un souvenir pouvait faire beaucoup d'effet, tout comme la photo pouvait faire beaucoup d'effet au prof.

Dire qu'elle ne voulait pas céder au départ, elle l'avait fait, malgré elle. Maintenant, au lieu d'être dans son lit, elle était dans les bras d'un prof, en train de chialer, et n'arrivait même pas à se calmer. La vie réservait bien des surprises des fois...
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 3:03

    Il la sentit secouer la tête dans le creux de son épaule en signe de négation, elle tenait donc tant que ça à lui dire ? Il ne comprenait pas, le gars bizarre aux humeurs changeantes ici c'était lui, pas elle. Pourquoi tenait-elle à le lui dire ? Pour se vider d'un poids, il avait du mal à croire qu'elle pensait la même chose que lui, qu'ils se comprenait. Il s'en sentit un peu moins seul. Il balada doucement sa main sur le haut de son dos, se réchauffant lui-même - il crevait de froid, et cela malgré le chaud qu'il avait au visage et à la poitrine, ses bras étaient glacés -. Sa respiration était saccadée et irrégulière, ne le remarquant qu'à cet instant il se concentra pour inspirer normalement, il sentait son pouls palpiter avec force dans son cou et son poignet d'une manière très désagréable. Il expira, lentement, sentant ses lèvres trembler - de froid ? -, une très légère fumée blanche sortit de sa bouche pour disparaître dans la nuit. Comme il faisait noir, si sombre. Il ne distinguait plus rien, comme recouvert par les ténèbres. Pourtant, il n'aurait jamais pu se sentir dans une situation plus rassurante. Affreusement rassurante.

      " C'est à cause... de mon don. Si je ne l'avais... pas découvert à ce moment...là... "

    Il se pinça les lèvres avec force, elle venait de dire la même chose, preuve qu'elle ne parvenait pas à en dire plus. Il hésita, un instant, à lui demander de se taire, de s'arrêter là. Il n'était pas sûr que tout cela soit une bonne chose, au contraire, il avait l'impression de la sentir se briser sous ses bras, il n'était même pas certain qu'elle puisse tenir sur ses jambes. En y pensant, il sentait les siennes extrêmement faibles, se demandant comment il arrivait à se tenir aussi correctement. Son corps réagissait de manière très étrange, avec des mélange de froid et de chaud. Il expira avec difficulté, fermant les yeux une seconde, il ne savait pas pourquoi il la laissait faire ça. C'était peut être le moment de la pousser à s'en aller, à fuir loin de lui. Il finirait par lui faire du mal à nouveau, il le savait, il n'avait jamais su que faire le mal autour de lui.

    Ne sachant pas quoi faire, et encore moins quoi dire, il la prit par les épaules et l'écarta très légèrement de lui, simplement pour voir son visage. Par la nuit il ne voyait que ses yeux, plus petits qu'à l'ordinaire, plongés dans les larmes, voyant des gouttes brillantes ruisseler sur ses joues. Il remarqua alors comme sa chemise était trempée à cet endroit. Il ne décrocha pas son regard, ne parvenait même pas à savoir lui-même ce qu'exprimait son regard. Il passa sa main sur sa joue droite y enlevant quelques larmes, bientôt remplacée par d'autres. Posant sa main près de son cou, il la reprit dans ses bras, posant ses lèvres sur le haut de son front. Les doigts dans ses cheveux, il se sentait soudainement engourdi, tenant son bras de sa main gauche. Il ne savait même pas à quoi ça rimait.

      « Tu as découvert ton don au mauvais moment, ce n'était pas ta faute. »

    C'était la phrase la plus gentille et la plus réconforte qu'il n'aurait jamais pu imaginer dire dans toute sa vie. C'était si étonnant de sa part de dire ça qu'il s'en surprit lui-même, tellement qu'il se demanda, l'espace d'une seconde, s'il ne venait pas de dire quelque chose d'horrible sans s'en apercevoir. Il espérait sincèrement ne pas avoir fait la moindre gaffe. Passant ses bras autour d'elle, il inspira l'air glacé avec difficulté.

    Puis toujours avec cette drôle de sensation dans la poitrine.


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 3:39

Elle avait l'impression de se répéter, mais ne savait pas quoi dire d'autres. C'était à cause de son don, tout simplement. Elle avait commis le pire acte qu"un homme pouvait faire. Mais le pire, c'était qu'elle avait voulue oublier. Résultat, elle se sentait encore plus coupable. Avait encore plus de regrets, et pleurait encore plus. Mais comment expliquer ça correctement? Elle ne trouvait même plus les mots juste pour former une phrase, son esprit était embrouillé, essayant de chasser le souvenir, qui ne faisait que s'imposer au contraire. C'était la deuxième fois de sa vie qu'elle se sentait aussi fragile. La première étant le jour fatidique. Elle avait eu l'impression de perdre une raison de vivre, une raison la poussant à se lever le matin et à dormir le soir, une raison la poussant à être joyeuse et à sourire.

Elle avait perdue la dernière chose, et désormais, s'en voulait à un point que personne ne pouvait imaginer. C'était si dur d'y penser, c'était si dur d'oublier, mais c'était si dur de vouloir oublier... Elle sentit alors les bras du prof venir vers ses épaules, et la détacher doucement. Elle releva la tête, les yeux à peine ouvert. Elle voyait floue, et donc, ne parvenait même pas à voir l'expression du prof. En même temps, quel genre d'expression pouvait-on avoir dans ce genre de moment? Elle sentit alors un contact glacé sur sa joue, qui essuyait ses larmes. Mais elle furent remplacée par d'autres, car elle ne s'arrêtait pas de pleurer.

Puis, ce fut au tour de son cou qu'il y eu un contact froid. C'était une main. Celle du prof. Qu'est ce qu'il faisait? Elle n'en savait rien, sa vision n'était pas au meilleur de sa forme, et elle non plus d'ailleurs. Il la reprit dans ses bras, et sentit alors un autre contact glacée, juste au dessus de son front. Il tenait son bras, mais elle ne pouvait rien dire. Déjà parce qu'elle n'avait quasiment plus de voix, et surtout parce qu'elle ne savait pas quoi dire. Elle n'aurait jamais crue ça possible qu'il puisse l'aider un jour, et encore moins après avoir provoqué ces évènements.


" Tu as découvert ton don au mauvais moment, ce n'était pas ta faute. "

C'était bizarre qu'il dise ce genre de chose, vraiment. Mais elle devait admettre que cela lui faisait du bien. Étant donnée que ses parents ne savaient rien, il n'y avait personne qui l'avaient consolée ce jour là. Parce qu'elle avait vite compris comment user de son don, ainsi, toutes les personnes qui avaient été présente ne se souvenaient plus de grand chose. Bien sûr, ils se souvenaient de l'accident, mais pas du fait qu'elle avait été présente. Donc même ses parents ne l'avaient pas consolés. Tout simplement parce qu'ils n'avaient jamais été mis au courant. C'était bien la seule chose qu'elle leur cachait et qu'elle ne leur dirait jamais.

Elle remarqua alors qu'elle n'était pas la seule à avoir des problèmes de respirations, le prof aussi respirait assez... fortement. Elle ferma les yeux, et se concentra pour pouvoir dire au moins un mot. Elle devait au moins le remercier. Même si ce n'était pas ce qu'il attendait, elle devait au moins le lui dire. Car elle ne savait pas s'il était vraiment comme ça -Ce qui l'étonnerait en passant- mais elle se devait de le remercier. Essayant de reprendre une respiration normale, ce qui ne fut pas facile avec ses larmes, elle réussit néanmoins à articuler.


" Merci."

Elle ne pensait vraiment pas lui sortir ça un jour. Mais là, elle se le devait. Elle se demandait alors si elle se sentait vraiment bien. Question stupide. Elle avait mal au cœur, au ventre, aux jambes, à la tête, à la gorge et aux yeux. Le pire, c'était que ses larmes lui donnaient froid. Mais elle ne pouvait pas les arrêter, elle n'y arrivait pas.
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 15:21

      " Merci. "

    Ses mains se crispèrent, sa respiration s'arrêta, ahuri il reste incapable d'esquisser le moindre geste durant de longues secondes. Le temps passait, lentement, doucement, il avait mal au cœur, il ne sentait plus ses jambes, les yeux exorbités, il s'accrochait à elle comme si sa vie en dépendant. Merci, rah... non, il n'y croyait pas. Pourquoi est-ce qu'elle le remerciait ? Personne ne le faisait jamais, ça. Jamais de cette façon. Ça sonnait faux, pourquoi avait-elle dit ça après tout ce qu'il avait fait ? Il se sentait presque plus mal que si elle l'avait insulté ou repoussé, alors ça aurait simplement été normal. Logique. Alors pourquoi est-ce qu'elle le remerciait ? Il se sentait mal, très mal, comme si c'était un imposteur, un menteur. Il n'était même pas certain de ne pas en être un, dans le fond. Que devait-il faire ? Lui dire que ce n'était rien ? Mais ce n'était pas rien, au contraire, ça représentait tout. Il l'avait aidée, elle. Impossible, comment avait-il réussi à faire ça ? Il ne le savait pas. Il se sentait pris de nausée, il avait une crampe à l'estomac, pourtant il ne savait pas pourquoi. Quand bien même Kunisaki n'était qu'un sale petit con prétentieux et lunatique, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux quand on le remerciait. Le plus bêtement du monde, alors il se demanda si ce petit picotement dans son dos venait de là. S'il était content.

      « Tu n'as pas à me remercier, je... ouais, je ne vois vraiment pas pourquoi tu fais ça. »

    Sa voix était faiblarde et pathétique, prononcée sur un ton faussement désintéressé. Il voulait prétendre qu'il s'en foutait que, dans le fond, il ne l'aimait sincèrement pas et que ses remerciements elle pouvait se les garder. Mais il était content, heureux, même. Comme un gamin idiot à qui on offrirait un petit jouet sans valeur, sans savoir pourquoi il y trouve dedans un grand intérêt. Il y apporte de l'affection. Son cœur ne battait pas très vite mais il sentait chacune des pulsations, le rouge lui montant aux joues. Ça ne te ressemble d'être content pour une connerie pareille, et c'était bien vrai. La honte, sérieusement la honte. Il espérait sincèrement qu'elle ne le remarquerait pas...

    Dans le fond des remerciements il en avait tous les jours, en donnant sa copie à un élève méritant, en offrant le café à un collègue, en rendant service à quelqu'un. Il faisait souvent ce genre de chose et il se savait d'un enthousiasme ridiculement gamin quand il faisait cours. Un grand sourire sur les lèvres, l'impression d'apprendre quelque chose d'incroyable, de changeant, d'abstrait, de propre à chacun. D'habitude, tout est toujours pareil. Pourtant on le voyait comme un professeur froid et de mauvaise humeur, car bien souvent il aimait aller dormir sur un pupitre de la bibliothèque ou gueuler sur un élève qui l'emmerdait. Dans tout ça, les gens lui parlaient sans le connaître, sans chercher à le connaître. On le remerciait pour des conneries futiles et il n'y faisait pas attention, mais cette fois-ci c'était différent. Le simple mot qu'elle avait prononcée de sa voix embrumée de larmes l'avait horriblement ému, si bien qu'il s'en sentait ridicule et gêné. Il avait été heureux, l'espace d'une seconde à la con où il réfléchissait à ce qu'elle venait de dire. Biens souvent ici, il ne l'était pas. De l'avoir fait ressentir une émotion aussi simplette et débile le fit la détester encore plus. Idiote.

    Ouais, cette idiote-là dont il ne supportait plus d'entendre les larmes couler.

      « S'il y a bien une personne qui ne mérite pas de remerciements c'est moi. »

    Il se sentait plus calme et avait dit ça avec une voix étrangement triste, cela sans même s'en apercevoir. D'habitude, tout est toujours pareil. Qu'on le remercie de manière honnête et spontanée en se reproduira certainement jamais, et dans son cœur battait le bonheur d'avoir vu les choses changer, pour une fois.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 18:17

Les secondes s'écoulèrent, et pendant ce temps, le silence était roi. Il ne parlait pas, mais elle sentit ses mains se crisper. Elle se trouvait vraiment débile, elle venait de le remercier alors qu'auparavant, elle voulait presque le faire virer. Elle trouvait cette situation pour le moins étrange. Comment était-elle passée à ça? A cause de cette photo... Tout ça à cause de cette photo. C'était cette photo, et son souvenir qui avait fait que les choses soient comme ça en ce moment même. C'était tellement étrange... Elle trouvait ça bizarre qu'elle le remercie. Elle ne l'aurait jamais remerciée quelques heures plus tôt. Au contraire, elle l'aurait maudit, elle l'aurait haït, ou alors ignorer. Mais là, elle l'avait remerciée... Tellement étrange...

Elle sentait que ses jambes n'allaient plus la tenir pour longtemps, tandis qu'elle tremblait de plus en plus violemment. Pourquoi tremblait-elle autant? Elle avait froid, ses jambes lui faisaient souffrir à chaque secondes qu'elle restait debout, elle avait le tournis, des vertiges, sa gorge se séchait de plus en plus, comme si c'était à cause du flux de larmes. Plus elle pleurait, plus sa gorge se séchait. Elle sentait qu'elle allait être enrouée pendant au moins deux ou trois jours après ça... Voir plus. Qu'est ce qu'elle allait devoir raconter comme excuse... Surtout que ses yeux allaient gonflée, et ça, il n'y avait pas trente six moyens pour que ça arrive...

" Tu n'as pas à me remercier, je... ouais, je ne vois vraiment pas pourquoi tu fais ça. "

Il était stupide.. ce n'était pas possible. Elle le remerciait tout simplement parce qu'il essayait de l'aider, même s'il s'y prenait assez... bizarrement. Enfin, elle même quand elle essayait de consoler les autres (Eh oui, cela lui arrivait aussi), elle leur disait des choses rassurantes. Car les gens ne voulaient que ça, être rassuré dans ce genre de moment. Comme si les paroles qu'on pouvait dire suffisaient à leur soulagement, à les apaiser. Pourtant, même si ce prof essayait de l'aider, elle penserait la même chose. C'était de sa faute à elle. C'était de sa faute... Elle se mordit les lèvres, se rendant compte à quel point ces dernières était froides et sèche. Mais pourtant... Le fait que ce prof tentait de l'aider la rassurait un peu. Elle se sentait un peu moins seule. Et pourtant...

" S'il y a bien une personne qui ne mérite pas de remerciements c'est moi. "

Et elle ne méritait pas d'être consolée. C'était comme ça... Elle ouvrit soudainement les yeux, elle se sentait vraiment mal. Ses jambes ne la tenait plus, et elle eu juste le temps de reculer d'un pas avant de tomber sur ses genoux. Se sentant vraiment faible pour la première fois depuis longtemps, elle se mit à tousser un peu, à cause de ses difficultés à respirer. Quoi? Des difficultés? Essayez de pleurer vraiment pendant un long moment, et vous constaterez qu'effectivement, on a l'impression que le cœur se soulève à chaque inspiration, un peu comme un hoquet, mais en un peu moins fort. Le vent frais lui donnait des frissons, mais elle n'en tint pas compte. Elle se rendait malade presque involontairement, mais cela importait peu. Posant ses main sur ses genoux, tendue, elle baissa la tête, essayant de se calmer.

Mais rien à faire, c'était comme si toute la douleur, le regret et la culpabilité sortait pour la première fois depuis tant d'années.
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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 18:46

    Il avait vraiment l'impression de raconter de la merde, il poussa un léger soupire ne l'entendant pas lui même. Le regard fermé et sentant une pression nouvelle sur ses jambes, il remarqua alors comme elle tenait mal debout, il avait presque l'impression de la porter. Seulement il ressentait des picotements dans ses propres jambes et était très engourdi dans le dos et les chevilles. Il fronça les sourcils pour ne pas lâcher, cette position était finalement assez inconfortable vu les circonstances, le froid, la faiblesse, les pleurs. Lui-même se sentait faible et hésita, l'espace d'un instant, à la lâcher enfin. D'un autre côté il aurait encore plus froid qu'il ne l'avait déjà en faisant ça, non seulement parce que sa chemise était humide mais parce que.... il ne portait qu'une vulgaire chemise, merde, et ce n'était pas suffisant. Ils étaient en été, non ? Ouais c'est ça, mon cul ! Saison de merde !

    Il crut la sentir bouger au creux de son épaule mais il n'en était pas certain, comme si elle réalisait enfin ce qu'elle faisait là. Elle fit un pas en arrière, un geste rapide qui résonna fort lentement dans l'esprit de Kunisaki. Il ne voulait pas la lâcher, il ne voulait pas qu'elle s'en aille. Et surtout pas qu'elle le repousse. Alors qu'il se croyait lui-même incapable de desserrer son étreinte, cela se fit de lui-même et il se recula légèrement à son tour, le regard interloqué, presque blessé. Il avait très froid là où sa chemise était trempée et il remarqua alors pour la énième fois comme le vent était glacé et piquant. L'instant lui parut interminable, pourtant, et logiquement, il n'avait du durer qu'à peine une seconde. Elle tomba au sol, sur les genoux, de par la température sa peau avait dû probablement se déchirer sous le choc, il en ressenti une vive douleur psychologique dans les jambes rien qu'à se l'imaginer. Depuis quand Kunisaki connaissait les douleurs physiques ? Pff, tapette.

      « Qu'est-ce qu.. hey, ça va ? »

    Question à la con, vraiment une question à la con comme il savait si bien les faire. Instinctivement il posa un genoux à terre pour se mettre à son hauteur, effleurant son bras droit des doigts, il n'osait plus la toucher, ce qui fut, en fait, une réaction étrange en vue de ce qui s'était passé avant. Alors qu'il hésita, encore une fois, à l'enlacer, il serra le poing et posa finalement ses mains à terre, se courbant un peu pour observer son visage, il voyait encore d'épaisses gouttes brillantes lui tomber des yeux. Il se sentait mal pour elle, il devait bien le dire. Il essayait de comprendre sa douleur et en fait, il n'avait à cela aucun mal. C'était seulement trop douloureux de le faire alors il préférait éviter.

    Il détourna le regard, soudainement gêné, il avait l'impression d'être un vulgaire adolescent timide ne sachant pas quoi faire, un adolescent qu'il n'avait d'ailleurs jamais été. Quand bien même il était pathétique, celui qu'il était à l'âge de Sakura l'était beaucoup plus. Tellement plus. Son cœur se serra, la pitié trahissait les traits de Kunisaki qui, à présent, n'osait plus la regarder. Il se racla doucement la gorge - ayant l'étrange et soudaine impression, fausse évidemment, d'être observé -. Levant les mains vers le ciel, il prit un faux air complaisant et dit d'une voix forte.

      « Tu sais quoi ? Je suis vraiment un sale con prétentieux, tu n'as qu'à te défouler sur moi si tu veux. Me gifler, m'insulter. Je sais pas, ça te ferait peut être du bien. »

    Il posa lamentablement ses mains sur ses genoux, regardant vers le sol, se sentant rougir sans savoir pourquoi - et vu comme il avait froid, cela devait très certainement se voir. Il se sentait vraiment bête d'avoir dit ça mais des phrases réconfortantes il n'en avait plus en stock.

    Il faudrait faire avec, levant rapidement les yeux vers elle, il avait étrangement peur de sa réaction.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 19:42

" Qu'est-ce qu.. hey, ça va ? "

Quelle question... Il n'avait pas du réfléchir avant de parler. En même temps, il n'avait pas du réfléchir à grand chose, elle même n'arrivait plus à penser correctement. Elle serra les poings sur ses genoux, se demandant alors pourquoi elle était ici. Pourquoi elle était là en train de pleurer, pourquoi elle était là tout court. Son esprit était tellement embrumé... Elle n'arrivait plus à parler, ses jambes lui faisait un mal de chien, et elle se demanda si elle n'allait pas avoir quelques bleus au passage. Elle était en piteux état, elle le savait. Mais pourtant, elle sentait doucement que le poids s'estompait. Cela allait prendre du temps, et elle se sentirait toujours coupable. Elle se courba de nouveau sous le poids de la douleur qui était en elle. Elle allait devenir bossu à force...

Elle entendit le prof se mettre près d'elle, et elle vit alors sa main près de son bras, juste un effleurement, rien de plus. Elle eu envie de sourire, mais son visage était crispé, et semblait figé dans une expression de tristesse et de douleur. En ce moment, elle se sentait de plus en plus inutile, en étant passer de la petite peste qui voulait faire chier le prof à la chialeuse qui pleurait sur l'épaule de ce dernier. Elle avait envie de soupirer tant elle se trouvait blasante, mais elle ne fit rien.Son corps était décidé à couper sa voix, ainsi, elle fut surprise de ce que le prof allait dire.

" Tu sais quoi ? Je suis vraiment un sale con prétentieux, tu n'as qu'à te défouler sur moi si tu veux. Me gifler, m'insulter. Je sais pas, ça te ferait peut être du bien. "

Elle leva lentement la tête, et le regarda. Sa vision n'était pas nette, mais elle pouvait au moins voir le contour du visage de ce prof. Ce qui n'était pas évident vue qu'il faisait nuit. Elle n'avait aucune envie de le frapper, ou de l'insulter, alors qu'il y avait quelques minutes encore, elle ne voulait que ça. Elle vit alors une chose qui lui donna encore plus envie de pleurer. Il avait pitié d'elle. Elle était descendue si bas que ça... Au point de lui faire pitié... Elle baissa la tête. De toute manière, elle ne pouvait pas répondre. Sa voix était complètement morte, et sa gorge lui faisait un mal de chien.

Cependant, il attendait sûrement qu'elle fasse quelque chose. Mais que pouvait-elle faire? Le frapper? Pourquoi faire, elle n'en voyait même plus la raison. L'insulter? Même chose. En plus, elle doutait sérieusement d'en avoir la force. Donc, elle devait juste parler. Elle ferma les yeux, et se mit à tousser, comme si cela pouvait dégager sa gorge pour qu'elle puisse aligner deux mots.

" Je.. N'en vois pas l'intérêt. Vous gifler ou... vous insultez ne changera rien."

Sa gorge lui fit un mal de chien. Elle allait vraiment être malade... Mais, en quoi cela pouvait la consoler de le frapper ou de l'injurier? En rien. Elle venait de le remercier pour le frapper après? Où était la logique là dedans? Un frisson lui parcouru le dos. Elle avait froid. En repensant au prof, qui lui était en chemise, elle se disait que lui devait encore plus avoir froid qu'elle. Mais il restait là, au lieu de partir. Il restait avec elle, au lieu de la laisser dans sa tristesse, sa culpabilité, ses remords... Mais pourquoi il restait? Elle se posait vraiment la question, mais ne savait pas si elle allait avoir la réponse.

Elle ouvrit les yeux, son visage face à ses genoux, et vit ces derniers trempés au possible par ses larmes. Les gouttes tombaient, puis roulaient jusqu'à tomber sur le sol. Elle avait encore plus froid à ce niveau là, et ferma de nouveau les yeux. Pour les ré-ouvrir après. Sa vision n'était plus la même. Comme si c'était un flash back, elle se voyait le jour même de l'accident, le garçon juste à ses genoux. Elle était dans la même position... Et quand elle leva les mains, ces dernière n'était plus rose, comme sa peau l'était, mais rouges. Et quand elle fit la même chose dans l'instant présent, elle compris alors pourquoi dans les films ils montraient ce genre de scène. Tout simplement pour appuyer la culpabilité de la personne. Sauf que là, elle n'était pas dans un film. Et que sa vision lui jouait des tours. Elle avait l'impression d'être dans son souvenir, à cet instant précis, comme si la réalité avait transposée avec le passé.

Sauf que ce n'était pas à son avantage, au contraire.

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 20:22

    Elle releva la tête et il fut frappé par son visage, il en eu presque un mouvement de recul. Des mèches de cheveux étaient collés sur ses joues à cause de l'humidité, elle était pâle comme la mort, ses yeux étaient à la fois vides et d'une grande mélancolie. Ses larmes continuaient à couler et il pensa, certainement à tort, qu'elles commençaient à diminuer. Il l'espérait du moins. Il ne reconnut rien dans son regard, il croyait la voir surprise, interloquée, puis la seconde d'après il se disait qu'il passait juste pour un grand bouffon. Il se sentait mal à l'aise, autant par la situation que par le fait qu'il se sentait mal pour elle. Ce genre de choses lui arrivaient rarement, et Ô combien rarement quand il détestait la personne. Sa gorge se serra et il eu l'impression qu'il ne la détestait pas tant que ça. Si c'était possible, il ne se reposa pas la raison.

      " Je.. N'en vois pas l'intérêt. Vous gifler ou... vous insultez ne changera rien. "

    Elle avait parfaitement raison, déçu, il baissa les yeux vers le sol. Non pas qu'il aurait véritablement souhaité qu'elle le gifle, mais au moins ils auraient passé cette "étape" et alors peut être qu'elle se serait calmée. Pour Kunisaki le meilleur réconfort c'était d'aller boire dans un bar ou aller s'énerver avec quelque gars, en y réfléchissant, c'était bien bas. Il aurait dû deviner qu'elle n'aurait jamais besoin de la même chose. Reprenant son calme - il respirait un peu vite -, il leva les yeux vers elle. Elle regardait la paume de ses mains, apeurée, comme ayant une vision d'horreur qui la bouleversait. Il eu un haut le cœur, s'asseyant en tailleur - il commençait à avoir une crampe dans la cuisse -, il l'observa quelques instants, ne sachant pas quoi faire (pour changer, bah tiens). Il l'imaginait se remémorant une scène dont il ne comprenait pas l'existence, encore et encore, tournant en boucle dans sa tête. Toujours les mêmes images, les mêmes sons, les mêmes impressions.

    Son cœur se releva, soupirant légèrement, il agrippa son nœud de cravate et entreprit de tirer dessus avec force pour l'enlever. Après trois coups secs, il tenait le long bout de tissu d'un noir de jais dans la main, observant d'un œil las là où le tissu était abîmé à cause du nœud - en général, il ne les défaisait jamais par flemme de les remettre. Se rapprochant un peu plus d'elle il prit sa main gauche - enfin, son poignet, plutôt, il ne regardait plus trop ce qu'il faisait -, et releva son menton de sa main droite, la regardant dans les yeux quelques instants, il se sentait parfaitement calme et savait son visage impassible. Toujours sa cravate dans la main, il tapota légèrement ses joues pour y enlever les larmes, doucement, épongeant en quelques sortes. A première vue, il croyait sincèrement que ses pleurs diminuaient, mais il était probable que ce ne soit qu'une impression. Après quelques secondes à lui essuyer les joues, il laissa sa cravate - et accessoirement sa main - sur sa joue.


      « Sans ma veste, cette cravate ne me sert plus à rien. Et étant donné que j'ai perdu l'un, autant que j'abandonne l'autre. »

    Il ne savait pas pourquoi il avait dit ça, il avait l'impression de passer son temps à sacrifier ses fringues dans cet établissement de merde, d'ailleurs ça commençait à l'énerver. Seulement il lâcherait l'affaire, la scrutant toujours du regard, il espérait qu'elle comprenait le regret qu'il avait de ne pas posséder sa veste en cet instant. Non pas parce qu'il avait froid, mais parce que elle oui, alors il aurait pu la lui prêter - pas donner, hein, faut pas déconner non plus. C'était un geste réconfortant ça, non ? Ou alors il se gourait complètement comme toujours.

    En attendant il ne bougea pas d'un millimètre, la fixant de ses yeux devenus impassibles. Espérant presque que ça suffirait à faire cesser ses pleurs. Il était bien naïf, mais en attendant il était prêt à lui donner cette cravate. Il s'en fichait un peu, dans le fond.

    Il en avait plein d'autres.


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 21:09

Horrible. C'était le mot. La scène tournait en boucle, encore et encore, sans jamais cesser une seconde. Elle se sentait de plus en plus mal, et avait une boule dans le ventre. Elle avait toujours ses mains devant elle, et elle avait toujours la vision de ces dernières toute rouges. Elle n'arrivait pas à chasser cette image de sa tête, comme si elle était imprimée pour ne plus jamais partir. Quel drôle de sensations... Elle était déconnectée de la réalité, ne sentant plus le froid sur son corps. C'était plus qu'un simple coup de froid. Comme si elle n'avait plus de chaleur en elle. Comme si elle n'avait rien d'autre qu'un grand froid, à la limite du glacial qui l'habitait. Comme dans son souvenir...

Elle sentit alors quelque chose sur sa joue. Elle cligna des yeux, revenant peu à peu à la réalité, et vit alors le prof, en face d'elle, toujours aussi floue, en train de.. sécher ses larmes avec un morceau de tissu dont elle ignorait la provenance. Elle devina cependant qu'il avait un air calme, et se rendit compte aussi qu'il lui tenait le poignet. Son esprit était encore un peu embrumé, mais le fait de regarder le prof lui permettait de rester dans la réalité. Pour le moment. Car au fond, elle savait que dès qu'il partirait, et qu'elle se retrouverait seule, cela recommencerait. Comme un jeu vicieux, qui lui faisait voir ce souvenir, cet instant, juste pour lui faire payer le fait qu'elle avait oubliée pendant ces deux ans.

Elle fixait le prof en face d'elle, se concentrant pour pouvoir rester dans le moment présent.


" Sans ma veste, cette cravate ne me sert plus à rien. Et étant donné que j'ai perdu l'un, autant que j'abandonne l'autre. "

Sa veste.. Elle le lui avait prise aussi. Il était toujours dans son sac, et elle ne se souvenait même plus de ce qu'elle voulait en faire. D'ailleurs, elle n'avait même pas envie de se remémorer pourquoi, elle avait déjà assez de souvenirs dans sa tête, elle ne voulait pas en rajouter... Elle sentait toujours la main du prof avec le morceau de tissu, qui était sa cravate surement. Ah oui... Elle ne voyait plus le point noir autour de son cou. Il devait avoir encore plus froid maintenant, non? Son cas était désespéré... Pourquoi elle pensait au froid, alors qu'elle chialait comme un môme de cinq ans? Il allait abîmer sa cravate, surtout qu'elle continuait de pleurer.

Elle plissa les yeux, essayant de mieux voir, mais rien à faire, elle voyait vraiment mal. Et puis, elle sentait si fatiguée... Mais elle devait rester les yeux ouvert. Elle avait peur qu'en les refermant, elle verrait encore cette images... Surtout, elle n'avait pas imaginée ce prof aussi... bizarre. Il essayait vraiment de la rassurer ou elle était vraiment mal pour imaginer ça? Quoi qu'il en soit, pour le moment, elle devait admettre que quelque part, elle se sentait... en sécurité? Elle n'en savait rien, mais elle était juste un peu rassurée. Elle n'était pas seule de un, et en plus, il ne se moquait pas d'elle. Comme quoi, il pouvait faire preuve de compassion... Avec une personne qu'il détestait. La détestait-il vraiment? Ou alors, ça avait encore changée?


" Je.. suis désolée."

C'était sortit tout seul, d'un coup. Et sa gorge donnait l'impression de brûler. Pourquoi s'était-elle excusée? Elle n'en savait rien. Parce qu'elle le rendait tout un coup gentil et rassurant? Ou alors parce qu'elle avait pris sa veste? Elle ne savait pas, et ne voulait pas savoir. Elle s'était excusée après l'avoir remerciée... Si elle était pas vraiment mal là... Maintenant c'était confirmée. Mais le pire, c'était qu'elle avait l'impression qu'elle avait pensée ces mots. Mais elle n'en savait pas la raison. Et au fond, ne voulait sûrement pas savoir.
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 21:50

    Il avait l'impression qu'elle l'analysait jusqu'au moindre détail et ça le rendit légèrement mal à l'aise. L'air toujours impassible, une goutte de sueur froide coula le long de son cou et, peu à peu, il recula sa main de sa joue, na lâchant toujours pas son poignet - simplement parce qu'il avait oublié qu'il le tenait. Il doutait qu'elle puisse le discerner correctement vue le torrent de larmes qu'elle déversait, elle plissait les yeux comme s'il était loin et qu'elle n'était pas sûre de le reconnaître. Il étouffa un raclement de gorge, continuant de ne pas lâcher une seule seconde son regard, il avait peur que s'il le faisait, tout repartirait comme avant. Elle semblait s'être légèrement calmée, du moins il le croyait.

      " Je.. suis désolée. "

    Il écarquilla les yeux de surprise, la lâchant soudainement il se recula, ne pouvant s'empêcher de la dévisager. Elle rigolait, n'est-ce pas ? De quoi est-ce qu'elle s'excusait ? Il ne comprenait rien et ne parvenait pas à croire qu'elle puisse être aussi étrange que lui. Qu'il lui ait pourri la vie pour ensuite la réconforter était abject, mais ça, ça l'était encore plus. Est-ce qu'elle se foutait de lui ? Il aurait presque pu le croire tant il ne réalisait pas. Il tourna légèrement la tête dans un geste sec, sans la quitter des yeux, se demandant encore et toujours s'il n'avait pas rêvé. Peut être qu'elle se fichait de lui, quand bien même il avait du mal à croire qu'elle en ait la force dans une telle situation. Il ne savait pas à quoi ça rimait ni même ce qu'il devait comprendre. Était-elle désolée de l'importuner ? Mais ça n'avait pas de sens, les questions se bousculaient dans sa tête, sans qu'à aucun moment il n'ait le temps d'en analyser une. Posant ses mains au sol, il esquissa un sourire. Simple, chaud, peut être pourrions-nous même dire "amical" si la situation s'y confortait.

      « La fatigue te fait dire des conneries je crois. »

    Ouais, ça ne pouvait être que ça. Il souriait doucement, ne réfléchissant pas une seule seconde au fait qu'elle puisse mal l’interpréter. Baissant les yeux, il souffla de soulagement, presque heureux d'avoir compris pourquoi elle avait dit ça. C'était une erreur, voilà tout, l'émotion, tout ça etc. Il lui prit sa main et y déposa la cravate, humide, murmurant un simple « Garde-la. » sans véritablement savoir si elle avait pu l'entendre ou non. Il se releva légèrement, prenant appuis sur ses mains, fit un pas sur le côté et s'assit simplement à côté de Sakura, son épaule contre la sienne. Les jambes pliées, il posa ses avant bras sur ses genoux, sentant le vent lui glisser dans le cou et lui faire, étrangement, un bien fou. Il tourna la tête vers, un léger sourire - inoffensif, promis ! - sur les lèvres.

      « Parle si tu en as envie, ou ne dis rien si c'est ce que tu veux. Moi je resterai là en attendant que tu ailles mieux. »

    Pourquoi ? Pour ne pas s'enfuir comme un voleur, parce qu'il en avait profondément marre de la voir pleurer. Et aussi, mais très légèrement, parce qu'il voulait sincèrement qu'elle aille mieux. Très légèrement...


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Merci à Sakura. ♥

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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 22:55

Elle le vit reculer, et se demanda alors si c'était ce qu'elle avait dit qui le fit reculer. Apparemment, il n'avait pas l'air de la croire, pourtant, elle ne voyait pas pourquoi... En même temps, elle ne voulait pas y réfléchir. Elle avait un peu trop mal à la tête pour songer ne serait-ce que penser à réfléchir, donc bon... Elle restait là, essayant de décrire ce qu'elle voyait, seulement, c'était un peu dur. Elle voyait tellement floue qu'elle n'arrivait même pas à voir les rayures de sa jupe. Mais elle avait une de ces migraines... Seulement, vu que son souvenir commençait à se dissiper, elle préférait avoir mal à la tête et ne plus se souvenirs, car au moins, elle souffrirait moins. Au pire, elle pourrait toujours prendre des médocs pour son mal de tête, mais il n'y avait rien pour soigner son mal venant de son passé.

" La fatigue te fait dire des conneries je crois. "

Sûrement.. Mais en tout cas, elle avait pensée ce qu'elle avait dit, ce qui la troublait assez.. Elle ne voyait toujours pas son expression, mais pensa qu'il devait sourire. Du moins, elle émettait cette hypothèse par rapport à sa voix. Elle sentit alors que le prof prenait sa main, juste pour déposer le bout de tissu noir qui avait servie à essuyer ses larmes, et elle le regarda un moment. Elle sentit que ses larmes voulaient moins, et elle essuya ses yeux avec. Elle passa une main dans ses cheveux, remettant ses mèches comme il le fallait, puis regarda de nouveau devant elle. Et ne vit rien. Enfin... Oui rien. Juste du noir, elle ne distinguait plus le prof dans cette obscurité.

Il était partit? La laissant là, toute seule? Non... Elle regarda autour d'elle, maudissant ses yeux qui la faisait voir floue, puis le vit alors, juste à côté d'elle, son épaule contre la sienne. Elle avait envie de soupirer de soulagement, mais n'y parvint pas. Elle continuait de pleurer, mais beaucoup moins qu'avant. Ce qui l'arrangeait un peu. Car elle n'aimait pas pleurer, encore moins devant un prof qu'elle était censée détester.

" Parle si tu en as envie, ou ne dis rien si c'est ce que tu veux. Moi je resterai là en attendant que tu ailles mieux. "

Elle plissa les yeux, voulant vraiment voir ce qu'il exprimait, mais ne voyait fichtrement rien. En même temps, ses yeux devaient être rougis par ses larmes, et un peu gonflés. Qu'est qu'elle allait devoir raconter encore... Elle n'en avait rien, et n'était pas d'humeur à réfléchir. Sur le moment, elle mit une main sur sa gorge, comme si le fait de la passer dessus pouvait calmer la brûlure qu'elle avait, puis prit la parole, ayant décidé de lui raconter.

" On devait..."

Elle prit une grande inspiration. Cela lui coûtait de parler, c'était comme si elle crachait des flammes. Mais elle voulait continuer à parler. Même si elle devait y perdre sa voix.

" On devait aller au cinéma ce jour là... C'était il y a deux ans de cela..."

Elle était surprise, car elle arrivait à aligner plus de mots, mais sans pour autant ne pas avoir des interruptions. Elle massa sa gorge, et mit son autre mains sur ses yeux, pour essuyer ces derniers. C'était il y a deux ans, cela paraissait si loin, mais en même temps, si près...
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Mer 17 Aoû - 23:35

    Elle tournait la tête vers elle mais semblait incapable de le regarder normalement, elle plissait les yeux comme si elle essayait de distinguer des mots sur un vieil écriteau. Il se demandait si ses pleurs avaient été si forts qu'ils lui brouillaient la vue, c'était peut être le cas. Lui, il ne se souvenait pas n'avoir jamais pleuré de sa vie. A part peut être une fois, enfant, et alors la rouste que lui avait fichu son père l'avait dissuadé de recommencer. Les Hommes ne pleurent pas. Ouais et les Hommes sont honnêtes, droits et justes. Des conneries, rien que des conneries. Il était lui-même, voilà tout, et si on le considérait comme un Homme c'était tant mieux. A quoi bon réfléchir, si c'était pour devenir comme sa famille, plutôt crever. Plutôt crever...

    Il avait honte de l'admettre mais il la trouvait très touchante, comme ça. Les cheveux en pagaille, les yeux rouges et faibles, le regard implorant comme si elle cherchait désespérément la force de parler. Il avait du mal à accepter la comparaison avec précédemment, c'était deux personnes très différentes. Lui c'était la même chose, peut être quelques heures auparavant il était ce professeur arrogant, lasse de devoir être gentil avec tout le monde, mais maintenant c'était une sorte de gars faible qui se laissait convaincre par ses sentiments. Qui essayait de la réconforter, par dessus le marché. Il avait encore un peu de mal à le réaliser. Il cessa de la regarder, fixant un point devant lui, toujours une sorte de sourire triste sur le visage, il n'arrivait pas à s'en débarrasser.

      " On devait... "

    Pris de surprise, il tourna soudainement la tête vers elle - son cou craquant dans un bruit sourd. Il l'observa de yeux ronds, se demandant où lui venait le soudain courage de parler. Il souhaitait sincèrement qu'elle y arrive, quand bien même il ne voyait pas très bien son visage d'ici, il discernait comme une étrange lueur dans ses yeux. Une force qu'il avait oublié en elle et qu'il croyait retrouver.

      " On devait aller au cinéma ce jour là... C'était il y a deux ans de cela... "

    Elle arrivait à parler sans être constamment arrêtée par des sanglots, il en fut admiratif, remarquant alors que sur ses joues les larmes se faisaient plus rares, plus maigres. Il sourit de soulagement, la regardant comme s'il était fière de ce qu'il faisait. Reprends-toi, du con. Il tourna vivement la tête, se décidant à ne rien dire, elle semblait sur la bonne voie pour tout lui dire, visiblement elle en avait envie, il ne la forçait pas. Du moins... il ne la forçait plus. Et dire qu'elle s'était excusée précédemment, il n'arrivait toujours pas à en comprendre la raison. Il se redressa, posant ses mains derrière son dos, le regard dirigé vers le ciel. Il pensait n'y rien voir par la nuit noire dans laquelle ils étaient plongés si rapidement, il fut étonné de voir des centaines d'étoiles briller faiblement dans la pénombre.Oubliant, l'espace d'une seconde, l'enjeu de ce qu'elle lui disait.

    Il se sentait réconforté par cette vision, comme accompagné par des dizaines de personnes. Comme des bougies qui brûlaient pour éviter d'être enseveli par les ténèbres. Peut être n'y sombraient-ils pas tous les deux, finalement. Il ferait tout pour que ce ne soit pas le cas. Elle méritait de vivre dans la lumière, peut être même que lui aussi. Il baissa la tête vers elle, compatissant à ce qu'elle s'apprêtait de dire. Il sentait son cœur et ses entrailles se reposer, doucement, comme si cette scène était normale. Mais elle ne l'était pas, il le savait. Viendrait le moment où elle finirait de parler et il devrait trouver quoi dire.

    Alors il lui montrerait le ciel parce qu'il serait trop con pour faire autre chose.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 0:02

Elle fronça légèrement les sourcils, essayant de trouver les bons mots. Elle n'avait jamais dit ça à personne, ainsi, elle ne savait pas par où commencer. Enfin, elle avait déjà commencée, mais la suite...

" Il faisait beau ce jour là, donc... on avait pensé à se rejoindre dans le parc... de la ville. Quand on s'y retrouva, on partit ensuite vers le cinéma."

Elle se concentra avec force pour ne pas que son souvenir l'envahisse de nouveau tandis qu'elle reprenait, sa voix étant moins brouillée que sa vue.

"C'était un film qui venait tout juste de sortir, donc on avait vraiment hâte d'aller le voir. C'était la deuxième fois qu'on allait au cinéma ensemble, la première avait été la veille..."

Elle lâcha un semblant de rire. Elle avait été contente ce jour là, car ils passaient beaucoup plus de temps tout les deux, vu que c'était pendant les vacances. Elle tripota ses doigts, se sentant soudainement nerveuse. Sans raisons particulières, mais elle fronça un peu plus les sourcils. Elle voyait toujours un peu floue, ce qui ne fit que l'agacer encore plus. Elle fixa ses mains, tout en reprenant la parole.

" Il y avait un carrefour qu'on devait traverser avant... de rejoindre le cinéma. J'avais traversée avant, et lui était partit chez le fleuriste..."

Elle ferma les yeux. C'était l'un des moments les plus dur à supporter. Elle laissa un silence s'installer, tandis qu'elle serrait ses mains en poings sur ses jambes. La présence de ce prof la rassurait quelque part, car elle ne serait plus la seule à savoir ça. Surtout qu'à la base, il voulait savoir aussi...elle ferma les yeux, prise dans une grande concentration. Elle devait trouver les mots juste... Mais en même temps...cela paraissait si dur... Si dur...
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 0:27

    Elle pesait chaque mot avec précaution, les prononçant avec le ton et la rapidité qu'il fallait, ni trop vite ni trop lentement, il n'entendait presque plus de larmes dans sa voix, elle n'était plus enrouée ou faible. Il l'écoutait attentivement, les yeux dirigés vers le ciel, ne perdant pas une seule miette de ce qu'elle lui racontait, partagé entre le fait qu'il voulait vite qu'elle raconte ça et qu'ils en finissent, et le fait que sa curiosité personnelle le poussait à en savoir le plus possible sur le sujet. Quand bien même il n'en avait pas besoin, d'ailleurs. Qu'est-ce que ça lui apporterait au final de savoir ça ? Rien, probablement. Ils n'étaient certainement pas amis et, malgré la situation, il jugea sans mal que dès le lendemain ils continueraient à se détester joliment, qu'au final les choses n'auraient pas tant changé que ça. Elle eu un fin rire, le cœur de Kunisaki fit un bond dans sa poitrine et il n'était pas sûr de savoir à quoi était-ce dû. Il l'observa à nouveau, attentif. Est-ce que les choses resteraient les mêmes ? Est-ce qu'ils continueraient à se détester ? Probablement, il se demandait si après cette soirée elle se sentirait mieux ou plus mal qu'avant, si ce souvenir viendrait la ronger à tout jamais ou au contraire, en parler lui permettrait d'en faire le deuil. Malgré tout, une petite voix intérieure lui disait qu'il avait du mal à y croire, était-il possible qu'elle se sente mieux après avoir vidé son sac à quelqu'un qu'elle méprise - quand bien même elle disait que ce n'était pas le cas, d'ailleurs ? Il la voyait de profil, la dévisageant, songeur. Il ne savait plus quoi penser exactement.

      " Il y avait un carrefour qu'on devait traverser avant... de rejoindre le cinéma. J'avais traversée avant, et lui était partit chez le fleuriste... "

    Il fronça les sourcils, déviant son regard vers la droite. Il supposa sans mal par ses hésitations - et cette façon d'évoquer la route -, qu'il s'agissait là de l'accident dont elle parlait précédemment. Pourtant il ne faisait toujours pas le rapprochement avec son don, qu'avait-elle bien pu faire ? Elle ne lui aurait pas donné l'ordre de faire quelque chose de dangereux, tout de même ? Non, elle n'aurait pas fait ça à quelqu'un qu'elle aimait... Il commençait à avoir des nausées, il voulait en finir, il s'en voulait affreusement d'avoir demandé ça, comment il était mort, peut être faudrait-il mieux qu'il ne le sache pas. Qu'elle ne lui dise pas. Il savait qu'il ne saurait pas la réconforter après ça et il se demandait bien à quoi il pouvait servir. Même pas capable de lui soutirer des informations sous la colère et les menaces, même pas capable d'agir en homme bien face à une jeune fille qui pleurait à chaudes larmes. Ouais, sérieusement, il servait à rien. Elle ferma les yeux, il en profita pour se demander quoi faire pour l'aider à parler. Même s'il n'était pas certain de vouloir en entendre plus, visiblement, c'était ce qu'elle souhaitait elle.

    Sans réfléchir, il approcha sa main de la sienne, posée sur son genoux. Ses doigts effleurèrent les siens avant qu'il ne s'arrête brusquement, une petite voix grave lui criant dans la tête. Putain mais qu'est-ce que tu fiches ? T'es malade de faire ça ! C'était vrai, n'envisageait-il pas sérieusement de lui prendre la main ? C'était les petits copains et les amis qui faisaient ça, sauf qu'il n'était ni l'un ni l'autre. En un mouvement sec, il remit sa main derrière sous dos, se replaçant normalement. Le regard dans le vide, les sourcils légèrement froncés à cause de sa propre bêtise, n'osant pas jeter un coup d'œil vers elle de peur qu'elle ne l'ait senti. Il avait fait des trucs pires avant mais c'était à présent qu'il pesait et réfléchissait à chacun de ses gestes, pas moyen de faire de conneries.

    Le regard dirigé vers le sol, il était prêt à écouter tout ce qu'elle avait à dire.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 0:56

Elle se concentrait sur sa respiration, cherchant les mots. Mais ce n'était pas si simple. Pourtant, elle avait l'habitude de parler, bien sûr qu'elle parlait, mais pas de ce genre de choses. Et elle était à court de mots. Elle sentit sa gorge se nouer, mais inspira doucement, puis expira. Il fallait qu'elle garde sa voix, encore un peu. Juste un moment... le temps qu'elle dise ce qu'il s'était passée.

Elle entrouvrit légèrement les yeux, et vit alors une forme bizarre près de ses mains. Mais elle disparut rapidement. Elle voyait de moins en moins floue, mais se demanda ce que cela pouvait bien être. Elle secoua légèrement la tête, et trouva la réponse. C'était la main du prof. Qu'est ce qu'il allait faire? En tout cas... Il ne la touchait plus. Elle ne savait pas si c'était une bonne chose ou pas, car elle avait l'impression qu'elle le dégoutait... Comme quoi.... Elle eu un air triste sur le visage, tandis qu'elle poursuivis son récit.


" Il était partit me chercher un bouquet de... roses. J'étais de l'autre côté, et bien sûr en les voyant, je lui avait dit à quel points je trouvait ces fleurs magnifique...."

Elle savait bien que son don n'avait pas d'effet sur le prof, ainsi, elle serra ses mains encore plus fort sur ses genoux, passant à la partie la plus difficile de l'histoire.

" Je ne savais pas qu'il était sous mon contrôle... Ainsi, quand je lui ai dit de se dépêcher de venir me rejoindre... Je ne pensais pas qu'il le ferait alors que toutes les voitures...."

Son ventre se noua, et elle serra les dents, luttant de nouveau contre son souvenir. Elle se haïssait quelque part à cause de ça. Elle baissa la tête encore plus, fixant ses mains sur ses jambes. Elle avait une soudain envie de hurler, de perdre la mémoire, ou alors de se l'effacer. Mais c'était impossible, et elle le savait. Mais bizarrement, elle se sentait un peu plus.. légère. Ce qui lui fit un bien qu'elle ne pensait ne pas être permis. Sa respiration redevint normale, mais sa vue était toujours un peu brouillée. Elle leva les yeux vers le prof, se demandant alors comment il allait réagir.

Elle venait de lui prouver que c'était de sa faute après tout...Elle baissa le regard, puis se remit dans sa posture de départ. Maintenant qu'elle y pensait... Elle devrait peut-être essayer de trouver quelqu'un dans ce pensionnat qui puisse lui effacer la mémoire...
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 1:27

    Il sentait son cœur battre beaucoup trop vite, vu la situation, il préférait ne pas se demander à quoi c'était dû, faisant exprès de regarder dans une direction opposé, il se sentait mal. Sauf qu'il ne se sentait pas mal par rapport à ce qu'elle lui racontait, et ça ce n'était pas normal. Il se retint de se racler la gorge et tourna les yeux vers elle. Il n'en était pas sûr, mais il lui sembla qu'elle ne pleurait plus, ça le rassura et il esquissa un sourire loin d'être convaincant. Il commençait à avoir mal à la tête, il sentait comme des courbature le long de sa colonne vertébrale et il ne supportait plus d'être dans cette position. Enlevant ses mains du sol, il se redressa pour mieux apercevoir Sakura, toujours de profil. Il fut interloqué par le regard qu'elle avait dont il était certain qu'elle ne le savait pas elle-même. A la fois déterminée et mélancolique à en crever. Il se pinça la lèvre inférieure.

      " Il était partit me chercher un bouquet de... roses. J'étais de l'autre côté, et bien sûr en les voyant, je lui avait dit à quel points je trouvait ces fleurs magnifique.... "

    Il ouvrit grand les yeux, ébahis, souhaitant de toutes ses forces que ce n'était pas ce à quoi il pensait. Elle l'avait dit, avant, oui c'était à cause de son don. Mais ça ne pouvait pas être ça, elle ne pouvait pas être responsable dans sa mort à ce point-là, il n'y croyait pas. Il se sentait horrifié, non par parce qu'elle avait fait, mais parce qu'elle avait pu ressentir. L'estime qu'il ressentait pour elle - s'il en ressentait pour elle d'ailleurs... - monta d'un cran, il l'observait de ses yeux apeurés, se demandant comment elle trouvait la force de vivre. Quand elle avait dit être responsable de sa disparition, il pensait à un concours de circonstance, au mauvais endroit au mauvais moment. Comment faisait-elle ? En fait, il lui était admiratif, il n'en revenait pas qu'elle soit forte à ce point là. La gorge nouée, il redoutait ce qu'elle s'apprêtait à dire.

      " Je ne savais pas qu'il était sous mon contrôle... Ainsi, quand je lui ai dit de se dépêcher de venir me rejoindre... Je ne pensais pas qu'il le ferait alors que toutes les voitures.... "

    Non, non, impossible, et merde. Ça ne pouvait pas être ça. Putain, il n'en revenait pas, il n'arrivait plus à respirer et fut subjuguée de ne pas voir des larmes dans ses yeux, encore moins sur ses joues. Il avait vraiment été con sur ce coup-là, et dire qu'il se plaignait, tout le temps... il se trouvait pathétique. Ouais, elle avait raison, cette Miharu. Il était pathétique, impossible de prouver le contraire à présent. Quand elle tourna les yeux vers lui, il supposa que c'était pour y chercher une aide quelconque, quelque chose qui prouverait qu'il l'avait écouté. Cependant il n'arrivait pas à retrouver une expression normale, ses traits tirés par l'incrédulité et la peur. Alors qu'elle tournait la tête vers le sol, il fronça les sourcils d'une sorte de colère contre lui-même. Il avait envie de faire quelque chose, mais comme d'habitude, il ne savait pas quoi.

    Il leva la main gauche, étant incapable de prononcer un mot, il réfléchissait à autre chose à faire. La prendre dans ses bras ? Soudainement, ça lui semblait une mauvaise idée. Lui serre la main ? Nan, certainement pas, c'était une connerie ça. Précédemment il avait été capable de la renverser par terre, l'immobiliser, lui toucher les lèvres, mais là il se sentait bloqué. Finalement - et tout en regardant ailleurs -, il posa sa main sur la tête de Sakura, juste en haut du crâne, son bras reposant sur son dos. Il ne savait pas ce que ça symbolisait exactement, ça lui avait simplement semblé logique, sans être un geste amical. Se rapprochant un peu plus d'elle, il tournait toujours vigoureusement les yeux, une expression sur le visage qui signifiait Ne te fais pas trop d'idées, hein.

    Après quelques secondes il la regarda, enfin. Se demandant s'il avait fait ça pour rien.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 2:29

Elle se sentait soudainement vraiment... Fragile. A découvert. Mais elle n'avait pas de raisons... Sauf si le fait de révéler un truc de ce genre procurait cet effet après. Enfin, elle n'en savait rien. Mais elle se sentait plus légère, et elle leva les yeux au ciel. Ce dernier était remplie d'étoiles, qui semblait toutes briller autant les unes que les autres. Sa vision commençait à devenir un peu plus nette, ce qui lui fit légèrement sourire. Légèrement. Le ciel était infini et contenait tant de choses... Des nuages, des étoiles, des astres.. Elle se perdit dans la contemplation de ce dernier. Elle avait entendue dire qu'il y avait autant d'étoiles que de personnes dans le monde, et que chaque étoiles étaient représentatif d'une personne. Elle n'y croyait pas bien sûr, mais à cet instant, elle avait envie d'y croire.

Elle sentit une main sur sa tête, et tourna cette dernière vers le prof. Il avait les yeux tournés ailleurs, et une expression pour le moins significatif sur le visage. Elle eu un drôle d'air sur le visage, puis tourna la tête ailleurs aussi. Son air était devenue lointain, tandis qu'elle réfléchissait à ce qu'elle venait de dire. Elle avait arrêter de pleurer, mais son visage était encore un peu humide. Elle passa son bras sur son visage, et remarqua à quel point sa veste était froide. Elle avait toujours le bout de tissu dans sa main, qui était aussi froid que sa veste à cause de l'humidité, puis lâcha un soupire. Pas un soupire agacée ou triste, juste un soupire. Qui montrait qu'elle allait mieux depuis qu'elle avait racontée ça. Même si elle luttait de toute ses forces pour ne pas pleurer de nouveau.

Ainsi, elle se tourna de nouveau vers le prof, qui la regardait. Elle le fixa un moment, essayant de le voir en un peu plus net, puis eu un petit sourire. Un sourire triste, coupable. Mais elle ne pleurait pas. Elle ne se le permettait plus. Un frisson parcourue son dos, et une fumée blanche sortit de sa bouche. Il faisait donc si froid que ça...? Elle mit ses mains devant elle, et constata que ces dernières avaient l'air... gelées. Elle n'osait même pas se toucher elle même. Soudain, elle eu une envie assez bizarre...


"C'est dit maintenant... Vous savez à peu près tout."

Elle avait dit ça sans vraiment s'en rendre compte. Sa voix était toujours un peu brisée, mais était moins basse, et semblait plus sûre. Elle se demanda alors si c'était une bonne idée qu'elle lui raconte ça... Après tout, il l'avait voulue mais bon... Peut-être qu'il le regrettait non? Elle n'en savait rien, mais tout ce qu'elle savait, c'était que cela lui avait fait du bien.
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 3:12

      " C'est dit maintenant... Vous savez à peu près tout. "

    Il ne réagit pas, ne se rendant même pas compte de ce qu'elle venait de dire. Que pouvait-il répondre, de toute manière ? Il avait toujours le ventre noué et la gorge serrée, regardant dans la direction opposée de celle où se trouvait Sakura, son expression trahissait le fait qu'il se sentait mal à l'aise. Il expira longuement comme rejetant toute l'angoisse qu'il avait emmagasiné. Il était heureux qu'elle ait fini de parler, seulement, et comme il s'y était attendu, il ne lui répondu rien. Il ne savait pas quoi dire de réconfortant ou de rassurant, alors il préférait se taire, sa main toujours sur sa tête. Il s'éclaircit la gorge bruyamment, comme se prouvant à lui-même que c'en était terminé. Elle ne pleurait plus, elle n'avait plus rien à dire. C'était à son tour, et merde.

    Laissant tomber sa main le long de son dos, et d'un geste purement mécanique, il se mit à frotter avec force pour la réchauffer, c'était ce que faisait sa mère quand il était enfant et qu'il avait froid. Il ne s'était même pas aperçu qu'il venait de faire ça, d'ailleurs, prenant appuis sur sa main, il se leva, se dégourdissant les jambes il fit un pas en avant et se retrouva, debout, devant Sakura. Se plaçant juste face à elle, il lui tendit une main pour qu'elle l'agrippe. Son visage montrant une expression entre le soulagement et l'appréhension.

      « C'est à mon tour maintenant, c'est ça ? »

    Il n'aurait pas pu cacher l'étrange peur dans sa voix, de plus le sourire qu'il avait paraissait sincère or, lui savait parfaitement qu'il ne l'était pas. Quand bien même elle lui avait tout révélé avec sincérité, il appréhendait plus que tout ce qu'elle pouvait bien avoir en tête. Elle avait certainement oublié leur marché pendant tout ce temps, mais il se doutait que tout lui reviendrait en mémoire et qu'elle ne le laisserait pas partir comme ça. Elle lui avait ouvert son cœur - et cette expression lui lança un froid, il ne la trouvait pas appropriée - et il voulait être honnête à son tour, il répondrait à sa question, quelle qu'elle soit. C'était pour cela qu'il avait si peur de ce qu'elle voudrait bien savoir. Il y avait des questions auxquelles il ne voulait pas répondre.

    La main toujours en l'air en attendant qu'elle la prenne, il l'observait, l'air vague. Elle avait l'air frigorifiée ce qui accentua le fait que lui-même avait très froid. Seulement il avait fini par l'oublier, il ne trouvait plus le vent si piquant ni même si désagréable, il s'était habitué, puis il pensait à autre chose. Elle était si blanche, si pâle, une partie de ses vêtements était mouillée et elle tenait encore fébrilement dans une de ses mains sa cravate, il se demandait sérieusement si elle allait véritablement la garder. Non pas qu'il souhaitait vraiment la récupérer, mais il se demandait ce qu'elle en ferait. Il pensa à sa veste aussi, se demandant où elle se trouvait. Il ne se voyait pas aller la chercher en salle de cours à cette heure-ci. Il cessa de la regarder, jetant un coup d'œil aux alentours.

      « Puis on rentrera parce qu'il fait putainment froid, tu as l'air gelée. »

    Il la regarda à nouveau, sans réfléchir à l'aspect qu'il pouvait avoir, lui. Il eu banalement envie de la réchauffer.

    ... Nan mais à quoi vous pensez, là ? Rien de morbide, faut pas déconner non plus. Pff, sales vicieux.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 3:31

Elle fut surprise quand elle sentit qu'il lui frottait le dos. Elle se tourna vers lui, se demandant pourquoi il essayait de la réchauffer. Mais n'en n'eut pas le loisir, car il se leva. Sakura baissa les yeux sur ses propres jambes, se demandant si elle arriverait à tenir debout. Elle massa sa gorge, qui était vraiment sèche, puis leva de nouveau les yeux vers le prof. Il était en face d'elle, la main tendue.

" C'est à mon tour maintenant, c'est ça ? "

Son tour... Ah oui, le marché. C'était à son tour de poser une question à propos de la dame sur la photo. Seulement, elle n'avait plus aucune idée de quoi lui poser comme question. Surtout qu'elle ne savait même pas si elle allait trouver une question qui satisferait sa curiosité. Cette dernière fit un bond, sachant qu'elle allait pouvoir lui poser une interrogation, et qu'il pouvait y répondre. Elle pencha la tête sur le côté, et se mit à réfléchir. Avec sa migraine, c'était un peu dur, mais elle voulait trouver une bonne question. Une question simple, mais qui pouvait la satisfaire. Seulement.. elle n'en avait aucune. Elle poussa une léger soupire, puis regarda la cravate dans sa main. Sa vue était presque aussi nette qu'avant, ainsi, elle voyait presque parfaitement le bout de tissu noir au creux de sa main.

" Puis on rentrera parce qu'il fait putainment froid, tu as l'air gelée. "

Elle était gelée tout court. Mais ne montrait rien. Ses vieilles habitudes revenaient, mais elle n'allait faire aucuns commentaires. Elle le regarda, puis tendit sa main pour attraper la sienne, et se mettre debout. Elle tituba légèrement, mais réussit à se tenir debout. En tout cas, rien qu'en regardant le prof, elle avait encore plus froid. Elle lâcha sa main, puis croisa les bras sur son ventre, pour se réchauffer un peu. Elle réfléchis quelques instants, puis finalement, posa sa question.

" Pourquoi... Vous n'êtes pas avec la dame de la photo?"

Elle ne voulait pas dire son nom, sans réelle raisons. Seulement, elle même n'avait pas dit le nom du garçon de son souvenir, et il n'avait pas cherché à le savoir non plus. Alors, elle n'allait pas le dire non plus, pour cette simple raison. Elle le fixa, son regard détaillant la moindre de ses réactions. En fait, elle aurait du dire qu'elle préférait rentrer d'abord. Mais bon... Ils rentreraient après.
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 4:02

      " Pourquoi... Vous n'êtes pas avec la dame de la photo? "

    Putain non pas ça. Il ferma les yeux, son expression figée par l'appréhension et la surprise. Il avait la bouche légèrement entrouverte comme s'il s'était préparé à dire quelque chose, mais sa gorge était serré et il n'était pas sûr qu'il parviendrait à dire quoi que ce soit avant un moment. Sa main droite en l'air - là où Sakura avait lâché la sienne -, il était incapable de bouger ni même de rouvrir les yeux. Il sentait les traits de son visage se crisper, se tordre, se tendre, ainsi qu'une palpitation forte sur la tempe qui jouait avec ses nerfs. Son poing se serra avec force si soudainement qu'il sentit ses doigts claquer dans sa paume dans un bruit douloureux. Et merde, il ne voulait pas répondre à ça. Pas à cette question là, il en avait honte. Honte de ce qu'il avait fait, honte de sa lâcheté. Honte d'avoir accepté de faire cette promesse à la con, et quelle promesse à la con.

    Il s'en voulait de l'avoir écoutée, c'était la seule fois de sa vie où il s'en était tant voulu de l'avoir écoutée. Il aurait mieux fait de lui demander de se taire, de le laisser rester avec elle parce que c'était la seule chose qu'il voulait. Ses sourcils se froncèrent avec force, ses lèvres formèrent un sourire de rage et il sentait ses bras trembler de colère. Bordel mais qu'est-ce qu'il avait pu être con ! Il s'en voulait tellement. Une erreur débile et il se sentait trop lâche pour repartir, parce qu'il avait fait cette promesse et devait s'y tenir. Rouvrant les yeux, il se força à calmer son visage pour paraître moins en rage qu'il ne l'était, ses yeux trahissaient un regret grandissant. Bien sûr, rien à voir avec le regret qu'avait pu ressentir Sakura, la comparaison n'était pas possible. C'était simplement... différent. Il soupira, relevant enfin les yeux vers elle, hésitant entre la version courte de sa réponse ou la version longue. Il n'était pas sûr de vouloir tout raconter, d'un autre côté, accepter la colère qu'il ressentait envers lui-même lui ferait du bien. Son visage redevint plus calme même s'il sentait toujours la palpitation sur sa tempe.

      « J'ai fais mes études aux États-Unis, c'est là que j'ai rencontré hum... (son prénom n'arrivait pas à sortir) on est devenus meilleurs amis, on étaient extrêmement proches, jamais je n'avais songé à revenir ici. Je n'aimais pas... ce pays, je ne voulais pas rentrer, seulement la vie en a décidé autrement. »

    Il avait eu le sentiment de cracher tout ça, d'un autre côté il donnait plus le sentiment de s'être dit ça à lui-même plutôt qu'à Sakura, le regard dans le vide, il n'osait pas la regarder. Il soupira avec colère, se forçant à se décontracter, il n'y arrivait pas. Et puis il y avait toujours ce foutu regret dans son regard, ses yeux étaient presque tristes, coupables. Ce qu'il s'apprêtait à dire lui déchirait la gorge telle des flammes, il sentait qu'il devait le dire même si ça le faisait encore souffrir.

      « Ma mère est morte alors que j'étais encore là-bas, mon père ne m'avait jamais dit qu'elle était malade et lui avait menti en disant que je ne voulais pas venir la voir. Il me disait que j'étais un putain de fils indigne, malgré mes études et le boulot d'enseignant que je venais juste d'avoir. Tout était de sa faute et pourtant, c'était moi le responsable. »

    Il avait dit la dernière phrase avec un faux sourire, mais celui-ci était amère, dur, odieux. Il était tellement en colère contre lui, et merde... Il ouvrit la bouche, reprenant sa respiration, chaque mot lui transperçait la gorge comme pour lui rappeler que tout ce qu'il avait fait dans sa vie ne servait à rien, rien.

      « Et par dessus le marché, j'étais obligé de démissionner du poste que je venais juste d'obtenir. A par Amy, je n'avais plus rien au monde, je lui devais tout. Alors elle... elle
      (sa gorge se serra) m'a fait promettre quelque chose... »

    Quelque chose qu'il n'avait pas eu le courage de refuser, parce qu'elle était tout pour lui. Parce qu'il était faible.


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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 12:27

Il resta figé pendant un moment, et elle se demanda alors si elle n'avait pas posée la mauvaise question. En même temps, lui non plus n'avait pas posée une bonne question, mais elle espérait juste qu'il n'ai pas la même réaction. Ce qui l'étonnerait tout de même. Mais il restait sans bouger, sa main toujours dans les airs. Elle l'observa sans rien dire... Elle n'aurait pas du poser cette question, elle le sentait quelque part. Seulement, elle avait envie de savoir... Tout comme lui avait voulue savoir pour elle. Seulement, peut-être que la réponse serait différente. Du moins, elle le pensait vu qu'il n'avait pas l'air d'avoir perdu cette personne. Du moins, elle le pensait, elle n'en était pas sûre.

En continuant de l'observer, elle vit alors de la colère sur son visage. Maintenant, elle en était sûre, elle avait posée la mauvaise question. Il serra sa main en poing, et elle fronça légèrement les sourcils, tandis qu'elle continuait de l'observer. Sa vision était redevenu normale, ainsi, elle pu voir qu'il essayait de se calmer. Il lâcha un soupire, et la regarda, il semblait... hésitant.


" J'ai fais mes études aux États-Unis, c'est là que j'ai rencontré hum... on est devenus meilleurs amis, on étaient extrêmement proches, jamais je n'avais songé à revenir ici. Je n'aimais pas... ce pays, je ne voulais pas rentrer, seulement la vie en a décidé autrement. "

Aux E.U ? Elle n'y était jamais allée, mais bon. Elle savait maintenant comment ils s'étaient rencontrées. Donc, elle était américaines... En même temps vu son nom, elle ne devait pas être très japonaise... Cependant, elle ne l'interrompis pas.

" Ma mère est morte alors que j'étais encore là-bas, mon père ne m'avait jamais dit qu'elle était malade et lui avait menti en disant que je ne voulais pas venir la voir. Il me disait que j'étais un putain de fils indigne, malgré mes études et le boulot d'enseignant que je venais juste d'avoir. Tout était de sa faute et pourtant, c'était moi le responsable. "

Elle pencha la tête sur le côté. Un flux de pensée l'envahit, et elle se dît alors que son père devait vraiment être un.. bref. Elle préféra ne pas y penser. Il avait un drôle de sourire sur le visage, mais il était différent des précédents. Enfin... elle le croyait. En même temps, elle ne regardait pas tout le temps ce qu'il avait comme sourire. Mais il donnait l'impression que cela lui coûtait de parler presque, mais continua.

" Et par dessus le marché, j'étais obligé de démissionner du poste que je venais juste d'obtenir. A par Amy, je n'avais plus rien au monde, je lui devais tout. Alors elle... elle m'a fait promettre quelque chose... "

Elle avait un air curieux sur le visage. Bien entendue, elle voulait savoir quelle était cette promesse, sauf que ce n'était pas sa question, donc il n'était pas obligée de lui dire. Elle s'avança vers lui, puis eu une mine assez... compatissante. Il avait dit ce qu'elle voulait savoir, et c'était tout. Elle ne voulait pas le forcer à lui raconter toute l'histoire, alors autant qu'elle intervienne avant que ce soit le cas.

" Vous n'êtes pas obligé d'en parler si ne voulez pas..."

Il y avait déjà assez d'elle qui souffrait, pas besoin que lui souffre en plus. Elle le regarda, se demandant alors comment il allait réagir. Ses mains étaient le long de son corps, et elle le regretta. Le vent était moins fort, mais plus froid encore, et elle eu des frissons, mais ne laissa rien paraître.


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Kunisaki Tachibana
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MessageSujet: Re: A l'abri des regards [Terminé]   Jeu 18 Aoû - 18:15

      " Vous n'êtes pas obligé d'en parler si ne voulez pas..."

      « Bah ouais ! Bien sûr que je ne veux pas ! Seulement... »

    Il répondrait, il n'avait pas d'autre choix. Il croisa les bras et, sans la regarder, fit un pas en arrière. Il l'avait senti se rapprocher mais préférait rester loin, finalement. Il se sentait trop en colère pour affronter son regard ou encore moins faire un seul geste envers elle. Il fallait mieux qu'elle l'évite pour le moment, le temps que le calme revienne en lui, que ses traits cessent de se crisper, que sa respiration se fasse plus douce. Qu'il se sente mieux, ou moins mal. Ce n'était pas le moment, les yeux toujours trahis par le regret, il avait la mâchoire bloquée. Il avait presque la mine boudeuse, soulée et blasée d'un adolescent en colère. Et merde, pourquoi est-ce que ça l'énervait à ce point ? Il ouvrit la bouche pour parler mais ne sortit qu'un hoquet, il déglutit avec difficulté, regardant dans le vide il tenta à nouveau de reprendre la parole.

      « Elle pensait que revenir auprès de ma famille serait la meilleure chose à faire, elle me disait que je devais aller voir mon père. Que je... m'excuse, pour que les choses rentrent dans l'ordre. Mais elle ne savait pas pourquoi j'avais quitté ce pays et je n'arrivais... pas... à le lui dire. »

    Il ferma les yeux avec force, la bouche fermée, il respirait fortement, sa poitrine se relevant au rythme de son désarroi. Il devait le dire, non pas que c'était difficile, mais il avait honte, si honte. D'avoir accepté cette promesse saugrenue et ridicule, d'avoir cru que... que... Il avala sa salive en relevant le menton, sentant une palpitation dans son cou. Il accentua la pression sur ses bras, ayant à nouveau un léger mouvement de recul, comme pour se protéger. Être seul, juste une seconde. Il avait du mal à réaliser qu'il avouait cela à quelqu'un, il n'avait jamais su ce qu'on pouvait ressentir en disant tout à quelqu'un, en lui faisant confiance. C'était une sensation très désagréable de faire ça, il ne comprenait pas que des gens puissent le faire à longueur de temps. Il avait mal au cœur comme il ne l'avait jamais dit. D'une voix brisée qu'il ne put contenir, il dit, sans la regarder.

      « Elle m'a fait promettre de ne jamais revenir aux États-Unis. »

    Il eu un rire nerveux face à propre connerie, dite à haute voix cette promesse qu'il avait fait des mois de cela lui tordu la ventre le douleur, il eu envie de hurler, de crier sa bêtise. Comment avait-il pu se laisser avoir par ça...

      « Elle était persuadée que je ne pourrais être heureux qu'en ne revenant chez moi, qu'en ne sachant que je ne partirai pas à nouveau. Elle voulait que j'arrête de fuir ce qui ne me plaisait pas, que je l'affronte. Mais je n'osais... pas... lui avouer qui j'étais vraiment, pourquoi je ne voulais pas rentrer. Alors... j'ai accepté. »

    Il se tut, plongé dans une soudaine tristesse profonde, il sentit presque ses yeux devenir brumeux. Il ne comprenait toujours pas comment il avait pu faire ça. Pourquoi ? Il lui aurait suffit de refuser, ce n'était qu'une promesse à la con. Son plus grand regret, sa pire tristesse. Il avait été si bête.

      « Si je revenais, elle refuserait de me voir, c'était le deal. Mais j'ai accepté parce que je... »

    Il sourit, le sourire le plus mélancolique qu'il n'eut jamais offert à quelqu'un de toute sa vie. Sa voix se fut plus maigre, faible, il leva enfin les yeux vers elle, sentant son visage redevenir soudainement plus calme et reposé.

      « ... Je croyais qu'elle m'empêcherait de partir. »

    J'étais suffisamment idiot pour ça.


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A l'abri des regards [Terminé]

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