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 Touché, assommé [Pv Seika]

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Ruika Shiba
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MessageSujet: Touché, assommé [Pv Seika]   Jeu 16 Aoû - 11:46

    Voilà maintenant quelques semaines qu’elle avait fraichement débarqué à Aomori. Elle avait enfin réussi à s’habituer à sa nouvelle vie très mouvementée. Mais, du côté relationnel, elle était loin d’avoir fait des progrès. Rares étaient les personnes qu’elle considérait comme des amis. Autant dire qu’elle n’en avait pas encore. Et puis, même si elle se retrouvait seule la plupart du temps, ça ne la dérangeait pas. Elle trouvait toujours un moyen pour s’occuper et préférait sa solitude à la vie en communauté. Car, si tous ceux du pensionnat était comme elle, ils possédaient eux aussi un don, ce n’était pas pour autant qu’elle ressentait l’envie de se lier d’amitié avec eux, loin de là. Certains lui tapaient royalement sur les nerfs et ça ne serait pas prêt de changer. Pour l’instant, elle se contentait de mener sa petite vie, sans se soucier de ce que l’on pouvait penser d’elle ou autre. Ce qu’elle voulait, c’était commencer par oublier. Oublier ce dont elle se souvenait. Même si elle était arrivée depuis un petit moment déjà, les blessures émotionnelles qu’elle avait reçues n’étaient pas encore guéries et elles mettraient encore beaucoup de temps avant de se refermer.

    Quoi qu’il en soit, il n’empêche qu’elle devait se rendre à son cours de sport aujourd’hui. A la fois, elle avait envie de se défouler mais aussi envie de passer son temps à glandouiller. D’après ce qu’elle savait, c’était cours de volley au gymnase. Sachant qu’il fallait jouer en équipe et se bouger pour quelqu’un d’autre, voilà qui eut le don de la dégouter par avance. Elle n’aimait pas franchement le sport à la base alors, ça n’avait rien d’encourageant pour elle. Elle préférait à la limite le badminton où elle devait jouer en solo et encore, où était l’utilité de courir après un truc volant qu’il fallait renvoyer à l’adversaire ? Et puis, les cours de sport n’étaient pas toujours calmes par ici. Mêlé aux pouvoirs, ça donnait parfois de beaux spectacles et tout ne se déroulait pas forcément dans le calme. A la plus grande déception de la jeune fille qui n’aimait pas l’agitation et le désordre. Mais, il semblait que ce cours de volley ne soit pas encore perturbé par le moindre pouvoir. En gros, pas de troubles pour l’instant … mais ça ne saurait tarder. Vêtue de sa tenue de sport dans laquelle elle n’était pas forcément à l’aise, Ruika s’avança sur le terrain, auprès de son équipe. La distribution des rôles avait lieu et la jeune fille hérita de celui de Défenseur. Elle se devait d’empêcher l’équipe de chamallow adversaire de marquer des points. Super. Prenant place sur le terrain, Ruika évita tout contact avec ses coéquipières qui se tapaient le dos en guise d’encouragement. De vraies « rugbywoman », pensait-elle. Le coup de sifflet retentit et la partie commençait.

    Déjà, l’adolescente s’éloignait de ses équipières qui se bousculaient les unes les autres comme des chiens après la même balle. Décidément, ce n’était pas un jeu fait pour elle. Tenue à l’écart, la jeune fille en délaissait son rôle et restait plantée sur le terrain comme un piquet, se contentant d’observer avec un air distant. A quoi bon se fatiguer, ces filles le faisaient déjà assez comme ça. C’est alors que la balle avait choisi de prendre Ruika pour cible. Suivant son objectif des yeux, elle serra ses mains à la va-vite, sans prendre le temps d’adopter la bonne posture, et elle frappa la balle aussi fort que possible. Malheureusement, elle et le lancer, ça faisait deux. Loin de savoir viser, elle envoya la balle sur le terrain d’à côté et entendit les filles de son terrain s’exclamer à l’intention de quelqu’un. Quelqu’un qui venait de se prendre sa balle sur le crâne et qui n’avait pas eu le temps de réagir aux avertissements des filles de première année. Ruika se contenta de ravaler sa salive et attendit. Mais, une de ses coéquipières lui ordonna d’aller chercher la balle et de revenir puisqu’elle était la fautive. Exaspérée qu’on lui donne un ordre, Ruika donna un coup de pied dans le vent et dit sur un ton arrogant :

      « - C’est pas ma faute si vous ne savez pas vous organiser mieux que ça. »

    Après cela, elle partit vers sa victime et se dit que son argument n’était pas très approprié. Elle était bel et bien en faute mais, impossible pour elle de l’avouer ou de s’excuser auprès des filles. Elle se moquait de ce que ses camarades pourraient penser. Après tout, elles n’étaient pas de grosses pertes pour Ruika. A quelques pas de la personne qui venait d’intercepter la balle avec son crâne, la jeune fille se mit à parler la première sur un ton froid :

      « - Si tu savais esquiver un peu mieux que ça aussi, hein ! Tu n’aurais pas reçu la balle sur … Seika ! » Elle prit alors un ton plus doux et continua : « Mince, tu n’as pas trop mal ? Si tu veux, je t’accompagne à l’infirmerie. Enfaite, tu vois, c’est la balle, hein ! Elle n’allait pas comme je voulais, c’est tout. Les filles ont mal choisi la balle, enfin … bref. »

    Jamais ça ne serait sa faute, loin de là. Elle savait pourtant qu’il s’agissait du contraire mais, elle n’avait pas envie de l’admettre. Oui, elle ne savait pas viser, et après ? Il n’y avait pas mort d’homme. Juste un assommé. Et, il ne semblait pas être sur le point d’agoniser donc, tout allait pour le mieux. S’adressant aux filles de son équipe, Ruika leur dit de prendre une remplaçante, le temps qu’elle s’occupe du blessé et elle leur renvoya la balle de ses deux mains. La ruse pour éviter d’avoir à jouer plus longtemps fonctionnait. A présent, elle pouvait aller se reposer sur le côté et bavarder avec Seika alors qu'une fille prenait sa place sur le terrain. Merci petit ballon !


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Dernière édition par Ruika Shiba le Jeu 16 Aoû - 22:26, édité 2 fois
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Odayaka Seika
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Jeu 16 Aoû - 17:29

« Le hasard fait parfois bien les choses. »


Les cours de sports. Est-ce que c'était bien, est-ce que c'était nul? Souvent les avis étaient partagés. Certains trouvaient ça génial, d'autres préfèreraient se couper un bras plutôt que d'aller en cours de sport. Pour Seika, les cours de sport ce n'était que des cours parmis tant d'autres. Il n'adorait pas ça mais il ne le détestait pas non plus; il se contentait de faire ce qui était demandé sans rechigner, et puis c'était tout. Ce jour là ils jouaient au volleyball, rien de bien palpitant, mais il s'était placé à la position qu'on lui avait assignée sans poser de questions et ils jouaient maintenant depuis un petit moment. Tout ça, jusqu'au moment où ils entendirent des cris sans trop en comprendre la nature et jusqu'à l'instant où Seika se pris un ballon sur la gueule.

Il ne comprit pas ce qu'il se passait qu'il était par terre, sonné, et qu'il ne voyait rien. C'est à ce moment qu'un écureuil bleu flash arriva à côté de lui et l'observa longuement. Le jeune homme tendit la main vers la petite créature pour la caresser mais elle le mordit avant de s'enfuir. Il se leva pour la poursuivre à travers les arbres aux feuilles roses au pas de course avant de trébucher et de s'étaler de tout son long. Il fut alors engloutit par un ours polaire vert forêt qui lui dit que sa mère en shorts. Seika flotta alors jusqu'au dragon à trois têtes qui faisait du breakdance pour lui faire ses prières avant de se réveiller.

Il ne s'était passé à peine trente secondes et le jeune homme recouvra lentement la vision. Il se redressa lentement pour être assis quand une jeune fille s'approcha de lui en trombe pour l'engueuler et lui dire qu'il devrait savoir mieux esquiver, puis elle réalisa qui il était en même temps que lui le fit; c'était en réalité Ruika et il ne pouvait pas dire qu'il était mécontent que ce soit elle qui soit venue le voir. Elle lui demanda si ça allait avant de s'étendre sur les raisons du pourquoi du comment il avait reçu une balle de volleyball sur la tête, mais il agita la main pour signifier que ce n'était pas grave et qu'en réalité il n'en avait rien à faire. Toujours un peu sonné, il secoua la tête pour chasser les derniers points blancs cachant sa vision et s'accrocha à la jeune fille pour se relever.

Chancelant, l'aide dont lui était l'étudiante n'était pas de refus. Ils se redirent sur le côté du terrain et s'assirent sur un banc. Se frottant la tête en grognant légèrement, il se retourna vers elle et esquissa un sourire qui devait plutôt ressembler à une grimace.

« Ça va, ça va, t'inquiète, comme t'as dû remarquer j'suis juste un peu sonné. Et puis j'préfère plutôt que c'aie été toi qui m'aie envoyé un ballon à la gueule que n'importe quelle autre pimbèche. »

Il laissa échapper un ricanement à sa dernière affirmation tout en continuant de se frotter la tête, réfléchissant quelque secondes avant de reprendre la parole.

« Dis... Tu pourrais pas aller me chercher un peu de glace? J'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie mais de la glace ça serait bien. »

Il sourit à Ruika comme pour appuyer le fait qu'il n'avait pas besoin d'une infirmière, sans pourtant arrêter de se frotter la tête.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Jeu 16 Aoû - 22:26

    Les yeux baissés sur Seika, Ruika se dit qu’elle devrait apprendre à frapper moins fort dorénavant. Sinon, tout le monde finirait dans les pommes à cause de ses balles meurtrières. Alors qu’elle allait interpeler les incapables qui les entouraient, restant plantés sur place comme des idiots, pour qu’ils viennent aider leur camarade, elle sentit la main de ce dernier lui agripper le poignet pour se hisser sur ses deux jambes. Ce laps de temps fut suffisant pour que la jeune fille ait à nouveau ces visions. Vingt-quatre heures s’étaient écoulées depuis leur dernier contact physique, si bien que Ruika fut capable de les voir à nouveau. Ces mêmes images malsaines et écœurantes. Seika et cet homme, collé contre lui. Mais, contrairement à la première fois où elle avait vu ces images, cette fois-ci, elles avaient été accompagnées d’une étrange sensation. De la panique ou, plutôt, de la peur. Comme paralysée par ce qu’elle pouvait observer, Ruika sembla sortir de sa transe lorsque la main de son ami la relâcha. Sans le vouloir, elle eut un mouvement de recul et se frotta le poignet.

    Une chance que Seika semblait être encore assommé, il ne remarquerait sans doute pas son trouble. Tâchant de faire comme si de rien n’était, Ruika s’approcha du jeune homme pour placer une main dans son dos. Son pouvoir ayant été utilisé, elle ne craignait plus rien à présent et il ne semblait pas encore totalement remis de son accident. C’est pourquoi, elle préférait lui apporter un léger soutien, le temps d’arriver jusqu’à un banc, malgré son aversion pour le contact humain. Une fois qu’elle eut atteint l’emplacement voulu, elle le laissa s’installer et resta en face de lui un instant avant de s’asseoir à son tour. Il finit enfin par ouvrir la bouche, un sourire quelque peu étrange. Quoi qu’il en soit, il n’avait pas perdu son humour ni ses esprits. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de Ruika, amusée par ses dires. Puis, sitôt qu’il lui eut demandé de la glace à la place d’un séjour à l’infirmerie, elle se contenta d’acquiescer et se dirigea vers la sortie du gymnase. La question était : Où trouver de la glace ? A l’infirmerie, il y en aurait peut-être mais, c’était beaucoup trop loin. Le temps d’aller et revenir jusqu’ici ressemblerait à une éternité pour ce pauvre Seika. C’est alors qu’elle eut l’idée de s’adresser à son professeur pour lui réclamer une trousse de secours. Il y en avait toujours dans les salles de sport, au cas où quelqu’un aurait la malchance ou l’idée stupide de se blesser, et, généralement, il y avait dedans des pochettes refroidissantes. Même conçue pour les entorses et autres, ça suffirait sans doute à soulager le jeune blessé. Rapidement, elle réclama une trousse de secours auprès de son professeur de sport qui ne put s’empêcher de lui demander « Pourquoi » et de blablater pendant cent sept ans. Les professeurs, vraiment … Pendant qu’elle attendait patiemment que celui-ci revienne avec son dû, elle repensait à ces images. Que pouvaient-elles dire ? Il n’avait quand même pas été abusé ? Mais, qui serait cet homme ? Pourvu qu’il ne s’agisse pas de son père. Mais, qui qu’il soit, Seika devait avoir souffert pour qu’une telle sensation accompagne ce souvenir.

    Frissonnant à ces pensées, Ruika sursauta lorsque la mallette apparue sous ses yeux. Remerciant rapidement son enseignant, elle courut rejoindre son ainé et elle se réinstalla sur le banc, à ses côtés. Elle découvrit rapidement le contenu de la trousse de secours avant d’y trouver ce qu’elle recherchait : la pochette ! Satisfaite, elle appuya fermement dessus afin de la rendre utilisable puis, elle la posa sur la tête de Seika à l’endroit où elle supposait localiser la douleur.

      « - C’est pas de la glace mais, c’est tout comme. Et puis, c’était plus rapide à obtenir. Tu te sens un peu mieux quand même ? Enfin, le principal, c’est que tu sois pas devenu un légume et que tu te rappelles de tout, non ? »

    Un sourire amusé, elle retrouva vite son visage normal et regarda le sol, comme captivée par sa couleur complètement banale et unie. A vrai dire, elle ne savait pas trop quoi dire cette fois-ci. Et puis, avec ces visions, ça n’arrangeait rien. Elle commençait à se demander si Seika n’allait pas finir par se douter de quelque chose. Quoi que, jusqu’à présent, il ne semblait pas s’inquiéter de quoi que ce soit. Comme d’habitude, son côté paranoïaque ne pouvait s’empêcher de la faire ruminer. Comme pour se rafraichir les idées, sa tête vint basculer sur le dossier du banc pour lui permettre de voir le plafond avant qu’elle ne dépose la mallette à côté d’elle. Soudain, l’inspiration lui vint grâce au souvenir de leur première rencontre.

      « - Au faite, merci beaucoup pour ta visite du pensionnat et tes conseils. Je veux dire, le jour de mon arrivée. Ça m’a été utile. »

    Redressant la tête, elle tourna les yeux sur le côté opposé à Seika. Remercier quelqu’un n’était plus une chose courante chez elle, si bien qu’elle avait du mal à le faire sans se sentir idiote ou toute autre chose.


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Odayaka Seika
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Ven 17 Aoû - 18:32

Il se laissa choir sur le banc, la tête appuyée sur le mur et poussa un long soupir. Il lui semblait qu'il voyait un peu embrouillé et il priait pour que Ruika apporte de la glace rapidement. Elle avait de la force, en tout cas, ça on pouvait le dire. Simplement en frappant un ballon elle avait réussi à le sonner, et solidement. Un léger sourire étira ses lèvres à cette pensée, tandis qu'il notait dans sa tête de ne jamais énerver cette fille sous peine de blessures plus ou moins grave. Enfin, ce ne serait pas la première fois, mais si il l'énervait il ne pourrait pas se défendre, car étant un gentleman il ne lèverait jamais la main sur une fille. Oh non, ça jamais, plutôt mourir. Il se battait souvent, mais c'était un déshonneur de frapper une fille et il ne s'y risquerait jamais. Immobiliser une fille pour ne pas être blessé, d'accord, mais jamais il ne frapperait une femme dans n'importe quelle situation. Il ne frapperait jamais un enfant non plus. Il n'était pas de ces gens qui se défoulaient sur les plus faibles à défaut de pouvoir se battre contre les plus forts. Il n'hésitait d'ailleurs jamais à se battre contre les plus forts. Certains appeleraient ça du courage, d'autres de la témérité, mais à vrai dire il n'en avait rien à faire et ne changerait pas simplement parce que certains n'étaient pas d'accords avec son comportement.

Coupant court à son fil de pensées, Ruika arriva finalement avec ce qui ferait office de glace. Ce n'était pas de la glace mais c'était tout comme pour reprendre les paroles de la jeune fille. Seika soupira de soulagement et lui sourit tandis qu'elle apposait la pochette refroidissante sur sa tête. Il sentit immédiatement la douleur se résorber et il ne put s'empêcher de lâcher un petit gémissement tellement ça le soulageait. Elle lui demanda si ça allait mieux et il aquiesca, puis aquiesca encore lorsqu'elle s'exclama qu'au moins il se rappelait de tout et il n'était pas devenu légume. Oui, en effet, ça aurait pu être bien pire, mais il ne pouvait nier que l'attente du froid sur sa blessure lui avait semblé interminable. Cependant il se garda bien de le faire remarquer, se disant que Ruika devait déjà assez se sentir coupable et qu'elle n'avait pas besoin de savoir qu'il lui avait semblé qu'elle avait été longue. Après tout ce n'était peut-être pas sa faute.

Un léger silence s'installa, un silence un peu gêné. L'atmosphère n'était pourtant pas tendue, c'était le genre de silence entre deux personnes qui ne savent simplement pas quoi dire. Ça ne mettait pas spécialement un malaise mais c'était presque ça. Seika ouvrit la bouche et pris une inspiration comme pour dire quelque chose, mais la referma. Il se contenta de tenir la pochette refroidissante sur sa tête en observant les autres élèves qui jouaient toujours sans se soucier de ces deux autres, là, sur le banc, dont un à moitié assomé. Parfois le jeune homme était exaspéré par les gens de son âge qui se foutaient pas mal de ce qui ne les concernait pas. Me, myself and I. C'était tout ce à quoi certains pensaient et ça avait le dont d'énerver l'étudiant.

« - Au faite, merci beaucoup pour ta visite du pensionnat et tes conseils. Je veux dire, le jour de mon arrivée. Ça m’a été utile. »

« Bah, c'est rien, ça m'a fait plaisir. J'pouvais pas laisser une pauvre nouvelle sans défense se perdre dans ce grand pensionnat plein de brutes. »

Il rigola légèrement. Il était vrai que cette école ne contenait pas que des élèves doux comme des agneaux, mais il exagérait tout de même. Soudain il fut pris d'un vertige et se redressa, appuyant plus fort la compresse contre sa tête. Bientôt son malaise passa et il se laissa de nouveau choir, adossé au mur.

« Ah et, merci pour la pochette. J'pense que j'aurais pas survécu sans! »

Un sourire flotta sur ses lèvres avant qu'il ne reprenne la parole.

« Sinon... Ça va toi? J'veux dire, en général, ici. Tu t'intègres bien? J't'le souhaite en tout cas. »


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Ven 17 Aoû - 20:57

    A l’entente de la description que son ami faisait d’elle, Ruika ne put s’empêcher de se tourner vers lui, l’air interrogateur. Le jour de son arrivée, elle avait eu l’air si faible et désemparée que ça ? D’après elle, elle n’avait pas été une « pauvre nouvelle sans défense » mais une « nouvelle simplement paumée » dans ce vaste monde qu'on lui offrait. Question défense, elle savait parfaitement comment répliquer et comment sauver sa peau. Pas besoin de chevalier servant qui galopait sur son destrier blanc à sa rescousse, elle n’était pas une de ces femmes fragiles et innocentes, elle. Loin de là. L’envie de répondre à cette phrase la titillait mais, après réflexion, elle se ravisa. Il n’avait surement pas pensé à mal à travers ces mots. Elle se faisait simplement des idées, voilà tout. Et puis, elle ne pouvait pas se permettre d’être méchante avec lui après l'aide qu'il lui avait apporté, ses souvenirs qu’elle avait « violés » et sa tête qu’elle avait assommé à coup de ballon. Non, aussi fière et malgracieuse soit-elle, elle avait toute les raisons du monde de ne pas vouloir hausser le ton avec lui, sinon, elle finirait par culpabiliser. Elle devait se rappeler dès maintenant de ne jamais être redevable à qui que ce soit.

    Pendant ce temps, ce dernier semblait se remettre doucement de son mal de tête. Jouant nerveusement avec une de ses mèches de cheveux, la jeune fille acquiesça silencieusement à ses remerciements avant d’ajouter :

      « - Bof, c’était pas grand-chose, tu sais. »

    Elle lui devait bien ça. Néanmoins, être remercié de temps à autre sonnait bien à ses oreilles. Satisfaite, Ruika s’installa à son aise sur le banc en pliant ses jambes qu’elle serra tout contre son buste. Une nouvelle fois, Seika prit la parole, ce qui ne déplut pas à l’adolescente. Elle n’aurait su quoi lui raconter à présent. Mais, grâce à ces conversations, son opinion au sujet du jeune homme se forgeait et elle pensait de plus en plus que Seika ne pouvait pas être quelqu’un de nuisible ou d’embêtant. Il ne ressemblait pas à ces espèces de parasites pot-de-colle et bavards qui avaient le don de lui taper sur le système. Lui, au moins, il était calme et ne cherchait pas à en savoir plus sur la vie de chacun. Une personne bien. Mais, bien ou pas, sa question eut pour effet de faire réfléchir Ruika. S’intégrer était un grand mot pour elle. Elle s’habituait à son rythme de vie, à ses cours, à vivre avec son pouvoir, son passé … Mais, pour ce qui était de ses camarades, difficile de dire qu’elle s’était bien intégrée. La preuve, son cours de volley. Elle avait encore une sainte horreur de se mêler aux autres et de papoter de futilités. La solitude lui convenait davantage. Seulement, lorsqu’elle croisait ceux de sa classe en petits groupes qui semblaient partir dans de longs fous rires, elle ressentait comme un petit pincement au cœur et une boule se formait dans sa gorge. Dans ces moments-là, elle passait son chemin et voilà tout. Il n’y avait pas à polémiquer là-dessus. Perdue dans ses pensées, la jeune fille répondit sur un ton calme et mesuré, tout en refaisant l’une de ses couettes roses.

      « - On peut dire que oui. Je me suis bien habituée à mon nouveau style de vie. Au début, c’était pas évident mais, c’est pour tout le monde pareil, je pense. Juste, Suo pense que je suis pas encore assez sociable mais, j’arrive à parler avec toi, c’est déjà un bon début. »

    Au dernier moment, elle eut conscience de sa gaffe. Et, s’il comprenait que Suo était sa peluche et qu’elle lui parlait encore comme une enfant avec son doudou ? Quelque peu gênée, Ruika ne sût où poser les yeux. Entourant ses jambes de ses bras fins et dénudés, elle fixa le terrain où son équipe essayait de remporter le match, sans elle. Pourvu qu’il ne relève pas sa boulette.

      « - Enfin, bref. Si je me souviens bien, ça fait trois ans que tu es là, non ? Ça se passe bien pour toi, dis-moi ? »

    Quelle triste échappatoire ! Ruika n’avait pas trouvé mieux que ça pour éviter le sujet « Suo, le chat en peluche ». Mais, avec un peu de chance, il n’essayerait pas de fouiller davantage. Oui, elle ne devait pas imaginer tant de choses. Après tout, elle pouvait très bien avoir parlé d’un ou d’une amie et pas d’une peluche. Du calme.


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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Ven 17 Aoû - 22:50

Les remerciements. D'où ça venait, en réalité? Qui, un jour, s'était dit; "Ah tiens, maintenant on va dire merci pour exprimer notre gratitude" ? C'était un des grands mystères de la vie. Une question à laquelle personne ne pourra jamais répondre. Un truc inintéressant, en somme. C'est vrai, qui se demandait vraiment qui avait inventé le mot merci? Bah Seika. Oui, il avait tendance à avoir des fils de pensées bizarres. Mais bon, là n'était pas la question. Quoi que... L'était-elle? Le jeune homme secoua la tête pour chasser ces pensées farfelues de son cerveau tandis qu'il observait le plafond. Pourquoi le plafond des salles de sports était-il toujours si haut? Après tout si on était un tant soit peu doué dans le sport qu'on faisait, on avait pas à envoyer le ballon ou la balle en hauteur tant que ça. C'était sûrement simplement pour être plus pratique, justement, pour les gens qui étaient mauvais en sports. Surtout pour les gens qui étaient mauvais au volleyball et qui assomaient les autres.

Il flotta un court silence entre les deux interlocuteurs avant que Ruika ne réponde à la question du jeune homme.

« - On peut dire que oui. Je me suis bien habituée à mon nouveau style de vie. Au début, c’était pas évident mais, c’est pour tout le monde pareil, je pense. Juste, Suo pense que je suis pas encore assez sociable mais, j’arrive à parler avec toi, c’est déjà un bon début. »

Suo? eu envie de demander Seika, mais il se garda bien de le faire. Peut-être, après tout, ne voulait-elle pas étaler sa vie entière à quelqu'un qu'elle avait rencontré il n'y a pas si longtemps. Lui ne l'aurait pas fait en tout cas. S'il avait mentionné le nom de son ancien meilleur ami dans une conversation et que la personne avec qui il parlait lui avait immédiatement demandé qui c'était, et bien ça l'aurait fait chier, parce qu'après tout chacun avait les gens à qui il tenait et ils n'étaient pas obligé de les étaler pour tout le monde. D'autre part, l'étudiant était flatté d'être peut-être une des seules personnes avec qui Ruika socialisait. Ça lui faisait chaud au coeur de pouvoir aider qui que ce soit par quel moyen que ce soit, et savoir que simplement en discutant il pouvait l'aider l'enchantait. Il s'apprêtait à ajouter quelque chose, mais la jeune fille reprit la parole avant lui.

« - Enfin, bref. Si je me souviens bien, ça fait trois ans que tu es là, non ? Ça se passe bien pour toi, dis-moi ? »

Il se redressa, oubliant qu'il avait une compresse sur la tête et la faisant tomber. Il se pencha pour la ramasser et la posa à côté de lui, sur le banc. Il allait bien mieux grâce à ça et il pouvait maintenant s'en passer. Après tout il n'était pas un gamin fragile et il avait déjà vécu bien pire, alors un ballon à la gueule ce n'était pas si grave. Il survivrait à ça aussi bien qu'il avait survécu à des coups de poing et à des coups de pieds. Après, dans ces cas-là, il n'était pas une victime; bien souvent c'était lui qui démarrait les bagarres. Il coupa court à sa réflexion pour répondre à Ruika.

« Ça fait deux ans, en fait, mais oui, ça se passe plutôt bien. Aussi bien que ça peut se passer, normalement. J'me suis cassé quelques jointures mais personne m'a tué encore, hahaha. En tout cas, j'suis content que t'arrive à t'habituer à tout ça plutôt rapidement, et j'suis aussi content d'être la personne avec qui tu parles. »

Il ne put s'empêcher d'afficher un grand sourire, tourné vers la jeune fille, pour appuyer la fin de sa phrase.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Sam 18 Aoû - 16:29

    Sa tentative de changement de sujet avait fonctionné. La voilà chanceuse. Elle écoutait attentivement son ami tout en suivant ses moindres mouvements. Alors, elle s’était trompée, cela faisait seulement deux ans qu’il était là. Mais, lorsqu’elle entendit la troisième phrase de son interlocuteur, elle écarquilla les yeux. Seika ? Se faire tuer ? Il paraissait pourtant si gentil et si affectueux, qui voudrait le tuer ? Et puis, c’était possible ce genre de chose, ici ? Ruika reprit son visage neutre et observa un gravier isolé sur le sol du gymnase. On pouvait se demander comment il avait atterri jusqu’ici. Il était comme elle. Arrivé ici sans savoir comment, il ne pouvait plus retourner d’où il venait sans obtenir de l’aide. Ruika était à peu près dans la même situation. Lâchant un soupir, elle constata que Seika avait cessé de parler. Surprise, elle se tourna vers lui pour le regarder et répondit à son sourire de la même manière.

      « - Je vois. »

    Que vouliez-vous répondre à cela ? Ça n’était pas son genre de répondre « Moi aussi, ça me fait plaisir de te parler, brother ! ». Mais, ça ne l’empêchait pas de le penser. Et, c’est vrai qu’à part lui, elle n’adressait pas la parole à grand monde. Sauf sa camarade de chambre. Mais là, c’était une autre histoire. Elle espérait simplement ne pas avoir de chieuse dans sa piaule sinon, elle se sentirait vraiment obligée de réclamer un changement de chambre auprès du dirlo en personne. Avec toutes les filles agaçantes dans le pensionnat au complet, elle avait sa dose sans avoir à les supporter même lorsqu’elle était en compagnie de Suo. Un peu d’intimité, c’était sacré pour elle et ça n’avait pas de prix. Mais, revenons-en à nos moutons. Un détail avait surprise Ruika. Seika avait déjà été pris dans des embrouilles ? Il n’y paraissait pas pourtant. Si d’habitude, la jeune fille n’était pas du genre curieuse, cette fois-ci, son attention avait été captivé par cette phrase. Les apparences pouvaient donc être trompeuses comme le disait un dicton. Ah oui ! « L’habit ne fait pas le moine. » Or, notre moine illustrait bien cette règle. Ruika constata au passage qu’il ne portait plus sa compresse. Soulagée que son mal de tête soit en voie de guérison, elle prit une mine amusée et dit :

      « - Je suis contente que tu ailles mieux pour le moment. Et donc, tu t’es cassé quelques jointures ? C’est-à-dire ? Rien de grave, au moins ? »

    Sa question sonnait comme si elle voulait lui apporter son aide en cas de besoin. Si elle n’en avait pas fait son but, cogner quelques têtes plates ne la rebutaient pas pour autant. Au contraire, elle pourrait trouver l’occasion de se défouler un peu et de passer le temps. Les ennemis ne lui faisaient pas peur et gagner quelques bleus non plus. Lorsqu’elle s’énervait, rien d’autres à part la cible qu’atteignaient ses points ne comptait. Mais, son caractère violent mis de côté, elle jeta à nouveau un œil au terrain. Les filles se démenaient comme des poulets dans une basse court. Elles semblaient courir après les grains de blés que leur jetait le fermier. Seulement, ici, il n’y avait qu’un seul grain de blé et, tout en se dandinant comme des pintades, elle tentait de l’envoyer à la ferme adverse. Belle image. Fort heureusement, Ruika n’en faisait pas partie et à son plus grand bonheur. Ce comportement lui rappelait celui des groupies qui gloussaient comme des dindes en criant le nom de leur star préféré. Quelle situation pathétique. La fille aux cheveux roses avait parfois envie de leur en retourner une, histoire de les calmer. Qui pouvait apprécier d’être suivit et espionné à longueur de journée ? Surement pas elle en tout cas. Il était donc bon de savoir se défendre. Et là-dessus, Ruika excellait. Mais, il est vrai que fasse à certains poids lourds, elle manquait d’expérience et de force. Alors que le silence était retombé entre elle et son ami, elle ne put s’empêcher de le briser en déclarant sur un ton amusé :

      « - Je me dis que c’est utile de savoir que je peux assommer seulement avec un ballon. Ah, mais, je ne dis pas ça pour toi, hein ! Mais, si on vient à m’énerve, un coup de ballon et PAF ! Je suis tranquille. Bon, ben je pense avoir trouvé mon arme d’autodéfense, hein. »

    Ne manquait plus qu’à se trimballer avec un ballon à chaque coin du pensionnat. A cette simple idée, Ruika ne put s’empêcher d’étirer son sourire. La conversation venait de prendre un drôle de tournant.


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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Sam 18 Aoû - 19:33

Elle sembla surprise en apprenant qu'il se battait. En y pensant bien, il était vrai qu'elle ne connaissait que son côté doux, mais malheureusement ce n'était vraiment pas le côté de plus proéminent de sa personnalité. Il y avait beaucoup plus de personnes qui le connaissaient par sa témérité et son impulsivité que de personnes qui le connaissaient par sa douceur et sa gentillesse. Enfin, il s'y était fait, à cette image, et elle ne changeait rien de lui. Ce n'était pas parce que certains pensaient qu'il était une brute sans coeur et complètement stupide qu'il l'était pour autant. Il y avait une grande différence entre la perception de vous qu'ont les gens et ce que vous êtes vraiment. Quoi qu'il en soit, Seika était heureux que Ruika ne connaisse de lui que son bon côté plutôt que son côté violent, et il tâcherait de tout faire pour que ça reste ainsi. Qu'elle en entende parler et qu'elle sache qu'il en avait un, mais qu'elle ne le voit jamais. C'était ce qu'il souhaitait.

Un léger silence flotta entre les deux interlocuteurs avant que la jeune fille ne le brise de sa douce voix.

« - Je vois. »

Il ne put s'empêcher d'être affligé en entendant cette réponse neutre. Ne partageait-elle pas son plaisir de discuter avec lui? Alors que lui était enchanté de partager ce moment avec elle simplement, sans artifices, n'était-elle pas heureuse d'être avec lui? Il ne pouvait s'empêcher d'être blessé malgré le sourire qu'elle lui rendait. Il s'efforça pourtant de garder un air joyeux, même s'il se doutait que son regard montrait ses émotions très clairement, comme s'il les énonçait à haute voix. Il prit une grande respiration pour chasser l'impression qu'il était de trop et se dit qu'après tout peut-être qu'elle n'avait pas voulu lui signifier ça en répondant ainsi, mais simplement qu'elle ne souhaitait pas l'avouer. Son excuse lui parut bien absurde et il sentit presque son regard s'assombrir. La jeune fille pris pourtant un air amusé avant de continuer.

« - Je suis contente que tu ailles mieux pour le moment. Et donc, tu t’es cassé quelques jointures ? C’est-à-dire ? Rien de grave, au moins ? »

Il fut légèrement surpris qu'elle lui demande cela, et aussi un peu embêté; il n'avait pas spécialement envie de s'étaler sur ses rixes passés, surtout pas devant elle, mais il ne voyait pas comment éviter la question.

« Bah... J'me suis pas mal battu, mais non, rien de grave. D'toute manière j'ai l'habitude, alors j'm'en sors toujours. Même contre des gens bien plus forts. Et pis bon, c'est pas comme si j'étais la victime là-dedans... »

Il ressentait un étrange mélange de honte et de fierté à énoncer ce fait. Honte parce qu'il se battait facilement et qu'il n'y avait rien d'honorable là-dedans, mais fierté parce qu'il se tenait debout, qu'il ne baissait pas les bras et qu'il ne courbait pas l'échine même devant ceux qui lui étaient supérieurs. Malgré ça, il ne pouvait s'empêcher de toujours être un peu abattu de savoir que ses sentiments envers Ruika n'étaient pas vraiment partagés. Il n'y avait pas à dire, ça avait assombri son humeur même s'il s'efforçait à chasser ça de ses pensées. Il se trouvait stupide d'être si affecté simplement par cela, ce qui n'aidait évidemment pas son humeur.

« - Je me dis que c’est utile de savoir que je peux assommer seulement avec un ballon. Ah, mais, je ne dis pas ça pour toi, hein ! Mais, si on vient à m’énerve, un coup de ballon et PAF ! Je suis tranquille. Bon, ben je pense avoir trouvé mon arme d’autodéfense, hein. »

Malgré tout, à cette affirmation il ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il l'imaginait, se trimballait à travers les couloirs avec un ballon de volleyball, le lançant à la gueule de ceux qui l'importunaient. C'était en effet une vision plutôt farfelue.

« Et oui! Tu vas te trimballer dans les couloirs avec un ballon accroché à ta taille et le lancer à la gueule des méchants en gueulant, et pis tout le monde va se mettre à t'appeller 'La folle au ballon' ! Et quand les gens t'appèleront comme ça ça va t'énerver encore plus et finalement tu vas tuer toute l'école! Ouaip, j'imagine la scène. Et genre, moi, à côté, les yeux écarquillés 'What? Pourquoi j'suis pas mort?' hahahahahahaha »

Et il éclata d'un rire clair et franc, comme un gamin.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Sam 18 Aoû - 20:36

    Légèrement surprise par la réaction de son voisin, elle ne put s’empêcher d’élargir un peu plus son sourire. Il est vrai que s’imaginer avec un ballon de volley en guise d’arme était assez drôle. Elle imaginait surtout la tête de ceux qui réceptionnait la balle en pleine figure. Mais, quand bien même l’envie de rire bouillonnait en elle, elle se sentit gênée de le faire, si bien qu’elle répéta en boucle le mot « Blanc » dans sa tête pour s’éviter de craquer. Une technique qui fonctionnait toujours, normalement. C’était très pratique pour éviter les fous rires, où que ce soit. Exemple, le professeur a la langue qui fourche, hop, elle évite une heure de retenue. Cependant, Seika ne faisait rien pour l’aider. Lui aussi semblait être partit dans le délire et le voilà qui en rajoutait une couche. Suivant le fil de sa pensée, Ruika réprima son rire aussi bien qu’elle le put mais au moment où elle pensait avoir évité la catastrophe, le jeune homme l’acheva avec sa description face à la situation. Ayant atteint sa limite, Ruika ne put s’en empêcher davantage : sans plus attendre, elle se mit à rire de bon cœur, aux côtés de son ami et se serra le ventre, prise de crampes dues à son fou rire. Elle ne parvenait plus à se calmer et des larmes commençaient à prendre forme aux coins de ses yeux. Alors, après deux ou trois minutes, sa technique du mot « blanc » lui revint en tête et elle se le répéta ainsi intérieurement, tachant de retrouver son calme. Pendant plusieurs secondes, elle ne cessa de penser à un mur blanc et rien d’autre. Un blanc pure, immaculé. Puis, petit à petit, elle retrouva son souffle et passa le dos de sa main sous ses yeux. Elle prit de longues bouffées afin de retrouver sa respiration normale et recouvrit enfin son calme habituel. Un sourire s’accrochait encore à ses lèvres, un sourire serein et sincère.

    Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas ri. Depuis son arrivée, elle s’était contentée de passer des journées banales et sans intérêt, se tenant un maximum à l’écart des autres et donc, sans contact. Elle n’avait donc jamais trouvé l’occasion de parler et de rire aussi franchement avec qui que ce soit. D’ailleurs, elle ne se le permettait pas devant n’importe qui puisque dans ces moments-là, elle considérait qu’elle perdait son propre contrôle, chose qui avait le don de l’agacer. Mais, cette fois-ci, elle semblait avoir évacuée tout le stress, toute la tristesse, toutes les mauvaises ondes qu’elle avait accumulé depuis plusieurs semaines. Et, pour être honnête, ça ne lui avait pas déplu. Loin de là. Elle se sentait dorénavant sereine et calmée. Peut-être plus légère. Les pieds à plat sur le sol et les mains sur le bord du banc de chaque côté de ses cuisses, elle ferma les yeux et dit en souriant.

      « - Ça faisait longtemps que j’avais pas ri comme ça. Hé, et surtout, que j’avais pas parlé de trucs pareils ! Haha ! Aaaah. C’est … vraiment bien de pouvoir rire franchement avec quelqu’un. »

    Le mot « Toi » avait refusé de sortir à place de « quelqu’un ». Mais, il était encore trop tôt pour elle d’être aussi honnête. Pour l’instant, elle se contenta de faire passer le message en achevant ainsi :

      « - Merci. »

    Voilà qu’elle remerciait deux fois dans la même journée, il allait pleuvoir des grenouilles. Gênée par ce moment sérieux, elle ne put s’empêcher de se trouver gnangnan. Après tout, elle n’avait fait que rire, il lui était inutile d’en faire tout un fromage. Et, d'après elle, elle n'allait pas tarder à fatiguer Seika avec son sérieux et ses remerciements. Il devait avoir compris son petit jeu à force. Sa gêne, les changements de sujet pour éviter qu'il le remarque mais qui était peine perdu. Néanmoins, elle se leva subitement et s’étira sur les côtés avant de toucher le bout de ses pieds en se baissant, les jambes bien droites.

      « - Sérieux, c’est encore plus fatiguant de rester assis que de courir sur le terrain. »

    Changement de sujet oblige. Et il fallait savoir qu’elle s’était contentée de se tourner les pouces sur le terrain depuis le départ. Et, elle se permettait de dire ça. Ironique en somme. Mais, cette fois-ci, par question de rire de sa propre personne, elle n’allait plus craquer aussi facilement. Sinon, son image de dure à cuir allait en prendre un sacré coup et il lui serait difficile de la bâtir à nouveau tel qu’elle était. Soudain, elle aperçut une de ses camarades la regarder, l’air intrigué. En voilà une qui n’a pas ses yeux dans sa poche, pensait Ruika. Ils avaient peut-être ri assez fort tous les deux pour être entendus, mais hors de question qu’on les dévisage de la sorte. Et, c’est pourquoi, la jeune fille tira la langue et fit une grimace afin de signifier à cette jeune écervelée « Tu veux ma photo, peut-être ? Va voir ailleurs si j'y suis ! ». L’autre ne demanda pas son reste et se retourna, légèrement outrée par le comportement de sa camarade. Fière d’elle, Ruika eut d'abord un air étonné en se tournant vers Seika et elle finit par lui sourire avant d’ajouter :

      « - Quand on me cherche, on me trouve ! »

    Et encore, elle avait été très gentille cette fois-ci.



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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Dim 19 Aoû - 17:21

Les deux jeunes gens riaient de bon coeur et leur rire se répercutait dans la salle comme une vague de joie, un courant d'air chargé de bonheur simple. Rire, c'était quelque chose de tout naturel, l'expression la plus primitve de la joie, plus naturelle encore que le sourire. Rire, ça allégeait le coeur et ça donnait mal au ventre, mais ensuite on se sentait bien et c'était ça l'important. Rire, il n'y avait que ça de vrai, et ça faisait du bien de le faire aussi naturellement avec quelqu'un qu'on ne connaissait malheureusement pas tant que ça. Ça formait une sorte de complicité et ça liait les gens. En bref, le rire, c'était important, et il n'y a personne de plus à plaindre que ceux qui ne rient pas assez. Parce qu'il y a des gens qui sont dans la misères mais qui rient quand même, et ce sont les gens qui sont vraiment heureux. Au contraire, il y a des riches qui ne rient pas, qui vivent à travers le matériel avec une conception erronée du bonheur, et ce sont ces gens là qui sont réellemet malheureux.

Leur fou rire se calma finalement, mais Seika pris plus de temps à se calmer que Ruika, qui semblait avoir une maîtrise presque inhumaine de son hilarité. Pourquoi vouloir s'arrêter de rire? Il ne voyait pas de motivation à cela mais se garda de poser des questions, après tout cela avait-il vraiment de l'importance?

« - Ça faisait longtemps que j’avais pas ri comme ça. Hé, et surtout, que j’avais pas parlé de trucs pareils ! Haha ! Aaaah. C’est … vraiment bien de pouvoir rire franchement avec quelqu’un. »

Il ne nota pas qu'elle avait évité de dire 'toi' et c'était tant mieux, car cela évita qu'il retombâ dans une certaine mauvaise humeur.

« - Merci. »

Il prit un air surpris à la mention de ces remerciements. Pourquoi le remerciait-elle? Pour avoir rit avec elle? C'était absurde, complètement absurde, mais il décida de ne pas le lui signifier. Ou plutôt, de lui signifier d'une autre manière. Il allait s'exécuter mais, avant qu'il puisse esquisser le moindre mouvement, la jeune fille se leva pour s'étirer, s'exclamant qu'il était encore plus fatiguant de rester assis que de courir sur le terrain. Il esquissa un sourire et se leva à son tour, remarquant qu'il mesurait environ vingt centimètres de plus qu'elle. C'est sans importance, se dit-il, alors qu'il l'observait avec amusement faire une grimace à une fille qui les fixait bizarrement. Ruika se retourna et, devant son expression, elle se justifia en disant que si on la cherchait, on la trouverait. Le sourire de Seika s'étira, alors qu'il s'approcha d'elle pour faire ce qu'il comptait faire plus tôt.

Il ne s'approcha pas trop, pour ne pas l'intimider ou que sais-je encore, puis passa doucement ses bras autour des épaules de son amie et la serra contre lui. C'était une étreinte toute simple, un câlin pur et dur, et sa signification était quelque chose comme 'je suis content de discuter avec toi' ou encore simplement pour la réconforter. Réconforter de quoi? Il n'en avait aucune idée, mais quand on remercie quelqu'un simplement pour avoir ris avec nous, c'est qu'on a, d'une façon ou d'une autre, besoin d'être réconforté. Ça tombait bien, Seika était le genre de personne qui excellait à réconforter les gens et qui ne se souciait pas de ce que les autres pouvaient en penser, pour l'instant peu lui importait autre que cette étreinte et comment la prendrait la jeune fille.

« Tu sais, ça me fait plaisir de discuter et de rire avec toi. » dit-il simplement, sans chuchoter mais sans crier non plus.

Il attendit que ce soit elle qui rompe leur étreinte, et il espérait qu'il n'avait pas mal fait, puisqu'elle semblait ne pas apprécier tout particulièrement le contact physique. S'il arrivait à lui faire changer d'avis, ce ne lui serait que bénéfique, et, pour l'heure, il espérait simplement qu'elle appréciait cette embrassade.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Dim 19 Aoû - 23:23

    Il y a parfois des choses que l’on ne peut pas prévoir. Et là, c’était le cas. Constatant seulement maintenant que Seika la dépassait aisément au niveau taille, elle plaça sa main au –dessus de sa tête comme pour toiser ce qu’il lui manquait afin de le rattraper. Maudites chaussures plates ! C’est pour cette raison qu’elle n’aimait pas porter du plat, les talons lui permettaient de gagner quelques centimètres et ainsi, elle se sentait beaucoup mieux. Trêve de complexe. Elle finit par s’apercevoir de la proximité soudaine du jeune homme. Celui-ci s’était approché sans qu’elle n’y prête attention. Troublée, elle haussa les sourcils avant de sentir des bras l’entourer. Et, sans avoir le temps de réagir, elle atterrit tout contre son ami. Ses cheveux se hérissèrent en bas de sa nuque et elle frissonna de la tête aux pieds. Pendant quelques secondes, elle s’était attendue à avoir des visions avant de se souvenir que le problème était déjà survenu quelques minutes plus tôt avec lui. Un premier soulagement qui fut de courte durée. Ce geste soudain eut pour effet de la mettre dans l’embarras mais aussi, elle ne comprenait pas pourquoi Seika faisait cela. Est-ce qu’il profitait de sa gentillesse pour la mettre dans sa poche ? Elle était peut-être paranoïaque mais il ne fallait jamais baisser sa garde. Et, peut-être qu’elle s’était finalement faite rouler ? Ses bras, qu’elle avait laissé en suspension dans les airs jusqu’à maintenant, s’apprêtèrent à frapper quand Seika, lui-même, sembla justifier son geste.

    Face à son ton sérieux et en repensant à ses agissements passés, elle se résigna à penser que Seika avait un but peu louable. Pourtant, elle se sentait affreusement mal à l’aise et ne savait pas comment réagir dans une telle situation. Cette soudaine prise par surprise l’avait désemparé. Et, bizarrement, elle se sentait tirailler par plusieurs choses. D’un côté, prendre la fuite lui paraissait être la meilleure option envisageable, mais, d’un autre côté, elle avait la folle envie de ne pas bouger. Des souvenirs faisaient à nouveau surface. Tout comme les rires, elle n’avait pas partagé d’étreintes depuis si longtemps à tel point qu’elle avait oublié à que point cela pouvait être réconfortant. Surtout lorsqu’on venait de tout perdre en si peu de temps et sans le vouloir. Son père, sa mère, … Tout ce qui lui était cher s’était envolé. Elle qui pensait avoir sauté l’obstacle se heurtait à présent à celui-ci de manière brutale. Sa fierté l’avait toujours empêché de se morfondre, de s’apitoyer sur son sort mais, dans une telle situation, difficile de se le refuser. C’est alors qu’elle ne put s’empêcher de faire ce qu’elle s’était interdit jusqu’à présent. Lentement, ses deux bras vinrent serrer le buste de son ami et elle colla son visage contre lui. Les souvenirs de son père affluèrent à son esprit. Les sacs de bonbon qu’ils partageaient tous les deux au cours d’une discussion, leurs étreintes, leurs rires … Une larme traça une ligne humide sur sa joue. Puis, une autre larme perla sur son autre joue.

    Silencieusement, Ruika ravala sa fierté et se permit ce qu’elle s’était refusée depuis longtemps : flancher. Elle extériorisait ce qu’elle avait contenu jusqu’à présent au fond d’elle-même depuis l’évènement qui avait chamboulé sa vie. Personne ne l’avait écouté, ni même réconforté. Mais, aujourd’hui, quelqu’un semblait avoir accepté de le faire ; Seika. Si ce dernier avait soudainement agis de la sorte, elle pensait qu’il s’agissait là d’une autorisation. « Viens, tu peux te libérer de ton fardeau. » Du moins, elle espérait ne pas s’être trompée dans son jugement. Ravalant un sanglot, elle ne put s’empêcher de maudire son instant de faiblesse. Comment pouvait-elle pleurer, ici et maintenant ? Et surtout, devant Seika, celui dont elle en savait plus qu’il ne fallait. Dorénavant, elle se refusait de lui avouer la chose. Qui sait comment il réagirait ? Étrangement, Ruika ressentie une drôle d’impression. Un attachement, elle semblait s’être prise d’affection pour lui. Chose qui ne lui arrivait pas tous les 35 du mois. Si d’habitude, elle aurait envoyé promener quiconque essayerait de la consoler, cette fois-ci, elle se sentait en confiance et incroyablement comprise. Un évènement rare entre autre. Choquée par cette soudaine prise de conscience, la jeune fille finit enfin par sécher ses pleures du revers de la main. Elle tâcha de chasser toute trace de larmes de son visage pour qu’il ne l’a voit pas avec son air triste. Et, lentement, elle se retira de son étreinte. Avec délicatesse, elle ôta les bras de Seika de ses épaules et recula d’un pas en arrière. Et, elle laissa le silence s’installer. Pendant quelques secondes, du moins. Puisqu’elle finit par lever les yeux vers lui afin de le fixer, déterminée et sure d’elle afin de balbutier :

      « - Si … si jamais tu as besoin … d’aide, enfin, d’écoute. Ou de quoi que ce soit. Je suis là … pour toi. N’hésite pas, d’accord ? »

    Les yeux à nouveau baissés, elle se dit que la sincérité pouvait être pas mal de temps à autre. Enfin, pour le peu qu’on ravale sa fierté et ça, c’était encore difficile pour elle. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, elle se contenta de penser qu’elle devrait changer d’attitude avec ses amis. Seulement avec eux, bien sûr. Et surtout avec Seika. Il méritait vraiment qu’elle se montre purement gentille avec lui, suite à tout ce qu’il venait de faire pour elle. Mais, tout à coup, un petit quelque chose la chiffonnait. Comment faisait-il pour ne voir que ces petites facettes qu’elle tentait de cacher aux yeux des autres, si vite et avec tant de facilité ? Mystère. Un sourire en coin et un sourcil froncé, elle demanda sur un ton ironique et intrigué :

      « - Tu serais pas magicien, toi, par hasard ? »

    Parce qu’il y avait de quoi se poser des questions, tout de même.


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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Lun 20 Aoû - 2:09

Il fut envahi d'une joie indescriptible lorsqu'elle passa à son tour ses bras autour de lui et qu'elle se colla contre lui. Pendant les secondes où elle ne lui rendait pas son étreinte, il avait toujours la crainte sourde d'avoir mal fait, de l'avoir brusquée et qu'elle lui prête des intentions qu'il n'avait pas, mais maintenant ça allait. Il enfonça ses doigts dans les cheveux de la jeune fille, les caressant doucement, appréciant ce câlin comme il les avait toujours appréciés. Il la sentit alors se relâcher, et entendit sa respiration se hacher légèrement. Elle pleure? se demanda-t-il, mais il ne voulu pas rompre leur étreinte pour vérifier. Ça ne ferait que rendre le moment embarassant, pour elle autant que pour lui. Il se contenta donc de la garder contre lui. Qu'elle pleure si elle en avait besoin, il préférait toujours qu'elle le fasse ici tout contre lui plutôt que toute seule dans sa chambre. Il perdit la notion du temps le temps de cette embrassade, et pour tout dire ça ne lui aurait pas dérangé qu'elle dure des heures, mais malheureusement ce ne fut pas le cas.

Ruika se détacha doucement de Seika, ôtant les bras de ce dernier de ses épaules et reculant d'un pas. Elle ne semblait pas avoir pleuré, mais le jeune homme avait toujours un doute, doute qu'il fit bien entendu taire et repoussa dans un coin de sa tête. Les bras ballants le long de son corps, il ne savait plus trop quoi faire avec ces appendices qui lui semblaient subitement inutiles s'ils ne serraient pas son amie contre lui. Il aurait voulu la reprendre dans ses bras mais il se retint, se disant qu'elle le prendrait peut-être mal, qu'elle se dirait peut-être qu'il ne voulait que son corps contre le sien alors que ce n'était pas du tout le cas. C'était un dilemme assez difficile de savoir si elle le prendrait bien ou mal, mais il fut coupé dans sa décision lorsqu'elle planta son regard dans le sien, ceci étant au même moment qu'il réalisa qu'il la regardait tendrement depuis la fin de leur étreinte.

« - Si … si jamais tu as besoin … d’aide, enfin, d’écoute. Ou de quoi que ce soit. Je suis là … pour toi. N’hésite pas, d’accord ? »

Il se contenta de lui sourire et d'aquiescer malgré le fait qu'elle baissa les yeux. Il se demanda pourquoi elle le faisait mais passa rapidement cette question sous silence, se disant que c'était réellement sans importance.

« Même chose pour moi, si tu en doutais encore. »

Il posa sa main sur le front de la jeune fille et ébouriffa doucement ses cheveux, jugeant à la dernière minute que son geste pouvait être jugé innapproprié. Bah, trop tard, se dit-il, haussant imperceptiblement les épaules. Il remarqua alors le sourire en coin de son amie et fut un peu surpris par sa question. Un magicien? Pourquoi? Il haussa un sourcil, un air d'incompréhension peint sur son visage.

« Hein? Un magicien? Pourquoi? De quoi tu paaaarles? Tu m'as perdu. »

Il s'était exclamé cela sur le ton d'un gamin qui ne comprends pas le problème de math qu'on vient de lui soumettre, une moue intriguée sur le visage. De quoi pouvait-elle donc parler? Du fait qu'il l'avait fait pleuré pour on ne sait quelle raison? Ou peut-être au contraire du fait qu'il lui avait 'permi' de pleurer et de se libérer? Quoi qu'il en soit, peut-être accepterait-elle de le lui révéler, peut-être pas, mais néanmoins s'il avait réellement été un magicien il aurait compris ce qu'elle avait voulu dire.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Lun 20 Aoû - 18:30

    Coiffant rapidement sa frange que Seika avait affectueusement balayé, elle fit la moue avant qu’il ne lui réponde. Bien que celui-ci soit beaucoup plus grand qu’elle en taille, la façon qu’il avait eue de lui répondre lui rappelait celle d’un enfant. Attendrie, son expression se fit douce et tendre. Elle s’apprêtait à lui ébouriffer les cheveux à son tour quand elle se stoppa finalement, son instinct reprenant le dessus. Si elle n’avait pas rechigné pour le câlin, c’était pour de bonnes raisons. Raisons qu’elle ne connaissait toujours pas, malgré tout. Mais, engranger elle-même le contact était encore trop difficile. Surtout lorsque ce geste n’était pas une nécessité face à la situation. Donc, ramenant son bras contre elle, elle les croisa derrière son dos et se contenta de parler :

      « - C’est rien. Tu comprendras quand tu seras plus grand, jeune bambin ! »

    Elle tira rapidement la langue et sourit, comme pour lui montrer le côté ironique de ses dires. Pour une fois, elle se permettait de se détendre et de se laisser aller un peu. Toujours être sur ses gardes était usant et fatiguant à la longue. Même pour elle qui avait fini par prendre un peu l’habitude. Avoir Seika auprès d’elle lui faisait étrangement plaisir. Sa présence, malgré ses souvenirs, lui apportait une sorte de sérénité et de soulagement semblable au jour où elle l’avait vu arriver vers elle, lorsqu’elle venait de fraichement débarqué dans le pensionnat. Jamais elle n’avait été aussi contente d’être guidé et aidé par quelqu’un d’autre que ce jour-là et une chance que ce fussent lui ! Si aimable, elle n’avait pu s’empêcher de s’attacher à lui. Peut-être était-ce bien comme cela que tout avait commencé. Oui, surement. Alors qu’elle pensait, elle était restée les yeux rivés sur lui, ce qui lui permit de le détailler un peu plus qu’à l’habitude. Jusqu’à présent, elle ne s’était jamais permise de le dévisager plus que ça mais, perdue dans ses pensées, elle ne se gênait pas pour le faire. Et, elle fut quelque peu surprise. Ses yeux bleus ne l’avaient jamais plus intrigué que ça, à vrai dire, mais, après réflexion, c’est vrai que ce n’était pas courant pour eux, japonais. A moins qu’il n’ait des origines étrangères. Néanmoins, ses iris étaient loin d’être déplaisantes. Un sourire s’afficha machinalement sur les lèvres de Ruika qui, tout à coup, se figea. Ravalant sa salive, elle resta tout bonnement naturelle et tourna la tête vers les terrains. Et dire qu’elle matait. Ressaisis-toi ma fille, pensait-elle.

    Alors qu’elle se retrouvait à court de sujets pour changer de conversation -discuter des matchs de volley, non merci-, voilà qu’un professeur s’approcha d’eux pour les déranger. Oui, déranger. Si bien que Ruika n’avait pas apprécié la venue de celui-ci et elle ne se priva pas de le faire remarquer.

      « - Hé, vous deux ! Au lieu de rester plantés là à flirter, vous devriez aller sur vos terrains respectifs et vous entrainer. Allez, hop !
      - On sait, merci. Mais, je l’ai accompagné parce que je l’ai assommé avec mon ballon. Pas besoin d’en faire tout un foin. Tss … »

    Oh mon dieu. Décidément, aujourd’hui, elle ne manquait pas de se surprendre. Voilà qu’elle répondait à son professeur, elle qui ne voulait pas d’embrouilles pour l’instant. Mais, à quoi bon. Débarquer ici pour leur dire d'aller s'entrainer au lieu de ... flirter, elle n'avait absolument pas apprécié. Pendant ce temps, ce dernier s’empressa de lui déballer toute une panoplie sur la façon de parler à un adulte, et patati, et patata. La même rengaine habituelle. Lâchant un soupir discret, Ruika commençait à atteindre sa limite. Elle ne supportait pas de rester plantée là, à se faire réprimander comme une vulgaire gamine. Sur ce, elle tourna les talons, coupant court le monologue de son professeur et elle attrapa le poignet de Seika, lui faisant un clin d’œil complice. Elle avait une idée. Puis, elle s'adressa à son enseignant.

      « - Il comptait m’apprendre à faire des lancers. Surtout à viser, donc, vous voyez. Il ne faisait que se reposer. D’ailleurs, on retourne sur le terrain. Viens, Seika ! »

    Ne prêtant pas attention à son professeur qui les hélait furieusement, elle trottina à travers l’un des terrains pour se placer de l’autre côté, toujours en entrainant Seika à ses côtés. Puis, elle s’installa dans un coin où ils ne dérangeraient personne. Une fois arrivée, Ruika s’empressa de lâcher son prisonnier, de manière presque maladroite et gênée. Cependant, elle avait réussi à se débarrasser de leur geôlier et c'était déjà une bonne chose.

      « - Il commençait vraiment à me taper sur les nerfs, celui-là. Bon ! Je suppose qu’on a plus qu’à s’entrainer si on veut avoir la paix. »

    Se dirigeant près du chariot dans lequel étaient rangés les ballons, elle en prit un avant de revenir auprès de son ami. Quitte à faire du sport, elle préférait être avec Seika que ces filles qu’elle ne connaissait pas et qu’elle ne tenait pas à connaitre. Jusqu’à présent, elle avait eu sa dose. Un peu de présence masculine ne lui ferait pas de mal pour changer. Et surtout, une présence rassurante. D’une passe à deux mains, elle envoya le ballon à son équipier avant de lui déclarer, attentivement :

      « - Je suis toute à vous, Professeur. Montrez-moi comment viser, sans tuer quelqu’un ! »

    Elle adressa un regard désolé à Seika par rapport à son ballon de tout à l’heure et reprit sa mine attentive. Toute son attention était focalisée sur lui. Restait à espérer que son professeur particulier soit assez bon en volley.


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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Mar 21 Aoû - 23:58

Dès l'arrivée du professeur qui se mit à les réprimander, Seika fut piqué au vif. d'où se permettait-il de venir les interompre comme ça, leur disant d'aller s'entraîner au lieu de 'flirter'?! En réalité, ce n'était pas le fait que l'enseignait les aient 'interrompus' qui dérangeait vraiment le jeune homme, mais l'utilisation du terme 'flirter'. Il détestait qu'on lui prête des intentions ou des agissements qu'il n'avait pas, et ça le frustrait encore plus de la part de quelqu'un qui était plus vieux que lui, et donc qui avait plus d'expérience, et ainsi qui pensait qu'il avait raison sur tout envers les plus jeunes. Il savait pertinement que s'il disait qu'il n'était pas entrain de flirter avec son amie, leur professeur serait encore plus conforté dans son idée, se disant que l'étudiant ne disait ça que parce qu'il était en faute et que, indubitablement, il était réellement entrain de flirter. Malgré tout, Seika s'apprêtait à répliquer lorsqu'il fut coupé dans son élan par la jeune fille.

«- On sait, merci. Mais, je l’ai accompagné parce que je l’ai assommé avec mon ballon. Pas besoin d’en faire tout un foin. Tss … »

Le jeune homme eu envie de se facepalmer lorsque leur professeur se mit à déblatérer tout un tas d'âneries sur la façon de parler à un adulte. Il avait envie d'intervenir, de se placer entre son amie et le professeur et de lui dire qu'elle n'avait rien dit de réellement irrespectueux et que de toute manière c'était lui qui leur avait manqué de respect en qualifiant leur discussion de 'flirtage', mais il savait que ça ne ferait qu'aggraver la situation et donc resta là, un peu en retrait derrière Ruika, à serrer les poings. Il fut bien vite délivré de son envie de frapper leur aîné par la jeune fille qui le prit par le poignet et lui fit un clin d'oeil en disant qu'ils retournaient sur le terrain et que de toute manière il allait lui montrer comment viser. Seika suivit docilement son amie, tiré par celle-ci jusqu'à un terrain un peu en retrait.

Elle le lâcha brusquement, comme gênée par son geste spontané, et cela amusa l'étudiant autant que ça l'attristait. Néanmoins, il admirait la rapidité d'esprit dont avait fait preuve la jeune fille en trouvant une excuse pour qu'ils s'éclipsent tous les deux. Lui était plus rapide avec ses poings qu'avec son cerveau, et il avait toujours trouvé que les gens qui savaient se contrôler et utiliser les mots pour se sortir d'une situation se contrôlaient à un niveau qu'il n'atteindrait probablement jamais et les avaient toujours admirés.

« - Il commençait vraiment à me taper sur les nerfs, celui-là. Bon ! Je suppose qu’on a plus qu’à s’entrainer si on veut avoir la paix. »

Il aquiesca doucement avant de sourire à l'intention de son amie.

« C'était vraiment bien trouvé comme idée, j'aurais jamais trouvé un truc comme ça! Haha bravo. »

Il avait failli dire 'j'aurais pas trouvé une idée comme ça, mais lui aurait trouvé mes poings' mais s'était retenu, après tout il tenait toujours à ce qu'elle ne le voit pas énervé et qu'elle n'aie pas trop de détails sur sa nature impulsive et un peu trop violente. Elle lui lança alors un ballon qu'il attrapa en lui disant qu'elle était toute à lui -ce qui le fit légèrement rougir, n'empêche il était un adolescent et même s'il ne l'aimait pas comme ça il ne pouvait s'empêcher d'y penser- en lui demandant de lui montrer à viser sans tuer quelqu'un. Il n'avait jamais été très bon au volleyball mais il écoutait quand l'enseignant expliquait et de toute manière il ne pouvait pas être pire qu'elle. Après tout elle l'avait assomé alors qu'il était sur un autre terrain, fallait le faire. Il commença donc à lui expliquer comment placer ses mains et ses bras, lui montrant un exemple et envoyant doucement le ballon vers elle.

Il continua ses 'cours', jusqu'au moment où il se mit à lui expliquer quels mouvements faire exactement. Pour pouvoir bien expliquer, il alla derrière elle et prit ses bras pour les placer, puis épousa la position de ceux de son amie avec les siens pour mimer le mouvement avec les bras de la jeune fille. Cette manoeuvre les mettait dans une position qui pouvait être inconfortable pour l'étudiante puisque Seika était collé à elle, mais ce dernier ne s'en rendait même pas compte. Non seulement ils étaient dans une situation où TOUS les élèves qui pouvaient voir allaient penser que le jeune homme draguait son amie, mais en plus c'était une situation extrêmement clichée, le même genre qu'on ne voit que dans les films américains. Mais le 'professeur', en parfait boulet, ne se rendait compte de rien de tout cela et continuait simplement à expliquer exactement les mouvements à faire en continuant des les mimer. À un moment il s'en rendit bien compte et le rouge lui monta aux joues tandis qu'il s'écartait brusquement de la jeune fille et qu'il trébuchait sur un ballon qui traînait là, se retrouva sur le dos.

À ce moment là il voulu disparaître. Mais qu'il avait été con! Qu'est-ce qu'elle allait penser? Elle n'était certainement pas assez naïve pour penser qu'il s'était retrouvé si proche d'elle avec la seule intention de lui enseigner comment frapper un ballon de volleyball, même si c'était le cas. Et plus il y pensait, plus il se disait que son comportement pouvait parraître louche, et plus il paniquait. Il cacha son visage de ses mains, rouge de honte, comme si, si elle n'arrivait pas à voir son visage et si lui n'arrivait pas à la voir, il pouvait disparaître aux yeux de Ruika. Il ne cessait de se demander ce qu'elle allait penser alors qu'il le savait pertinnement; elle allait penser qu'il n'avait fait tout cela qu'avec l'intention de la mettre dans sa poche, alors que c'était faux. Il avait honte, mais il était aussi empli d'un grand vide, parce qu'il avait commencé à s'attacher à elle et qu'il ne supportait pas de la perdre ainsi. Pourtant il garda son visage caché en gémissant ces mots.

« Je sais ce que tu penses... Mais je n'ai pas fait tout ça juste pour te mettre dans ma poche je te le jure, et je sais que ces mots doivent sonner creux à tes oreilles mais ils ne le sont pas... Je... Je ne sais pas quoi dire, je comprendrais parfaitement que tu penses que je ne suis qu'un salaud même si c'est faux mais... Mais je ne veux pas te perdre pour une connerie comme ça, parce que je me suis attaché à toi et que ce serait stupide que tu partes pour ça. »

La dernière partie de son discours était sortie d'une traite, parce qu'il avait peur qu'elle aie eu l'intention de partir et il avait voulu qu'elle entende cela avant qu'elle ne le fasse. Néanmoins, même s'il avait dit ce qu'il avait à dire, il avait toujours le visage rouge et il n'osait toujours pas ôter ses mains de devant sa face.


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Mer 22 Aoû - 17:23

    La voilà qui écoutait docilement comment jouer au volley alors qu’en temps normal, elle aurait tout laissé derrière elle pour s’installer sur un banc en attendant que l’heure tourne. Or, cette fois-ci, les choses étaient différentes. Elle n’était pas ennuyée par de sombres parasites. A la place, son professeur était Seika en personne, jeune homme qu’elle appréciait le plus dans ce foutu pensionnat. De plus, si elle ne voulait pas qu’un professeur les surprenne encore en train de flemmarder, mieux valait qu’ils jouent le jeu des élèves sérieux. La jeune fille suivait attentivement chaque conseil de son jeune professeur qui lui expliquait comment mettre ses mains pour renvoyer la balle, pour frapper et tous les rudiments de base, en quelque sorte. Lorsqu’elle reçut la balle, elle l’intercepta à pleine main, encore craintive à l’idée de l’envoyer sur la tête de quelqu’un. Prendre soin de Seika, ça allait mais jouer la bonniche d’un autre, hors de question.

    Face à cette interception ratée, son professeur finit par s’approcher d’elle afin de lui enseigner de manière un peu plus technique. Alors qu’il se glissa derrière elle pour placer ses bras correctement, un nouveau frisson lui traversa le dos pour s’arrêter sur sa nuque. Mal à l’aise, Ruika respira de manière régulière afin de se calmer. Même avec Seika, son problème face au contact était encore intact. Et, rien à voir avec le fait qu’il était un homme puisqu’elle n’était pas le genre de fille à se sentir toute chose lorsqu’elle touchait l’un d’eux. Son problème intervenait face aux deux sexes et de manières égales. Là n’était pas la question. A présent, réconfortée et pleine de son bon sens, elle avait un peu plus de mal à apprécier d’être ainsi collée contre quelqu’un. Néanmoins, elle tenta d’en faire abstraction et de suivre les mimes de son professeur. Adoptant les mêmes mouvements que lui, elle ressentit une certaine fierté. Lorsqu’elle le voulait, elle pouvait surmonter un peu « sa peur » du contact physique et agir normalement. Comme quoi, elle n’était pas en sucre ou incapable de se surpasser.

    Cela dit, un bref soulagement l’envahit lorsque Seika se retira mais, elle ne put s’empêcher d’avoir un sursaut. La manière dont il s’était décollé avait été brusque et lorsqu’elle se retourna, elle le découvrit en train de tomber à la renverse. Les yeux écarquillés, Ruika s’approcha doucement, le ballon entre les mains qu’elle se mit à serrer contre elle comme un objet capable d’évacuer son stress. Puis, elle prononça doucement, avec une touche d’inquiétude dans la voix :

      « - Hé ! Ça va ? … Rien de cassé, Seika ? »

    A peine eut-elle parlé qu’il prit à son tour la parole et se lança dans un long discours. Discours que Ruika écouta sans broncher et sans ciller. Un moment, elle se mordit la lèvre inférieure. Sitôt qu’il eut fini de parler, Ruika voulait lui crier qu’il était un idiot d’avoir imaginé ce genre de choses. Mais, après réflexion, lors de leur étreinte, elle avait tout d’abord imaginé ce potentiel but, c’est pourquoi, elle se ravisa et ne dit mot. Elle laissa place à un silence en prenant le temps de réfléchir. Est-ce que tout ça était arrivé par sa faute ? A peine étaient-ils amis qu’ils faisaient déjà face à des malentendus. La culpabilité lui noua l’estomac en lui soufflant qu’elle n’avait pas été assez honnête, comme toujours. Sa fierté l’embarquait toujours dans des situations comme celles-ci. Malentendu, dispute … Et paf, elle laissait son entourage disparaitre, imaginant que la situation était toujours mieux ainsi. Or, cette fois-ci, elle voulait essayer de se montrer honnête pour changer et ne pas perdre son unique ami mais, à coup sûr qu’elle finirait gênée et troublée par la situation. Néanmoins, ce que Seika lui avait dit avait trouvé le moyen de l’agacer, si bien qu’elle ne commença pas de main morte, malgré elle.

      « - Idiot ! Pourquoi je penserais un truc pareil ?! Et d’ailleurs, de quoi tu parles, hein ? Tout à l’heure … j’ai pensé à ça mais, j’ai fini par comprendre que c’était pas ton genre. Tu es quelqu’un d’appréciable, attentif et généreux avec les autres. A chaque fois, tu m’as semblé honnête … enfin, même si on n’a pas encore eu l’occasion de partager beaucoup de choses mais, avec toi, on le ressent facilement. Donc, n’imagine pas des trucs pareils maintenant. Pff … Comme si j’allais laisser tomber mon seul ami, hein … »

    Si tout à l’heure, prendre la fuite ne lui avait pas traversé l’esprit, c’est en ce moment même qu’elle aurait aimé prendre ses jambes à son cou. Déblatérer des choses aussi sérieuses la gênait à un point inimaginable pour autrui. Elle le pensait mais elle se gardait toujours de faire part de cela. Un rouge pivoine lui teint les pommettes ainsi que les oreilles, chose qu’elle essayait de masquer en plaquant sa main sur son visage. Mais, elle savait que ce geste était cependant inutile puisque Seika pouvait parfaitement comprendre qu’elle était affreusement troublée parce ce qu’elle venait de lui répondre. Néanmoins, elle avala sa salive et se racla la gorge avant de tendre sa main au jeune homme toujours assis sur le sol. D’après elle, c’était le geste que l’on faisait dans ce genre de situations. On aidait la personne à se relever, non ? Elle n’avait peut-être pas beaucoup d’expérience en pratique mais elle en savait une tournée sur les manières d’agir et de réagir face à telle ou telle chose.

      « - Allez, lève-toi au lieu de rester assis là comme une andouille. Et évite d’inquiéter ton entourage, aussi. »

    Le « évite de m’inquiéter » n’avait pas réussi à se faire une route jusqu’à ses lèvres si bien qu’elle avait utilisé, à la place, une expression qui l’englobait avec d’autres. Mais, après tout ce qu’elle avait avoué tout à l’heure, il lui fallait à présent du repos avant d’accepter d’avouer à nouveau quelque chose en toute honnêteté. Cependant, alors qu’elle avait tendu sa main et attrapé celle de Seika, elle se sentit à nouveau gênée. Dire que sa main était moite ! Certainement que le jeune homme allait le constater et cela lui fournirait un indice supplémentaire sur sa gêne actuelle. C’est pourquoi, elle s’empressa de l’aider à se relever de ses quarante-neuf petits kilos et de détacher sa main de la sienne. Pourvu qu’il ne remarque rien ou au moins, qu’il n’en parle pas, pensait-elle. Cherchant un échappatoire, elle balaya les alentours des yeux, à la recherche du ballon qu’elle avait fini par lâcher lorsqu’elle s’était emportée.


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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Jeu 23 Aoû - 1:58

Il gardait son visage caché, n'osant même pas jeter un petit coup d'oeil pour voir comment la jeune fille réagissait, ayant trop peur de cette réaction et de se montrer. Il savait qu'il avait le visage tout rouge, il le sentait et ça lui faisait une étrange chaleur, alors il restait là, caché comme un enfant qui se dit 'si je ne vois pas le problème, il n'est pas là'. C'était réellement pathétique, mais il n'y pouvait rien. Il avait trop peur de la perdre et de voir qu'il la perdait, alors il restait simplement là, étendu sur le plancher, le visage caché par ses mains, et il attendait. Qu'elle parte ou qu'elle lui parle.

« - Idiot ! Pourquoi je penserais un truc pareil ?! Et d’ailleurs, de quoi tu parles, hein ? Tout à l’heure … j’ai pensé à ça mais, j’ai fini par comprendre que c’était pas ton genre. Tu es quelqu’un d’appréciable, attentif et généreux avec les autres. A chaque fois, tu m’as semblé honnête … enfin, même si on n’a pas encore eu l’occasion de partager beaucoup de choses mais, avec toi, on le ressent facilement. Donc, n’imagine pas des trucs pareils maintenant. Pff … Comme si j’allais laisser tomber mon seul ami, hein … »

À mesure qu'elle parlait, il découvrait lentement son visage tout en se redressant. Il l'observait, il plantait son regard dans le sien et il savait qu'elle était sincère. Un énorme soulagement s'empara de lui et on pouvait presque voir la tension en lui se relâcher. Il était soulagé et il était heureux qu'elle ne lui prête pas de mauvaises intentions, mais maintenant qu'elle en parlait il avait aussi honte d'être sauté si vite aux conclusions et de lui avoir, à elle, prêté des pensées qu'elle n'avait pas. Elle se cachait le visage, mais Seika voyait bien que le rouge lui était monté au joues et il ne put s'empêcher de sourire, attendrit. Elle lui tendit alors la main pour l'aider à se relever, main qu'il attrapa doucement lorsqu'il se releva. Il sentait qu'elle avait les mains moites mais n'y fit pas attention.

« - Allez, lève-toi au lieu de rester assis là comme une andouille. Et évite d’inquiéter ton entourage, aussi. »

Alors qu'elle ôtait sa main de la sienne, le jeune homme la rattrapa et prit aussi l'autre. Il plongea son regard dans celui de son amie, toujours son sourire attendri accroché aux lèvres. Il la trouvait incroyablement mignonne, et pas seulement dans ses agissements, car il devait avouer qu'elle n'était vraiment pas laide, loin de là. Il serra donc les mains de la jeune fille dans les siennes, doucement, tendrement, puis il prit la parole.

« Je suis désolé d'avoir pensé que tu pouvais penser de telles choses de moi. Je t'avoue que j'ai surtout eu peur que tu me prennes pour un sale connard et que tu partes avec cette idée en tête, parce que je ne suis pas comme ça. Et je te promets de ne plus t'inquiéter comme ça. »

Il avait sortit la fin de son discour avec un sourire espiègle seulement pour la taquiner, puis lâcha ses mains. Il savait qu'elle n'aimait pas spécialement le contact physique, et il tâcherait de s'en rappeler à l'avenir, et pour lui qui était surtout porté sur le contact tactile, ce ne serait pas tâche facile. Mais quand il s'agissait du bien-être de ceux qui lui étaient chers, il savait toujours faire des efforts. Parce que oui, il la tenait à coeur, malgré qu'ils ne se connaissaient pas depuis longtemps; elle avait su le charmer d'une certaine façon simplement par sa façon d'être et il savait maintenant qu'elle était seule - d'où la phrase 'Comme si j’allais laisser tomber mon seul ami' - et il voulait rester près d'elle pour qu'elle ne le soit plus. Ça ne ferait qu'une personne un peu plus heureuse dans ce monde.

Aperçevant leur professeur qui les observait, Seika ramassa rapidement le ballon qui traînait par terre, espérant qu'il n'avait pas aperçu toute la scène. Pourvu que ce ne soit pas le genre d'enseignant à commencer des rumeurs, sinon ils étaient foutus... Il voyait déjà les autres élèves se moquer d'eux et il ne pourrait pas le supporter, plus pour elle que pour lui. Et bien entendu il se battrait, sûrement devant elle, et il ne voulait pas ça. Bref, il lui tendit le ballon dans un sourire, pointant discrètement de la tête leur aîné qui les observait toujours.

« Allez, essaie maintenant. »


«Et, tandis que je restais pétrifié, sans comprendre, il approcha ses lèvres des miennes.
Je pense qu'il voulait agir avec douceur, mais j'eus plus l'impression d'une attaque de serpent que d'un tendre baiser quand sa bouche se colla à la mienne et que le venin de la douleur s'écoula en moi. Si son amour ne s'était pas mêlé à l'angoisse déchirante qu'il me rendait, je crois qu'humain ou non j'aurais succombé. C'était un baiser où je me tordais dans les flammes, un torrent de souvenirs que je ne pouvais plus refuser à présent qu'ils avaient commencés à se déverser. C'est une torture pour un homme d'âge mûr de revivre toute la passion dont est capable un adolescent; le coeur devient fragile avec le temps, et le mien faillit finir broyé sous cet assaut.»
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MessageSujet: Re: Touché, assommé [Pv Seika]   Jeu 23 Aoû - 18:26

    A peine eut-elle le temps d’ôter sa main de celle de son ami qu’elle fut de nouveau retenue et par les deux cette fois-ci. Incapable de se défendre et emprisonnée, elle se contenta d’esquisser une moue mal à l’aise et de regarder Seika dans les yeux pendant quelques secondes. Elle eut le temps d’entrevoir ses lèvres étirées dans un sourire chaleureux et ses yeux remplis de tendresse. Raison de plus pour être mal à l’aise. D’autant plus que la manière qu’il avait trouvé de lui exprimer son inquiétude vis-à-vis des pensées de la jeune fille ressemblait plus à une posture de confession. Les deux mains l’une dans l’autre, face à face. Presque comme s’ils étaient en train de se marier. Fort heureusement, personne ne leur prêtait attention … pour l’instant. Ces pensées la firent redoubler de rougeur si bien que l’on aurait pu l’imaginer fiévreuse. Décidément, elle avait été victime de beaucoup trop d’émotions en une seule journée. Le repos serait de mise, ce soir. Une chance pour elle d’être seule avec sa colocataire, elle était certaine qu’il y aurait suffisamment de silence pour s’endormir.

    Néanmoins, elle devait faire face à la situation présente. Et, lorsqu’elle entendit la dernière phrase du jeune homme, elle entrouvrit la bouche comme surprise, sans délaisser son air gêné. Cette réplique sentait la taquinerie à plein nez. Et tandis qu’elle voulait répliquer à son tour, elle se retrouvait incapable d’aligner seulement deux mots. Il aurait pu garder cette remarque pour lui, pensait-elle. Soudain, la chaleur présente sur ses mains s’évapora avant de disparaitre complètement. La voilà enfin libre. Malgré tout, elle commençait à s’habituer aux petits gestes de son ainé, se répétant en boucle qu’elle ne craignant plus rien pour aujourd’hui et qu’elle pouvait donc se détendre. Tandis qu’elle se souvenait subitement des images vues à son sujet, un nœud prit place dans sa gorge. Il y a quelques minutes, elle n’avait pas réussi à parler calmement et elle s’était quelque peu emportée. Comment avait-elle put ? Alors que le pauvre ne faisait que s’inquiéter et qu’il semblait déjà tant porter sur ses épaules. Autant de raison qui l’obligeait, elle et sa conscience, à formuler des excuses. Excuses qu’elle préférait, cependant, garder pour plus tard.

    Bon, et leur cours ? C’est qu’elle devait apprendre à viser sinon, un certain bougre viendrait de nouveau les importuner. En parlant du loup, le vieil homme –pas si vieux que ça- les surveillait encore, comme pour vérifier la véracité des paroles de Ruika. Le fait que Seika lui enseignait tout particulièrement, soit disant. Une échappatoire dont la jeune fille se sentait encore fière. Et, dorénavant, son visage ayant retrouvé sa couleur originelle, elle secoua la tête de droite à gauche doucement pour remettre en ordre sa frange lisse mais en bataille. Puis, elle reporta son attention sur son camarade et, pour finir, sur le ballon. Elle s’en empara à pleine main avant de constater la petite mise en garde de Seika. Oui, leur professeur regardait toujours. Mais, pour elle, ce n’était pas le plus important, dans l’immédiat. Callant le ballon juste devant le bas de son visage, elle réussit à dissimuler ses lèvres aux yeux du jeune homme et à stopper net la trajectoire des mots s’échappant de sa bouche. Dans un murmure à peine audible, elle souffla très rapidement :

      « - Pardon pour tout à l’heure. »

    Avant de reprendre une attitude normale. Arborant une mine neutre, elle acquiesça à la dernière phrase de son ami, comme si de rien était avant de reculer de quelques pas pour s’exécuter. S’il n’avait pas entendu, ce n’était pas grave, au moins, elle l’avait dit et sa conscience avait pu être soulagée. Ne prêtant plus attention à tout cela, elle se concentra à nouveau sur le ballon et calcula un peu mieux son coup. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était le lancer un peu en hauteur pour frapper dedans, les mains jointes, de manière à l’envoyer vers Seika. Si possible, pas trop haut pour ne pas l’assommer à nouveau. Mais, cette fois-ci, il était pleinement conscient du fait qu’elle lui envoyait le ballon donc, pas d’effet de surprise.

      « - Attention, je lance ! »

    Le danger public s’apprêtait à jouer. Elle lança le ballon en l’air avant de joindre rapidement ses mains pour frapper dedans et l’envoyer, droit devant. Mais, par on ne sait quel miracle, elle réussit à le faire voler sur place, sans se rendre compte de quoi que ce soit. Les mains toujours jointes et les yeux fermés, elle les ouvrit lentement en regardant en direction de son professeur particulier et à sa grande surprise, aucun ballon à l’horizon. Mais, à la place, elle sentit une masse s’écraser sur le sommet de sa tête et l’assommer. Le ballon lui était retombé dessus, à croire que le volley ball s’acharnait sur elle. Les mains plaquées sur la tête, elle resta quelques secondes ainsi, affreusement énervée par cette balle qui ne voulait rien savoir et qui se permettait en plus de la cogner. Se redressant, les dents serrées et les sourcils froncés, Ruika se dirigea rapidement vers le ballon en jurant et répéta la manœuvre qui lui avait fait récolter une bosse sur le haut de la tête.

      « - Merde ! Tiens, va voir ailleurs si j’y suis, maudite balle ! »

    Et cette fois-ci, alors qu’elle n’avait pas pris la peine de viser correctement ses gestes, le ballon se contenta de voler dans les airs sur une ligne droite afin d’atteindre le mur. La balle rebondit alors sur le sol et finit par rouler entre Seika et Ruika. La jeune fille la suivit des yeux avant de regarder le brun, complètement abasourdie. Puis, un sourire en coin s’afficha sur son visage avant qu’elle ne dise :

      « - Décidément, elle se fou d’ma gueule … »

    Ruika prit une moue boudeuse. Elle se mordit l’intérieur de la joue droite ce qui eut pour effet d’arrondir la seconde. Si bien qu’elle ressemblait davantage à une petite fille agacée de ne pas réussir quelque chose qu’à une adolescente de seize ans censée se montrer persévérante et toujours calme.



Ruika Shiba
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Touché, assommé [Pv Seika]

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