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 Footsteps on orange pavement - PV Akira Shimizu

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Kyle Komusume
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MessageSujet: Footsteps on orange pavement - PV Akira Shimizu   Dim 28 Oct - 15:33




Un vent très léger balayait l’herbe tendre en cette matinée là. Les
petits brins se pliaient encore et toujours sous l’impulsion du puissant
courant d’air, poussant les maigres feuillages à ployer sous leur poids. Un
bruit agréable s’ajoutait à leur longue et incessante harmonie de révérences,
celui produit par la masse des branchages bruissant sous l’alizée, perdant peu
à peu ses feuilles dans le début de l’automne. Des érables peut-être. Ou alors
des platanes. Seul l’écorce était suffisamment riche d’indice pour pouvoir le
dire. Dans une valse continue de suicides involontaires, les feuilles tombaient
une à une, se penchant vers le vide béant en dessous d’elle pour se livrer à
l’abysse, c’est à dire plonger en piquet sur deux ou trois mètres avant d’atteindre
le sol. Peut-être avaient-elles peur ? Une masse blanche difforme apparue
dans l’air froid de ce mois d’octobre, s’immobilisant dans le temps pendant
quelques secondes avant de s’évanouir comme il avait été engendré



La forme fantomatique venait de
fines lèvres rosées légèrement entrouvertes, irisées par le froid, rougies sur
les courbes par le givre fleurissant. Le spectre était né d’un petit éclat de
rire, à peine audible, trop faible pour combattre la houle incessante. Une voix
claire, légèrement brisée, remuée de vagues élégantes alors qu’un esprit
l’élevait, riant à la pensée qu’une petite feuille pouvait actuellement lui
sourire. Bien que cachés par un bonnet de laine, des mèches blondes passaient
devant ce sourire timide, se battant pour sortir des deux longues tresses qui
les retenaient. Un visage hésitant entre la joie et l’anxiété l’arborait,
simple et sibyllin, orné de deux grands globes verts, ressemblant traits pour
traits aux fonds des grandes rivières, quand les herbes marines étaient battues
par les courants.



La jeune demoiselle avançait avec
détermination dans la grande allée qui commençait à se recouvrir des couleurs
de l’automne. De temps à autre, ses pieds heurtaient de temps à autre une
feuille qui craquait délicieusement sous sa semelle. Kyle avait choisit une
tenue pour l’occasion, s’adaptant au froid sous un pull doublé d’un poncho de
laine, plaçant des guêtres noir entre ses chaussures et ses collants aussi
noirs qu’opaques. Ses mains étaient recouvertes d’une paire de moufles grises
qu’elle n’avait pas quitté depuis des jours, seul rempart entre elle et le
monde tactile, elle et le concret, elle et le réel. Ses pas silencieux
s’accompagnaient du vrombissement perpétuel de sa valise, une lourde boîte gris
métallisé, dont les roulettes semblaient affreusement souffrir sur les petits
cailloux qui s’allongeaient sur la route, les uns après les autres, comme une
minuscule armée d’innombrables ennemies.



Alors que sa main droite était
fébrilement accrochée à la poignée de la valise contenant ses maigres
possessions, elle sentait l’autre groupe de ses doigts se tordre d’anxiété et
de crainte. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle allait trouver dans
ce centre… ou plutôt ses pensionnat. Même sa description avait été plutôt…
Flou ? Elle se souvenait parfaitement des mots du moine qui l’avait
accueillit pendant tout ce temps. ‘Là-bas, tu trouveras ta place…’. Etait-ce
vrai ? Si oui, alors elle voulait vraiment le croire…






Alors qu’elle s’étouffait petit à
petit dans la vague de ses pensées et de ses mèches blondes, qu’elle se noyait
dans son propre univers, elle oubliait complètement où elle se trouvait… Après
tout, un pensionnat, même par le froid, n’est jamais désert…
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Akira Shimizu
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MessageSujet: «  »   Ven 2 Nov - 13:08

Automne. Une saison que je n'aimais pas vraiment, même si c'est durant cette dernière que j'avais vu le jour. Une saison régie par le froid, caractérisée par une éternelle tombée de feuilles, rythmée par le souffle du vent qui créait un tourbillon de feuilles orangées. Un spectacle des plus merveilleux, que l'on pouvait se contenter d'observer au travers d'une fenêtre maintenant teintée de buée, sur laquelle beaucoup s'amusaient à dessiner maintes formes. Bien des gens préféraient rester à l'intérieur, au chaud dans le pensionnat, plutôt qu'affronter le froid grandissant, désormais omniprésent à l'extérieur, contraignant la plupart des gens à porter des manteaux. Il y a des gens pour qui il est préférable de demeurer au chaud, du fait de leur santé fragile, d'autres qui optent pour l'extérieur, et ceux qui n'en ont rien à cirer. À titre informatif, j'étais plutôt dans cette dernière catégorie de personnes. Incapable de rester en place, préférant prendre froid mais pouvoir fumer ma clope plutôt que le contraire, j'avais décidé de partir à l'extérieur, sortant du pensionnat pour y trouver la paix.

Vêtu d'un manteau simple et de couleur noire et une écharpe enroulée autour du coup, j'étais sorti dehors. Bien sûr, j'avais sous-estimé le climat, m'imaginant le temps bien plus chaud qu'il ne l'était réellement. N'ayant pas de gants, je gardais les mains enfouies dans mes poches où demeurai un semblant de chaleur, les tremblements les gagnants à chaque fois que je les risquais dehors. En définitif, même si je m'étais aventuré dehors en dépit de la température, j'étais dans l'impossibilité de faire ce que je désirais. Serrant les dents sous l'effet de la colère et du manque, je me contentais de marcher dans l'allée extérieure, seul le craquement des feuilles sous mes pas se laissant entendre. C'était l'un des rares jours, si ce n'est le seul, ou je me trouvais encore saint d'esprit. L'un des rares jours où je pouvais réellement prétendre de profiter de la vie, d'une vie plus ou moins normale, puisque me trouvant vraiment dans un état normal. Le regard vide, je me contentais d'observer les alentours, fait que je ne prenais jamais le temps de faire, n'ayant pas vraiment envie de rentrer au pensionnat.

C'est alors qu'elle apparut. Au milieu de ce tourbillon unicolore, marchant parmi les feuilles, enfouie dans ses habits chauds, une valise à la main, elle était là. Une jeune femme aux longs cheveux orangés, le regard vert émeraude rivé devant elle. Une fille de mon âge, à n'en pas douter. Elle venait à Aomori, c'était une certitude. Elle se trouvait à une dizaine de mètres, mais je pouvais d'or et déjà la voir nettement. C'était sans doute l'effet du manque, il n'y avait pas d'autres explications. Je n'étais pas dans un bon état, les restes d'hier étaient encore en train de brouiller mes pensées, c'était la seule issue possible à cette question. Le corps tremblant, je la regardais s'avancer, les yeux plongé dans les siens, une lueur sceptique voguant dans mes iris. Je ne savais que faire, si ce n'était la voir s'avancer. Je pris de grandes bouffées d'air, tentant de me calmer, clignant des yeux pour reprendre mes esprits, rien à faire. C'est lorsqu'elle arriva près de moi que je fis le vide dans ma tête : toutes mes pensées, tout un monde s'écroula, laissant cet état sur le plan des conséquences.

« Tu vas à Aomori ? »

C'est la seule chose que j'avais trouvée à dire, à ce moment-là. Tandis qu'elle passait à côté de moi, j'étais resté incapable de bouger, mais, c'était certainement à cause du froid. Non, c'était obligé. Je n'avais juste pas réfléchi à mes mots, car aucune forme de gêne n'aurait pu me prendre d'assaut en cet instant. C'était pourtant étrangement agréable, cette sensation : celle de ne plus avoir rien à quoi penser, d'être uniquement concentré sur l'instant présent, comme si toute une vie de malheurs venait de s'envoler. C'est cette pensée qui m'aida à reculer de quelques pas pour me trouver à son niveau, marchant à reculons, l'entendre répondre à cette question dont je connaissais déjà la réponse. Une envie irrésistible de trouver quelque chose susceptible de m'amuser en cette froide et ennuyeuse journée, rien d'autre n'aurait su me conduire à aborder une fille que je ne connaissais pas. Tournant sur moi-même pour pouvoir marcher à ses côtés, je la regardais, me trouvant désormais amplement plus près d'elle. Autant dire qu'elle n'avait pas l'air d'être débordante d'énergie, si ?

« Je peux te la porter, s'tu veux. » dis-je en attrapant délicatement sa valise.




« Vadorrissement parlant. »
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Kyle Komusume
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MessageSujet: Re: Footsteps on orange pavement - PV Akira Shimizu   Mer 7 Nov - 21:43

« Tu vas à Aomori? ». Était-ce bien ce jeune homme qui avait parlé? Avalée par tout ce orange, elle ne s’était pas réellement aperçue de sa présence à ses côtés, et l’avait déjà dépassé quand cette voix vibrante ampli l’air d’automne quelques secondes avant de disparaitre comme les fantômes de ses souffles. Kyle, occupée par la silhouette de la bâtisse qui se dessinait devant elle avait vaguement discerné une ombre sombre passer à sa gauche sans y faire grande attention. Pourtant, le souvenir de cette voix restait fixé dans sa tête. Elle n’avait pas rêvé, il avait bien parlé? Le tremblement rocailleux de sa valise ne s’arrêtait pas et elle continuait pourtant sa course. En réalité, elle espérait même l’accélérer un peu, espérant enfouir sa honte naissante sous les feuilles mortes. Il avait bien parlé… Elle entendait sa voix fredonner encore dans ses oreilles. « Tu vas à Aomori? ». La petite blonde préféra s’accorder le bénéfice du doute - c’est vrai, il était peut-être au téléphone. Oui, avec un proche ou un parent, certainement, et lui proposait de passer le voir. Ca ne pouvait pas être elle… Même si elle n’osait pas se retourner, elle espérait qu’il avait à la main un portable…

Mais au bout de quelques pas, elle dut bien se rendre compte que ce n’était pas le cas. Au bout de quelques instants, elle vit le jeune homme qu’elle avait à peine distinguer s’avancer vers elle, marchant habilement le dos tourné vers le pensionnat, lui faisant face, attendant probablement une réponse à la question qu’il venait de poser et qui restait pour le moment honteusement sans réponse. Disparaissant jusqu’au nez dans son écharpe, elle fit un effort pour tenter de ne pas croiser son regard braqué sur elle. Derrière son panorama de laine, la seule chose qu’elle voyait du jeune homme étaient ses pieds. Si réponse il fallait donner, alors réponse elle fournirait - même si après mûres réflexions, la réponse semblaient relativement visible. Elle hocha légèrement la tête, soufflant dans une brise les mots, laissant filer sa voix mélodieuse avec l’air du vent. Ses doigts qui glissaient agilement dans ses moufles cessèrent leur ballet insensé. Finalement, cette simple parole n’était pas une montagne insurmontable… Ou au moins, pas celle qu’elle avait imaginé. Après tout, c’était la première fois qu’elle parlait avec quelqu’un de son âge depuis longtemps. Qui plus est, le premier ici.

Alors qu’elle pensait que ce jeune inconnu allait repartir comme il est venu, une brise fendant l’air comme une lame traverse un obstacle, comme elle disparaissait au travers de n’importe quelle mur, elle sentit dans sa paume le poids de la boîte à mystère s’envoler légèrement, en même temps que le manche soutenant la valise sur ses roulettes commençait à lui glisser entre les doigts. Dans un pure réflexe, elle chercha ridiculement à le retenir, raffermissant son étreinte sur la petite barre de plastique. Ses yeux dérivèrent naturellement vers le possesseur de la main qui tentait de la lui enlever, au moment ou celui-ci parlait une nouvelle fois. Alors qu’il finissait son aimable proposition, elle en profita pour le détailler un peu plus longuement.
Un physique plutôt avantageux, une peau impeccable pour une couleur sable rare en cette région, aguerrie par une débâcle de cheveux noir de geai, semblant se battre les unes avec les autres dans une guerre sans fin contre toute sorte d’autorité capillaire, mais au résultat plutôt sophistiqué. Son attention fut longuement attirée par les deux onyx qui la fixaient, ces deux yeux d’un noir infini qui paraissaient aussi ténébreuses qu’attirantes, avant de se diriger vers un détail autrement… Atypique. Une paire d’oreilles en pointe dépassait d’entre ses cheveux d’ébène, laissant la demoiselle avec une mine surprise au fond des yeux. L’espace d’un instant, il n’y avait plus que cet étrange détail et elle comme si tout le monde autour d’elle, les feuilles s’écrasant les unes après les autres sur le sol, sa valise heurtant les cailloux par dizaine. Et puis elle retourna à la réalité comme si de rien n’était, retournant à la longue allée de pierre ou elle finit par déposer ses yeux.

De fins nuages de brumes se formaient à la sortie de son écharpe. Elle avait presque oublié qu’elle avait toujours une main sur la valise… Au bout de quelques secondes, elle finit par lâcher prise, sentant tout le poids de ses quelques possession disparaitre dans une autre paume, le son persistant des roulettes se faisant toujours entendre. Elle qui était de caractère plutôt retissant avec les inconnus… Secouant légèrement, elle devait bien s’avouer que c’était gentil de sa part. Eh puis, il n’était pas forcé de l’aider. Après tout, elle était nouvelle, et qui plus est complètement perdu dans ce grand domaine. Eh puis, elle n’avait pas l’habitude de beaucoup communiquer… Mais quelque part, au fond de son dédale de pensée, une petite voix lui soufflait d’en savoir plus, d’essayer de connaître un peu plus ce garçon. Oh, eh puis pourquoi pas… Un sourire timide aux lèvres, elle souffla une nouvelle fois à son attention un simple mot, ses yeux se fermant légèrement dans un innocent croissant:


« - Merci. » Et comme un mot en entraîne d’autres, elle finit par enchaîner presque naturellement: «  Tu es élève ici, non? Tu es là depuis longtemps? »

Retrouvant rapidement le chemin du sol, ses yeux chlorophylliens s’irisèrent d’une lueur de surprise. C’était rare qu’elle parle autant en si peu de temps. Ses derniers souvenirs du monastère faisaient état de très peu de conversation, et de beaucoup de silence. Le pensionnat faisait-il déjà effet sur elle? Bercée par la brise, Kyle finit par retrouver son silence, patientant calmement en regardant au loin le fantôme du bâtiment devenir plus précis. Une pointe de curiosité avait finit par la toucher… Qui était donc ce garçon, et qu’était Aomori?
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Akira Shimizu
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MessageSujet: Re: Footsteps on orange pavement - PV Akira Shimizu   Jeu 15 Nov - 22:33

C'était une sensation extrêmement bizarre que je n'avais pas ressentie depuis longtemps, une sensation étrangement agréable qui se nommait le bonheur. Ce n'était peut-être qu'un simple début, une bouffée de chaleur provenant de mon ventre, une envie de sourire ou un sentiment d'amusement omniprésent, des choses que j'avais apparemment oublié. De façon étrange, en compagnie de cette fille pourtant inconnue, le monde semblait totalement différent comme si je voyais les éléments qui le composaient d'une façon toute autre.
C'était certainement l'absence de drogue dans ma tête qui devait jouer dans ce fait-là, m'empêchant de m'accorder un raisonnement semblable à celui que je conservais habituellement. Bien que ce soit quelque chose d'assez perturbant, ça n'en restait pas moins amusant, pour moi qui aimait la surprise et les sensations fortes. Toutefois, dans cette situation, on ne pouvait pas parler de quelque chose comme ça, loin de là. En sa compagnie, je me sentais plutôt apaisé, comme si le calme s'emparait de mon corps. Un phénomène plutôt étrange, pour moi qui m'attendait à un effet inverse, à cause du manque de drogue : il faut croire qu'une fois de plus, j'avais faux sur toute la ligne.

Finalement, cette fille répondit à ma question d'une petite voix, l'accompagnant d'un hochement de tête pour être certaine de ma compréhension. Une simple réponse qui, en un instant, me renvoya à mon propre passé : une vie transformée à cause d'un simple pouvoir, un destin devenu tout autre à cause d'un don offert par la nature. Un présent tout à fait inutile, puisque le talent pour le maîtriser ne m'avait pas été offert avec - et si ça vous est déjà arrivé de recevoir un téléphone sans la batterie ou un ordinateur sans le clavier, vous devez comprendre de quoi je parle. Honnêtement, bien que je ne me sente pas vraiment exceptionnel, j'avais accepté de venir ici, ne serait-ce que dans le but de pouvoir contrôler ma vie et enfin prouver que j'étais capable de faire quelque chose moi-même.

Un objectif que j'avais, bien évidemment, perdu de vue depuis longtemps. Quand on veut, on peut, mais quand on ne peut pas, on ne veut plus. N'ayant qu'une très mauvaise estime de moi et une absence quasi-totale de confiance dans mes propres compétences, je m'étais finalement décidé à improviser, jusqu'à ce que je sorte de cet établissement à pouvoir, seul endroit où je pouvais encore me sentir chez moi. La seule pensée de devoir le quitter me fit une boule au ventre, mais je ne tardais pas à me concentrer de nouveau sur le présent lorsque la jeune fille lâcha finalement sa valise au bout de quelques secondes, prenant finalement conscience de mon geste et m'accordant sa confiance.
C'est vrai, qui aurait confié toutes ses affaires à un inconnu qui vient vous aborder, sans même vous donner son nom ou donner une preuve de son appartenance à l'école où vous allez ? Certainement pas moi, bien qu'il faille le dire, j'étais du genre borné et solitaire. Cet acte, aussi simple et irréfléchi soit-il de sa part, me mit un peu de baume de coeur, du fait du nombre de personnes qui daignaient m'approcher - sans parler de me faire un tant soit peu confiance -, en ces lieux.

« Merci à toi », soufflais-je de façon inaudible.

C'est là que, comme un con, en train de marcher à côté d'une fille, je regrettais ces mots. Frissonnant, en me demandant si elle les avait bien entendus, une pensée dite à voix haute, totalement incompréhensible pour elle qui ne connaissait pas le fond de ma pensée. Ne pouvant affirmer quoi que ce soit à ce sujet, je me contentais de me remémorer ses mots suivants, m'enfermant dans mes réflexions pour y consacrer toute ma pensée. Depuis combien de temps j'étais là, c'était une question à laquelle je n'étais pas sûr de pouvoir répondre. Trois ou quatre ans, sans doute, une chose à laquelle je n'avais pas réfléchi, et qui m'importait peu. Incapable de formuler une réponse, je me contentais d'accélérer le pas pour me placer près d'un arbre, posant ma main sur celui-ci. Peu à peu, le tronc de ce dernier se mit à geler au contact de ma main, lentement, mais avec un certain contrôle, bien qu'acquis récemment.

« Akira Shimizu. Cryokinésiste, la glace, tu vois... en 3ème ou 4ème année, j'sais pas, j'm'en fiche un peu. »

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MessageSujet: Re: Footsteps on orange pavement - PV Akira Shimizu   Dim 18 Nov - 17:23

Les deux disques noirs de ses yeux se dilatèrent de surprise quand à son étonnement Kyle regarda le jeune homme accélérer le pas, s’éloigner un peu plus avant de s’approcher d’un arbre. Il se tenait debout devant lui, sa valise toujours en main, se confondant dans une cascade de feuilles oranges répandues sur le sol. La scène avait quelque chose d’amusant, la ligne brisée de ses cheveux noir d'ébène qui se détachait sur le sol de feu, les branchages d’épices, ses yeux d’ébènes attentif au tronc. La vision retint la jeune fille sur place quelques instants, laissant le froid mordant la bercer, puis elle finit par s’avancer d’un pas rapide, espérant ne pas lui imposer trop d’attente. Il portait déjà sa valise avec gentillesse, autant ne pas lui imposer ses rêveries éveillés et ses minutes d’évasions… Finalement, elle se trouva de nouveau à côté de lui, devant un tronc rêche, souffrant probablement du froid. L’écorce semblait pourtant parfaitement normale… La blonde redressa les yeux vers le mystérieux élève, qui tendait sa main vers le bois silencieux. Pourquoi s’arrêter là?

Le secret n’en resta pas un très longtemps. En l’espace d’un instant, Kyle fut témoin d’un étrange phénomène, quelque chose qu’elle pensait impossible. Non, qui était impossible. Mais qui qu’il soit, le garçon à ses côtés venait de franchir la frontière du possible. Quelques secondes après que sa peau de sable avait touché l’écorce, une fine couche de glace apparut, s’étendant un peu plus sur le bois, continuant sa conquête de la matière végétale, entourant bientôt tout le tronc d’un vêtement translucide, trouble comme du verre à peine fondu. Kyle était fascinée par ce spectacle magique. Elle avait du mal à en croire ses yeux, dont le centre noir n’avait jamais semblé aussi grand. Comment une telle chose pouvait être possible? Ce garçon avait maintenant des allure de magicien pour la demoiselle ébahie… Ca paraissait si… Fantastique… Ignorant la fine forme de vapeur que crachait son écharpe au rythme de sa respiration qui venait masquer sa vision, elle fixait le tronc comme pour le percer, tentant vainement de comprendre comme une telle chose était possible, ses yeux étirés par une maline lueur qui commençait à les éclairer.
Ensorcelé par cette scène qui pourrait être tirée d’un film fantastique à haut budget, elle fut réveillée par la voix grave du jeune homme qui une fois de plus la tira de sa contemplation.

Akira Shimizu… Sa première pensée fut que ce nom lui allait bien. C’était un peu idiot, comme pensée, d’une naïveté débordante, mais c’est pourtant ce que Kyle ressentit immédiatement. Elle ne le connaissait pas, ni lui, ni son passé, mais elle savait pourtant qu’à cet instant, elle n’aurait pu le voir avec aucun autre nom. Alors qu’il continuait de parler, la demoiselle releva ses yeux toujours illuminée par un éclair de fascination pour le regarder plus attentivement, ses lèvres entrouvertes dans une innocente expression de surprise, tirées par l’esquisse d’un sourire amusée qu’elle n’essayait même pas de dissimuler - ou plutôt, qu’elle n’avait même pas sentie. La Cryokinésie… Elle n’avait jamais cru une telle chose possible. Ce mot lui semblait déjà être un des termes les plus magiques du monde, sonnant comme une formule, une étincelle irréelle permettant à l’homme de combattre la nature elle-même. Si tout cela était vrai - et ça l’était, de toute évidence - alors Akira était réellement capable de manipuler la glace à son bon vouloir. Cette simple pensée plongea la demoiselle dans une nouvelle contemplation, la maintenant dans le silence.

Timidement, elle avança sa main vers le tronc jusqu’à ce que la laine de ses moufles rentre en contact avec la surface curieusement polie de la glace qui recouvrait le bois, envoyant vers son intouchable peau l’illusion du froid qu’elle dégageait. La petite blonde était fascinée, ne pouvant lâcher ce phénomène des yeux… Comment pouvait-il faire ça? Comment l’avait-il découvert? D’où cela lui venait-il? Elle se sentit soudain envahit de curiosité, pour la première fois témoin d’un tel évènement. Elle aurait voulu lui poser mille et une question, de l’origine de ce don jusqu’à son contrôle, mais s’arrêta soudain, ramenée à la réalité par une vision tout autre, une chose cachée, un symbole que ce phénomène n’était peut-être pas qu’une chose magnifique. Ses mains camouflées sous ces gants… Ce garçon était un peu comme elle, au fond. Il était lui aussi différent du reste du monde, lui aussi devait avoir une histoire, peut-être avait-elle était difficile… Retenue par un fil invisible, elle choisit de taire ses voix, taire ces questions, les enfermer quelque part. Qui sait, peut-être un jour pourrait-elle les poser…


« -Whouah… » Souffla-t-elle pour elle-même, sans même s’en rendre compte. « C’était incroyable… »

Si elle avait choisit de ne pas poser de questions, elle n’en restait pas moins impressionnée. Elle se retourna vers Akira, un sourire au lèvre trahissant son enthousiasme. Ce jeune homme était plein de surprises… Kyle du se l’avouer, quelque part, elle était heureuse qu’il n’ait pas parler dés le début à quelqu’un au bout du fil comme elle l’avait imaginée. Cette simple scène valait bien toute les peines du monde, après tout. Ainsi, Aomori était réellement ce genre d’établissement… Quelles autres merveilles pouvait-il contenir? Une certaine curiosité l’agita une nouvelle fois, se partageant alors entre le jeune homme et l’école derrière lui, masquée par une couverture de feuilles rousses et dorées. Oui, que pouvait-il s’y cacher?… Alors qu’elle refusait de détacher sa moufle de l’écorce gelée, elle tendit son autre main gantée vers Akira, lui envoyant un sourire franc, léger, tentant de réprimer sa timidité. Doucement, elle souffla:


« - Kyle, Kyle Komusume. Heureuse de te rencontrer. Je… C’est ma première année ici. »

Une ombre s’était incrusté dans on regard de jade. Une peur… Une peur violente que l’on sache, que l’on apprenne pour ses mains, sa malédiction qu’elle traînait avec elle comme une valise maudite auquel elle serait menottée. Décidant de garder le secret, elle restait là, souriante, attendant de voir la réaction du jeune homme en face d’elle, de ce mystérieux maître de la glace que le hasard avait conduit devant elle, alors que sa main gisait toujours sur ce tronc…

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Akira Shimizu
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MessageSujet: «  »   Dim 2 Déc - 12:26

Visiblement, ma démonstration n'avait pas été sans surprendre mon interlocutrice puisque cette dernière avait été ébahie par le changement d'état de l'arbre. En même temps, voir un tronc d'arbre se transformer en glace en pleine saison d'automne n'arrive pas tous les jours, surtout après le contact de la main d'un élève contre ce dernier. C'était le genre d'évènements qui arrivaient assez couramment à Aomori, c'est pourquoi, pour moi qui fréquentait un tel climat quotidiennement, j'étais surpris devant la réaction de la demoiselle. Ce n'était rien de plus qu'une cryokinésie basique, il y avait d'autres dons d'autant plus impressionnants que le mien, alors quel serait son étonnement lorsqu'elle arriverait dans le sein du pensionnat ! Sa réaction serait plutôt amusante à voir, étant donné que je ne jugeais pas la transformation des choses en glace véritablement impressionnante. Pour moi, cet élément était plus une malédiction qu'autre chose, étant extrêmement difficile à maîtriser. De plus, croyez-moi, la glace n'a pas vraiment d'utilité dans une vie future.

Pourtant, elle était vraiment impressionnée de mon acte, et lorsqu'elle s'approcha de moi, émerveillée, ma première réaction fut de m'écarter d'elle. J'étais encore méfiant à son égard, non pas parce que je craignais un mauvais coup bas de sa part, mais si elle comptait utiliser son pouvoir à son tour dans le but de me le montrer, il valait mieux que je m'écarte. Je l'observais d'un air sceptique, alors qu'elle déposait sa main sur la glace pour la toucher, comme pour la tester. Elle était authentique, c'est tout ce que j'aurai pu dire à ce sujet. Ainsi, alors qu'elle contemplait ma glace nouvellement créée, je me contentais de la regarder, et lui dire amicalement :

« Rien d'impressionnant. Certaines personnes ont des dons d'autant plus puissants et beaux. »

Et je ne mentais pas du tout. Je ne connaissais pas des masses de personnes, mais mes mots étaient loin d'être faux : avec des centaines d'élèves en ces lieux, nulle doute que la cryokinésie ne figurait pas parmi les pouvoirs les plus impressionnants. Pourtant, alors que nous restions là, à nous parler, la curiosité commençait à émerger. Quel pouvoir pouvait donc posséder cette fille, pour qu'elle en vienne à arriver ici ? Elle avait l'air d'avoir mon âge, alors ça ne devait sûrement pas être aussi voyant que le mien. Toujours est-il qu'en l'heure actuelle, mon intérêt grandissait lentement sur cette personne qui ne tarda d'ailleurs pas à se présenter. Kyle Komosume, c'était sa première année, bien évidemment. Je restais immobile, ne trouvant rien à dire, n'étant pas vraiment à l'aise avec d'autres personnes, puis mon portable résonna.

Là, au milieu de cette allée, brisant le silence nouvellement installée, il vibra dans ma poche. « Désolé » murmurais-je avant de l'en sortir, rivant mon regard dessus. Pianotant quelques secondes dessus, j'observais le message texte que je venais de recevoir, que je m'empressais de lire. Et là, mes yeux s'écarquillèrent. De ma main glissa la valise qui vint tomber sur le sol, restant miraculeusement droite, tandis que la surprise se dessinait sur mon visage. Alors que j'étais totalement submergé par cette nouvelle qui me prenait de court, je me rendis de nouveau compte que je n'étais pas seul. Relevant la tête en direction de la demoiselle en ma compagnie, j'eus du mal à retenir mon sourire. Je ne savais pas quoi dire, partagé entre gêne et bonheur.

« J'suis désolé, vraiment désolé. Je pars comme un voleur, mais... c'est pour la bonne cause. On se reverra plus tard, j'espère ! »

Heureux ? Visiblement oui. Et sans un mot de plus, je partis en courant vers le pensionnat, pour faire, dieu sait quoi, retrouver quelqu'un.




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