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 « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]

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Bakura Kamimura
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MessageSujet: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Mer 14 Nov - 16:32

Trois mois. Dans une vie, ça ne représentait absolument rien, évidemment. Un simple grain de poussière dans les rouages immenses du temps. Théoriquement, insuffisant donc pour les stopper. Que pourrait dont une malheureuse poussière face à un engrenage des milliards de fois plus grand qu’elle ? Et pourtant, cette vérité n’était bel et bien que théorique… La poussière était parvenue à se faire assez maligne pour détruire cette réalité…

Car trois mois semblaient avoir été suffisants pour bien des choses. Des choses dont l’égyptien, qui faisait son retour au pensionnat Aomori, se serait bien passé. Des choses qui avaient fait revenir le côté le plus noir du décoloré. Le plus violent…

Déjà, la raison même de son absence avait été source de froide colère pour le pensionnaire, mêlée à une étrange satisfaction. Il avait dû quitter la ville pour des raisons familiales. Enfin, c’était un bien grand mot, puisque de famille, Bakura n’en avait point. Il y avait un géniteur et une génitrice, qui de temps à autres étaient pris d’élan se rapprochant vaguement d’obligations familiales, et bloquaient ainsi l’emploi du temps de leur fils unique pour des raisons en réalité absolument stupides.
Dans le cas présent, il s’agissait d’une histoire de protocole quant à la succession du fils Kamimura. Ce dernier étant l’unique descendant de cette famille nippone anciennement dominante durant les ères précédentes, il était soumis à certaines démarches particulières pour devenir héritier légitime… Evidemment, le jeune homme se foutait totalement de ce côté nippon, lui qui n’était attaché qu’à sa terre natale qu’était l’Egypte. Néanmoins, il avait tellement de haine envers ses géniteurs qu’il se refusait à l’idée de ne pas profiter d’eux au maximum. Et si ça passait par des procédés légaux, c’était encore mieux, puisqu’il serait le seul à leur pourrir la vie dans le futur… Il avait déjà tout un plan de prévu, une fois ces trois mois pourris de passés et son statut certifié, pour les rouler définitivement dans la boue…

Le temps lui avait semblé néanmoins bien long, malgré cette perspective que lui seul pouvait trouver réjouissante. D’abord parce que ça le bloquait dans le développement de son pouvoir, ce qui l’agaçait au plus haut point. Oh, évidemment il pouvait bien s’entraîner un petit peu lors de son temps libre, même loin de l’école, mais ça demeurait bien trop léger à ses yeux. Ensuite, il regrettait l’école en elle-même. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il s’était enfin senti chez lui, à Aomori. Une sensation qu’il n’avait jamais vraiment connu auparavant. Cela expliquait donc sans mal ce sentiment de manque qu’il ressentait en repensant à Aomori.

Enfin… Il y avait une personne en particulier qu’il souhaitait revoir. Une personne qu’il avait quittée sans même avoir pu l’avertir. Pourtant, il avait son numéro, mais son portable était resté… dans sa chambre du pensionnat. Et c’était avec un réel pincement au cœur qu’il s’en était rendu compte une fois parti, alors qu’il comptait justement prévenir celle qui hantait régulièrement ses pensées depuis son absence temporaire…

Cette personne, c’était une fille. Mais pas n’importe quelle fille. Miyoshi Kimura. Une fille qui lui ressemblait sur certains points, mais qui était surtout unique sur bien d’autres. Une fille à la réputation d’inaccessible, mais qui s’était finalement livrée à lui. Tout comme lui s’était peu à peu ouvert à elle, bien plus qu’avec n’importe quelle autre personne en ce monde… Jusqu’à lui offrir ses rêves. Car là était le don de la jeune femme, celui d’entrer dans les rêves d’autrui. Un don qui aurait dû pourtant la pousser à le fuir, puisque lui possédait justement l’un des rares pouvoirs « dominant » vis-à-vis du sien. Son « charisme » était en effet le parfait opposant au « contrôle des rêves » de la pensionnaire aux pupilles dorées, mais cela les avait finalement rapproché… Au point de passer le plus clair de leur temps dans les bras l’un de l’autre, après leur première nuit « de rêve » ensemble… Ils n’étaient pas allés trop loin cependant, puisque seules leurs lèvres s’étaient connues jusqu’ici. A deux trois caresses exceptées, ils en étaient restés au stade du « gentil flirt », pourrait-on dire…

Mais au fond, il y avait plus. Bakura n’aurait jamais été aussi patient, aussi altruiste de sa personne pour quelqu’un d’autre qu’elle. En peu de temps, elle avait su prendre une place unique dans l’esprit du jeune homme. Dans son cœur aussi ? Jusque là, il n’aurait su le dire…

… Jusque là…

De retour depuis la matinée donc, Bakura avait fait son retour au pensionnat. Il avait aussitôt été vers le dortoir pour récupérer son téléphone, mais à peine avait-il posé le pied dans le hall qu’un écho de conversation lui était parvenu… Et concernait précisément celle pour qui il s’était dirigé droit vers l’endroit où reposait son téléphone. Miyoshi… Et bien sûr, sa curiosité le poussa à s’approcher des personnes qui discutaient, pour entendre ce qu’elles disaient…

… et figer aussitôt.

Soit il avait mal compris. Soit ses camarades racontaient des conneries. Mais en aucun cas ce qu’ils venaient de dire était avéré, c’était sûr !

Plutôt que de s’emporter sur eux, il choisit néanmoins de reprendre son chemin, son aura étant malgré lui sortie, pesante, menaçante… Il fallait quand même qu’il ait des certitudes, il ne pourrait rester ainsi…
Il avait réussi finalement à croiser deux garçons qui, il le savait, étaient dans la même année que lui et Miyoshi. Ils seraient donc bien placés pour parler…
Et avant même qu’ils ne puissent comprendre pourquoi soudain un horrible sentiment de mal-être s’était emparé d’eux, causé par l’aura de Bakura, ce dernier leur était tombé dessus, attrapant chacun par le col pour les plaquer contre le mur. Il n’était pas question de perdre du temps en formalité de bas étage. Il voulait des réponses, et tout de suite.


« C’est quoi cette histoire à la con entre Miyoshi et… Takéchose ? Il y a quoi entre eux ?! »

Incrédules, mais surtout inquiétés par le regard écarlate de leur camarade, qui brillait d’un étrange et sombre éclat, les deux garçons se regardèrent avant que l’un d’eux ne trouve la force de parler, et de balbutier…

« Miyoshi et Takeo ? Ben… Ils sortent ensemble, non ? – Devant le soudain accès de colère du jeune homme, dont l’aura pulsait visiblement à présent hors de lui, le pensionnaire ajouta en toute hâte – Enfin on en sait rien ! Mais ils se sont embrassés plusieurs fois à ce qu’il parait, et vu qu’ils sont tout le temps collés ensemb-… »

Il n’avait pas eu le temps de terminer que le décoloré les avait relâché. Le regard étrangement vide l’espace d’un instant, il observait sans les voir ses deux « victimes »… Avant de serrer soudain les dents et de donner un coup violent dans le mur, creusant un bel impact dans ce dernier, non sans conséquences sur son poing désormais bien égratigné…

« Je vais les buter. Tous les deux. »

Il repartit aussitôt en laissant pantois les deux pauvres bougres qui s'étaient fait relais de cette rumeur génératrice de haine. Sitôt entré dans sa chambre, Bakura prit son portable avec l’intention de l’allumer… Et arrêta finalement.

Non, il n’irait pas la voir. Non, il n’irait plus lui parler. Plus jamais.


« Quel abruti… »

Encore une fois, il frappa dans le mur le plus proche, moins fort que précédemment d’abord… Puis plus fort… De plus en plus, jusqu’à ce que sa main émette un craquement sinistre l’obligeant à arrêter… Il venait de se la briser, mais il n’en ressentait aucune douleur. Du moins, pas à la main…

« … »

Alors qu'il se remettait en route, son aura continuait à pulser par vives vagues, mais là encore il n’y prêtait pas attention. Apparemment, elle agissait comme répulsion au lieu de son habituel pouvoir d’attraction, puisque dès que les autres se trouvaient dans son périmètre l’intense peur qu’elle générait en eux les incitaient à s’écarter… Seul un téméraire, apparemment quelque peu résistant à son pouvoir, avait tenté une approche pour lui intimer l’ordre de se calmer, mais un coup de son unique poing valide l’avait étalé directement… Et encore, le pauvre pouvait s’estimer heureux, car c’aurait été son sabre qui aurait remplacé son poing s’il ne s’était pas cassé la main droite…

Finalement, les pas du jeune homme l’avaient arrêté devant le gymnase, dans lequel il entra en provoquant la sortie du petit groupe qui avait occupé les locaux pour s’entraîner au volley… Son aura était décidément sa plus précieuse alliée en ce moment… La seule qui lui soit fidèle, dans le fond…

Après un moment à regarder les punching ball et autres marionettes d’entraînement placés dans le coin de la salle et destinés à ceux qui pratiquaient les sports de combat, il finit par pousser un véritable hurlement de rage, avant de se déchainer dessus avec son poing gauche et ses pieds… Puis sortir sa lame pour trancher, déchirer tout ce qu’il pouvait… Et ne s’arrêter qu’après un véritable carnage, plantant sa lame dans le sol en perçant la tête de la poupée de bois qu’il venait de pulvériser… Il tomba à genoux devant son sabre, en sueur, essoufflé… Mais pris de sentiments si noirs que rien ne pourrait l’en sortir, sans aucun doute…




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Miyoshi Kimura
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Mer 14 Nov - 18:35



Bakura & Miyoshi


Des jours, des semaines qu’elle ne dormait quasiment plus. Même si elle faisait acte de présence en cours, elle n’avait vraiment plus goût à rien. Parce qu’il était parti, et qu’elle s’était finalement retrouvée seule. A quelques exceptions près.

Premièrement, elle n’avait pas supporté sa disparition. Et comme à chaque fois qu’elle vivait cette sensation de trahison, elle faisait n’importe quoi. Et ce n’importe quoi l’avait mené en forêt. L’avait poussé à se mutiler. Encore une fois. Et, sa tentative avait presque été un succès. Miyoshi avait senti la vie la quitter, l’espace d’un instant. Et la dernière image qu’elle avait pu voir fut la sienne… Mais, on l’avait sauvé. Bonne ou mauvaise chose, avec la suite qu’allaient prendre les événements, c’était encore à voir… Et deuxièmement, elle avait fait la rencontre d’un autre pensionnaire. Ils avaient tous deux passé une journée à élaborer des plans pour voler le journal du Directeur. Connasses de rumeurs avait-elle pensé l’espace d’une seconde. Non pas pour la rencontre, mais pour les problèmes que ça allait lui causer… Oui. Il y avait eu un échange de baiser. Mais tout le temps, à chaque seconde, elle n’avait pensé qu’à lui…

Cette nuit-là, elle avait encore mal dormi. La décolorée s’était encore réveillée en pleurs, tremblotante de partout… Il n’y avait qu’avec lui qu’elle avait bien dormi. Bakura. Celui dont elle attendait éperdument un signe de vie… Peut-être l’avait-il oublié, au final… Peut-être que toute cette relation avait été bancale. Peut-être que… Non, elle ne pouvait pas y croire. Pas avec tout ce qui s’était passé entre eux. Pas avec la place qu’il prenait pour elle. Pour la première fois, elle s’était sentie bien, elle avait voulu lui dire des choses que personne ne savait. Mais elle n’en avait pas eu l’occasion… Et, elle ne se présenterai sans doute plus jamais…

En se levant, elle s’était dirigée vers son armoire, pour attraper sa tenue habituelle. Et puis, elle s’était rendue dans les douches. Aussi étrange cela pouvait-il être, ses larmes avaient continué à couler, et se mélangeaient avec l’eau bouillante qui glissait sur son corps pâle. Miyoshi arrivait à regretter tout ce qu’elle avait fait. Même s’il ne revenait pas. Ça ne changerai rien. Elle avait fait n’importe quoi, elle le savait… Mais, jamais elle n’avait pensé à mal. Ce n’était pas de Takeo qu’elle était tombée amoureuse… En fixant sa bouteille de shampooing, elle serra les dents, avant de la lancer contre le mur… Cette dernière lui était malencontreusement retombée sur la cuisse, et avait laissé une vilaine trace violacée. Après tout, vu comment elle était en ce moment… Entre son poignet lacéré, sa main droite écorchée, et ses cicatrices. Elle n’était pas belle à voir.

Enfin, si, un peu. Quand même. Comme d’habitude, elle avait remonté ses longues chaussettes le long de ses cuisses, en prenant tout son temps. Comme si elle avait senti que quelque chose allait mal tourner. Miyoshi continua avec sa jupe grise, sur laquelle elle passa une main fébrile pour retirer les mauvais plis. La pensionnaire avait ensuite agrafé son soutien-gorge, en prenant soin de mettre en valeur sa poitrine généreuse. Avant de la cacher par sa chemise blanche, légèrement décolletée. Sa paire de bottes hautes avait presque conclu la marche… Il ne restait plus que sa cravate à glisser autour de son cou. En jetant un coup d’œil dans son miroir, elle fixa sa chevelure immaculée. Avant de la saisir de chaque côté pour la remonter en queue de cheval. Pendant un instant, elle était restée bloquée devant son reflet. Cette coupe ne lui allait pas, on aurait pu la confondre avec une héroïne sortie des mille et une nuits. Sauf que… Qu’elle n’avait pas l’étoffe d’une héroïne. Pas aujourd’hui. Plus maintenant… Et en soulignant son regard d’un trait de crayon noir, elle lança des éclairs dans toute la pièce…

Il lui avait fallu une bonne heure avant qu’elle ne se décide à retourner dans sa chambre. Elle allait sans doute y passer toute la journée, comme toujours, depuis quelques temps. Pourtant… Pourtant, une conversation surprise au détour d’un couloir l’avait laissé de marbre. Deux jeunes se plaignaient du retour d’un fou furieux. D’un gars aux cheveux blancs, et au regard aussi rouge que le sang. Immédiatement, son cœur s’était mit à battre. Mais, peut-être pas pour les bonnes raisons… Sans prendre son temps, elle avait couru vers eux, sans vraiment arriver à se faire comprendre. Mais, ce qu’ils venaient de lui répéter lui glaça le sang. Elle et Takeo, en couple… Embrassés… Peu à peu, elle avait reculé, jusqu’à se laisser glisser le long du mur. Le regard totalement vide. En un instant, sa vie venait de se briser en mille morceaux. Il était revenu… Et il…

Il fallait qu’elle arrange ça. Et vite. Avec la fureur qui avait habité le décoloré, elle avait pu connaître l’endroit où il s’était rendu. Mais avant, elle devait passer dans sa chambre. Elle ne prit pas la peine d’attraper son téléphone. Seulement son paquet de cigarette, et son couteau. Mais là encore, elle n’avait pas voulu partir tout de suite. Miyoshi oscillait entre l’énervement, la tristesse et l’envie de se foutre en l’air. Non, elle n’était pas forte. Pas en ce qui le concernait lui. Et là, la décolorée avait tout gâchée. Tout. Ce n’était que de sa faute. Alors évidement, elle s’était approchée de son mur. Et avait laissé sa main s’enfoncer dedans. Une fois, deux fois, puis trois. Jusqu’à ce qu’une trace rougeâtre le peigne. Le sang coulait lentement entre ses doigts, et la colère ne cessait de l’envahir. Pas contre lui. Simplement contre sa propre personne. Qui avait sans aucun doute réduit à néant la relation qui l’avait fait tenir debout. Et sans lui, elle le savait, elle n’allait pas en être capable.

Sans soigner sa plaie, elle avait glissé une cigarette entre ses lèvres, avant de sortir en trombes de sa chambre. Le premier qui s’interposait sur son passage n’en sortirait pas indemne. Et de toute façon, avec le visage qu’elle arborait, tous prenaient bien soin de s’écarter. Et ils avaient raison. Car son regard perdu ne faisait attention à rien. Et ses pas déjà rapides s’étaient vite transformés en un début de course. Miyoshi voulait le retrouver, lui expliquer, sauver ce qui avait été construit… Qui avait volé en éclats. A cause d’elle.

Abattue. Et pire que ça encore. A cause de la vitesse, le sang de sa main avait éclaboussé sa chemise, et sa cuisse droite. Mais, elle n’en avait que faire. L’important, c’était lui. Lui qu’elle venait lamentablement de perdre. Et lui qu’elle allait lamentablement essayer de récupérer. Car oui, elle n’avait aucune raison de chercher à parler plus fort que lui. Elle n’avait que tort. Comme bien souvent dans ses histoires, en vérité… Alors, d’un coup sec, elle jeta sa cigarette éteinte et non consumée sur le chemin, avant de ralentir à l’approche du gymnase. Miyoshi avait peur, terriblement peur. De lui. Peur de succomber en le voyant, peur de s’effondrer au sol. Peur de fondre en larmes.

Non, en fait, cette dernière partie était déjà en train de se produire. Elle pleurait déjà. Et en plus du sang, sa chemise était maintenant tachetée de petites gouttelettes salées… Et ce qu’elle allait voir en poussant la porte n’allait absolument pas arranger les choses. De l’extérieur, elle avait entendu un cri. Un hurlement, même. Et il ne pouvait provenir que de lui… En s’arrêtant au milieu du chemin, elle avait serré les poings, en se faisant mal, encore. Mais ce qu’elle entendait lui faisait encore plus mal… Sa faute. Cette petite voix dans sa tête ne cessait de le répéter. Et si elle avait eu le courage, elle aurait encore blessé sa main. C’était simple, Miyoshi arrivait à se dégouter d’elle-même.

Malgré tout, dans le plus grand silence, elle s’était approchée de la porte, et l’avait poussé sans un bruit… Et la première chose qui l’avait interpellé, ça n’avait pas été lui. Non, mais la scène de crime qui se tenait devant elle. Tout était… Il s’était déchaîné sur le matériel sportif, et aucun traitement de faveur n’avait été fait. Et puis… Elle avait fini par descendre son regard embué vers lui… Agenouillé au sol… Immédiatement, elle avait saisi con couteau. Pourquoi faire ? Plusieurs idées lui avaient traversé l’esprit. Et la première aurait pu se réaliser. Mais, elle avait lâché son poignet des yeux. Et avait visé le mur d’en face. D’un geste habile, elle avait lancé sa lame, qui avait – évidemment – frôlé l’égyptien. Il ne devait avoir aucune envie de la voir. Elle le savait. Et si jamais il quittait la salle en lui offrant une nouvelle balafre, elle n’allait pas se défendre…

En reculant un peu, elle avait de nouveau laissé ses larmes couler le long de ses joues. Sa main qui avait serré le couteau s’était elle aussi remise à saigner. Et son cœur n’avait jamais battu aussi fort… Bien fait. T’avais qu’à réfléchir, idiote. Sa conscience avait raison. Plus que raison. Et dans un murmure étouffé, elle avait prononcé une phrase. Un mot, un certain mot avait voulu sortir, et puis finalement, seules des excuses avaient pu se faire entendre…

« Je t… Je suis désolée… »

Que pouvait-elle dire ? Il était plus qu’impossible de venir se jeter dans ses bras. Pas avec tout ça. Alors que la seule chose qu’elle avait voulu, c’était ça. Se blottir au creux de lui, respirer son parfum qui lui avait tant manqué… Et lui demander de passer la nuit avec elle… Mais, Miyoshi était consciente de ses erreurs. Et en un instant, elle avait tout brisé. Tellement qu’elle avait senti ses jambes trembler, et commencer à la trahir. Elle n’allait pas tenir debout très longtemps… Pas alors que son corps lui criait de faire en sorte que sa main ne s’arrête plus de laisser couler la dernière chose qui la retenait ici…

Une autre pensée lui avait traversé l’esprit, alors qu’elle le fixait en pleurant. Même si elle lui avait dit qu’elle l’aimait. Rien n’aurait changé…


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Bakura Kamimura
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Jeu 15 Nov - 11:56

L’humain était décidément étrange. La douleur, si handicapante en temps normal, pouvait être totalement éclipsée selon l’état d’esprit de la personne. L’adrénaline jouait pour beaucoup… Mais cette dernière pouvait être générée par des sentiments autres qu’une simple excitation…
La colère, la haine même, était ici l’unique moteur de la force de Bakura. En même temps qu’elle causait une pure et simple destruction. Le gymnase venait d’en faire pleinement les frais, alors que pourtant le décoloré avait une main ensanglantée et en miettes, et l’épaule du même côté assez amochée, avec la violence des coups qu’il avait porté sur l’un des murs compacts du pensionnat…

Pourtant, sur le moment aucune douleur physique n’était venue l’empêcher de déverser sa rage sur le moindre objet présent dans son périmètre. C’était tout juste si sa conscience lui avait fait choisir des cibles inanimées plutôt que des êtres vivants. Le seul acte encore vraiment humain dont il était capable…

Quoique, la haine qui animait chacun de ses muscles et faisait pulser si violemment son aura autour de lui n’était-elle pas la plus belle preuve qu’il était humain ? C’était le propre de l’homme que de haïr. Les animaux eux-mêmes n’avaient pas ce genre de sentiments. Mais si une chose si immatérielle devait avoir une incarnation, elle aurait, pour aujourd’hui, l’apparence d’un jeune homme aux cheveux blancs et au regard rouge sang…

Peu à peu cependant, la douleur qui ne s’était focalisée que sur une zone précise de son corps - étrange paradoxe puisque ce n’était ni purement physique, ni seulement psychique - se réveilla finalement, et commença à se diffuser partout… D’abord dans son bras évidemment, puisque son épaule à moitié disloquée et sa main détruite étaient les plus endommagées. Mais même le reste de son corps subissait le contrecoup de ses mouvements des plus violents…


« … Fais chier… »

Mais alors qu’il songeait à se relever, ce qui ne serait que plus de douleurs, une présence perturba ses plans. Une présence qu’il avait tout de suite eu le sentiment de reconnaître. Et qui éclipsa de nouveau la douleur pour raviver sa colère, et faire briller son pendentif en or, comme un écho à son aura furieuse…

Un lancer de couteau avait été la signature parfaite pour identifier de manière certaine cette présence familière. Normalement, il aurait parfaitement saisi les signes de ce geste. Une manière de lui faire comprendre que c’était elle, et qu’elle ne voulait aucune arme à proximité de ses mains. Mais l’égyptien n’était aucunement capable du moindre raisonnement logique en ce moment. Car rien n’était normal. Plus exactement, sa logique elle-même était altérée, sous l’effet d’une haine qui ne faisait qu’enfler un peu plus encore, en se répercutant tant sur son aura que dans ses yeux écarlates…

Malgré le sifflement de la lame qui avait fusé vers lui, le jeune homme n’avait absolument pas bougé. Il avait laissé le couteau se planter dans le mur, avec le bruit caractéristique du manche qui tremble sous l’impact. Et lentement, au bout de quelques secondes de silence seulement brisé par de ridicules excuses, il se releva, avec des gestes à la fois fluides et étranges…


« Désolée de..? M’avoir raté.. ? »

Un sourire s’était étiré sur ses lèvres. Un sourire proche de la démence. D’ailleurs, la gestuelle même de Bakura laissait clairement voir une certaine hystérie contenue… Ce fut encore plus visible lorsque, une fois pleinement redressé, il tourna enfin son visage vers Miyoshi. Ou plutôt, lorsqu’il le releva à moitié, légèrement en arrière, tout en tournant un peu sur le côté pour la fixer avec ce même sourire carnassier…

« Qu’est-ce que t’es venue foutre ici, hein ? »

La question était lancée sur un ton presque jovial, bien qu’il était évident qu’aucune once de joie n’était présente dans cette scène. D’un côté comme de l’autre. Mais cet autre côté, Bakura s’en foutait complètement. Seul le sien comptait désormais. Seul le sien aurait toujours dû compter…
Empoignant de la main gauche le manche de son sabre, il le retira d’un coup sec de la tête du mannequin d’entraînement, avant de laisser retomber la pointe vers le parquet du gymnase. Et tandis qu’il se tournait enfin pleinement vers Miyoshi et s’approchait d’elle, la lame frottait sur le parquet, dans un grincement menaçant…


« T’es pas censée être occupée ? »

Chaque question semblait calquée sur un ton différent. Cette fois, c’était du sarcasme pur, de même que son sourire des plus désagréables. La seule chose qui restait identique entre les deux phrases était son aura, qui vibrait toujours. Il y avait aussi la distance entre eux, qui se réduisait dangereusement… Même si là encore, un étrange paradoxe était à prendre en compte. Physiquement, oui, ils se rapprochaient. Mais jamais ils n’avaient été aussi éloignés l’un de l’autre en réalité. Chaque geste, chaque phrase, chaque seconde qui se diffusaient semblait mettre en exergue ce fait immuable, entretenu avec force par le décoloré…

Et ce fut définitivement plus fort lorsque subitement, une fois arrivé juste en face de Miyoshi, l’égyptien abattit sa lame droit dans le mur, juste derrière la pensionnaire, non sans entailler sa joue au passage…


« T’as ton petit copain à rejoindre, je crois. »

Cette fois, plus de sourire. Plus de ton faussement jovial ou sarcastique. Juste une expression haineuse. Son aura avait encore pris de l’ampleur sur le coup, dégageant tous les sentiments meurtriers qui l’habitaient en cet instant. Oui, si elle le cherchait ne serait-ce qu’un peu, il pourrait la tuer. En une fraction de seconde. Par pur instinct. Instinct totalement dicté par sa rage… Et justement, afin de ne pas laisser l’occasion à sa haine de se manifester par un geste définitif, il souffla deux mots, d’un ton sec, froid, alimentés par son regard foudroyant…

« Barre-toi. »

C’était irrévocable, même si évidemment elle allait tenter de répondre. Elle ne serait pas venue jusqu’ici pour simplement repartir après des excuses aussi misérables, il fallait l’espérer. Et dans tout cela, il ne prenait même pas en compte les larmes que versait l’italo-nippone. Ou plutôt, il ne voulait pas les voir. Pourquoi est-ce qu’elle chialait, alors qu’elle n’avait manifestement pas eu le loisir de se plaindre de quoi que ce soit ces derniers temps ? Et puis de quel droit osait-elle jouer la malheureuse devant lui, d’abord ?! Il n’accepterait pas ça. Ce n’était pas à elle d’inverser les rôles. Le seul à avoir le droit de se plaindre, c’était lui. Parce que c’était lui qui, au final, avait été pris pour un bel imbécile. Une pensée qui lui fit serrer les dents, et intensifia sa rage…

De même, il n’avait pas plus relevé son état pitoyable. Elle aussi avait une main blessée, mais il ne l’avait même pas vu. Et quand bien même ça serait le cas, ce serait tout juste bon à le mettre davantage en colère. Car encore une fois, à ses yeux ça serait totalement déplacé. Elle n’avait aucun droit. Juste de s’excuser. D’obéir. Et de se tirer avant qu’il ne la tue…

Malgré ces pensées aussi sombres qu’assassines, elle avait en réalité l’occasion de répondre. De tenter de se justifier, sûrement. Mais allait-il être enclin à l’écouter ? Rien n’était moins sûr. Tout dans le comportement du jeune homme avait montré qu’il était dans un état second, où seule la violence et le rejet sortiraient de ses moindres gestes et paroles. Ecouter ne faisait pas parti du programme. Néanmoins, à défaut d’écouter, il pourrait entendre. La différence était notable, mais c’était préférable à une absence totale de retour, sans doute. Mais rien n’était encourageant dans le comportement de Bakura. Et c’était tout à fait voulu…




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Jeu 15 Nov - 14:54



Qu’est-ce qu’elle avait fait au fond ? Peut-être rien de mal finalement. Elle ne remettait la faute sur personne, sauf sur elle-même. Mais, elle avait parfois du mal à se sentir vraiment coupable, ou tout du moins pas pour les bonnes raisons.

La rencontre avec le décoloré avait été la première, et de loin la plus étrange. Celle aussi qui lui avait permis d’aller un peu mieux, jour après jour. Celle qui lui permettait de trouver le sommeil, qui l’avait quitté depuis des semaines. Celle qui avait fait naître en elle des sentiments qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Et puis. En un instant, tout était parti en fumée, sans même qu’elle ne puisse arrêter la machine qui avait lancé cette attaque.

Oui, elle aimait Takeo. Mais, pas comme elle pouvait aimer Bakura. D’ailleurs, c’était sans aucun doute plus qu’utopique, mais, ce dernier aurait presque pu le remercier… Pourquoi ? Parce qu’elle avait fait sa rencontre après son départ précipité. Après cet abandon. C’était comme ça qu’elle l’avait vu. Pas de nouvelles, aucun signe de vie. Miyoshi avait eu l’impression d’être devenue transparente, et vide. Alors, elle avait pratiquement réussi à mettre fin à ses jours. Et là où elle était, elle regrettait presque que l’acte n’ait pas atteint son but final. Et puis, elle avait rencontré cet autre pensionnaire. Elle s’était attachée. Parce qu’il avait été le seul à lui fournir le réconfort dont elle avait eu besoin. Il avait réussi à la maintenir en vie. Oui, il y avait eu un accident. Et puis, elle était revenue l’embrasser. Pourtant, elle avait juste confirmé ses sentiments envers l’Egyptien. Bien sûr, elle s’était laissée attendrir par le grand brun. Parce qu’elle en avait eu besoin.

Dans son esprit, elle n’avait fait de mal à personne. Elle n’était en couple avec personne. Pas même avec Bakura… Elle avait juste cherché quelqu’un pour la rassurer. Et, elle aussi pouvait lancer des rumeurs à travers les couloirs. C’était facile. Et non, elle ne sortait pas avec Takeo, non, ils n’étaient pas collés ensemble tout le temps. D’ailleurs, ils ne s’étaient vu que deux fois. Maigre butin, donc… Mais, forcément, ça n’avait pas eu le même impact sur celui qu’elle aimait. C’était évident. Et, avec toute la conviction du monde, elle était certaine de ne plus pouvoir rien faire pour arranger les choses. Excepter s’en aller. Et disparaître de sa vie, à jamais… Là, debout dans ce gymnase, elle y avait pensé. Plus que pensé. Et la fin qu’elle aurait voulue s’attribuer n’allait pas être bien longue…

Et même dans ce lieu, elle ressentait son pouvoir. C’était déstabilisant, car en vérité, ce n’était pas par lui qu’elle était attirée. Pas par cet homme qu’elle avait vu au sol. Elle était attirée par un grand pensionnaire au teint mate, et aux cheveux semblables aux siens, qui avait sur la prendre dans ses bras avec une douceur incomparable. Qui avait su donner à son cœur une raison de battre un peu plus vite. Mais là… Il n’avait rien du jeune homme qu’elle avait connu au début… Malgré le fait qu’elle ressentait un pincement à la poitrine, entre un mélange d’amertume, et de tristesse. Elle avait voulu l’aider. L’aider, parce qu’il s’était blessé. Ce n’était pas difficile à voir. Mais, Miyoshi avait évité de prendre le risque de s’avancer, ou même de bouger. Elle allait finir par se faire tuer.

Et puis bien sûr, elle avait lancé son couteau. Sans doute une grossière erreur en voyant la situation actuelle. La colère qui habitait son – ex ? – amant empirait, et n’allait pas se calmer avec son geste, pourtant si innocent en vérité. Et tout comme elle, il était resté de marbre. Leurs souffles n’arrivaient même pas à se faire entendre, et le silence était pesant. Jusqu’à ce qu’il le brise, en se relevant difficilement… Et évidemment, la phrase venait d’attaquer la jeune femme. L’avoir raté ? Si elle avait voulu, elle l’aurait eu. La question n’était pas là. Mais, c’était probablement sa haine qui le poussait à dire ça… Ce qu’elle pensait là, c’était plutôt : Désolée de ne pas avoir réussi à me suicider convenablement.

Et pour la première fois depuis des mois, elle avait pu revoir son visage… Un visage qui lui avait offert un frisson. De peur. Ça ne pouvait pas être lui… Il était trop différent. Son sourire n’était plus celui empli de charme qui l’avait fait craquer. Son regard ne lui inspirait qu’une vague de crainte. Et, lui… Et ses questions toutes plus agréables les unes que les autres, dont le ton n’allait pas du tout avec le contenu. Là, oui. Elle avait voulu s’en aller. Immédiatement. Pour ne plus jamais le revoir… Mais, au point où il en était, son départ n’allait pas lui faire plus que de peine que ça. Son regard ambré ne cessait de s’embuer toujours plus à cause des larmes. Ridicule, voilà ce qu’elle était en ce moment. La décolorée aurait voulu hurler, voulu le rouer de coups. Mais, à quoi bon tout cela allait-il servir à présent ? Alors, même quand il avait décidé d’empoigner de nouveau son sabre, elle n’avait pas bougé. Elle avait attendu.

Même l’atroce bruit qui résonnait à présent dans la pièce ne la dérangeait pas. Tout son être n’était concentré que sur lui. Si bien que la question qu’il avait posé lui était passé au travers. Un son s’était fait bourdonnant, sans qu’elle n’en comprenne les mots. En revanche, tandis qu’elle le voyait approcher, elle anticipait. Elle savait bien ce qu’il allait faire. Et, répliquer n’aurait pas été bien compliqué, en soi. L’esquive elle aussi aurait pu marcher. Mais, elle avait préféré rester là, et subir l’entaille qui venait de déchirer sa joue. Mais, elle n’avait pas crié… Le souvenir des années passées lui revenait. Une esquisse de sourire avait presque même fait son apparition, alors qu’elle portait fébrilement sa main en sang à sa joue de la même teinture à présent. Peut-être qu’elle allait mourir, finalement. Dans ce gymnase…

Toutefois. La phrase qu’il avait en revanche prononcée par la suite, elle, n’avait pas été épargnée. Et ce pseudo sourire avait disparu. Son regard s’était même durci. C’était l’image que j’avais de toi. Ce petit copain. Oui, elle aurait pu lui cracher ça au visage. Et puis, non… Non, car elle avait serré les dents – en ouvrant alors plus encore son entaille -, et avait enfin planté son regard dans le sien. C’était une sorte de défi. Mais, le prix à remporter n’était plus le même. Sa vie à elle était en jeu. Pourtant, elle n’avait pas envie de s’écraser complètement. Bakura était perdu, elle l’avait perdu. Alors, elle avait voulu utiliser le peu de fierté qu’il lui restait. Et la dernière parole avait eu raison d’elle… Il voulait qu’elle s’en aille. Il n’avait donc plus aucune envie de la voir. Sauf que là, elle n’allait pas retourner vers son « petit copain ». Mais, elle allait sans doute finir par fuir en forêt. Et même sans couteau, elle trouverait un moyen.

Pendant quelques instants, elle n’avait pas fait attention à lui. Doucement, elle avait déchiré un bout de sa chemise, laissant alors une certaine partie de son ventre se découvrir. Cette partie ou se dessinait une longue cicatrice. Fais-moi mal. Tue-moi, si tu en es capable. C’était plus facile à penser qu’à dire. Certes. Mais, le fond était là malgré tout. Enfin… Rapidement, elle utilisa l’un des morceaux pour le poser sur sa joue, et éponger une partie du sang qui s’en écoulait. Comme si elle avait besoin de ça… Sa peau marquait au moindre coup, et là. C’était une balafre de plus. Et puis, avec un autre bout de tissus, elle avait entouré sa main droite, là aussi, pour éviter au sang de trop s’enfuir. Ses larmes aussi, avaient cessé. Et sans lui jeter un regard, elle avait tourné les talons, jusqu’à s’arrêter devant la porte. S’il elle faisait un pas de plus, la fin était proche.

… Mais elle l’aimait. Et de plus en plus.

Il pouvait bien faire ce qu’il voulait, après tout. Si son destin était là, elle allait lui faire face. Et finalement, Miyoshi avait reculé, en relevant un peu la tête. Un souffle faible était sorti d’entre ses lèvres, avant qu’elle ne s’approche du sabre. Sans le toucher, c’était peut-être plus prudent. Pour le moment. Car là, elle voulait récupérer son couteau. Non pas pour s’en servir contre lui, non, contre elle. C’était déjà bien suffisant. Et, au risque de perdre tout ce qu’elle avait, elle avait posé sa main sur le manche de l’arme de l’Egyptien, avant de tirer d’un coup sec pour la détacher du mur. Et puis, elle lui avait fait face. Le sang coulait un peu moins, mais, elle sentait les gouttes s’évanouir sur son épaule. Mais peu importait. Lentement, elle s’était approchée de lui, sans prendre le soin de garder une certaine distance de sécurité.

Tout s’était passé assez rapidement. Sans lui demander son avis, elle lui avait fourré le sabre au creux de la main. But, objectif certain ? Non. Désir de mourir ? Non plus. Il lui restait un minimum de conscience, et elle voulait le lui montrer.

« C’est dangereux. Ça. »

Et si on prenait le thé ? C’était un peu pareil. Une phrase qui n’avait absolument rien à voir avec la situation. Mais, qu’elle avait pourtant prononcé d’une voix fébrile. Avant de passer à côté de lui pour se diriger vers le mur opposé. Son pas était assuré, même si intérieurement, elle tremblait. Ne jamais tourné le dos à son adversaire. On le lui avait enseigné. Mais ici, il n’y avait plus de règles. Et alors qu’elle avait rejoint enfin son butin, elle s’était contentée de poser sa main sur le manche noir.

« Bon retour ici. Au fait. »

Tu déconnes, Miyosh’. Elle le savait. Et, c’était peut-être un peu fait exprès. Jusqu’à… Jusqu’à ce qu’elle se rende compte de la gravité de ses paroles, mêlée à l’état de l’Egyptien. Est-ce que la mort allait être rapide ? Elle l’espérait, la douleur n’avait jamais été son fort. Mais… Elle ne voulait pas mourir tout de suite. Pas avant de s’expliquer. Pas avant de pousser ce cri qui lui brûlait les lèvres. Pas avant de poser cette question. Pourquoi cet abandon ? Pourquoi pas de nouvelles ? Pourquoi ?

Ce fut une parole dure, et forte. Qui avait résonné dans tout le gymnase, et qui avait fait renaître en elle des larmes…

« Pourquoi tu m’as laissé ici ? Pourquoi tu as disparue de ma vie ? »

C’était presque un reproche. Presque.

« Je n’ai pas de petit copain. Je n’ai pas d’occupations. Si je suis là. C’est uniquement pour toi… »

Sale faible. Sur cette dernière phrase, elle avait fermé les yeux. Et avait un peu baissé la tête. Et puis, elle avait attrapé son couteau, avant de le rattacher à sa cuisse. En laissant à nouveau son regard couleur tonnerre se poser sur son… Sur lui… Comme si de rien n’était… Comme si tout cela n’était qu’un simple rêve… Un cauchemar dans lequel elle se trouvait piégé.

Un cauchemar dans lequel la seule chose qui sortait de sa bouche ne pouvait être que « Je t’aime, Bakura… »


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Bakura Kamimura
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Jeu 15 Nov - 16:50

Le noir. Teinté d’un rouge sang sombre et étrangement étouffant. C’était la seule chose qui entourait Bakura depuis quelques minutes aux apparences de trop longues heures. Il n’y avait que colère. Haine. Et la raison n’était liée qu’à une chose. Une chose qui expliquait finalement tout. Cette colère irrépressible. Cette folie. Et cette atroce douleur à la poitrine, bien plus grande que celle qui lançait sa main…

Lui aussi aimait Miyoshi.

Bien sûr, il n’aurait jamais reconnu ça publiquement. Bien sûr, il aurait sans doute été question qu'il aille flirter quelques fois avant de se rendre compte de cette réalité et de l’unicité totale de Miyoshi à ses yeux. Précisément ce qu’il reprochait aujourd’hui à la jeune femme. Un autre flirt. Mais ils s’étaient pourtant mis d’accord sur ça. Du moment qu’il respectait une discrétion totale, il avait ce « droit ». Elle ne l’avait pas. C’était comme ça que leur relation saugrenue s’était établie d’elle-même…

Et c’était en réalité là tout le problème.

Car en fin de compte, ce n’était même pas lui qui s’était amusé à aller batifoler avec une autre dans le dos de la jeune femme. Il n’avait absolument rien fait avec les quelques filles qu’il avait croisé au pensionnat. Même pas une esquisse d’approche. Quant à ses trois mois loin d’Aomori, n’en parlons même pas… Et tout ça pour que finalement ce soit elle qui joue à ça ! Avec le premier imbécile venu suite à son départ, qui plus est. Il avait été bien trop idiot de croire qu’elle avait juste décidé d’en offrir plus à lui qu’à n’importe qui d’autre. En fin de compte, elle était prête à le faire avec n’importe qui…
Soyons bien clair : ce raisonnement n’était fondé que dans l’esprit de l’égyptien. Hormis cette rumeur qui ne cessait de le rendre fou, il n’avait aucune preuve de quelque sorte que ce soit que ce qu’il pensait était vrai. Mais il s’en foutait. Il s’en foutait totalement. Il avait trop la haine pour vouloir en savoir ne serait-ce qu’un peu plus. Ca le rendait malade…

Et le silence qui suivit finalement sa crise de nerfs n’était pas pour le calmer, clairement. Tout le temps de son approche, Miyoshi était restée sans réaction, en fin de compte. Elle n’avait pas plus cherché à esquiver sa lame lorsqu’il l’avait plantée violemment dans le mur. Cette absence totale d’instinct de survie l’agaçait au plus haut point. Est-ce qu’elle s’en foutait vraiment ? Etait-elle venue jusque-là uniquement pour se foutre de sa gueule ?

Encore une fois, il n’y eut rien par la suite pour le détourner de cette hypothèse. Après avoir simplement déchiré une partie de son vêtement pour panser sa plaie – ce fut là l’occasion pour Bakura de voir sa main blessée, mais il ne montra aucune émotion à ce sujet – elle avait finalement commencé à s’éloigner… Elle comptait donc se barrer comme ça ? Certes, finalement il obtenait ce qu’il voulait, mais sa haine à son égard n’en serait pas moins grande, bien au contraire… Ca épargnerait au moins sa vie, cela dit. C’était déjà un début.

Néanmoins, la pensionnaire s’était arrêtée. Pour faire machine arrière, et s’approcher à nouveau de lui. A quoi est-ce qu’elle jouait, à la fin ? Inconsciemment, la main gauche de Bakura se resserra sur le manche de son sabre, prêt à le sortir rapidement de sa prison murale pour lui apprendre à arrêter de jouer avec ses nerfs…

… Sauf que ce qu’elle fit le prit tellement de court qu’il en resta totalement figé.

Non seulement elle venait de prendre à son tour le manche de la lame meurtrière pour la retirer elle-même du mur, mais en plus elle lui avait soufflé un conseil à la con…


« … »

C’était tellement hallucinant qu’il n’en trouvait pas les mots. Et les secondes défilèrent ainsi, sans qu’il ne soit capable ni de bouger, ni de parler, laissant à la décolorée le temps d’aller chercher son couteau planté de l'autre côté de la vaste salle. Entre temps, elle avait trouvé le moyen d’en rajouter encore assez pour l’éberluer un peu plus. D’abord par un « Bon retour » qui déclencha une bourrasque dans tout le gymnase, sous l’impulsion d’un vif regain de son aura… Ensuite, et surtout, par ses reproches à peine voilés dans ses deux questions… Et enfin, par ce qu’il considérait comme un pur mensonge… Et dont il n’écouta pas la fin, puisque sa propre voix s’éleva avant que ne s’éteigne celle de la japonaise aux origines italiennes…

« … Mais est-ce que tu vas arrêter de te FOUTRE DE MA GUEULE ?! »

En même temps qu’il avait hurlé ses derniers mots, il avait donné un nouveau coup de sabre sur le côté, droit dans une caisse, juste à côté du minuscule couloir d’entrée du gymnase… Inutile de dire qu’encore une fois le matériel était explosé… Tremblant de rage, et de douleur, le décoloré serrait les dents, fusillant du regard celle qui le mettait dans un tel état. Elle n’allait pas s’en tirer comme ça. Elle s’était trop foutu de lui pour qu’il laisse passer quoi que ce soit. Il se foutait totalement qu’elle ait récupéré son couteau. Blessé ou pas, il ne la craignait pas. Mais là, clairement, il fallait qu’il privilégie autre chose que la menace. La douleur était revenue à son bon souvenir lorsque, de colère, il avait machinalement serré les poings… Y compris celui complètement brisé…

Tiquant sur le coup, il fut contraint de planter sa lame dans le sol. Ca allait être long et chiant, mais il était obligé de bander sa main au plus vite s’il ne voulait pas avoir des complications. Et la douleur était bien trop lancinante, malgré sa rage actuelle, pour qu’il puisse l’ignorer plus longtemps. Retirant donc sa chemise après l’avoir déboutonnée, sans jamais lâcher Miyoshi du regard, il attrapa la couture de la manche entre ses dents pour l’arracher d’un geste, et essayer tant bien que mal de l’enrouler autour de sa main droite… Il n’en oubliait pas pour autant de parler, car il ne fallait pas espérer la moindre accalmie de sa part malgré ce break obligé…


« Tu me prends vraiment pour un con ? Tu crois peut-être que j’ignore ce qui s’est passé avec ton… Takeo, c’est ça ? »

En réalité, il ignorait si oui ou non ils étaient ensemble. Il ignorait même la manière dont ils s’étaient embrassés. Mais ce simple fait suffisait. Ils s’étaient embrassés. Ils s’étaient embrassés…
Cette putain de pensée tourna tellement dans sa tête qu’il fut obligé de souffler, pour se décrisper un minimum. L’envie de serrer le poing était tellement grande… Il en tremblait encore de rage… Il avait envie de la frapper, de la tuer, d’aller trouver cet enfoiré qui avait osé faire ça et le massacrer aussi. C’était horrible. Chaque cellule qui composait ses muscles le brûlait tant l’envie était immense… Aussi immense que sa haine… Et qu’est-ce qu’elle allait pouvoir lui balancer pour justifier ça ? Il y avait une hypothèse tellement béante qu’il ne put s’empêcher de l’émettre. La seule qui pourrait sauver les meubles, mais qui était tout sauf crédible, bien évidemment. Parce qu’on ne pouvait pas faire ça sans le vouloir…


« Attends, laisse-moi deviner… Tu l’as embrassé par accident, je parie ? Ca va être ton excuse ? Vas y, crache-là, je suis sûr que c’est ce que tu allais répondre. Fais moi rire un bon coup. »

Et comme pour appuyer sa phrase, un rire sans joie s’échappa des lèvres du décoloré, qui trouva même le moyen de sourire d’un air purement dédaigneux par la suite. Mais il n’y avait strictement rien de drôle, en réalité. Bien au contraire même. Suivant la manière dont la jeune femme allait lui répondre, ça allait conditionner bien des choses. Si elle s’évertuait à parler de l’autre connard comme d’un pseudo « ami », ça voudrait dire qu’elle s’était foutu de sa gueule dès le départ en le prenant exactement pour la même chose. Si en revanche elle avouait bel et bien qu’ils étaient ensemble, elle pouvait clairement disparaître de sa vue. Définitivement. Il se voyait déjà en train de lui dire cette phrase froide et cruelle, alors qu'enfin il achevait son bandage de fortune...

"Ne te montre plus jamais devant moi..."

Au passage, il avait parfaitement éludé les questions qu’elle lui avait posé. Pourtant, les réponses qu'il aurait eu à apporter plaidaient encore une fois totalement en sa faveur. Il n’avait rien à se reprocher, lui. Mais il était hors de question qu’il se justifie. Il n’avait pas à le faire. Pas alors qu’il venait de se voir trahi par la seule personne en qui il commençait à avoir confiance. La seule à qui il avait consenti à s’ouvrir. La seule qui avait pu voir autre chose que le Bakura que tout le monde connaissait. Avec elle, il avait mis de côté le dragueur invétéré ou le simple être belliqueux qu’il pouvait être avec les autres. Il avait voulu la croire. Voulu changer. Voulu être pour elle ce qu’il n’aurait jamais pensé être pour quiconque un jour. Et le dégout qu’il ressentait après ce qu’il considérait être comme une totale trahison était à la hauteur du sacrifice qu’il avait voulu faire. Pour elle…




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Jeu 15 Nov - 19:03



« - Maman ! Ma-man ! C’est quoi l’amour ?
- L’amour ? C’est quand il y a des papillons qui jouent dans ton ventre.
- … Mais. C’est dégoûtant ! »

Bizarrement, ce dégoût qu’elle avait eu en étant petite venait de revenir. Pourquoi ? Parce que ces papillons n’arrivaient plus à jouer. Pas là. Pas maintenant. Comment le pouvaient-ils, alors qu’il avait à ce point changé ? Alors qu’elle avait retrouvé devant elle quelqu’un qu’elle ne connaissait pas… Miyoshi était amoureuse de Bakura, et elle n’avait pas peur de le montrer. D’ailleurs, tout le monde ou presque devait sans aucun doute le savoir. Eden, elle le savait. Elle lui avait sauvé la vie pour ça. Parce que Bakura, lui, était là pour égayer sa vie… Oui, la raison de son acte suicidaire avait été lui. Mais, la raison de son sauvetage aussi. Et même si en cet instant, elle aurait voulu mourir. Ca ne l’empêchait en rien d’être amoureuse de lui. Plus que jamais.

Là, elle avait mal au cœur. Dans tous les sens du terme. L’odeur du sang commençait gravement à lui monter à la tête, et même si elle n’avait rien contre ce parfum. Entre elle et lui, ça commençait à faire beaucoup. Beaucoup trop. Mais aussi parce que son cœur était à lui. Et qu’il était pour le moment en train de le réduire inlassablement en miettes… S’il n’avait plus rien à lui dire, s’il ne l’aimait plus… A quoi tout cela servait ? Avec un peu de dignité, elle aurait pu quitter la pièce, et retourner mourir. Néanmoins, sa réaction un peu trop démesurée ne voulait dire qu’une chose…

Il était jaloux.

Et la jalousie entraînait toujours un sentiment de possession. Des sentiments, oui, c’était ça. Alors finalement, il l’aimait… La logique voulait ça. Certes, ils avaient conclu une sorte de marché. Il faisait sa vie, elle la sienne. Bien qu’en soi, il avait toute la liberté qu’il souhaitait. Pas elle. Pourquoi pas. Après tout, elle n’était pas attirée par les gens. Et encore moins par les hommes. A une exception près. Et c’était tombé sur Takeo. Concrètement, elle avait été un peu égoïste. Ce baiser, ce deuxième baiser qu’ils avaient échangé. Ce n’était pas vraiment pour le satisfaire, mais plutôt pour qu’elle réalise concrètement que l’amour qu’elle portait à Bakura était bien réel. Malgré tout, l’expliquer ainsi était simplement une peine perdue. Et si elle avait une chose à lui dire. Aussi faible cette chose pouvait-elle être. C’était qu’elle était à lui. Et simplement à lui. Son corps, pur de la moindre caresse intime. Pur de la moindre parcelle de peau masculine. Oui, elle était vierge. Et si elle avait dû donner cette part d’innocence à quelqu’un. Il n’y aurait eu qu’un seul nom sur la liste. Et il commençait par un B.

Pourtant, dans ce gymnase. Miyoshi avait eu l’impression de vouloir parler plus fort que lui. De vouloir avoir raison, alors qu’elle s’était forcée à ne pas le faire. Mais, ça restait dur pour elle de se faire ainsi marcher dessus. D’autant plus par lui. Alors, elle n’avait pas vraiment réagi à son coup de sabre. L’avait même provoqué, d’ailleurs, en soignant rapidement sa blessure. Son naturel ressortait un peu trop parfois. Et son passé aussi. Dans cet orphelinat, quand ils s’étaient attaqués à elle, aucun son n’était sorti de sa bouche. Aucune plainte. Si elle avait parlé, ils lui auraient fait encore plus de mal… Mais ici. Ici, elle n’arrivait pas à se taire.

Et puis, la provocation n’avait jamais cessé. Lorsqu’elle était revenue près du sabre, à la suite de son pseudo départ, tout avait réellement commencé. La décolorée avait bien vu sa main se resserrer autour du manche, là encore, l’anticipation avait joué. Elle était trop bonne pour ça, pour connaître les mouvements, et les analyser rapidement. Malgré tout, elle n’en faisait rien aujourd’hui. Et s’il avait été plus rapide qu’elle, elle n’aurait pas donné cher de sa peau… Or. Elle avait elle-même attrapé ce sabre. Pour ? Le lui rendre, bien sûr. Instinct stupide, quand tu nous tiens. Sa phrase sorite à la volée n’avait pas modifié non plus cette bulle dans laquelle elle se trouvait… Aussi étrange cela avait-il été, il n’avait pas bougé. Pas dit un mot. Alors que Miyoshi lui avait bien gentiment tendu une perche, lui avait laissé de luxe de la saisir alors qu’elle était passée à côté de lui, en le frôlant. Finalement, elle aurait préféré avoir mal, que ne pas avoir de réponse…

Et son vœu allait être exaucé. Puisque la phrase qu’elle avait prononcée, avait été coupée. Par une voix bien plus forte que la sienne. Bien plus meurtrière. Elle ne se fichait pas de lui, la pensionnaire ne disait que la vérité, et uniquement la vérité… Cependant, il ne voulait pas la croire. Peine perdue, encore une fois. Et ses pensées furent rapidement envolées, tandis qu’elle sursautait, à cause de dégât que venait de faire l’Egyptien. Sur l’une des rares pièces encore en état dans le gymnase. Et bien qu’elle ne le quittait pas des yeux, ses pupilles étaient éteintes… Son doré si envoûtant n’agissait plus le moins du monde… Lentement même, elle avait un peu penchée la tête sur le côté. Jusqu’à reculer contre le mur, avant de s’y laisser glisser… Tout d’abord, elle avait allongé ses jambes sur le sol, en remettant en place sa jupe. Dans un autre contexte, il aurait probablement jeté un œil. Il aurait probablement voulu passer sa main sur ce morceau de peau, sur son ventre. Probablement… Plus rien n’était probable à présent. Sauf sa mort, d’ici peu.

Il était blessé, lui aussi. Mais c’était un peu plus grave qu’elle. Le sang sur sa joue avait d’ailleurs arrêté de couler. Et avait séché, en laissant une épaisse croute rougeâtre. Là, en revanche, son regard avait repris un peu d’intensité… Parce qu’elle aurait voulu courir jusqu’à lui. Déchirer un nouveau morceau de sa chemise, et le soigner. D’ailleurs, machinalement, c’était ce qu’elle avait fait. Un plus gros morceau, pour que sa main soit bien tenue. Un morceau qui dévoilait une nouvelle partie de sa peau si pâle. Qui dévoilait pratiquement les coutures de son soutien-gorge. Mais… Le temps de poser sa main au sol pour se relever, il était trop tard… Miyoshi l’avait donc regardé se déshabiller. Ce n’était pas la première fois qu’elle le voyait torse nu. Et, elle pouvait toujours avouer que son physique était plus qu’agréable à voir… Même si, à son humble avis, plus jamais elle n’aurait le loisir de s’y blottir à nouveau…

Non, tu es un con. La belle s’était autorisée un faible sourire après cette réplique. Oui, il devait ignorer. Tout c’était passé dans une chambre. Les rumeurs, c’était bien. Mais, c’était surtout toujours enjolivé. Et ce qu’il s’imaginait, là. C’était un couple. Ce qui n’était absolument pas le cas. Lentement, elle avait alors pris soin de se relever. Non sans grimacer un peu à la vue de sa chemise. Bonne à mettre à la poubelle. Ce genre de pensées futiles n’avaient pas lieu d’être ici, mais. Il fallait bien qu’elle trouve quelque chose capable de lui changer les idées… Avant de s’adosser au mur, en y déposant l’une de ses jambes. Ce qui fut là encore une grossière erreur, car elle venait de se planter la lame de son couteau dans la cuisse. Couteau qu’elle attrapa alors, pour finir par le lancer quelque part dans le décor. Son sang n’avait jamais autant coulé, aujourd’hui…

Et puis, il avait continué. A déblatérer des idioties. Il voulait la vérité, elle allait la lui donner. Quitte à se prendre un nouveau coup de sabre. Au point où elle en était, il n’y avait plus rien à craindre. Alors, sans même faire attention à son rire tout aussi stupide que ses paroles, elle avait décidé de s’approcher de lui. Enfin, décidé était un grand mot, en vérité… Le don qu’il ne maitrisait pas agissait en ce moment même. Sans aucun doute à cause de ses pensées. La belle ne savait pas à quoi il pensait exactement, mais elle avait bien comprit que ces dernières agissaient sur son don. Et sur elle aussi. D’un part parce qu’elle se sentait irrévocablement attirée, et d’une autre part, parce qu’une douleur transperçait tout son être. Du coup, elle s’était mise en marche, en laissant tomber le ridicule bout de tissu qu’elle avait encore en main. En effectuant des pas oscillant entre la terreur, et l’assurance.

Elle l’aimait. Et elle allait le récupérer. C’était une promesse qu’elle se faisait à elle-même. Quitte à y perdre la vie. Car ce qu’elle allait faire n’allait la mener qu’à sa perte…

Sa marche ne s’arrêta qu’une fois qu’elle s’était retrouvée face à lui. Proche, trop, sans doute. Cinquante centimètres les séparaient peut-être ? Et sans comprendre le pourquoi du comment. Son regard s’était transformé. Il avait repris exactement les mêmes émotions que lors de leur première rencontre. De quoi le déstabiliser totalement. C’était certain. Car là, entre ses pupilles ambrées, sa joue en sang, et ce geste de survie qu’elle avait voulu faire pour lui en déchirant sa chemise. Elle considérait de loin qu’il s’agissait d’une preuve. Et même si elle s’attendait à se faire attraper violement, elle avait parlé. Un peu bas, presque un murmure. Sur un ton qui n’avait rien de plus sérieux. Une phrase soufflée en mêlant défi, sensualité, et angoisse.

Car oui, une larme avait belle et bien perlé au creux de son œil…

« Tu es un con, Bakura. Il m’a embrassé par accident. Je l’ai embrassé une deuxième fois. J’aurais pu t’expliquer… Si tu ne t’étais pas buté à écouter tout ce que tu peux entendre dans les couloirs ! »

La vérité, et rien que la vérité. Et cette dernière phrase, elle l’avait crié, tout en se mettant à pleurer. Pire encore, elle avait abattu son poing contre son torse – un peu trop bouillant, ce qui était mauvais signe – musclé. Une légère trace de sang dû à sa main s’était décalquée sur ce dernier… Et puis. Elle l’avait fixé, sans relâche. Miyoshi n’avait absolument rien à lui cacher. Ça n’avait pas d’intérêt d’ailleurs. L'italienne était même allée jusqu'à lui avouer ce deuxième baiser.

« Alors vas-y. Défoules-toi sur moi. Je t’en prie. Jusqu’à… »

Un pas en arrière, et les bras écartés. Ici, il pourrait aussi découvrir les marques récentes de sa mutilation, sur son poignet gauche... Il n’avait plus qu’à jouer du sabre. Et s’en était fini pour elle… Et tout en prononçant une ultime phrase, elle avait serré les dents… Sans le quitter une seule fois des yeux. Sans lui faire oublier ce regard doré et insistant. Sans lui faire oublier qu’elle ne cessait de lui envoyer des appels au secours… Intérieurement, elle faisait ses adieux à cette vie. Qui n’avait été qu’un gros tissu d’atrocités. Toute sa vie, elle avait subi, finalement… Alors, une fois de plus ou de moins…

« Jusqu'à ce qu'un seul prénom résonne. Le mien. »

Oui. Elle avait déjà prononcé cette phrase. Le jour de leur première rencontre. Concrètement, elle n’avait aucun lien avec sa phrase précédente, mais… C’était simplement pour qu’il n’oublie pas… Qu’elle voulait se battre pour lui…


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Bakura Kamimura
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Ven 16 Nov - 11:05

Les crises de colère de Bakura avait été nombreuses dans sa vie. Combien de fois avait-il pu perdre ses gonds face aux actes – ou à l’absence d’acte, à l’inverse – de ses parents ? A combien de reprises avait-il pu enrager et se déchaîner face à ces connards de japonais trop coincés pour accepter un « gaijin » chez eux ? Et lors de ses entraînements acharnés pour devenir plus fort, ne s’était-il pas emporté contre lui-même un nombre incalculable de fois, tant il se haïssait lorsqu’il se montrait trop faible ?

C’était sans aucun doute un des gros défauts de l’égyptien. Il lui arrivait de passer de tout à rien en un éclair. Et inversement. La rancune, la haine, la rage pouvaient monter en lui en un instant, et frapper tout ce qui l’entourait, même ce à quoi il tenait le plus… Et c’était bien ce qui se produisait aujourd’hui. Mais cette fois, il avait à ses yeux toutes les raisons d’être furieux. D’où cette absence totale de retenue dans ses faits et gestes… Il s’était totalement laissé dominer par sa colère, quitte à en devenir aveugle et perdre ainsi de vue l’essentiel…

Car au final, il ne savait pas tout.

En temps normal, il aurait quand même cherché à avoir plus de certitudes avant de prendre une quelconque décision. Lui qui avait un si grand sens de l’analyse aimait justement avoir tous les éléments en main pour être capable de juger pertinemment une situation, et choisir l’action à appliquer en conséquence. Or, ici il n’avait rien voulu savoir. Il avait eu vent de cette rumeur. Et ça avait suffi à le mettre dans une colère noire…
Pourtant, était-il vraiment à blâmer ? Par deux fois, il avait entendu les mots « Miyoshi », « Takeo » et « baisers »… C’était bien assez pour qu’il perde toute envie d’approfondir quoi que ce soit, clairement. Après, est-ce que sa colère n’était pas disproportionnée, ça c’était un autre débat, que Bakura ne voudrait certainement jamais entendre évoqué par qui que ce soit. Il était ainsi, et nul ne le changerait sur ce point-là…

Pour l’heure donc, la colère était le seul élément qui faisait réagir le pensionnaire. Et il n’y avait toujours rien pour le calmer. Bien au contraire. Plus il regardait la décolorée, plus sa mâchoire se crispait, faisant grincer ses dents les unes contre les autres. Il bouillonnait… Et la voir de plus en plus blessée, par sa faute à elle qui plus est, était encore plus énervant… Surtout qu’il avait limite l’impression qu’elle ne l’écoutait pas, ce qui n’aidait pas à retrouver un semblant de sérénité… Il allait vraiment falloir qu’elle arrête de se payer sa tête, sinon le sabre qu’il serrait plus fort que jamais dans sa main gauche allait finir par la lacérer une bonne fois. Une fois de trop…

En regardant de l’extérieur, ils avaient quand même une allure pitoyable. Entre lui qui avait un bras presque complètement inutilisable et une main détruite, et elle qui était de plus en plus débraillée et couverte de sang ça et là… Sans parler de leurs visages. Lui ne cessait d’exprimer de la colère, de la haine, du mépris même… Quant à elle, au-delà de la tristesse, c’était une sorte de fuite qu’elle tentait d’exprimer, en se montrant faussement « distante »… Ce qui n’était pas spécialement plus joyeux, loin de là. Tout cela, Bakura aurait dû le voir, dans son état normal. Mais il passait complètement à côté, trop entièrement livré à la rage qui l’habitait…

Mais quelque chose le sortit enfin de ce regard froid et sauvage qu’il adressait à Miyoshi depuis qu’il avait fini de parler. Elle s’était enfin remise à bouger. Après s’être débarrassée une fois de plus de son couteau, voilà qu’à présent elle avançait vers lui… Surpris l’espace d’une fraction de seconde, il se raidit rapidement, sans bouger certes, mais sans non plus lâcher sa prise ferme sur le manche de son katana quelque peu plus long que la moyenne… Il fallait vraiment espérer qu’elle ne s’amuse pas à revenir encore se foutre de sa gueule avec une réponse à la con… Il n’allait plus rien laisser passer. Et lui couper définitivement la parole si jamais elle s’y aventurait…

Quelque chose avait néanmoins attiré son attention. Elle s’était arrêté bien plus près de lui que ce qu’il pensait. Elle oubliait donc la fameuse distance qu’elle avait soigneusement entretenu jusqu’ici... Simple défi ? Témérité ? Stupidité ? Non. Même en colère, le jeune homme savait très bien qu’elle n’aurait pas agi juste par souci de le mettre au défi. Même écornée, il ne gardait pas d’elle l’image d’une fille complètement stupide. Et elle devait parfaitement être consciente que s’approcher de lui à ce point-là ne pourrait que lui être fatale si c’était pour se foutre de sa gueule. Il resta donc immobile. Voire même stoïque. Et attendit, alors que seul son regard écarlate montrait une certaine lueur incandescente…

Et justement… Elle-même avait un regard qui baissa, le temps d’une fraction de seconde encore, la garde du décoloré. C’était le même regard qu’elle lui avait adressé lors de leur première rencontre. De quoi lui rappeler des souvenirs qui tombaient au plus mauvais moment. Il ne voulait pas se rappeler de ça. Pas maintenant. Ca lui faisait plus mal qu’autre chose. Et il n’était pas prêt à supporter ça. Pas alors qu’il ressentait une colère si intense…

Colère qui se raviva encore plus lorsqu’elle reprit la parole. Non pas à cause du ton employé. Mais bien par ce qu’elle disait. Elle avouait donc. Elle avait d’abord parlé d’un accident ridicule. Un accident qui n’avait rien de crédible. Mais pire, elle évoquait bel et bien d’un autre baiser. QU’ELLE avait donné. De quoi faire ressortir violemment son aura…
Mais elle avait quand même rajouté quelque chose qui le stoppa dans son élan. Car il avait été prêt à répondre, à lancer une réplique des plus cinglantes. Mais elle avait dit qu’elle aurait pu trouver des explications autres que ces rumeurs qu’il avait entendu…

Une fois encore, sa rage actuelle ne fut pas suffisante pour totalement étouffer sa capacité d’observation. Pourquoi aurait-elle été lui dire ça si ce n’était pas vrai ? Elle n’aurait pas avoué deux baisers, dont l’un qu’elle reconnaissait d’ailleurs avoir cherché elle-même, si tout cela n’était que des histoires. Elle ne l’aurait pas plus insulté si ça ne sortait pas du cœur, si ce n’était pas honnête. Elle n'aurait pas levé la main sur lui, jusqu'à lui coller son poing ensanglanté sur le torse... Surtout en sachant combien il était énervé. Bien sûr, savoir ça ne le calmait pas concrètement, mais cela changeait quand même la donne. Ce n’était plus tout à fait la même chose…


« Tu m’emmerdes. »

Lentement, il relâcha la prise sur sa lame, la pointe de cette dernière s’abaissant jusqu’au sol. Il ne décolérait pas. Mais il ne pouvait pas l’attaquer comme ça, bêtement. Même si c’était ce qu’elle lui venait de lui demander. Même si elle avait prononcé encore une phrase lui rappelant leur rencontre. Même si elle pleurait bêtement devant lui…

« Arrête de dire des conneries en prenant des grands airs. Et baisse tes bras, idiote. »

Il ne supportait pas cette situation. Il ne pouvait pas accepter de ressentir cette haine et de ne pas pouvoir l’exprimer davantage. Il finit, dents serrées, par lui tourner le dos et faire quelques pas ainsi, sa lame frottant à nouveau sur le parquet. Sans cette teinte menaçante cependant. Il traînait plus un poids qu'autre chose cette fois-ci, clairement. Il avait toujours une rage folle en lui, mais qui se mêlait à un sentiment plus froid, plus profond, plus douloureux. Au final, le problème avait changé, mais le fond était le même. Elle avait bien embrassé un autre. Sciemment, qui plus est. Mais il n’était plus question de s’emporter et de tout détruire. Puisque manifestement il ne savait pas tout, il fallait qu’il ait au moins la totalité des éléments… Pour reprendre le contrôle sur une situation qui ne lui avait que trop échappée…

« Je ne crois pas à un accident. Comme je te l’ai dit, on n’embrasse pas sans le vouloir. C’est parfaitement impossible. Et ne me parle pas de chute ou je ne sais quelle connerie. Si ce n’est pas toi, c’est lui qui l’a prémédité. Il n’y aucune autre option qui soit possible. »

Il ne fallait pas non plus lui demander d’accepter gentiment une histoire aussi grotesque. Quand on trébuchait, on ne pouvait qu’entrechoquer les dents de l’autre. Pas embrasser. Sauf en le voulant et en calculant son coup à l’avance. Ce n’était pas à lui qu’on allait apprendre ce genre de combine à deux balles… Mais sur ce coup là, il ne tenait pas Miyoshi pour responsable. C’était l’autre le coupable, il en était sûr. Il n’y avait qu’un mec pour faire un truc aussi con… Et il le paierait, tôt ou tard...
En revanche, il n’avait pas fini sa quête d’informations. Car si pour ce premier point il avait déjà clos le débat – du moins, il fallait espérer qu’elle le comprenne, car insister ne serait bon qu’à lui faire de nouveau perdre le contrôle de ses nerfs – il y avait ce fameux baiser voulu par l’italo-nippone dont il ne savait rien. Rien que de penser à ça lui fit de nouveau serrer les dents, mais il fallait qu’il reste « calme » encore un peu. Le temps qu’elle lui réponde…


« Puisqu’apparemment tu serais capable de t’expliquer et que je devrais, je suppose, réagir autrement après ça, je t’écoute. Quelle serait la noble raison qui justifierait le fait que TOI tu l’embrasses VOLONTAIREMENT ? »

Finalement, il n’avait pas été totalement maître de sa voix. Il avait fallu qu’il l’élève. Mais c’était impossible pour lui de demeurer impassible alors que cette information le mettait hors de lui. Il ne voyait vraiment pas comment, même après qu’elle se soit expliquée, il serait capable d’accepter ce qui s’était passé… Surtout qu’en fin de compte ça n’enlèverait pas le sentiment d’avoir été trahi… Ca n'enlèverait pas ce putain de baiser qu'elle avait donné à ce connard... Ca n'enlèverait pas sa haine... Son ventre bouillonnait d’ailleurs d’une manière atrocement désagréable. Tout ça parce qu’il l’imaginait dans les bras d’un autre, et ce le temps d’un baiser… D'où le fait qu'il lui tournait toujours le dos, tant la regarder lui était insupportable... Tant il avait envie de laisser ses larmes tomber, pour la première fois depuis près de dix ans...




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Ven 16 Nov - 22:48



« - Ça te montrera juste que l’homme que tu as devant toi sera prêt à tout pour toi.
- Prêt à tout pour moi... Même à me sauver la vie ?
- Surtout à te sauver la vie. »

Là, d’un seul coup, elle avait compris. Elle avait compris ce double sens que sa mère avait voulu lui faire comprendre. Mais à l’époque, elle était trop jeune… Lorsqu’elle avait rencontré Bakura, la belle avait vite ressenti cette sensation au creux de son ventre… Et, elle s’était toujours intensifiée au fur et à mesure des jours. Au début, ce n’était pas grand-chose, évidement, et puis… Et puis ils avaient fait connaissance plus intimement. Jusqu’à ce qu’enfin elle comprenne… Celui qui allait lui sauver la vie, ça ne pouvait être personne d’autre… Sauf lui. Parce qu’il était celui avec qui elle pouvait dormir sans faire le moindre cauchemar. Celui qui arrivait à réchauffer sa peau si froide, celui qui arrivait à la faire fondre en un battement de cils… Mais à présent, cet homme qui aurait peut-être été prêt à tout pour elle. Est-ce qu’il existait encore..?

Sa raison la poussait à penser que non. Que de toute façon, abandonner était le moyen le plus sûr pour rester en vie. Que ce début de couple qui s’était presque produit n’avait finalement été qu’un doux rêve, et que maintenant, elle devait passer à autre chose. Cependant, son cœur lui donnait une autre réponse. Totalement différente… Plus il jouait à la repousser, et plus elle voulait lui prouver que rien n’avait changé entre eux. Qu’elle restait cette jeune pensionnaire qui s’était promis d’être la seule à pouvoir le séduire. Qu’elle serait à jamais la seule capable de l’aimer… Parce que c’était avec lui qu’elle avait découvert les vrais sentiments, et ça aussi, il devait sans doute l’ignorer… Alors. Miyoshi allait le lui avouer, le lui crier s’il le fallait. Même si la situation n’était pas vraiment propice à une telle déclaration… Encore moins dans les positions dans lesquelles ils se trouvaient…

Elle, couverte de sang, dans une tenue qui n’avait plus rien de scolaire. En effet, si on la regardait de haut en bas, on pouvait apercevoir l’entaille dans sa cuisse, qui avait laissé couler sur sa peau une faible traînée rougeâtre. Puis l’énorme trou dans sa chemise, qui laissait entrevoir cette teinte si opposée à celle du décoloré. Cette cicatrice faite par le passé. Cette couture de soutien-gorge en dentelle noire. Et puis… Cette blessure à la joue… Qui ne la faisait même pas souffrir, en vérité… Parce qu’elle n’avait pas peur de mourir. En revanche, elle avait peur d’une chose bien plus forte. D’une chose qu’elle ne pouvait se permettre, qu’elle ne pourrait jamais accepter. Et si c’était le cas, alors, elle préférerait qu’il l’achève de sa propre main…

Car elle avait seulement peur de le perdre, à tout jamais…

Et ça, s’était quelque chose qu’elle ne pouvait laisser se réaliser. Pour la simple et bonne raison qu’elle l’aimait. Eperdument… Même ainsi, les bras tendus, elle ne pouvait s’empêcher de le détailler. Comme si c’était la dernière fois… De ralentir sur chaque trait de son torse, sur chaque muscle qui le composait, et qui le rendait si imposant. Sur son épaule qui avait l’air de souffrir le martyr. Sur sa main droite, bandée un peu n’importe comment… Et sur son visage… Son teint mâte, ses lèvres, ses yeux… C’était autant de choses qu’elle avait pu voir de près, de très près. Tandis qu’à présent, elle avait le sentiment de tout voir s’éloigner, à une vitesse folle…

Et, c’était dû à la colère qui tournait tout autour de lui. Car, dans cet état second, Bakura était incapable de faire vraiment attention à elle, et de réagir d’une bonne façon. D’un côté, elle ne pouvait que le comprendre. Mais d’un autre… D’un autre, elle se sentait étrangère, comme si « eux » n’avaient jamais existé… Comme s’il avait oublié tous leurs moments, toutes leurs paroles. Comme s’il l’avait oublié elle… Alors, pour qu’il recouvre la mémoire, elle avait décidé de s’avancer vers lui. De lui faire face, et de lui tenir tête. De l’obliger à regarder ses pupilles dorées… Jusqu’à ce qu’elle ressente enfin ce qu’elle avait voulu. Cette lueur dans son regard sanguinolent était apparue, et lui avait montré qu’elle n’avait jamais disparu une seule fois de son esprit. Miyoshi devait le faire souffrir, sans aucun doute. Mais, si c’était le prix à payer pour le récupérer, elle était prête à tout. Même à lui faire ses aveux, même à venir faire claquer son poing contre lui. Même à garder son regard vers lui, alors qu’elle était prête à recevoir le coup de grâce…

Qui finalement n’avait pas eu lieu… La lame avait retrouvé le contact du parquet dans un bruit désagréable. Et le son de sa voix était revenu fracasser son corps. Il ne pourrait jamais la croire, c’était définitif… De ce fait, elle s’était mise à écouter, en laissant ses bras retomber le long de ses hanches. Ses mains formant deux poings, qui avaient envie de se défouler sur quelque chose… Ce n’était plus la peur qui l’habitait. Mais la rage. La rage de le voir comme ça, de le sentir si loin d’elle, de le sentir si blessé… Sentimentalement parlant… Car ici, ce n’était pas le physique qui régnait, mais le mental… Et à la seconde où il avait tourné le dos, elle, avait baissé les yeux… Parce qu’elle ne pouvait plus rien faire… Il allait sans doute s’en aller, et la laisser seule une seconde fois. Sans défense, sans un dernier regard… Ne t’en va pas… Je t’en prie… Et à en croire le son qui s’était arrêté, sa demande avait été entendue. Il n’avait pas prévu de quitter le gymnase en vérité…

Et étrangement, un sourire s’était faiblement peint sur ses lèvres, alors que la moitié de son visage était caché par sa crinière à la couleur de neige. Non pas pour la phrase qu’il venait de prononcer, et qu’elle avait à moitié entendu. Mais, simplement parce qu’il était resté. Et que cela lui laissait une autre chance de sauver ce à quoi elle tenait plus qu’à toute autre chose… Et cette chance, c’était des explications. Il venait très clairement de prononcer ce qu’il souhaitait savoir, et, Miyoshi allait lui répondre… Sans relever la tête pour autant, elle avait ouvert ses lèvres, jusqu’à ce qu’un son en sorte. Une voix un peu angoissée sur les bords, une voix qui allait briser une nouvelle fois ce silence si terrible…

« Prémédité ou non, le premier est arrivé. Et puis, il a voulu recommencer, en s’approchant de moi. Je suis revenue vers lui, quelques secondes. Et je lui ai fait comprendre que ce n’était pas possible. »

Un contenu débité pratiquement sans pause. Dans un sérieux qui faisait mal. A lui, certainement, mais à elle aussi… Les explications ne s’étaient pas éternisées, ce n’était pas le but premier de la belle. Ce n’était pas là qu’elle souhaitait aller. Le terrain sur lequel elle voulait jouer était différent. Et, tandis qu’elle relevait son visage vers son dos, son regard s’était durci. Car elle lui en voulait. Il gâchait leur histoire, en se basant sur des ragots, en ne prenant aucun soin réel à l’écouter elle. En oubliant une seule chose. Qu’elle avait décidé de lui crier, en serrant les poings…

« CAR JE NE SUIS JAMAIS TOMBÉE AMOUREUSE. »

Un cri, de la rage. Et puis… Un murmure…

« Avant toi… »

Miyoshi se montrait peut-être faible, mais au moins, elle continuait dans les révélations. Certaines choses étaient bonnes à dire, parfois, même dans les pires moments… Et cette sensation qu’elle ressentait quand il n’allait pas bien venait de s’engouffrer dans sa poitrine. Il n’allait pas bien, du tout… Et même si la belle redoutait un refus catégorique, elle avait voulu essayer. Tenter de faire un geste attentionné, pour faire une pause dans cette guerre sans fin. Peu à peu, ses pupilles s’étaient adoucies légèrement, pour laisser place à un sentiment de manque, et d’inquiétude.

Là, de dos, torse nu, elle le fixait encore. Des épaules larges, une bonne quinzaine de centimètres de plus qu’elle. Un corps taillé dans un roc… Un corps meurtri, par sa faute… D’un seul coup, un frisson avait parcouru son échine alors qu’elle s’imaginait dans ses bras… Le seul contact qu’elle avait eu avec lui avait été bouillant… Et la raison n’était pas bien difficile à trouver. A force de s’énerver contre tout et n’importe quoi, il s’était blessé, et plus que gravement. Alors, bien évidemment, ses conneries avaient fait naître de la fièvre… Juste ça, elle voulait juste faire ça pour lui… S’il ne voulait vraiment plus de contact avec elle, Miyoshi abandonnerai la partie et le laisserai tranquille… Toutefois, le soigner, ne serait-ce que le minimum pourrait au moins lui offrir un dernier moment avec lui…

Alors, même si c’était sans aucun doute une action à éviter, une action à proscrire pour tout avenir qu’elle souhaitait voir devant elle, la belle avait soufflé doucement. Avant de se mettre calmement en marche. Bien que ses pas étaient des plus silencieux, elle n’avait jamais douté de la réactivité de son amant – si l’on pouvait encore le dire -, ni même de son ouïe plus que fine. Malgré tout, ce n’était pas important. Car la décolorée avait son idée, et qu’elle allait la concrétiser… Après quelques pas, elle s’était arrêtée juste derrière lui, sans bouger. Le temps de quelques secondes elle avait réfléchi à comment le faire… Et puis, elle avait levé sa main droite en l’approchant de son dos, avant de former un poing qu’elle laissa retomber sur sa hanche…

Le temps s’était arrêté dans son esprit, car il était impossible pour elle de savoir s’organiser dans ce moment-là. Pourtant, elle n’avait que deux choses à faire, ce n’était pas énorme. Et bien si. Si. Il fallait qu’elle pense à ses réactions à lui. A l’engrenage qui allait se mettre en marche. Et au probable coup de sabre qui allait déchirer son corps… Et puis merde. Sans crier gare, elle avait passé ses bras entre les siens, jusqu’à coller son visage à son dos, et ses mains à son torse. Assez longtemps pour emmagasiner cette chaleur dangereuse, mais pas assez pour qu’il l’attrape. Le mouvement avait été très bref, juste le temps pour elle de profiter une dernière fois de cet homme qui aurait pu la combler toute une vie, et pour lui de se refaire une idée de son contact...

Le reste allait sans doute être plus compliqué, mais, après ce qu’elle venait de faire, plus rien ne pouvait lui faire peur… Alors, doucement, elle l’avait contourné, en prenant soin d’éviter le côté où il tenait le sabre. Et puis. Elle lui avait de nouveau fait face. Miyoshi ne pleurait plus, elle avait perdu ce masque triste. Tout ce qui lui collait à présent à la peau – outre les nombreuses tâches de sang – c’était l’inquiétude. S’il restait comme ça, il finirait par s’écrouler, c’était certain… Et tandis qu’elle s’approchait un peu plus de lui, elle murmura…

« Tu as de la fièvre… »

Encore une fois, la phrase n’avait rien à voir avec la situation actuelle. Pourtant, elle se fondait parfaitement dans la masse. Tellement que lentement, la belle avait remonté ses mains vers le haut de sa chemise, pour commencer à la déboutonner. Incitation ? Offre alléchante ? Non, ce n’était rien de tout cela. Il fallait juste plus de tissus pour bander son épaule, tout simplement… Et refaire celui de sa main, au passage… Malgré tout, elle ne retira pas son vêtement. Pas la deuxième couche tout du moins, car elle avait tout de même laissé tomber sa veste au sol. Avant de replanter une dernière fois son regard dans le sien.

« Laisse-moi m’occuper de toi, s’il te plait… »

Son regard si intense, si désireux de vouloir lui sauver la vie. Parce que finalement, ça marchait dans les deux sens. Et là, il avait bien plus besoin d’elle que l’inverse… Sans doute allait-il décliner son offre à cause de sa colère, de sa fierté, ou tout autre motif. Mais au moins, Miyoshi aurait essayé…

Tu sais, maman. Avec lui, c’est encore plus fort que des papillons… Je pourrais mourir pour lui…


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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Lun 19 Nov - 17:36

Du temps. C’était clairement ce qu’il allait falloir à Bakura pour parvenir à étouffer cette horrible sensation de colère et de rage qui le prenait au ventre. Une sensation à laquelle s’ajoutait bien d’autres sentiments tous plus écoeurants les uns que les autres… Ca ne pourrait passer après un simple dialogue. Et ce, quelle que soit l’issue de celui-ci. Qu’elle soit positive ou négative, rien ne serait jamais vraiment comme avant, sans doute. Ou peut-être que si. Mais ça ne serait pas pour aujourd’hui. Ni pour demain…

Là était le problème de quelqu’un d’aussi fier et rancunier que pouvait l’être le jeune pensionnaire. Il était du genre à tergiverser sur un point pendant des jours. Des semaines même. Et même dans des périodes d’accalmie, il pouvait être amené à repenser soudain à un détail capable de l’irriter au plus haut point. Quitte à le rendre parfaitement irascible… C’était, là encore, une chose qui ne changerait sans doute jamais chez lui. Quand bien même il essaierait, il ne parviendrait pas à modifier ce point de sa personnalité. Trop souvent on avait tenté de le prendre pour un imbécile par le passé pour qu’aujourd’hui il ne se montre pas des plus virulents lorsqu’il ressentait ce sentiment une fois de plus. Car oui, avant, il était faible. Influençable. Manipulable. Et ce passé, il l’avait renié en bloc. Pour devenir plus fort. Implacable…

Mais aujourd’hui, sa « force » présumée ravivait sa faiblesse. Celle qu’il n’avait plus affichée depuis son enfance. Et qui lui donnait une inexplicable envie de pleurer. Hors de question cependant de laisser la moindre goutte s’échapper de ses yeux sanguins. Il ne l’accepterait pas. Il refusait clairement de laisser transparaître ce mal-être qui pulsait dans chaque cellule de son corps. Pleurer, c’était pour les faibles. Il ne cessait de se le répéter inlassablement. Une pensée discutable, sans doute pas si vraie que cela, mais il était inutile d’en débattre avec lui : c’était sa façon de voir les choses, ni plus ni moins…

Ainsi, il demeura silencieux, immobile, attendant la réponse de celle qui avait fait monter tant de sentiments contradictoires en lui depuis leur rencontre. Sans la regarder, cependant. Il lui tournait obstinément le dos, les yeux rivés sur la porte devant lui, sans vraiment la voir néanmoins. Il ne partirait pas tout de suite. Pas avant d’avoir obtenu sa réponse. Il aviserait par la suite de ce qu’il conviendrait de dire, ou de faire. Mais encore une fois, le jeune homme ne voyait vraiment rien qui pourrait apaiser l’intense colère que provoquait en lui cette information qui tournait vicieusement dans son esprit : Miyoshi avait embrassé Takeo…

… Ce qu’il pouvait détester cette foutue tendance à ruminer ses sombres pensées… Il n’arrivait décidément pas à penser à autre chose. Bien sûr, puisque c’était le sujet principal de la discussion c’était assez logique. Mais chez Bakura, une pensée telle que celle-ci pouvait devenir un vrai poison. Un immonde parasite qui infectait tout le reste. Il allait être vraiment compliqué d’avoir une conversation normale après ça… Car ses moindres réactions seraient dictées par cette foutue pensée qui lui pourrissait la tête…
L’égyptien devait cependant faire preuve d’un minimum de self-control. C’était lui qui avait demandé des explications après tout. Se laisser emporter immédiatement après coup serait complètement stupide, et il en avait lui-même conscience. D’autant que très clairement, Miyoshi allait lui répondre. Le silence qui s’installait en était la preuve. Si elle avait voulu tenter le refus ou l’esquive, elle aurait aussitôt répondu, ce qui n’était pas le cas ici. Elle devait simplement réfléchir aux mots à choisir… Sage décision, cela dit. Car de ses paroles dépendrait la réaction à venir du décoloré. Si elle se montrait convaincante, elle limiterait peut-être la casse, si tant est que cela soit possible. Si en revanche ses mots sonnaient creux, ou qu’elle perdait toute crédibilité…

Mais l’heure n’était plus aux tergiversations diverses. Car enfin, la voix de la japonaise d'origine latine s’était mise à résonner dans tout le gymnase, captivant l’attention de l’égypto-nippon bien que cela ne pouvait se voir du coté de l’étudiante. Il lui tournait résolument le dos, toujours…
Bien vite cependant, un léger sourire en coin aux teintes encore mauvaises s’étira sur les lèvres du décoloré. Ce n’était pas parce que ses paroles lui plaisaient. Au contraire, la première pensée qui avait suivi l’explication de Miyoshi concernant son pseudo-rejet de Takeo avait été de l’ordre de l’insulte. Comme si elle n’aurait pas pu le lui faire comprendre sans l’embrasser… Conneries.

Malgré tout, le pensionnaire souriait donc. Et c’était, paradoxalement, précisément parce que les propos de son interlocutrice lui avaient déplu qu’il y trouvait un étrange motif de satisfaction. La raison en était simple : à ses yeux, c’était là la plus belle preuve de sa sincérité. Si, comme par hasard, le discours de la jeune femme puait la flatterie et la tournure choisie seulement pour ne pas l’énerver, il n’y aurait pas accorder le moindre crédit. Or, manifestement elle n’hésitait pas à lui avouer ce qui devrait l’énerver. Ce QUI l’énervait. Et finalement, ça lui faisait un bon point, aussi étrange que cela puisse paraître…

En revanche, elle le prit de court en se mettant soudain à gueuler. A gueuler une phrase qu’il ne comprit même pas. Du moins… pas avant son petit rajout, qu’il n’aurait pas entendu si elle n’avait pas à ce point captivé son attention avec cet élan précédent. Un ajout qui le figea, alors que ses yeux s’étaient quelque peu écarquillés. Qu’est-ce qu’elle venait de lui dire..?


« … »

Un aveu. C'était clairement de cela qu'il s'agissait. Pas dit de manière totalement explicite, mais il n’y avait rien à tirer de ses propos autre que cette conclusion : elle l’aimait. Lui. Et pas l’autre imbécile… Finalement, peut-être était-elle vraiment sincère... Peut-être s'était-il emporté trop vite…

… Non.

Il se laissait trop facilement embobiner. Trop facilement convaincre. Cette simple parole avait réussi, l’espace d’un instant, à lui faire perdre de vue l’essentiel : elle avait quand même été embrasser un autre. Si soi-disant elle l’aimait, elle avait une drôle de façon de le montrer…

A nouveau, le métisse serra les dents. Il s’en voulait de s’être laissé désarçonner l’espace d’un instant. Même si ce n’était pas pour rien, il ne pouvait, aussi vite, mettre de côté tout le ressentiment qui avait enflé en lui. Il n’en était pas question. Sa rancune était trop tenace. Bien trop tenace… Au point de lui faire haïr ce pensionnat tout entier. Nul doute qu’il n’allait pas être d’agréable compagnie dans les jours qui suivraient…

Tout occupé qu’il était à de nouveau se laisser emporter dans des élans meurtriers, il n’avait pas entendu Miyoshi bouger dans son dos. Il ne l’avait pas sentie approcher. Et ce ne fut que lorsqu’elle se colla contre son dos, ses bras enroulés autour de lui, qu’il fut totalement sorti de sa sombre bulle. De nouveau, son visage avait repris cette même expression de surprise qu’il avait eu suite à la déclaration de sa camarade. Si bien qu’au final il ne bougea pas, la laissant ainsi contre lui…

Il avait tout oublié.

Trois mois avaient suffi à lui faire oublier. A occulter de sa mémoire la douceur du corps de Miyoshi. La froideur de son être qui s’accaparait sa chaleur pour mieux la lui transmettre avec sa marque à elle, la rendant des plus entêtantes. Son parfum enivrant, qui lui donnait inlassablement envie de plonger son visage au creux du cou de la demoiselle et ainsi la sentir pendant des heures… Tout cela, il ne l’avait ressenti qu’avec elle. Malgré ses multiples conquêtes passées, il n’y en avait qu’une qui pouvait le captiver de cette façon. Et lui procurer ces sensations si vives que son aura avait totalement changé de nature, pour redevenir cette puissante source d’attraction… Bien plus puissante que dans n’importe quelle autre situation…

Car là était la réalité qu’il se refusait pour le moment à voir. Ce n’était ni la colère, ni la haine qui lui donnait son plus puissant stimulant. Mais bien elle… Jamais son aura n’avait été aussi forte qu’en cet instant. Comme si elle venait de retrouver son véritable catalyseur…

Mais à peine son corps avait-il réalisé tout cela – car oui, ce n’était qu’une réaction physique, Bakura n’était pas encore prêt à prendre conscience de la chose – que déjà la jeune femme s’était retirée. Sans doute par crainte d’un mauvais geste. C’était plausible, crédible, compréhensible. Logique, même. Et cela eut le mérite de « réveiller » Bakura, qui jusque là était resté figé par la surprise. De nouveau, le jeune homme fronçait les sourcils, alors que son sourire avait disparu. Même s’il n’avait pas vraiment compris ce qu’il venait de se produire, il n’était pas assez sot pour ne pas se rendre compte que son aura avait changé. Elle ne se dégageait plus par vives pulsations comme tout à l’heure. Elle n’était plus visible du tout, d’ailleurs. Mais il savait qu’elle était pourtant toujours là, et même plus présente que jamais…

Voilà qu’à présent son propre corps l’agaçait. Un corps décidément dans un sale état. Tout comme son esprit, épuisé, même s’il ne le laissait pas paraître. Il tapait dans ses limites depuis qu’il s’était brisé la main contre le mur, il y a déjà un moment de ça. Et sa rage n’avait en rien aidé à une quelconque récupération… D’ailleurs, en plus de son bras en charpie, de ses muscles brûlants et douloureux, voilà qu’à présent c’était sa tête qui lui faisait un mal de chien… Finalement, sa colère avait été un excellent anesthésiant. Mais maintenant qu’elle s’atténuait, ou plutôt qu’elle se faisait plus froide, il ressentait clairement le contrecoup direct de ses derniers gestes…

Bien sûr, elle avait eu le temps de le sentir. Miyoshi venait en effet de le contourner pour se tenir devant lui, un geste auquel il n’avait pas cherché à réagir. Il n’allait pas systématiquement lui tourner le dos comme un gamin, après tout. Et l’envie de la transpercer de sa lame lui était déjà passée. C’aurait été aussi idiot qu’inutile… Et au fond de lui, il savait surtout qu’en faisant une chose pareille il s’en voudrait tout le reste de sa vie…
Toujours était-il qu’elle avait noté sa fièvre, de même que son état déplorable. Silencieux, les yeux rubescents du pensionnaire s’étaient posés sur le corps de sa camarade. Elle n’était pas beaucoup mieux que lui, à vrai dire. Mais ce qui l’interpela le plus, c’était ses gestes. Elle déboutonnait sa chemise, alors que sa veste, elle, tombait déjà au sol… Et il en comprit la raison avec sa demande, et son regard doré plus intense encore que tout à l’heure…


« Pff… Fais ce que tu veux… »

Il avait légèrement baissé son visage, de manière à masquer ces pupilles d’or de sa vue. Tout comme du coup ses iris enflammés se masquaient à elle. Il ne souriait pas, mais ne semblait plus menaçant non plus. D’ailleurs, comme pour définitivement clore le chapitre des attaques physiques, il rengaina lentement son sabre, avant de laisser sa main gauche appuyée sur le manche. Il n’avait que ce bras de valide désormais, inutile de jouer aux imbéciles. Il avait d’ailleurs perdu l’envie de s’emporter. Son énergie l’avait quitté.

Ce n’était pas le cas de sa colère, en revanche. Mais il la contenait un peu mieux, à présent. Il avait toujours du mal à accepter les explications de la jeune femme. Mais il n’arriverait pas à s’énerver en l’état actuel des choses. Surtout en ayant sous les yeux la décolorée à moitié déshabillée… Même blessée, elle n’en restait pas moins attirante. Au contraire même. Et à vrai dire, ça l’emmerdait profondément… Car de multiples envies toutes plus contradictoires les unes que l’autres le tiraillaient à présent…

Comme pour tenter de ne pas les laisser le submerger, il finit par reprendre la parole. C’était sans aucun doute le meilleur moyen de ne pas se focaliser sur cette situation qui lui rappelait un manque atroce…


« Tu devrais aussi t’occuper de toi. T’es dans un état minable. »

Là encore, cette phrase constituait un sacré paradoxe, qui représentait finalement à merveille l’état actuel de Bakura. Entre inquiétude pour elle, et une certaine froideur peu reluisante. Ca serait sûrement comme ça encore un moment. Même si l’envie de s’approcher d’elle, qui l’étouffait presque, était en totale contraste avec ce comportement…

Il fallait qu’il parle. Encore.


« Et pour réagir à ta superbe explication : la prochaine fois qu’un connard veut t’embrasser, trouve une autre méthode pour dire non. Une méthode qui soit un peu plus crédible que… ça. »

Finalement, le reproche était sorti. Il la croyait, plus ou moins. Mais la méthode l’ulcérait. Cette pensée l’ulcérait. Il avait encore envie de s’énerver, mais son corps ne répondrait sans doute pas à cette demande. Pourtant, ça l’insupportait, vraiment…
D’ailleurs, il préféra finalement se taire à nouveau, quitte à laisser ses pensées bousculer son cerveau. Il n’avait plus envie de parler. Il ne digérait toujours pas. Mais chercher plus de détails n’avait plus aucun sens, désormais…




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Lun 19 Nov - 20:15



Une seule fois, on avait osé lui dire qu’elle était la plus belle femme que le monde nous était donné de rencontrer. Une seule fois, on avait osé lui avouer un amour passionné. A cette époque, elle avait simplement sourit, et en écoutant ce garçon, s’était enfuie. Malgré toute la gentillesse qu’elle avait pu recevoir de sa part, elle n’était jamais tombée amoureuse de lui… De personne d’ailleurs. L’amour n’était pas pour elle, ni les relations, ni les amis. Rien. La solitude l’avait toujours comblé au final, et c’était très bien comme ça. « Quel ami ne deviendra jamais un ennemi ? » Souvent, cette phrase résonnait dans son esprit, et souvent, elle ne voyait qu’une réponse. Toujours la même. Aucun. L’hypocrisie, la jalousie, le désir, l’égoïsme, l’orgeuil, la possessivité. Tout autant de défauts qui prenaient le dessus un jour ou l’autre… Et qu’elle avait, au fond d’elle. Alors, en restant seule, elle avait au moins le luxe de quelque chose : Ne jamais être trahie ou déçue.

Et pourtant, là. Là. Ce qu’elle détestait au plus haut point avait fait surface… La déception. Oui, Miyoshi avait déçu l’homme qu’elle aimait. Pour une histoire de ragot. Pour un geste sans mauvaises intentions. Et ça, ça lui rongeait doucement la poitrine. Parce qu’une seule fois… Elle était tombée amoureuse. Et celui que la décolorée avait trouvé ne pourrait jamais être remplacé. Par personne. Il lui ressemblait trop, l’attirait trop, pouvait tout faire pour la combler… En trois ans, elle n’avait jamais aussi bien dormi que lovée au creux de ses bras… Et pour elle, c’était un grand progrès. Encore une fois, elle avait repensé à la phrase de sa mère. Et il n’y avait aucune autre option. Dans son esprit, Bakura ne pouvait être que l’homme de sa vie. Mais son esprit à elle était sans aucun doute différent du sien… Et à son humble avis, après cette journée, elle pourrait retourner dans sa chambre, ouvrir son journal. Et barbouiller les pages d’encre noire, avec son prénom… Jusqu’à ce que son stylo se vide entièrement…

Mentalement, la belle disait presque adieu à son amant. Comme si elle était certaine de ne plus jamais rien obtenir de lui. Et puis, finalement, peut-être que ses paroles allaient – un peu ? – faire changes les choses…

Car oui. Elle avait dit la vérité, elle n’avait jamais menti. D’ailleurs, s’il n’avait pas entendu ces rumeurs, elle aurait tout avoué. Miyoshi n’était pas du genre à garder de tels secrets pour elle, et encore moins quand elle risquait de perdre une personne comme lui… Alors, c’était à lui de faire la part des choses, et de décider ou non, de la croire. Concrètement, elle ne lui demandait rien. La demoiselle savait ô combien il était difficile de croire quelqu’un, dès lors qu’il venait de nous donner un coup de poignard… Néanmoins, en jouant la carte de la franchise, elle assurait un peu ses arrières. Mais, même avec ses aveux, il n’avait pas bougé. C’était sans doute un mal pour un bien, au moins, il ne partait pas. Bien que le plus petit des gestes lui aurait fait du bien… Parfois, une absence de réaction pesait plus lourd qu’un cri de rage. Et là, debout derrière lui, elle ne savait pas ce qu’elle aurait pu préférer…

Même si, de là où elle était, elle avait cru capter une réaction étrange de la part du décoloré. A la suite de sa déclaration. Mais, c’était sans doute un mirage…

Encore une fois, elle avait pris le soin de lui envoyer en pleine face ce qu’elle pensait. Jusqu’à lui avouer clairement qu’elle l’aimait. Ce qui était une chose qui était assez rare pour être soulignée en triple, au feutre rouge. Toutefois, savoir si ses paroles allaient le faire réagir était une autre histoire. Malgré tout, elle s’était vite mise à s’approcher de lui, sans attendre aucune réponse de sa part. Peut-être que finalement, le silence était mieux après ça. Car s’il lui avait répondu que lui, ne l’aimait pas. Miyoshi n’aurait peut-être pas été si étonnée que ça…

Si. Si. Il l’aimait. Elle en aurait mis sa main à couper.

Si bien que la preuve qu’elle avait voulu avoir lui avait été envoyée par les pulsations du corps de Bakura. Après son hésitation, la belle s’était jetée à l’eau, et l’avait entouré de ses bras. Avec une tendresse qui semblait être trop belle pour être vraie. En vérité, elle n’avait fait que satisfaire l’un de ses besoins personnels… L’égoïsme. Le désir. Deux des défauts étaient là. Et puis, la possessivité aussi… Parce qu’elle voulait lui remontrer, lui refaire ressentir ces choses… Aussi étrange cela pouvait-il être, l’italienne avait eu l’impression de retomber amoureuse, à son simple contact… A tel point que sa poitrine s’était vite emballée, et avait tapé contre son dos. Et là encore, il ne l’avait pas repoussé. Même si le geste n’avait été que trop bref, il avait apprécié son contact…

… Car elle avait senti les battements de son cœur au creux de sa paume…

Et pendant quelques secondes, elle avait apprécié cette journée. Car elle avait pu reposer ses mains sur ce corps si chaud, sur ce torse si musclé, où elle avait déjà laissé jouer ses doigts auparavant. Où elle avait déposé ses lèvres par endroit. Et bien évidemment, la pensionnaire avait retrouvé son don. Cette attirance terrible qui la clouait à lui. Cette chose folle qui mettait tous ses sens en éveil. Ce charme qui la poussait à le défier en le repoussant, pour mieux se délecter de lui par la suite… Leur première rencontre… Les yeux fermés, elle y avait repensé. Et l’espace d’un instant, elle aurait voulu remonter le temps… Et puis finalement, elle s’était – avec une non-envie bien claire – détachée de lui. Pour se décider à lui faire face. Une seconde tâche restait encore à être accomplie…

Alors qu’elle se tenait devant lui, elle avait pu retrouver son regard. Avait pu contempler une fois encore ses pupilles d’un rouge si profond, qu’elle arrivait à chaque fois à se perdre dedans… Même si… La phrase qu’il venait de lancer n’avait rien d’agréable. Et dès que son visage s’était un peu baissé, Miyoshi avait froncé les sourcils. Elle faisait tout ça pour lui, pour le laisser tranquille ensuite s’il le voulait. Juste pour qu’il puisse tenir debout. Avant de s’écrouler comme un imbécile, étouffé par tous les maux qui devaient l’habiter. Un instant, elle avait hésité à le laisser là. Dans sa connerie. Néanmoins, elle s’était un peu laissée surprendre par le bruit de son sabre, qui venait finalement de faire sa disparition. Bien… Il capitulait un peu, et allait sans doute se montrer un peu docile. Ses pensées ne voulaient en aucun cas altérer sa virilité et sa fierté d’homme. Il s’agissait simplement d’un constat interne qu’elle se faisait. Et qui allait forcément lui faciliter la tâche pour son expérience d’infirmière improvisée.

Et tandis qu’elle déboutonnait calmement sa chemise, la voix du décolorée était une seconde fois venue s’échouer au creux de son oreille. Et la phrase avait eu le don la faire pouffer légèrement. Etat minable, certes, mais elle au moins, elle possédait encore l’usage de ses bras. Ce qui n’était pas franchement son cas. Et même si son sourire était un peu ironique, la belle ne pouvait s’empêcher de garder une part de sincérité dans l’étirement de ses commissures.

Car il s’inquiétait pour elle. Enfin.

Concernant l’ultime phrase qui venait de s’échapper des lèvres de Bakura, elle ne put éviter une pensée. A l’avenir, le seul qu’elle souhaitait embrasser, c’était lui. Et seulement lui. Uniquement lui… Mais, lui avouer ça était peut-être un peu trop précipité. Et puis, si c’était pour se prendre un ouragan en pleine figure, ça n’en valait pas forcément immédiatement la peine. Alors, la demoiselle avait préféré garder ça pour elle. Et s’était donc remise à son travail initial. Bien qu’un pincement au cœur était constamment présent. Elle avait un peu de mal à se situer, à le situer… A les situer. Et en sentant le goût du sang dans sa bouche, elle avait compris qu’elle venait de se mordre l’intérieur de la joue.

Une de plus ou de moins.

Seul un soupire quitta ses lèvres, alors qu’un petit filet de sang s’écoulait au coin de sa bouche. D’un revers de la main, elle avait estompé un peu la trace. Mais, la cicatrice n’allait pas se refermer de suite, encore moins dans cet endroit. Enfin, peu importait… Pour le moment, elle ne devait se concentrer que sur lui. Lentement alors, elle détacha le dernier bouton de sa chemise blanche, avant d’enfin la retirer. Presque. Miyoshi portait presque la tenue d’une de ces infirmières que l’on pouvait apercevoir dans les mangas un peu trop osés. Dans un autre contexte, elle aurait pu constituer l’un des plus beaux fantasmes. Mais ce n’était pas un autre contexte. Et même si elle lui exposait juste sous le nez une poitrine plus que généreuse dans un soutien-gorge de dentelle fine. Le dessein de la belle n’était pas de se faire désirer. En s’approchant un peu de lui, elle avait glissé un petit cachet au creux de sa main gauche. Avantage d’être une femme ? On a toujours des médicaments à porter de main.

« Ca fond sous la langue. Et ça calmera ton mal de tête. »

Non, il ne lui avait pas dit. Mais elle s’en doutait, tout simplement. Par la suite, elle avait fait volte-face pour se diriger vers un petit robinet. C’était une chance d’avoir atterri ici, en fait. De dos, que pouvait-on voir ? De longues jambes, une paire de chaussettes montantes, une parcelle de peau, une jupe grise un peu courte. Et puis, de la peau. Sans même faire attention, elle avait balayé d’un coup de tête sa crinière trop longue. S’il avait levé la tête, il aurait pu voir deux choses. Une cicatrice sur son omoplate, et son tatouage.

Cet éclair, qui avait pour signification la couleur ambrée de ses prunelles. Et un 7. Un chiffre qui avait des explications par milliers. Il y avait le nombre de péchés capitaux, ceux qu’elle préférait étaient la luxure, l’envie, et l’orgueil. Mais c’était aussi un chiffre maudit, un chiffre qui imposait l’isolement. Un chiffre qui lui ressemblait.

Mais ce moment n’avait duré que quelques secondes, car bien vite, la cascade de neige était revenue prendre place au creux de ses reins. Tout en arrachant un bout de tissus avec ses dents, elle en trempa un autre dans de l’eau fraîche. Ça ferait légèrement tomber sa fièvre, et ça ferait beaucoup de bien à son bras et sa main… Miyoshi avait donc à sa disposition deux morceaux imbibés d’eau, et le reste allait servir à faire un bandage. En se retournant, elle avait malgré tout haussé un sourcil. On lui avait appris que pour faire baisser rapidement la fièvre, ce n’était pas sur le front qu’il fallait placer un tissu froid. Mais… Plus bas, bien plus bas. A un endroit qu’elle n’avait pas le droit de toucher. Une partie de l’anatomie de Bakura où elle ne pouvait déposer tranquillement sa main. Malgré tout, elle avait vite secoué la tête, avant de s’approcher de nouveau de lui.

En restant tout d’abord silencieuse, elle avait posé une main fébrile sur son front, pour constater que la fièvre n’avait clairement pas baissé… Pour autant, elle allait faire avec les moyens du bord. Et finalement, elle avait coincé l’un des morceaux humides entre ses lèvres, avant de s’occuper de son épaule. Avec le plus grand soin possible, elle avait fait glisser le « calment » le long de son bras, en insistant sur sa main et son épaule. La sensation allait sans aucun doute être désagréable, mais, c’était ça ou rien. Et son bras avait l’air en tellement mauvais état qu’elle avait oublié tout ce qui l’entourait, même lui… Tellement qu’elle avait omit le détail de sa nudité partielle. Et du fait qu’elle avait collé sa poitrine au côté droit de son torse pour être au plus proche de son bras. Ce ne fut que lorsqu’elle dû changer de tissus qu’elle le remarqua… Et qu’elle recula rapidement, en baissant la tête…

« Ton épaule doit te faire vraiment mal… Je vais. Euh. M’en occuper… »

Changement médiocre de sujet. Mais qui était sans doute mieux… Tout en restant alors à une distance un peu plus raisonnable de lui, elle s’était afférée à déchirer différentes bandes le long de sa chemise, avant de les entourer minutieusement autour de son épaule. Ce n’était pas grand-chose, ce n’était en rien médical. Mais au moins, ça éviterait tout souci de plus. En faisant glisser les bouts les uns sous les autres, elle avait réussi à faire tenir la chose. Et à vrai dire, la demoiselle était assez fière d’elle. Cependant, il restait encore un problème à résoudre : Sa fièvre. Et même si elle avait dû souffler plusieurs fois pour se donner du courage, elle s’était décidée à lui exposer la méthode. Qui était de loin la plus radicale…

« Ecoute… Concernant ta fièvre, j’ai besoin d’appliquer le tissu… Entre tes jambes… »

Voilà, au moins, c’était dit. Quel homme pourrait refuser ça, en même temps ? Une jeune femme à moitié une, proposant calmement de venir glisser ses mains à quelques millimètres d’une partie plus qu’intime. Lui, peut-être, parce qu’il lui en voulait… Et sans en faire plus, elle avait remis le morceau de sa chemise entre ses dents, avant de diriger ses mains vers le bas de son ventre, vers l’ouverture de son pantalon. Et puis, elle s’était résignée… Ce n’était pas à elle de décider pour lui…


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Dernière édition par Miyoshi Kimura le Jeu 22 Nov - 19:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Mar 20 Nov - 14:31

Le silence semblait être devenu le maître mot de Bakura désormais. Après avoir tant fait éclater sa voix, il n’avait plus l’air d’avoir envie de l’utiliser à outrance désormais. Voire de l’utiliser tout court. A la base, il n’était déjà pas d’un naturel bavard. Ce qui venait de se produire était purement et simplement à mettre au crédit de la colère. Cette colère qui avait décidément dicté les moindres actes de l’égyptien, aujourd’hui… Néanmoins, il la maîtrisait mieux à présent. Il parvenait à rester droit, immobile, silencieux. A attendre, tout simplement. Puisqu’elle était décidée à l’aider, il n’allait pas la repousser. Ca ne serait qu’une dépense d’énergie superflue… Et il n’avait justement plus d’énergie à dépenser…

Son regard, bien que masqué par ses mèches argentées, ne lâchait toujours pas celle qui lui faisait maintenant face. Il était étonnant de voir que malgré un contexte totalement déplacé il arrivait à la trouver parfaitement désirable… Elle avait du sang sur quelques parties de son corps, ses vêtements était tâchés et en lambeaux… Mais pourtant, elle était vraiment attirante… Et justement, la masse de tissu qui diminuait peu à peu renforçait cette attraction…

… Quel idiot…

Il s’en voulait. Pour beaucoup de raisons, à vrai dire. Mais comme depuis un moment maintenant, ces raisons étaient purement paradoxales. Il s’en voulait de céder à cette envie à la fois primaire et complexe. De laisser son esprit vagabonder au rythme du parcours de son regard rubescend sur la si belle silhouette de la pensionnaire. D’être incapable de réfréner ce désir naissant de contact… Voire de plus encore…
Mais dans le même temps, il culpabilisait de risquer de perdre définitivement cela. Par pure rancune. Il commençait à prendre conscience de ce qu’il était en train de jeter aux oubliettes en agissant ainsi. Bien sûr, inconsciemment il était au courant de la chose depuis le début. Sinon, pourquoi donc aurait-il été si énervé d’avoir appris une telle nouvelle ? Bien sûr qu’il savait ce qu’il perdrait… Au fond de lui, seulement…

Maintenant que sa rage s’était éteinte, il en redevenait plus clairvoyant. Ce n’était pas si mal. Ca avait même ses avantages, dans une telle situation. Même si bien sûr ce n’était pas ça qui allait tout résoudre. Il lui en voulait toujours. Il se vengerait sûrement d’une façon ou d’une autre, il ne fallait pas en douter...

Voilà qui résumait finalement bien le changement dans la situation. Il se vengerait. Ce n’était plus du présent, mais un futur plus ou moins proche. Pour l’heure, il y aurait donc une sorte de trêve instaurée. Ca serait sa manière de la remercier pour les soins qu’elle voulait lui prodiguer… Et pour son honnêteté aussi, même s'il ne le lui dirait certainement pas. Après tout, il n’avait pas aimé cette réalité. Même si la franchise de l’italo-nippone était ce qui l’avait sauvée d’un rejet définitif de la part de son camarade…

Lentement, le jeune homme ferma les yeux, se soustrayant quelques minutes à la vision qui lui plaisait intérieurement. C’était sans doute le mieux à faire pour réfléchir posément. Il se sentait vraiment vidé, épuisé. Son corps semblait être en feu, surtout son bras droit. Sa tête était tout aussi douloureuse. Vraiment, le bilan n’était pas fameux… Il se trouva soudain stupide. Certes, il avait eu besoin de se déchaîner comme il l’avait fait. De fracasser tout ce qu’il pouvait, y compris ce mur qui devait avoir un impact considérable, à la forme de poing… Même si ça lui avait justement coûté sa main et l’épaule qui y était liée, en guise de conclusion…

Finalement, il soupira. Et rouvrit lentement les yeux, juste à temps pour voir la jeune femme lui tendre un médicament, qu’elle lui indiqua comme étant de l’aspirine. Effectivement, ça ne serait pas du luxe.


« Merci… »

Le mot avait été bref, d’une voix assez neutre. Il n’avait vraiment plus envie de parler. Inutile donc de se répandre en fioritures ou en questions. Elle aurait d’ailleurs surement l’intelligence de ne pas répondre à la dernière pique qu’il lui avait lancé, ce qui ne serait pas plus mal…

Portant le cachet à ses lèvres, il le laissa agir une fois dans sa bouche, tout en regardant sa camarade s’éloigner à nouveau de lui. Apparemment pour se diriger vers l’unique robinet de la salle, servant d’ordinaire à remplir les seaux d’eau pour le nettoyage du sol. Il n’était pas bien difficile de deviner ses intentions, c'est-à-dire humidifier un linge pour le lui donner. Il fallait admettre, là encore, que c’était une initiative heureuse. Qu’il n’irait pas contrarier…

Tout en l’observant, il remarqua effectivement cette cicatrice, qu’il connaissait mais n’avait pas vu jusqu’ici. Il avait pu voir l’autre, et toucher celle-ci, mais l’obscurité dans laquelle ils s’étaient trouvés ce jour-là ne lui avait pas permis de réellement voir cette balafre supplémentaire…
Autre chose avait bien sûr attiré son attention. Le tatouage qu’elle arborait, visible l'espace de quelques secondes. Le chiffre 7. Un chiffre qu’il aimait beaucoup, à titre purement personnel. En magie, c’était synonyme de puissance, après tout… Quant à l’éclair, il représentait bien le regard de la jeune femme… Ce tatouage lui correspondait donc parfaitement...

En fait, il découvrait ce point commun aujourd’hui. Lui aussi portait un tatouage après tout. Sur l’épaule gauche. Un dragon, destiné d’abord à masquer sa propre plaie. Mais aussi pour représenter cette bête mythique qui l’avait toujours fasciné. Il n’y avait rien capable d’arrêter un dragon. Aucun être n’était supérieur à cette créature fantastique. Comment ne pas l’aimer, pour quelqu’un comme lui qui était tant attaché à la force.. ?

Pour en revenir au présent, voilà que Miyoshi était en train de confirmer ce qu’il avait déjà deviné. Après avoir encore arraché un bout de sa chemise, elle le trempait à présent dans l’eau, le reste du tissu allant sans doute lui servir à lui faire un bandage. Qui ne serait pas superflu, là non plus. Le jeune homme ne bougeait désormais plus son bras droit, qui pendait le long de son corps. La moindre tentative de mouvement lui arrachait une grimace de douleur, alors autant s’abstenir. Et le bandage l’aiderait parfaitement à cela, puisqu’il l’entraverait suffisamment pour permettre à son épaule et à sa main de se reposer…

Mais alors qu’elle se retournait vers lui, voilà qu’elle semblait hésitante l’espace d’un instant. Ce qui n’était absolument pas logique ni cohérent. Il était clair que Bakura s’était calmé, et se laisserait faire sans chercher à protester de quelque manière que ce soit. Il l’avait montré de manière évidente. Alors pourquoi donc ce moment de doute ? Ce fut d’autant plus criant qu’elle s’était secouée une seconde avant de se mettre en marche… Il ne voyait vraiment pas ce qu’elle avait pu imaginer, mais ça devait être étrange, sans doute…

Un peu comme lui lorsqu’il laissait son esprit reprendre la route tracée par ses pupilles rubicondes. Maintenant qu’elle revenait vers lui, bien face à lui, il retrouvait ce côté attractif causé par la disparition de sa chemise et de sa veste. Et cette envie d’aller poser une main – l’autre étant HS, sinon il aurait voulu poser les deux – sur cette poitrine si arrogante… De la descendre ensuite sous cette jupe bien trop courte pour ne pas être tentatrice… Juste pour la punir de son indécence caractérisée. Et en profiter, aussi…

Fort heureusement, tout cela n’était resté que mirages de son esprit. Il n’avait pas bougé, en réalité. Seule une partie de son corps se montrait quelque peu réactive, mais ça n’était absolument pas visible en l’état actuel des choses. Son pantalon remplissait parfaitement son rôle. Et heureusement, vraiment…
Car après avoir contrôlé sa fièvre – qui ne risquait pas de baisser si rapidement – elle s’était attelée à soigner son bras meurtri. Ou plutôt, à l’apaiser un peu avec son linge. Mais en faisant cela, elle s’était bien collée à lui, en pressant ses formes tentatrices contre son torse… En laissant ainsi la porte ouverte aux plus perverses des images qui soient…

Et elle le réalisa, manifestement, car après avoir terminé « d’user » l’un de ses linges elle recula en marmonnant une phrase creuse sur son épaule. Non pas que sa volonté de s’en occuper ne soit pas crédible, puisqu'elle le fit effectivement juste après, mais il était clair que ce n’était pas du tout ce qui avait trotté dans sa tête jusqu’ici… Et cela arracha le premier « vrai » sourire du décoloré.

Bien sûr, il restait moqueur, pas vraiment doux ou chaleureux. Mais il était nettement moins désagréable que les rictus mauvais qu’il avait eu depuis leurs piètres retrouvailles. Manifestement, la voir tenter de préserver un aspect purement médical dans ses actes l’amusait. Elle aussi, y pensait. A ce qui n’avait pas sa place dans cette situation. Mais qui saturait l’esprit de l’égyptien depuis qu’elle se montrait à moitié nue devant lui…

En revanche, s’il avait plus ou moins deviné cela, il n’aurait en rien été capable de prévoir la phrase qui suivit ce moment de légèreté et la pose complète du bandage qui maintenait désormais son épaule en place. Ni le geste qu’elle commençait… Est-ce qu’elle était sérieuse, là ? Elle s’imaginait vraiment que ça allait lui faire baisser sa température ? Et elle était vraiment prête à le faire ? Il était clair qu’elle n’avait absolument pas pris conscience de l’état dans lequel se trouvait son entrejambe, justement… Un état qui « empira » avec son annonce...

Mais il ne se braqua pas. Au contraire.

Avec une expression de pur défi, le décoloré finit par reprendre la parole, sur le même ton. C’était l’occasion idéale de tester la détermination de la décolorée. Si elle avait été sincère jusqu’ici, elle agirait comme il prévoyait. Sinon…


« Tss… Tu crois peut-être que mettre ta main et ton petit linge là va suffire à tout régler ? »

Il attrapa sa main un instant, pour la déposer sur la zone dont elle s’était tant approchée jusqu’ici. Histoire de bien lui faire sentir la bosse qui déformait son boxer depuis tout à l’heure. Sa surprise allait sans doute être amusante à voir…
Délaissant ensuite sa main non sans lui subtiliser son linge humide, il le serra dans fermement, juste pour l'éponger un petit peu. Et avec un sourire en coin, il reprit la parole, toujours provocateur.


« Depuis tout à l’heure, tu me provoques en t’exhibant sous mon nez… Alors si t’es vraiment décidée à calmer mon corps, il faudra le faire correctement… »

Au lieu de lui remettre le tissu mouillé dans sa main, il le posa sur ses seins, sans aucune gêne, son regard se plantant dans le sien. Son geste était plus qu’explicite. Elle voulait refroidir son corps avec son linge ? Ce n’était pas sa main qui allait l’appliquer. Ca ne serait pas si satisfaisant que ça. Même si une étrange colère semblait résonner dans son comportement, le décoloré avait aussi envie de laisser autre chose s’exprimer, désormais…

Son envie. Son envie d’elle. Son envie de ses soins, mais prodigués d’une manière dont il serait le seul à profiter. D’une manière que personne d’autre ne pourrait partager, cette fois… Du moins, si elle répondait à sa provocation, évidemment…

Bien sûr, il ne voulait pas qu’elle agisse dans la seconde qui suivait. Au contraire même, il n'était pas si pressé qu'elle aille aussi loin, aussi vite. Mais en la provoquant directement à un tel niveau, il lui ouvrait la porte à beaucoup plus. Et elle devait en être consciente. Il lui donnait le droit, lui réclamait même d’aller le toucher de la manière la plus intime qui soit, pour elle comme pour lui. Ce qui laissait donc entendre que les étapes qui séparaient normalement une telle intimité – encore jamais atteinte entre eux, malgré leurs longs moments passés ensembles – lui seraient aussi permises… A elle de bien le comprendre, désormais… Et de profiter de cette occasion qui lui était donnée...




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Miyoshi Kimura
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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Mar 20 Nov - 20:41



L’absence de réaction, c’était étrange. Parfois bon, parfois mauvais. Tout dépendait du contexte. Miyoshi avait toujours su faire ce qu’il fallait. Réagir au moment opportun, ou au contraire, laisser le silence devenir le maitre de la situation, pour éviter plus de dégâts encore. Mais là, ce n’était pas elle qui jouait à ce petit jeu. Mais plutôt lui. Jamais elle n’avait si peu entendu sa voix. Son timbre grave et suave, qui pénétrait dans tous les pores de sa peau, pour venir par la suite se graver dans sa mémoire… Comme si elle avait attendu une phrase en particulier. Une chose qui la fasse enfin sourire. Une chose qui lui fasse du bien… Mais, cette chose n’était pas arrivée. Ou du moins, pas explicitement…

C’était sans doute la dernière journée qu’elle pourrait passer à ses côtés, alors, la belle en avait profité pour faire son maximum. En souhaitant le soigner, elle faisait une bonne action, se donnait bonne conscience. Et essayait de lui donner un meilleur souvenir d’elle. Après sa séance de médecine, elle irait rapidement faire un tour dans sa chambre pour y chercher deux ou trois trucs. Et puis… Et puis elle irait faire une ballade. Quelque part, loin du monde. Le sort qui lui était réservé serait ensuite à définir sur place… Pour le moment, elle préférait se contenter de taire ses pensées, et de s’occuper de son amant blessé. Et pour être mal en point, il l’était vraiment. La décolorée se demandait d’ailleurs comment son camarade arrivait encore à tenir debout. La colère sans doute, la fierté aussi peut-être. Finalement, elle ne chercha pas vraiment plus loin le motif de sa ténacité, pour vagabonder dans ses pensées en allant chercher de l’eau…

La demoiselle avait simplement capté le remerciement, avant de s’éloigner. Un chemin qui lui avait semblé bien trop long. Son esprit ne savait plus où se positionner. Parce qu’elle avait eu envie de s’enfuir en le voyant si distant. Ne plus jamais le revoir. Et lui faire payer cette destruction amoureuse. Lui faire regretter son manque de confiance, et sa fierté à la con. Un jour, ce défaut finirait par lui jouer des tours. C’était certain. Il allait perdre des gens, à cause d’une rancune trop prononcée. Et, il avait entamé le processus avec elle. Même si Miyoshi était irrévocablement amoureuse de cet homme qui se tenait debout dans son dos. Elle détestait se voir ainsi soumise face à ce genre de comportement. Toutefois, il parait qu’on peut tout faire, par amour…

Mais aujourd’hui, elle avait trop donné. Et elle n’avait pas la force de jouer la grande. Quitte à tout perdre. Depuis des jours elle ne dormait plus, mangeait quand ça lui prenait. Ses forces étaient divisées par dix. Et même avec un bras en moins, il aurait tout le luxe de l’achever. Alors, elle se taisait, et se montrait « gentille ». Et avant d’humidifier les morceaux de tissus, elle avait pris le soin de boire un peu, pour se rincer la bouche. Et supprimer le goût du sang qui était trop fort. Bien qu’heureusement, la cicatrice avait décidé de la laisser tranquille. L’italienne avait aussi lentement rincé un peu sa cuisse, et sa main. Juste histoire de. Avant d’enfin s’adonner à des pseudos pratiques médicales. En trempant des morceaux de sa chemise dans l’eau, elle allait pouvoir apaiser un peu la douleur. C’était toujours mieux que rien… Là encore, le temps qu’elle avait pris lui avait paru des heures, alors qu’elle n’était restée que quelques minutes avant de retourner vers lui…

Bien que l’espace d’un instant, une pensée qui n’avait pourtant rien de déplacée l’avait fait douter. L’endroit pour faire baisser la fièvre paraissait innocent pour ce contexte. Mais pas pour un homme, et encore moins pour lui…

De l’extérieur, la scène n’avait pas vraiment de sens. Ils étaient tous les deux à moitié nu, rongés par des cicatrices toutes plus rougeâtres les unes que les autres. Vraiment, ils n’avaient pas de quoi être fiers. Mais, Miyoshi ne faisait pas partie de l’extérieur. Alors, il y avait un sens. Se faire pardonner. Récupérer à tout prix son homme. Le sien. Parce que c’était ça qu’elle voulait… S’approprier le pensionnaire qu’elle avait vu s’échapper. Et le faire prisonnier, pour qu’il ne la quitte jamais… Une romance qui avait l’air d’être parfaite dans l’esprit de la belle. Mais, qui ne l’était probablement pas dans les pensées du décoloré… Et tant elle était perdue dans des rêves un peu fous, l’italienne n’avait pas fait attention à sa posture. Concentrée pour ne pas lui faire mal, et nettoyer les plaies, elle s’était un peu penchée en avant. De ce fait, sa poitrine était venue se coller lentement à son torse, avant de s’y appuyer plus clairement… Jusqu’à ce qu’elle le réalise enfin, après quelques longues minutes.

Et là, elle n’avait pas osé le regarder… Car ses joues avaient pris une légère teinte rosée… Car elle avait besoin de son contact chaud contre la moindre parcelle de sa peau. Car il lui manquait terriblement, tout simplement… Et rapidement, elle avait pallié sa gêne en s’occupant du bandage. Ses doigts fins avaient de luxe d’attraper les bandes à une vitesse plus que nécessaire. Ce qui lui permettait alors de ne pas trop traîner, et de soutenir un peu son épaule. Et puis… Etait venu le moment le plus redouté. Une question posée avec appréhension. Un début de geste. Et une résignation rapide. Miyoshi ne pouvait pas… Pour plusieurs raisons.

La plus claire était qu’elle n’avait « exploré » ce monde. Elle pouvait avoir un physique de rêve, des paroles sensuelles, une démarche féline, une mode vestimentaire provocante. Il n’en était rien. Sa pureté lui collait à la peau… Et la simple idée de devoir approcher sa main lui avait fait naître une boule au ventre… Et puis, de toute façon, il n’allait sans doute pas se laisser faire si vite. Même si, elle le savait, c’était le moyen le plus radical pour faire baisser la fièvre. Le regard rivé vers le sol, elle avait alors attendu une réaction, en silence… Et étrangement, la phrase qu’il avait prononcé n’avait pas vraiment été celle qu’elle aurait voulu entendre. Et le ton l’était encore moins. Encore une fois, il ne la croyait pas, ou tout du moins, il ne croyait pas à sa méthode.

Bien sûr que ça va suffire, pauvre imbécile.

Une remarque sans importance, qui s’était écrasée contre sa tête. C’était à son tour de se mettre un peu colère. Pour une fois qu’elle se montrait un peu attentionnée, il fallait qu’il trouve un encore un mot à redire. Et ça devenait plus qu’agaçant. Jusqu’à ce qu’il attrape sa main.

Sans bouger, elle s’était laissée faire. Avant de sentir ce qu’elle craignait. La belle lui faisait un peu trop d’effet… Malgré tout, elle se contenta de garder la tête baissée, tout en serrant les dents. Seul un petit soupire énervé s’était échappé de ses lèvres. Pourquoi ? Parce qu’elle repensait encore à des souvenirs. Même si elle n’avait pas dû toucher à un seul homme, le contraire était différent. Et les cicatrices qu’elle avait dans le dos et sur le bas du ventre n’avaient pu se faire que dans une seule condition. Un jour, elle avait fini à moitié nue. Terrorisée sous le regard avide d’une dizaine de garçon de son âge. Sous l’attouchement de mains baladeuses. Et, elle ne s’était pas débattue… Comme ici. Sans envie bien sûr, elle avait posé sa main sur son entrejambe. Mais ça s’arrêtait là. Et dès qu’elle avait senti sa prise se desserrer, son bras s’était rapidement enlevé. Tandis qu’il s’occupait du second tissu humide.

Non, elle ne s’exhibait pas. Elle faisait de son mieux pour lui prodiguer des soins ! En détournant rapidement le regard, elle avait retrouvé sa veste qui jonchait le parquet. Ce n’était pas grand-chose, mais, en la remettant, une partie de son corps pourrait se retrouver caché… Cependant, la suite de sa phrase avait eu raison d’elle. Et immédiatement, elle s’était figée. Il la prenait pour quoi ? Est-ce qu’il croyait vraiment à ce qu’il souhaitait voir se réaliser ? Est-ce qu’il s’attendait vraiment à ce qu’elle fasse ça ? Et tandis qu’elle allait répliquer férocement, en relevant la tête. La fraicheur du tissu l’avait légèrement fait sursauter. Subitement, son regard avait prit une teinte plus sombre. Comme si une tempête se préparait. Son souffle un peu plus saccadé prouvait aussi qu’elle n’allait pas tenir longtemps avant de s’énerver. Parce là, avec une phrase, un geste, il avait su faire exploser tout ce qu’elle gardait en elle.

Il n’aurait qu’à garder sa fièvre, elle n’irait jamais se soustraire à un tel ordre.

Oui, elle voulait le soigner, mais certainement pas dans ses conditions. Alors, en serrant lentement ses poings, Miyoshi s’était approchée un peu de lui, jusqu’à revenir coller sa poitrine contre son torse. Intentionnellement cette fois-ci. Le bout de tissus s’était donc placé entre eux, et diffusait une fraicheur plutôt désagréable pour elle. Et tout en serrant un peu plus les dents, elle avait murmuré. Sur un ton qui n’avait rien d’agréable. Parce qu’elle était partie au quart de tour. Parce qu’elle ne supportait pas que lui, puisse oser lui faire ça… Se soumettre à des demandes de la sorte pour éviter de se faire tuer, elle avait déjà donné. Et jamais elle n’avait cru revoir ça, encore moins avec Bakura…

« Depuis tout à l’heure je m’occupe de toi, pauvre abruti. Tu vas pas non plus me demander mes tarifs, si ? »

Son regard était noir. Et ainsi collée à lui, elle retrouvait un peu de chaleur. Bien qu’en soi, la décolorée ne savait pas vraiment s’il s’agissait de la sienne, ou de la rage provoquée par cet affront. Et étrangement, ce moment de colère ne dura pas indéfiniment. Car subitement, elle avait fait un pas en arrière, son regard s’étant perdu un instant alors qu’elle fixait son torse. Pas lui… Il ne pouvait lui imposer ça… S’il l’aimait, il ne pouvait lui demander de faire ça… Parce que comprendre sa demande n’était pas bien compliqué. Mais… Tandis qu’elle reposait son regard sur la partie basse de son ventre, une chose lui avait sauté aux yeux. Il ne savait pas qu’elle était vierge, certes. Néanmoins, il ne s’était jamais montré insistant avec elle. Et comme si elle venait de comprendre, elle l’avait fixé avec un regard enfantin, en rougissant faiblement…

« Est-ce que j’ai le droit de… »

Non, parler ne servait à rien. Plus maintenant. Il fallait plutôt agir, avant qu’il ne change d’avis. Alors sans finir sa phrase, la belle était rapidement revenue se coller contre lui, avant d’entourer ses bras autour de sa nuque… Un dernier regard, de remerciement… Une dernière phrase soufflée faiblement contre ses lèvres…

« Merci… »

Et enfin. Un baiser tant attendu… La sensation était divine. La chaleur avait envahi son corps si rapidement qu’elle n’avait pu que se coller encore plus à lui… La douceur de ses lèvres la comblait. Et… La larme qui avait perlé au coin de son œil s’était mise à rouler, alors qu’elle fermait enfin les yeux…

Ça, c’était son Bakura…


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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Ven 23 Nov - 10:16

Finalement, Bakura s’était à nouveau montré un tantinet bavard. Bien plus que ce qu’il avait prévu initialement. Mais cette fois, ça avait été nécessaire, et parfaitement maîtrisé. Il avait volontairement usé de sa verve pour pousser sa provocation à l’extrême. Ou, plus exactement, il avait privilégié la voix au détriment des gestes pour ce faire. Car tout ce qu’il venait de dire, tout le comportement qu’il venait d’avoir, n’était que provocation sans fondement concret. A ses yeux d’ailleurs, c’était vraiment évident… Comme s’il allait lui demander réellement d’agir comme ça alors qu’ils n’avaient jamais franchi un tel pallier dans leurs véritables « bons moments » ! C’était tellement criant qu’il fut dans un premier temps surpris de la crédulité totale dont fit preuve sa camarade…

En effet, avant même qu’elle ne réagisse verbalement à ce qu’il venait de faire, il était terriblement simple de lire tout le cheminement de ses pensées, et ce rien qu’à force d’observation. C’était tellement limpide, sur son visage et son être tout entier ! Son souffle semblait avoir accéléré au vu des mouvements plus fréquents de sa poitrine ; son regard se faisait plus sombre, trahissant un sentiment de révolte presque risible ; quant au retrait des plus vifs de sa main lorsqu’il lui avait rendu sa liberté, cela constituait là encore un geste des plus éloquents…

… Le prenait-elle vraiment pour le dernier des cons ?

Clairement, cette réaction ne lui plaisait pas. Et rappelait la colère qui s’était peu à peu atténuée en lui, provisoirement. Si elle prenait réellement la mouche alors qu’il était évident qu’il n’avait pas l’intention d’obtenir ce qu’il avait réclamé, cela signifiait qu’elle ne le connaissait pas vraiment. Qu’elle s’était forgée une image de lui absolument erronée. Et ce n’était pas une chose qu’il accepterait. Car si elle était capable de se tromper à ce point sur ce sujet, elle se serait donc trompée sur toute la ligne le concernant. Et finalement, il pourrait très bien s’être lui-même trompé quand il l’avait cru sincère et capable réellement d’une distinction entre lui et l’autre… Si elle pouvait l’imaginer ainsi, c’était qu’au final elle ne l’aimait pas lui. Mais une image débile de lui. Ce qui remettrait en cause pratiquement tout ce qui s’était passé aujourd’hui…

Avant de s’énerver ouvertement, il lui laissa quand même la possibilité de s’exprimer. Autant attendre jusqu’au bout jusqu’où pourrait aller sa stupidité pour savoir comment il allait y répliquer. Nul doute que ça allait être cinglant… Sauf si évidemment elle prenait conscience de l’idiotie de sa réflexion, mais vu comment c’était parti, l’hypothèse semblait peu crédible… Autant patienter malgré tout, car il verrait sans doute bien vite le dénouement de la diatribe de l’italo-nippone…

Ramassant d’abord sa veste pour se l’enrouler en bandoulière autour de l’épaule, il reposa son avant-bras droit dessus afin de ne plus risquer de choc lorsqu’il marcherait. Entre cela et le bandage de Miyoshi, il serait tranquille pour un moment... Puis il reporta son attention sur la décolorée, qui s’approchait désormais de lui, jusqu’à coller sa poitrine contre son bras et son torse… Le contact chaleureux de cette superbe partie du corps de la japonaise contre lui ne fut pas pour autant extrêmement agréable, et le froid du linge qui reposait entre eux n’y était pour rien. Seule la colère qui les animait, et qui se transmettait entre leurs regards aux teintes aussi uniques que sombres en cet instant, était responsable de ce manque totale de sensations enivrantes…

Et enfin, la pensionnaire aux origines latines prit la parole. Comme prévu pour l’énerver copieusement. D’abord, elle l’insultait, ce qui était franchement la dernière chose à faire en ce moment. Mais en plus elle confirmait l’évidence : elle l’avait vraiment pris au sérieux. Sincèrement, elle s’était imaginée qu’il allait lui réclamer un truc pareil sous la contrainte ? Alors qu’il avait fait un nombre incalculable d’efforts lors de leurs moments passés en tête-à-tête, pour ne jamais aller trop loin dans ses gestes ? Tous ces moments de retenue si couteux en sacrifice pour quelqu’un comme lui… Comme lorsqu’il pouvait voir sous sa jupe… Lorsqu’il l’avait croisée cette nuit dans le pensionnat en petite tenue… Lorsque par la suite ils avaient partagé le même lit… Le tout en ignorant parfaitement à quel point elle était « pure » en réalité…

Tout ça pour qu’au final, à la première provocation absolument pas sérieuse, elle puisse le voir tel le dernier des connards fini ?!

Il ne lui pardonnerait pas ça. Et elle allait rapidement regretter de jouer la dure devant lui. Il allait la remettre à sa place en un instant, et il se tirerait. Ce n’était pas la peine d’insister si elle le voyait de cette façon…

Mais avant même que sa voix ne puisse franchir le cap de ses lèvres, un changement notable le coupa net dans son élan. La jeune femme venait de reculer, mais surtout de le regarder d’une toute autre façon… Et la manière dont ensuite elle se mit fixer son torse, puis plus bas… Réalisait-elle enfin à quel point elle venait d’être parfaitement absurde ?

Manifestement, oui… Sa question suivante, en était la plus belle preuve… Surtout vu le regard qu’elle affichait désormais, bien plus doux, plus innocent surtout… Qui fit disparaître d’une traite sa colère, aussi vite qu'elle s'était réveillée…


« Il était temps que tu t’en rendes compte... »

Souffla-t-il juste avant qu’elle ne le remercie bêtement. Il n’y avait pas lieu de le remercier. Pas verbalement du moins. Il n’attendait qu’un geste, qui vint rapidement par la suite… Puisqu’enfin, après être revenue près de lui, elle était venue chercher ses lèvres pour les unir aux siennes, leurs yeux se quittant simultanément pour savourer ce moment, ensemble… Lentement, l’unique bras valide du décoloré s’était enroulé autour de la jeune femme, sa main se posant au bas de son dos, juste au-dessus de sa jupe, pour la rapprocher encore un peu plus de lui… Il se fichait bien d’écraser son bras entre eux, ça ne le gênait pas du tout… Car de toute façon, dans cet état, il ne ressentait plus rien d’autre qu’une vive mais terriblement douce chaleur, qui ne s’estompa pas même lorsque lentement il recula son visage du sien…

Ca aussi, il l’avait oublié.

Le goût des lèvres de la jeune femme était réellement unique. Incomparable à tout autre. Et de même, les sensations que lui procurait un baiser échangé avec elle ne se retrouvaient qu’avec elle…
Malgré la fin de ce doux petit moment, il ne l’avait pas relâchée. Comme promis, l’heure était à la trêve, pour le moment… Il n’oublierait pas ce qui s’était passé. Ne pardonnerait pas si tôt. Mais aujourd’hui, il n’avait plus ni la force, ni l’envie de se perdre en conflit et en rejet. Surtout en sentant combien la retrouver aussi proche de lui lui faisait du bien… Tout comme la colère s’était révélée être capable d’étouffer sa douleur, le bonheur qu’il ressentait en ce moment lui était tout autant bénéfique. Sans le contrecoup désagréable qu’avait la haine… Alors puisqu’il pouvait en profiter, autant mettre sa fierté au placard quelques heures… Et profiter de leurs retrouvailles…

Passé un court instant à se perdre de nouveau dans ce regard doré qu’il affectionnait tant, le métisse laissa sa voix briser le silence qui s'était ré-installé, leurs lèvres trop occupées jusqu'ici. Mais cette fois, il parla d'une manière bien plus douce et mesurée qu’auparavant. Pour la première fois depuis son retour à Aomori, la « vraie » voix de Bakura résonnait enfin entre ses murs…


« Tout à l’heure, tu m’as reproché d’être parti… »

Il n’avait pas du tout répondu à cette attaque, après tout. Enfin, à cette question, plutôt. Car parler d’attaque serait clairement exagéré, d’autant que le reproche de sa camarade était logique. Il avait subitement disparu sans laisser de traces… Et bien que ce n’était absolument pas de son fait, il était compréhensible que la belle le vive mal. D’ailleurs, n’était-ce pas une preuve supplémentaire de son attachement à lui ? Elle avait un droit de réponse, qu'il allait lui apporter sans plus attendre.

« Ce n’était pas voulu. J’ai dû rentrer chez moi, et j'ai été pris de court. Je n’ai pas eu le temps de récupérer mes affaires dans ma chambre… Pas plus que mon portable, donc... »

Voilà qui répondrait pour de bon à ce sujet. Il n’était pas entré dans les détails concernant ce qu’il avait eu à faire chez lui. Ca, ça serait pour plus tard. Car ici et maintenant, ce sujet n’avait strictement aucun intérêt. La seule chose qui l’intéressait, là, tout de suite, c’était une chose précise…

« Mille fois, sans pouvoir le faire, j’ai eu envie de te joindre… De te voir… Parce que… »

Il sembla hésiter l'espace d'un instant sur la manière de conclure sa phrase. Mais finalement, plutôt que de l'achever oralement, il rapprocha de nouveau son visage du sien. Une nouvelle fois, leurs souffles se mêlèrent, fusionnèrent. A nouveau, leurs lèvres se frôlèrent, se caressèrent… Puis enfin, elles s’unirent, alors que les paupières du jeune homme se refermaient… Décidément, ce geste lui avait manqué, beaucoup trop manqué… Et ce manque, il essayait de l’exprimer au maximum à travers ce baiser. Bakura était fort, très fort lorsqu’il s’agissait de charmer par de belles paroles son auditoire. Il avait la chance d’avoir une élocution et un talent certain pour user des bonnes paroles, ce qui s’avérait pratique dans bien des situations. Mais pour exprimer ses sentiments, c’était autre chose… Et ce pour une raison simple : Bakura n’avait jamais ressenti ce genre d'attraction pour qui que ce soit. Ce fut physique, parfois un peu plus qu'amical, mais toujours dans un contexte que l'égyptien maîtrisait. Alors que là, il n’avait aucune expérience. Aussi ridicule que cela puisse paraître, il ne savait pas exprimer ses sentiments… Mais puisqu’il était bien plus expérimenté et doué avec ses gestes, il avait tout simplement privilégié cette option… Il comptait donc sur ce baiser pour pouvoir lui « dire » tout ce qu’il ne pourrait réellement prononcer de vive voix… Du moins, pas aussi tôt… Pas tant que sa rancœur n’aurait pas définitivement disparue…




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Sam 24 Nov - 20:19



Le passé nous rattrape toujours, au plus mauvais moment.

Miyoshi avait eu une enfance douloureuse. Une enfance où elle s’était retrouvée seule, entourée de garçons. Dans un sens, c’était une bonne chose, parce qu’elle n’aimait pas les filles. Mais en même temps… Une contre plus d’une vingtaine. Les chances de survies n’étaient pas bien élevées. Et rapidement, ils s’étaient joués d’elle. Rapidement, ils l’avaient utilisé. Un soir, alors qu’elle s’était simplement rendue dans les douches, ils lui étaient tous tombés dessus. Un débardeur, un short : tenue qui avait fini en lambeaux quelques minutes après. Pourquoi ? Parce que c’était drôle de donner des ordres à une jeune fille, qui ne pouvait rien faire pour se défendre. Parce que c’était drôle de l’obliger à s’agenouiller en croisant un peu les bras. Parce que c’était drôle de laisser traîner des mains le long de son corps. Sur ses épaules, sa poitrine, son ventre, ses cuisses.

Ils n’étaient pas allés plus loin dans leurs gestes, et pourtant, c’était déjà trop. Car elle avait voulu leur cracher dessus. Sauf que… Un simple froncement de sourcil avait suffi pour qu’un coup de couteau lui déchire le bas du ventre… Et c’était à cause de cette image sordide qu’elle avait mal réagi. Parce qu’elle avait déjà subi trop de choses. Parce qu’elle était vierge, et qu’elle souhaitait le rester s’il osait lui ordonner ça… L’homme qu’elle aimait ne pouvait pas ainsi souiller son corps, Bakura ne pouvait pas être comme eux… Il l’avait respecté, depuis le début. Et même s’il lui en voulait, son esprit se refusait à croire qu’il pouvait espérer son pardon avec ce genre de geste.

Mais forcément, en bloquant un peu trop vite sur sa remarque. La belle s’était braquée. Sentir le morceau de sa chemise humide sur sa poitrine l’avait fait frémir. Non pas parce que quelques gouttes avaient glissé le long de son ventre. Mais parce qu’elle allait devoir revivre la même chose. Oui, s’il avait fallu, peut-être qu’elle l’aurait fait. Mais… Plus jamais il ne l’aurait revu. Jamais. Néanmoins, la scène avait pris une tournure bien différente, en quelques secondes à peine… Alors qu’elle commençait à bien montrer son agacement, il avait entreprit de ramasser sa veste, pour s’en servir lui aussi comme un objet médical. La demoiselle n’avait pas vraiment fait attention à ça, à son bras qui était à présent collé contre son torse. Et en s’approchant de lui, Miyoshi avait malencontreusement laissé reposer sa poitrine sur son bras… Malgré tout, elle ne s’était pas appuyée jusqu’à lui faire mal. L’adrénaline était un peu trop forte pour qu’elle ait besoin d’un quelconque appui. Et avec le tissu entre eux, elle n’était pas là pour lui offrir un geste tendre. Loin de là. Encore moins avec la phrase – idiote – qu’elle avait osé prononcer à son tour…

Une insulte, et une réplique cinglante. Le point d’honneur de leur relation, qui allait sans doute se terminer sur ses mots. Elle était énervée, il n’allait pas tarder à le redevenir… C’était la fin, parce qu’au final, il n’était pas celui dont elle était tombée amoureuse… Et puis. Comme si une force étrange avait envahi son corps pour l’obliger à reculer, elle avait compris… Son regard pourtant noir avait repris ses couleurs ambrées, son souffle saccadé avait repris une certaine constance. Comme si elle venait de lire entre les lignes… Longuement, elle l’avait fixé. Son torse, son bras… Son acte de secourisme. Cette chaleur typique des pays du sud. Cette musculature sans faille. Ce pantalon qu’elle avait failli ouvrir, simplement pour la bonne cause… Et cette remarque, qui à présent sonnait parfaitement bien. Jamais il n’avait voulu l’obliger à se soustraire à ses pulsions masculines. Il lui offrait simplement la chance de le retrouver, dans des gestes bien plus innocents… Mais aux combiens puissants…

La décolorée avait commencé à poser une question, qui n’avait finalement besoin d’aucune réponse… Car elle la connaissait… Et la phrase qu’il avait soufflé avait eu le don de la rassurer au plus haut point… Ce pourquoi elle était rapidement revenue se coller à lui, en prenant plus de soin cette fois-ci, pour ne pas blesser de nouveau son bras… Pour coller sa poitrine à lui, sans être gênée par la moindre barrière glaciale. Seul son soutien-gorge demeurait encore. Et puis…

Et puis elle l’avait embrassé, enfin…

Un baiser qui n’avait jamais été aussi pressant, un baiser dont elle n’avait jamais eu autant besoin… Un baiser qui avait fait frémir son échine, tant elle se sentait bien en présence de la douceur de ses lèvres… Tellement qu’elle en avait resserré son étreinte autour de sa nuque. Un sentiment de protection aussi, s’était ancré en elle… Car Bakura avait posé sa main sur elle, tout en lui procurant une chaleur divine… Depuis le début, c’était lui… Le premier regard avait été assez fort pour lui prouver qu’elle ne pouvait pas se permettre de laisser filer une telle proie. Ce n’était peut-être pas l’homme parfait, il avait sans doute des dizaines de défauts… Mais, Miyoshi non plus, n’était pas parfaite. Et tous les deux s’accordaient, sur tous les points… Avec lui, la belle n’avait peur de rien. Et même lorsqu’il avait rompu le baiser, elle avait esquissé un faible sourire en soupirant… C’était parfait…

Ses paupières s’étaient lentement rouvertes, afin qu’elle puisse retrouver la teinte si unique qu’il possédait. Cet océan rougeâtre qui avait l’air si doux… La pensionnaire avait failli s’y perdre une nouvelle fois, cependant, ce fut la voix de son amant qui avait fait en sorte qu’elle retrouve ses esprits. Sur un ton qui n’avait rien de comparable avec les dizaines d’autres auparavant. Et sans rien dire, elle avait écouté… En effet, elle lui avait posé deux questions, auxquelles il n’avait pas répondu… Mais, s’il prenait la peine de le faire maintenant, c’est que la raison était importante. Alors, en penchant très légèrement la tête sur le côté, son regard s’était fait silencieux, lui aussi…

Finalement, ce n’était pas de sa faute. Son départ n’avait absolument pas été calculé. Et s’il n’avait pas pris son téléphone, c’était simplement par manque de temps… Doucement, elle avait un peu baissé les yeux. Miyoshi s’en voulait. Des dizaines de messages avaient fusé sur son portable. Jamais méchants, mais, suppliants, surtout… Des questions, toujours les mêmes… Pourquoi était-il parti sans elle..? Parce qu’il n’avait pas eu le choix, ni le temps de la prévenir… La moitié du visage caché par sa frange lui avait permis de fermer les yeux un instant. Jusqu’à ce qu’il parle une nouvelle fois. Là, rapidement, elle avait replongé son regard dans le sien. Plus attentive que jamais. En restant pourtant sur sa faim…

Parce que..? Intérieurement, elle lui criait de finir sa phrase. S’il avait été endormi, il aurait entendu son appel… Mais ainsi éveillé, son don ne servait pas à grand-chose… Malgré le fait qu’elle se doutait un peu de la suite… Qu’elle aurait voulu entendre… Mais en vérité, peut-être que la suite avait été encore meilleure qu’une preuve orale… Car à nouveau, elle avait senti son souffle chaud se mêler au sien le temps de quelques secondes. Elle avait senti ces étranges sensations au creux de son ventre, et son cœur se mettre à battre plus rapidement… Ce pourquoi là aussi, elle avait voulu se coller toujours plus à lui, pour lui faire sentir… Pour lui montrer qu’il n’y avait qu’avec lui que son corps se montrait si insistant… Si vivant…

Bakura… Oui, elle l’aimait, vraiment…

Et ce baiser en était la plus belle des preuves. Autant pour elle que pour lui. Miyoshi n’avait jamais eu peur de lui parler de ses sentiments pour lui. Quelques minutes plus tôt d’ailleurs, elle lui avait clairement dit être amoureuse… Mais, ça avait l’air plus difficile pour lui… Peut-être parce que lui non plus n’avait jamais ressenti ça, au final… C’était une hypothèse plus que plausible. Qu’elle tenterait d’éclaircir plus tard…

Car pour le moment, elle profitait de ce baiser. Qui n’avait jamais été plus agréable… Ces retrouvailles mouvementées lui avait fait ouvrir les yeux sur ses bêtises, et sur ce qu’elle ressentait pour lui… Pareil du côté du décoloré ou non, elle ne savait pas vraiment… Mais, toute sa concentration était portée sur les mouvements de leurs lèvres… Et de leurs langues… Puisqu’elle avait fini par la glisser lentement, pour parfaire totalement le tableau… Deux fortes têtes, couvertes de sang et de blessures, tout droit sortis d’une guerre sans fin… Deux fortes têtes, qui avaient fini par se rencontrer une nouvelle fois…

Et peu à peu, la belle avait à son tour mit fin à ce geste un peu trop enivrant… Bakura aussi avait le droit à des explications concernant ses gestes… Ce n’était pas à lui qu’elle en voulait, mais à son passé… Et la peur de le voir ainsi le retranscrire ne lui avait pas du tout fait du bien… Alors doucement, elle avait lâché sa nuque, et s’était reculée… D’abord le regard baissé, elle avait fini par le relever. A chaque fois, elle faisait ça. Son regard faisait passer tellement de choses, qu’elle ne pouvait que s’en servir pour introduire une histoire… Et ici, il ne laissait apercevoir que de la honte, du mépris, et de la douleur… Et puis, toujours aussi calmement, elle avait attrapé sa main gauche, pour la faire lentement descendre le long de sa peau… Son teint mâte contrastait avec le sien si pâle… Son épaule, sa poitrine, son ventre… Comme avant… Le contact sur chaque partie de son corps était bref. Elle ne souhaitait pas s’attarder, pas pour ce genre de contexte.

La seule chose qu’elle avait faite, en revanche, avait été de lui aplatir doucement la main sur le bas de son ventre. Plus précisément sur sa cicatrice… Et en prenant une grande inspiration, elle se lança dans des explications…

« Si j’ai mal réagi tout à l’heure… C’est parce que… »

Là. Son regard n’avait jamais été plus suppliant. Comme s’il pouvait la délivrer enfin de ce passé…

« Quand j’étais plus jeune, j’ai vécu dans un orphelinat. Pour garçons. Et si je m’étais laissé faire, je n’aurais jamais eu cette cicatrice. »

Le ton n’avait jamais été aussi clair. Aucun tremblement dans sa voix ne se manifestait. Parce qu’elle en voulait toujours à son passé. Et parce qu’elle voulait lui expliquer pourquoi elle avait eu peur avec lui.

« J’aurais pu avoir droit à la demande que tu as faite. Mais, ils ne se contentaient que de… Me toucher. Et de me faire part de leurs envies, toutes plus immondes les unes que les autres. »

Et puis, elle avait baissé la tête doucement, avant de lâcher sa main… Et de se retourner pour dégager sa longue chevelure immaculée. Une seconde cicatrice, qui avait les mêmes raisons que la première.

« Je ne voulais pas que tu sois comme eux… Pas toi… »

Le silence avait par la suite refait surface… Miyoshi n’avait plus rien à dire, et elle préférait attendre une réponse de sa part. Bien que pour le moment, elle avait préféré ne pas lui refaire face… Car elle avait peur de sa réaction… Ou tout de moins, elle avait peur de l’expression sur son visage…


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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Sam 24 Nov - 20:25

Etonnant, de voir combien un homme pouvait se montrer versatile en quelques minutes. D’une intense colère qui semblait tant insondable qu’irrépressible, voilà qu’à présent Bakura était passé à des intentions aussi douces que désireuses… Ce dernier point était à prendre au sens le plus large du terme, surtout avec lui. Sa main, malgré toute l’intensité et la pureté du message qu’il essayait de transmettre à sa camarade à travers leur baiser, avait une folle envie de descendre pour renforcer sa prise autour de Miyoshi… Plus justement, c’était précisément parce qu’il avait un tel message à transmettre qu’il avait envie de se faire plus… possessif. Et cela passerait tôt ou tard par des actes plus intimes que tout ce qu’ils avaient fait jusqu’ici… Des gestes qui cette fois n’auraient été partagés par personne d’autre. Et ne le seraient jamais…

Mais bien sûr, cette envie n’était pour l’heure que de l’ordre du fantasme. Bien que doté d’une indifférence à la gêne supérieure à la moyenne, l’égyptien n’était pas assez sot pour se laisser aller à des caresses un peu plus ciblées maintenant, quand bien même cela resterait avec une certaine retenue. Il ne s’agissait ici que de poser sa main à un endroit un peu plus intime, après tout, rien de plus. Mais il y avait un temps pour toute chose. Et celui où il pourrait se permettre ce genre de geste n’était pas encore venu. Pas après la courte scène qui avait précédé leurs deux baisers…

Baisers dont l’ultime prenait justement fin, cette fois sous l’impulsion de la demoiselle au teint pâle, sans que le métisse ne fasse quoi que ce soit pour s’y opposer. Il se doutait bien qu’après ses explications, il aurait droit à un certain retour de la part de la jeune femme. Un retour qui ne saurait tarder, vu le regard qu’elle avait eu en retrouvant le sien. Car oui, elle l’avait retrouvé, puisqu’elle s’était d’abord perdue plus bas, comme prise d’une inexplicable honte. Avait-elle encore des choses à rajouter sur le sujet de leur conflit ? Il fallait espérer que non, sinon la trêve à laquelle l’égyptien avait provisoirement consenti volerait définitivement en éclat…

Heureusement, tout cela n’était qu’une supposition due à l’absence d’informations sur ce mystérieux comportement. Ce n’était pas l’impulsivité de Bakura qui était à blâmer cette fois, mais bien ce sentiment de honte presque palpable que la décolorée faisait passer par son regard. Sur le moment, il n’avait envisagé que cette possibilité. Pourquoi donc exprimerait-elle une telle émotion si cela ne concernait pas cette histoire qui avait fait tant de dégâts ? Il n’y avait aucune autre hypothèse visible à l’esprit pourtant si perspicace de l’enfant du Nil…

Jusqu’à ce qu’enfin la pensionnaire au regard d’or ne se mette à bouger.

Le mot « enfin » était sans aucun doute exagéré ici. Il ne s’était passé que bien peu de temps entre ce curieux échange de regard et le geste de Miyoshi. Mais l’esprit du jeune homme était si vif depuis tout à l’heure qu’une seconde paraissait être une éternité… Surtout lorsqu’il était en quête de réponse… Mais celle-ci lui venait, à travers la prise de la main de sa camarade sur la sienne. Tout cela pour lui faire parcourir son corps, bien trop rapidement pour que cela puisse prêter à confusion. C’était à la fois frustrant et intriguant, ce pourquoi le pensionnaire se refusa à émettre le moindre commentaire.

Et clairement, ce fut la bonne solution. L’italo-nippone venait en effet d’arrêter son parcours sur le bas de son ventre, une zone à la fois « dangereuse » mais manifestement chargée d’histoires pour elle… En effet, une cicatrice y reposait, dont l’origine ne faisait aucun doute. Ce n’était pas une petite griffure d’animal qui avait causé cette plaie… Et vu la zone concernée, elle ne devait pas avoir atterri là par accident, clairement. Néanmoins, plutôt que de se perdre une nouvelle fois en hypothèses – au risque de se tromper lourdement, comme il venait de le faire – Bakura préféra rester silencieux, et attendre les explications de Miyoshi. Il était clair en effet que c’était cela qui constituerait son retour au court discours de son condisciple…

Le silence, compagnon décidément récurrent des deux jeunes gens depuis leurs retrouvailles, fut enfin brisé par la voix féminine du duo. Là encore, il apparaissait évident que le sujet abordé était lourd, pénible même. Les années avaient pourtant dû s’écouler depuis cet évènement, mais aujourd’hui encore il devait peser bien lourd sur les frêles épaules de la japonaise. Bakura était bien placé pour savoir combien il pouvait être difficile d’oublier, et encore plus de pardonner…

Pardonner. Voilà qui ramenait sa rancœur et sa colère sur le tapis.

Sauf que cette fois, pour la première fois, ce n’était pas contre Miyoshi que cette intense colère se réveillait. Alors qu’elle en terminait avec ses explications en lui montrant l’autre balafre qu’il avait pu voir tout à l’heure, le jeune homme serra son unique poing valide, tout comme sa mâchoire. Il avait une telle envie de meurtre qu’il ne put que féliciter intérieurement la jeune femme de ne pas avoir pris la peine de se tourner de nouveau vers lui. Finalement, d’autres avaient osé faire ce que lui s’était imaginé faire, bien qu’en réalité il n’y avait rien de comparable entre eux et lui. Il n’aurait jamais été imposer ce genre de gestes à quiconque, c’était de la pure connerie. Mais le principe était là. Ils l’avaient touché. Il avaient osé…

Et il allait les tuer.


« Ces mecs… Ils sont toujours à l’orphelinat aujourd’hui.. ? »

La voix du décoloré avait été étonnamment neutre. Mais ça n’annonçait strictement rien de bon. Pas pour elle cela dit, car clairement elle n’était absolument pas la cible de sa colère. Au contraire, celle-ci, plutôt que d’avoir envie de s’abattre sur elle comme tout à l’heure, avait envie de la protéger cette fois… De la venger, plus exactement…

Mais il était peut-être stupide de se laisser aussi rapidement emporter. Il le réalisait alors qu’il la regardait, dos tourné à lui. Certes, la venger lui apporterait une satisfaction personnelle indéniable. Mais ça serait forcer Miyoshi à replonger dans un passé qui n’avait fait que trop de dégâts. Aussi, il soupira finalement, et secoua la tête. Sa question était idiote. Et il fallait rapidement reprendre la parole avant de la faire cogiter sur ce sujet idiot…


« Oublie ma question… Et oublie tout ça… »

A nouveau, il s’était rapproché d’elle; jusqu'à se coller doucement à son dos. A nouveau, son bras était venu l’entourer. A nouveau, sa main s’était posée à plat sur son ventre, descendant jusqu’à cette fameuse cicatrice, en laissant même entrevoir l’espace d’un instant l’envie d’aller encore un peu plus bas... Une envie qu’il avait cependant retenue. Ce n’était pas le moment. Pas encore. Même s’il comptait bien, à travers ses propres gestes, lui faire oublier ceux qu’elle avait subi contre son gré…

Lentement, il s’était ensuite penché à son oreille, son souffle caressant sa peau alors que sa voix s’était faite murmure. Un murmure doux, presque entêtant, qui ne rappelait que trop bien sa manière « à lui » de s’exprimer. Une manière destinée ni plus ni moins à l’envoûter à nouveau… A ne lui faire penser qu’à ce que son corps et son âme pouvait désirer réellement…

En clair, son don revenait à la charge, pour mieux faire passer ce délicat moment.


« Pour aujourd’hui, il n’y a plus rien qui compte. Pas de Takeo. Pas de connards aux pensées sordides. Juste toi et moi… »

Avec toujours cette même lenteur calculée, il avait baissé son visage pour descendre à sa nuque, qu’il embrassa doucement, une fois. Puis ce fut au tour du creux de son cou d’être la cible de ses lèvres, alors que sa main caressait lentement la fine peau de son ventre. Il avait envie d’elle. Terriblement envie d’elle. Malgré leurs blessures, malgré la douleur qui pouvait revenir à tout moment, il n’y avait que ça qui régissait désormais les pensées de l’égypto-nippon. Même si bien sûr il était conscient que ce n’était ni le lieu, ni le moment pour laisser ce qui devenait un véritable besoin se libérer…

Ce fut la raison pour laquelle il stoppa finalement ses gestes. Mais pour faire doucement tourner la jeune femme face à lui. Et prendre sa main dans la sienne, alors que son regard était allé capter celui de sa vis-à-vis. Il n’était pas question qu’une fois encore des pensées parasites ne viennent interférer dans ce moment de paix. Elles reviendraient forcément, et peut-être même chez lui en premier. Car fier et rancunier comme il l’était, il fallait sans doute imaginer qu’il n’en resterait pas là en ce qui concernait l’histoire qui avait failli tout faire basculer aujourd’hui. Mais il venait de le dire, pour le reste de la journée plus rien ne compterait. En tout cas, rien qui ne s’appellerait pas « Miyoshi » ou « Bakura »…


« Ca fait trois mois que je dors mal. Alors cette nuit, je veux que tu la passes avec moi… »

Cette phrase, aux accents d’ordre mais qui n’en était évidemment pas un en réalité, constituait clairement un aveu supplémentaire. Oui, depuis qu’ils ne dormaient plus ensemble les nuits du décoloré s’était révélées désagréables au possible. Pas une seule fois il n’avait pu se réveiller en ayant eu le sentiment d’avoir profité d’un véritable repos. Chaque période de sommeil n’avait été que cauchemars désagréables ou sommeil instable. Cela expliquait sans doute aussi les excès dans lesquels il s’était lancé, sous l’effet de la colère. Il y avait bien sûr la haine provoquée par cette immonde rumeur et cette vérité qui ne l’avait pas vraiment apaisée. Mais il y avait aussi la fatigue qu’il avait accumulé, et qui n’avait strictement pas aidé le fils Kamimura à modérer ses ardeurs…

C’était pourquoi il voulait arrêter là leurs épineux débats. Au vu de leur état respectif, ils n’avaient pas besoin de ça. Mais d’un véritable repos, dans les bras l’un de l’autre. Si la jeune femme lui donnait son accord, ils n’auraient plus qu’à se rendre dans une chambre. Peu importait laquelle. Du moment qu’au final ils passaient le reste de la journée et de la nuit à venir ensemble… C’était bien la seule chose qui lui importait désormais…




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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   Sam 24 Nov - 21:52



Parfois, elle se demandait ce qu’aurait pu être sa vie si elle avait opté pour un autre choix, au moment de sa fuite. Ce jeune homme blond qui avait réussi à empêcher une tentative de suicide. Celui qui pour la première fois, avait manifesté des sentiments à son égard. Celui qui l’avait obligé à fuir de cet endroit, avant que de nouveaux supplices se produisent… Il l’aimait. Mais pourtant, il avait participé au massacre lui aussi, il avait souri en voyant du sang couler le long de son dos. Il avait crié comme eux, pour manifester sa victoire. Non. Jamais elle n’aurait pu lui demander de la suivre. De s’enfuir avec elle. Parce que finalement, elle aurait fini par se venger de lui. Il aurait pris pour tous ceux qui avaient osé lui faire du mal.

Cette partie de son enfance avait ruiné sa vie. Bien qu’elle aurait pu avoir le droit à bien pire. Si elle n’avait pas quitté l’orphelinat, une chose se serait produite. Sa virginité – à laquelle elle tenait – aurait sans aucun doute disparu. Mais pas avec un, pas deux. Tous. Oui, Miysohi était certaine de cette chose… Grâce à lui, elle avait échappé à des actes bien plus graves, et bien plus irréversibles. Finalement, ces deux pauvres cicatrices perdaient de la valeur à ses yeux. Même si elle s’en voulait d’avoir agi en jeune fille faible, d’avoir laissé son corps entre les mains de ces… Il n’y avait pas de mots pour les qualifier. Même si parfois, elle arrivait à se dégoûter elle-même. A présent, elle tenait debout, et plus forte que jamais. Car plus les épreuves étaient difficile à vivre, plus elle se donnait au maximum pour les surmonter…

Et à tous les coups, elle revenait victorieuse.

Et là, même si elle avait dû perdre Bakura. La décolorée aurait mené son combat jusqu’au bout. Mais, le destin en avait voulu autrement. Et la journée se finissait sur de multiples révélations. Lui, elle. Eux. Bien qu’en vérité, elle ne connaissait en rien la vie de l’Egyptien. Parce qu’ils n’avaient jamais vraiment eu le temps d’en parler. Parce qu’il n’aimait peut-être pas se confier, aussi. La concernant, elle avait toujours eu pour habitude de coucher ses malheurs sue le papier. D’extérioriser toute sa rage en vidant l’encre de ses stylos. Parce qu’elle ne voulait en parler à personne. Ou plutôt, parce qu’elle n’avait personne à qui parler… C’était un peu de sa faute, après tout. A se renfermer sur elle-même tout le temps, se faire des amis n’était pas une chose facile. Pourtant, aucun changement ne souhaitait monter le bout de son nez. Parce qu’elle avait toujours été seule, et qu’elle préférait le rester…

Sauf en ce qui concernait Bakura, évidement. Ce n’était d’ailleurs pas pour rien qu’elle lui expliquait ainsi les raisons de ses cicatrices. Même si elle se gardait bien d’omettre certains détails. Le contenu de leurs phrases, la poigne qui la soutenait contre le mur, les injures. C’était trop dur pour elle. Et souvent, Miyoshi regrettait de ne pas avoir réussi sa tentative de suicide… Encore plus pendant ces trois mois, où elle avait été seule les trois quart du temps. Manger, dormir, sortir. Tout autant de mot qui avait disparu de son vocabulaire… Dès lors où la misère s’abattait sur elle, la décolorée était incapable d’avancer. Ou alors, elle faisait exprès de jouer avec le danger.

Mais, là. Il n’était pas question de jouer avec le feu. Simplement de se livrer à des confidences plus que personnelles. Pour ce faire, elle avait usé des gestes en premier lieu. Même si, elle se demandait s’il avait compris la nature, de ces gestes. Le parcours qu’elle avait fait n’était pas anodin. La belle avait simplement retracé le fil de leurs mouvements à eux. Car il était impossible de les oublier… Et en laissant sa main posée contre le bas de son ventre, elle n’incitait à aucun geste. D’ailleurs, elle ne souhaitait pas que Bakura bouge… Comme si la cicatrice parlait seule, et qu’elle lui transmettait tout ce qu’il y avait à savoir… Et le silence dont il avait fait preuve lui avait fait du bien… L’interrompre aurait peut-être coupé son élan, et pour reprendre ensuite… Non, ça n’aurait pas été faisable…

Alors, elle avait livrée quelques explications, qui résumaient plus ou moins la situation. Si jamais il souhaitait les détails – un jour – elle les lui donnerait. Mais, s’il ne demandait pas, Miyoshi n’allait pas le faire de son plein gré… Malgré tout, avec le peu de choses qu’elle avait dit. Il pouvait s’imaginer plusieurs hypothèses. Et une en particulier. Cent contre un qu’il y avait pensé… En ne sachant pas un mot de sa virginité, le viol était la solution la plus plausible… Parce qu’elle ne s’était pas débattue… Mais ce n’était pas le cas. Ils n’avaient pas eu le temps d’aller jusque-là… Et tandis qu’elle était dos à lui, elle avait fermé les yeux à la suite de sa question… S’il lui demandait ça, c’était sans doute parce qu’il croyait à bien pire que de simples attouchements. Mais il était hors de question qu’il espère y faire un tour. Même sous la torture, elle n’aurait pas donné l’adresse, le nom. Si quelqu’un devait se venger, c’était elle. Et pas lui.

Elle avait beau l’aimer d’une force assez inimaginable. Elle préférait qu’il reste en dehors de cette histoire…

Et alors qu’elle relevait un peu la tête, sa voix avait de nouveau refait surface. Pour finir par abandonner l’idée. L’italienne s’était contentée d’hocher faiblement la tête, comme pour lui montrer qu’il avait fait le bon choix. Parler d’autre chose, changer de sujet. C’était la meilleure des solutions… Toutefois, elle n’avait pas voulu se retourner, pas encore… Et tant mieux… Car il était à son tour venu l’enlacer…

Sentir sa chaleur l’avait obligé à garder les yeux fermés. Pour profiter de ce tendre moment… Pour s’inventer un monde où plus rien n’existait, à part eux… Où ils étaient indissociables… Et cette main qui était venue se poser au bas de son ventre lui avait offert une sensation différente des autres… Une sorte d’envie, de désir. Ses gestes à lui avaient quelques choses de… Mieux… Chauds, doux, enivrants… La faute à son don, peut-être. Mais aussi à son être tout entier. Personne n’était capable de faire réagir sa peau de la sorte… Parce que faiblement, elle avait senti son ventre se couvrir de petits reliefs… Elle avait senti son cœur battre encore plus fort… La décolorée avait presque failli laisser s’échapper une phrase qu’elle n’avait jamais prononcé. Mais, elle s’était finalement résignée…

Apprend-moi… Montre-moi… Goûte-moi…

Et tant mieux… Car il avait continué à s’approprier un peu plus son corps… Lentement même, elle s’était mordue la lèvre inférieure, comme pour réfréner une soudaine envie… Une envie de plus… Une envie de lui. Qui ne faisait que s’agrandir au fil des secondes… Sa voix suave et mélodieuse. Ses paroles puissantes… Le contact de ses lèvres au creux de sa nuque, endroit où elle était particulièrement sensible… Ce qui avait d’ailleurs eu le don de la faire frémir de nouveau, alors qu’elle se mordillait plus fermement… Mais ce n’était pas le pire. Non. Ce fut l’arrêt complet de ses mouvements qui la fit rouvrir les yeux, et froncer les sourcils. Il devait continuer… Il devait la faire succomber totalement… Toutefois, son regard avait rapidement repris sa teinte envoûtante, et pourtant au combien innocente… Un mélange assez… Sublime.

Qui s’accordait à merveille avec les prunelles sanguinolentes de son camarade Egyptien. Qui avaient réussi, en une seconde seulement à la faire tressaillir… Sensation renforcée par la phrase qu’il avait prononcée… Ce n’était même pas la peine de discuter… C’était un grand oui, qu’elle allait lui offrir à bras ouverts. Et après tout, les cauchemars chez elle n’avaient jamais cessé depuis son départ… Plusieurs fois, la demoiselle avait cherché le décoloré en se réveillant en pleurs. Plusieurs fois, elle aurait voulu se blottir dans ses bras pour se calmer. Plusieurs fois, elle aurait voulu s’allonger sur lui, pour capter la moindre parcelle de peau… Plusieurs fois, elle s’était imaginée avec lui, plus intimement liés que jamais…

Doucement alors, Miyoshi avait approché ses lèvres de son torse pour les déposer sur ce dernier. Un geste simple, un geste qui montrait son accord… Elle avait vraiment besoin de repos… En reculant peu après, elle était allée récupérer sa veste pour la refermer sur son buste. Grâce aux multiples boutons, sa peau restait cachée. Et même si l’on pouvait profiter de son décolleté plus que plongeant, c’était toujours mieux que rien…

« Je n’ai aucune envie de passer la nuit ailleurs que dans tes bras… »

Avait-elle murmuré en se rapprochant de nouveau de lui. Le visage relevé, les yeux rivés sur sa peau mate, la belle avait simplement souri. Avant de venir caresser sa joue du bout des doigts. Il y avait encore beaucoup de choses qu’il ne savait pas sur elle… L’italienne était un mystère immense. Et seul Bakura aurait le droit de tourner les pages de sa vie, pour en découvrir les secrets… Son regard doré lui faisait d’ailleurs passer ce message. Un regard inaccessible, sauf pour le détenteur d’une clé…

« Je n’ai aucune envie de passer la nuit sans pouvoir poser mes lèvres sur les tiennes… »

Chose qu’elle n’avait pas tardé à faire… En retournant lui imposer un baiser des plus désireux… En retournant coller sa poitrine à son torse… En allant elle-même chercher sa main pour la reposer dans le bas de son dos… Car il n’y avait plus qu’une chose qui résonnait dans sa tête en ce moment… Une chose qui n’aurait jamais vu le jour en début de journée. Une chose qu’elle ne réservait qu’à un homme digne de ce nom… Une chose qu’elle était certaine de pas regretter… Pas avec lui…

Ce soir, je serai à toi, toute à toi… Jusqu’au plus profond de moi…


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MessageSujet: Re: « Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]   

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« Ne te montre plus jamais devant moi… » [Pv Miyoshi]

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